Textes de JJ Corbaz
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Bonne balade entre les mots!
dimanche 20 septembre 2026
(FA, SB, Vu) Galates
lundi 14 septembre 2026
(Pr) La multiplication des pains, possible? du vent? "gonflé"!
Lecture: Matthieu 14, 13-21
Multiplier les pains, et la nourriture? Ah, ce serait le rêve! Si seulement Jésus revenait aujourd’hui, il pourrait nourrir tous les affamés du Tiers et du Quart Monde. Mieux même: il devrait multiplier l’argent. Ce serait génial!
Un jour, un petit malin a réussi à multiplier l’argent. Il a publié une annonce qui disait: «Si vous versez 1’000.- sur mon compte, je vous enverrai la recette infaillible pour devenir millionnaire en quelques semaines». Et à ceux qui versaient la somme demandée, il envoyait son truc. Vous le voulez? Gratis? Son truc, il l’exprimait en trois mots: «Faites comme moi»!
Bon, cessons de fantasmer. Vous savez, les miracles servent en fait à illustrer les paroles et la vie de Jésus. Un peu comme les images dans un journal aujourd’hui. Et puis, on a découvert qu’il y a des miracles dans toutes les religions.
Je vous recommande donc de ne pas vous arrêter à l’histoire au premier degré qui nous est racontée. Ni pour en voir le compte-rendu historique d’un acte magique. Ni pour se bloquer, à l’opposé, en disant «Mais ce n’est pas possible que ça se soit passé ainsi». Les miracles sont des illustrations de quelque chose de beaucoup plus profond et important.
J’aime ce proverbe qui dit: «Quand on montre la lune du doigt, le benêt regarde le doigt». Le miracle, c’est donc un doigt qui montre le sens que prend la vie de Jésus dans l’évangile. Ne restons pas braqués sur le doigt, nous ne pourrons pas voir ce qu’il nous désigne!
Si vous avez besoin de vous demander si ça s’est réellement passé, cette histoire de la multiplication des pains, alors, faites-le. Mais ce n’est pas là l’important.
L’important? Qu’est-ce que montre le doigt, ici? Écoutez: notre récit commence par «Quand Jésus entendit cette nouvelle». Quelle est l’information qui va déterminer toute notre histoire? Eh bien, c’est le fait que Jean Baptiste (l’ancien maître de Jésus, son précurseur) a été cruellement assassiné par le roi Hérode.
Le Christ veut alors s’isoler pour digérer l’évènement. Sans doute pressent-il que cette mort violente annonce la sienne. Il se rend compte... que le sien est bon (de compte!). D’ailleurs, de nombreux signes insistent sur les oppositions qu’il rencontre, sur les juifs qui complotent sa mort...
Mais les foules poursuivent Jésus. Impossible pour lui d’être seul. Ces gens ont tant besoin de guérison et de consolations. L’évangile souligne par trois fois que Christ est ému, touché par leur détresse. Alors, il cède, et reste avec eux dans cet endroit retiré. Personne ne voit le temps passer... Et le soir, quand tous les magasins sont fermés (euh, cherchez l’anachronisme!), le soir, il n’y a que 5 pains et 2 poissons pour ces milliers de personnes.
Pourtant, tous seront nourris. En abondance! Jésus répond, nous dit ce miracle, Jésus répond aux menaces de mort et aux détresses du petit peuple en multipliant la nourriture. Signe de consolation et de sécurité. Comme pour nous dire: «Vous voyez? Quand les difficultés, quand les obstacles s’additionnent, eh bien les pains se multiplient! Quand plus rien ne semble marcher, alors Dieu se révèle beaucoup plus présent, bien plus proche qu’on ne l’imaginait.»
Aujourd’hui, nous sommes pareils aux disciples de Jésus: bien conscients des détresses de cette terre, mais si peu puissants. Nous voudrions nourrir les affamés. Mais nous avons si peu à partager...
Vous avez remarqué? Jésus non plus, n’a rien! Mais rien de chez rien! Pour que le miracle ait lieu, il faut la rencontre de: nos pains mille fois trop petits - avec les mains vides du Christ! Il faut que nous reconnaissions nos insuffisances, que nous n’imaginions pas pouvoir sauver l’humanité avec nos seules forces; et il faut aussi que nous remettions entre les mains de Jésus ces bribes de nourriture. Ces bribes qui, ainsi, deviendront surabondance!
Quand les obstacles s’additionnent, les pains se multiplient. Face à la haine qui grandit contre lui, Christ a besoin de nos bouts de pain pour créer le festin! Sans nous, il n’est rien; sans notre foi, sans nos aveux d’impuissance. Comme nous ne sommes rien sans lui.
C’est vraiment multiplier trois fois rien avec du vent. Et pourtant ça rassasie 5’000 familles. Ça marche!
Moi, je ne sais pas faire de miracle sur commande. Mais je vais quand même vous montrer un truc étonnant, pour illustrer cette étrange multiplication. Dans cette petite enveloppe, il y a un objet; pas gros du tout, vous pensez bien! Pourtant, je vais le faire grossir plus de mille fois en quelques secondes. Regardez... (je sors un ballon de baudruche et le gonfle). C’est ce que Jésus a fait, et ce qu’il nous demande de faire... Ce n’est pas du vent!

Face aux menaces, quand la peur grandit, Dieu veut se montrer tout proche; pour nous aider à rester calmes et agissants, sans panique ni découragement. Il nous souffle (oui, souffle!) à l’oreille: «N’aie pas peur, je suis là. Aide-toi, et le Ciel t’aidera!»
Si nous savons ouvrir notre vie à son souffle, nous avancerons fort, comme un voilier qui tend sa toile à une puissance qu’il ne voit pas.
Et si nous parvenons à ouvrir nos insuffisances au souffle de son Esprit, il pourra multiplier nos trois fois rien, nos sourires, nos amitiés, nos présences consolantes, nos regards bienveillants; nos couleurs qui chantent la gaieté. De quoi faire du bien à des foules de gens!
Prions donc pour les personnes atteintes dans leur santé ou dans leur moral; celles qui souffrent d’injustices ou de mépris. Qu’elles puissent recevoir la force de se redresser au soleil de l’amour de Dieu. Et prions pour nous-mêmes, que nous sachions être illuminés par la tendresse infinie du Christ, pour notre salut et pour celui de celles et ceux qui nous entourent.
C’est ce que vivent bien des personnes engagées dans nos Églises, ministres ou laïcs. Et c’est ce que chacun.e de vous peut essayer de réaliser. Vous me trouvez gonflé? Vous pouvez finir cette prédication en gonflant, vous aussi, chacun.e, un ballon coloré pour dire que vous commencez à tendre vos voiles au souffle de Dieu, qui multiplie nos modestes forces!
Amen
Jean-Jacques Corbaz
(Li, Hu) Accueil - Si je vous traite de…
Bonjour, et merci d’être venus vivre ce culte !
L’histoire se passe lors d’un match de tennis. Après un point litigieux, le joueur John McEnroe dit à l'arbitre :
- Si je vous traite de c**, j'ai une amende ?
- Oui.
- Et si je ne vous le dis pas mais que je le pense très fort ?
- Dans ce cas, non.
- Alors sachez que je le pense très fort !
Eh bien, chers paroissien.ne.s, chers ami.e.s, vous le savez : Dieu ne va pas nous traiter de tous les noms déplaisants qui vous passent par l’esprit ! Il ne nous traite que d’une seule manière : en nous disant que nous sommes ses bienaimés, passionnément. Il le dit, et il le pense très fort aussi !
Bienvenue auprès de lui, quoi qu’il en soit !
Jean-Jacques Corbaz, février 2026
lundi 24 août 2026
(Pr, Co) Renseignement SVP
Il y a sur terre des petits coins de paradis, et des anges qui nous aident à y croire. Comme dans ce récit vécu, que j'aime beaucoup:
Renseignement SVP
Lorsque
j'étais petit, mon père a eu l'un des premiers téléphones du quartier.
Je me rappelle très bien la vieille boîte en bois fixée au mur et le
récepteur noir accroché sur son côté. J'étais trop petit pour atteindre
le téléphone, mais j'aimais écouter ma mère lui parler. J'ai découvert
ainsi que dans ce merveilleux appareil vivait une personne fantastique.
Son nom était "Renseignement SVP" et elle savait tout! Renseignement SVP
pouvait fournir le numéro de n'importe qui, en plus de l'heure exacte.
Un
jour où ma mère était sortie, en jouant je me suis fait très mal. La
douleur était terrible, mais il n'y avait personne pour m'entendre et me
réconforter.
Je suis allé vers l'escalier en suçant mon doigt, et je
l’ai vu. Le téléphone! J'ai couru chercher un tabouret à la cuisine et
je suis monté dessus, j'ai décroché le combiné.
- Renseignement SVP, dis-je dans le microphone. Un clic ou deux... et j'entends une petite voix claire me dire:
- Renseignement.
Je dis alors:
- Je me suis fait mal au doigt.
- Est-ce que tu saignes? me demande la voix.
- Non, je me suis tapé avec un marteau, ça fait très mal.
Elle me demande alors:
- Peux-tu ouvrir la boîte à glace?
- Oui je peux.
- Alors, prends un petit morceau de glace et pose le sur ton doigt, me dit-elle.
Après cette expérience, j'ai appelé Renseignement SVP pour n'importe quoi. Un jour, je lui ai demandé:
- Comment épelez-vous le mot réparation?
D’autres
fois, je l’ai appelée pour qu’elle m'aide pour ma géographie ou mes
mathématiques. Elle m'a dit que le petit écureuil que j'avais trouvé
dans le parc la veille devait manger des fruits et des noix.
Un
peu plus tard, mon canari est mort. J'ai appelé Renseignement SVP et lui
ai raconté ma triste histoire. Elle m'a écouté attentivement et m'a dit
ce qu'un adulte dit pour consoler un enfant, mais j'étais inconsolable.
Je lui ai demandé, la gorge serrée:
-
Pourquoi les oiseaux chantent si merveilleusement et nous procurent
tant de joie, si c'est pour finir comme un tas de plumes au fond d'une
cage?
Elle a ressenti mon profond désarroi et m'a dit alors, d'une voix calme:
- Paul, rappelle-toi toujours qu'il existe d'autres mondes où l'on peut chanter.
D'une certaine façon, je me sentais mieux.
Tout
ça se passait dans la ville de Québec. Puis, alors que j'avais 9 ans,
nous avons déménagé à l'autre bout de la province. Je m'ennuyais
terriblement de mon amie. Renseignement SVP appartenait à cette vieille
boîte en bois de notre maison familiale, et, curieusement, je n'ai
jamais songé à utiliser le téléphone neuf étincelant posé sur une table.
Le
souvenir de ces conversations de mon enfance ne m'a jamais quitté.
Souvent, lors des moments de doute et de difficultés, je me rappelais ce
doux sentiment de sécurité que j'avais à cette époque. J'appréciais
maintenant la patience, la compréhension et la gentillesse qu'elle a eu à
consacrer de son temps pour un petit garçon.
Quelques années
plus tard, alors que je me rendais à Montréal, mon avion devait faire
une escale à Québec. J'avais une demi-heure d'attente. Comme j’avais mon
téléphone dans ma main, sans penser vraiment à ce que je faisais, j'ai
composé le "0" et dit:
- Renseignement SVP.
Miraculeusement, j'entendis alors cette même voix claire que je connaissais si bien:
- Renseignement.
Sans avoir rien prévu, je m'entendis lui dire:
- Pouvez-vous m'épeler le mot réparation?
Il y eut un silence. Ensuite, j'entendis la voix si douce me répondre:
- Je suppose que ton doigt est guéri maintenant.
Je me mis à rire:
-
C'est donc toujours vous! Je me demande si vous avez la moindre idée
comme vous étiez importante pour moi pendant toutes ces années.
- Je
me demande, dit-elle, si tu sais combien tes appels étaient importants
pour moi. Je n'ai jamais eu d'enfant et j'étais toujours impatiente de
recevoir tes appels.
Je lui dis comment, si souvent, j'avais pensé à
elle au cours de ces dernières années et je lui demandai si je pourrais
la rappeler lorsque je reviendrais:
- Bien sûr, tu n'auras qu'à demander Sarah, me répondit-elle.
Trois mois plus tard, alors que j'étais de nouveau à Québec, une voix différente me répondit:
- Renseignement.
J'ai demandé à parler à Sarah.
- Êtes-vous un ami? me demanda la voix inconnue.
Je lui répondis:
- Oui, un vieil ami.
J'entendis alors la voix me dire:
-
Je suis désolée, Sarah ne travaillait plus qu'à temps partiel ces
dernières années parce qu'elle était très malade. Elle… elle est morte
il y a un mois...
Avant même que j'aie le raccroché, elle ajoute:
- Attendez une minute. Vous avez dit que votre nom est Paul?
Je répondis:
- Oui.
- Eh bien, Sarah a laissé un message pour vous, au cas où vous appelleriez. Ce message, c'est: «Dites-lui que je crois toujours qu'il y a d'autres mondes où l'on peut chanter. Il saura ce que je veux dire...»
Je lui dis merci et raccrochai.
Oui, je savais ce que Sarah voulait dire...
Ne sous-estimez jamais l'influence que vous pouvez avoir sur les autres. La vie de qui avez-vous touché aujourd'hui?
Anonyme
(Li) Béatitudes du 20è siècle
Heureux celui dont la douceur apporte aux autres un peu de paix et la joie de vivre.
Heureux celui dont la douceur fait respirer le temps qui passe, vient calmer la tristesse ou réduire la souffrance.
Heureux celui dont la douceur est une présence pour les autres. Heureux celui dont la douceur n’est pas suave, ni faible.
Celui-là sait ouvrir les yeux, celui-là fait contempler aux autres le monde qui les environne, les personnes qui l’entourent.
Celui-là ouvrira l’ère d’un monde nouveau. En lui, toute larme saura disparaître, en lui la mort s’ouvrira vers la vie, en lui toute la terre deviendra le royaume de Dieu.
D’après François Chagneau
(Li, Hu) Accueil - Le dentiste
Bonjour, et merci d’être venus vivre ce culte !
C’est l’histoire d’une dame dans la soixantaine, soignée et qui se sent bien conservée. Lors d’un déplacement à l’étranger, elle doit prendre un rendez-vous d’urgence chez un dentiste local.
Tout en patientant dans la salle d’attente, elle remarque le diplôme de l’homme. Le nom la frappe: c’est le même que celui d’un ancien camarade de collège, un beau gars sympathique dont elle était amoureuse, mais qu’elle a complètement perdu de vue depuis une lurette belle à en faire pâlir miss Monde. Serait-il possible que ce soit lui?
Son cœur bat un peu plus fort. C’est alors qu’entre un homme en blouse blanche qui l’appelle: «Madame? C’est à vous.»
Elle se lève, désappointée. Ce ne peut pas être lui. Le praticien est voûté, ridé, bedonnant, les traits disgracieux. Certes, des litres d’eau ont coulé sous les bridges de Pétaouchnock, mais quand même… Elle ose pourtant lui demander: «Vous êtes le Dr Mack?»
«Oui, c’est moi. Pourquoi?»
«Est-ce que vous auriez étudié au collège de l’Elysée, à Lausanne?» demande-t-elle.
«Ah oui. On se connaît?» fait le dentiste.
«Mais oui! Vous étiez dans ma classe!»
L’homme lève sur elle un regard interrogateur. Il se creuse la tête, ne trouve rien et demande: «Vous étiez prof de quoi?» (mdr)
Eh bien, chers paroissien.ne.s, chers ami.e.s, Dieu, lui, nous voit d’un tout autre œil: pour lui, nous sommes éternellement jeunes et beaux. Oui, je pèse mes mots: éternellement!
Bienvenue auprès de lui, laissons-le nous faire du bien par son regard aimant et passionné!
Jean-Jacques Corbaz, février 2026
mercredi 19 août 2026
(FA, SB, Vu) LES EXÉGÈTES ET LE JÉSUS HISTORIQUE
lundi 13 juillet 2026
(Pr) «Choisis la vie!» - Prédication du 13 juillet 2026
Lectures bibliques: Deutéronome 30, 15-16+19; Matthieu 5, 14-16; 1 Corinthiens 2, 1-2
Aujourd’hui, on ne peut plus ouvrir internet, et surtout les réseaux sociaux, sans être inondés de textes ou de vidéos qui proposent des méthodes garantissant la réussite, ou le bonheur, ou la fortune, ou la santé… Et dans ce foisonnement, évidemment, il y a mille fois plus d’attrape-nigauds que de vraies solutions. Il y a même des gaillards qui disent que la foi chrétienne, c’est justement une de ces techniques pour le succès...
Est-ce que le fait de croire en Dieu, c’est une méthode pour être heureux? Le Deutéronome répond résolument «non». Pendant 30 chapitres, il explique jusque dans les petits détails comment Dieu veut que nous vivions. Il y a les 10 commandements, et des centaines et des centaines d’autres. Les rabbins en ont compté 613.
Le passage que nous avons entendu en est la conclusion: ces lois, dit Moïse, elles ne sont pas inaccessibles. Ce ne sont pas des recettes ésotériques. Elles ne réclament pas des super-performances de foi, ni des convictions exceptionnelles... Ces lois ne sont pas l’apanage de quelques élus au-dessus de la moyenne. Non, elles nous concernent toutes, au ras des pâquerettes. Chacun peut s’engager dans la direction qu’elles indiquent. Elles nous appellent, toutes, à une obéissance on ne peut plus ordinaire.
Mais attention, ici, de ne pas partir dans une fausse direction. Nous avons la mauvaise habitude (et les protestants plus encore que les catholiques), nous avons la fâcheuse habitude de lire la Bible comme si Dieu nous parlait à nous, personnellement, aujourd’hui. Or, ce grand discours de Moïse, à la fin du Deutéronome, il s’adresse à l’ensemble du peuple d’Israël. Dans les anciennes traductions, on lit: «devant toi... choisis la vie». Merci aux traducteurs de «français courant» ou de «Parole de Vie» d’avoir préféré le «vous»!
Car quand Moïse dit «tu», il ne parle pas à une personne isolée, mais à une communauté rassemblée: au peuple d’Israël.
Ce passage du Deutéronome ne s’adresse donc pas à Giuseppe, à Ariane ou Gabrielle. Il interpelle l’Église entière, la communauté des croyants. C’est elle qui peut choisir la vie plutôt que la mort; le bonheur plutôt que la malédiction. C’est ensemble que nous allons marcher sur les chemins de Dieu ou au contraire sur les voies qui s’en écartent. L’enjeu n’est pas tant la vie ou la mort d’une personne, mais celle de tout un peuple.
Cette précision permet de ne pas nous tromper sur ce mot de «vie». Il ne s’agit pas de préserver l’existence d’un individu à tout prix. Ici, la vie, c’est la solidarité; le corps dans son ensemble. Quand une personne arrive au terme d’une maladie incurable, la vie dont parle la Bible, ce n’est pas forcé-ment l’acharnement thérapeutique, la lutte pour nous prolonger à tout prix. Le décès peut être un choix plus vivant que la poursuite d’une existence de souffrances sans espoir.
«Choisis la vie», ça veut donc dire: le chemin du bonheur, c’est les 30 chapitres précédents, eux qui expliquent en long et en travers la volonté de Dieu pour vous. En avançant sur cette voie, jour après jour, solidaires, vous le verrez: vous serez authentiquement vivants; animés du souffle même de Dieu, de sa Vie majuscule, qui transfigure les nôtres!
La foi n’est pas une méthode, mais c’est un choix fondamental, qui s’opère en communauté (en paroisse, en Église), un choix qui se vérifie dans la pratique toute quotidienne de l’amour les uns pour les autres.
Pas pour faire plaisir à Dieu! Pas pour prouver que nous sommes de bons croyants (prouver à qui, d’ailleurs?). Mais: pour que nous soyons heureux! Parce que ce chemin de la foi, c’est ce qui nous permettra de vivre le mieux ensemble: ne pas tuer, ne pas voler ou frauder, respecter ses parents, c’est cela qui permet à un peuple de garder de bonnes relations internes.
Attention donc: la «mort» ou la malédiction dont on parle ici, ce ne sont pas des punitions que Dieu nous infligerait pour nos désobéissances. Quel mal ont fait de telles interprétations! Non, la «mort» ou la malédiction sont ici les conséquences logiques des violences humaines, de nos égoïsmes, comme nous le disions à propos de la tour de Babel.
Vous le voyez, le Deutéronome pense que la loi est bonne et utile! «C’est pour ton bien!» On est très loin des commandements légalistes des pharisiens contemporains de Jésus. C’est plutôt, en termes modernes, d’une éthique dont nous parle notre passage de ce matin. D’un style de vie. De valeurs.
Aujourd’hui encore, le Deutéronome nous l’affirme: si vous voulez parvenir au bonheur, il n’y a pas de truc miracle ou de recette infaillible. Vous n’y arriverez ni en payant; ni en souffrant; ni en restant les bras croisés!
Le seul chemin, il est à parcourir, pas tout seul, mais ensemble. Reliés. Solidaires. Aimer son prochain, respecter ce qu’il possède; chercher à l’écouter, à le comprendre avant de le critiquer ou de le démolir... Ensemble, vous verrez que ce chemin permet d’être merveilleusement vivants, même dans la souffrance ou dans la mort.
Un dernier mot: ce chemin, c’est exactement celui qu’a parcouru Jésus. Lui, il a été jusqu’au bout de l’amour des autres. Ça l’a mené sur la croix: il a choisi la Vie, dans la mort, pour qu’avec lui nous soyons réellement vivants! Amen
Jean-Jacques Corbaz
(Li, Hu) Accueil - Rafffh, il le déchire !
Bonjour, et merci d’être venus vivre ce culte !
C’est l’histoire d’un gaillard très timide qui va au cinéma. Pour la première fois de sa vie !
Il achète son ticket à la caisse, puis se dirige vers la salle de projection. Mais 5 minutes plus tard, la caissière le voit revenir, et demander : « Un billet, siouplaît ! »
La caissière lui en redonne un. Il repaie, et repart. Mais peu après, il revient encore : « Un billet, siouplaît ! »
La caissière, étonnée, lui propose alors d’acheter une carte à entrées multiples, s’il est accompagné par plusieurs personnes. Mais le gaillard répond plaintivement : « Non, je suis seul. Mais chaque fois que j’arrive à l’entrée de la salle, y a un homme qui dit « Les billets, SVP ! » Je lui tends le mien, il le prend et rafffh, il le déchire !
Eh bien, chers amis en Christ, vous le savez : Dieu, lui, ne va pas nous faire payer l’entrée du Ciel, ni non plus d’ailleurs l’accès à son amour, qui est inconditionnel. Mais ce qu’il rêve de déchirer, ce sont les billets mentaux où nous avons inscrit nos culpabilités, et nos rancunes ; et nos rognes, et nos obsessions délétères !
Bienvenue auprès de lui, donc ! Puissent sa présence proche nous faire du bien, et nous aider à nous faire du bien les uns aux autres.
Jean-Jacques Corbaz, juin 2026
lundi 15 juin 2026
(Pr) Prédication du 15 juin 2026 - L’effet papillon
Lecture biblique: Matthieu 13, 31-33
Un article dans la presse m’a bouleversé et mis en colère: en Arabie Saoudite, il y a quelque temps, 14 écolières ont perdu la vie suite à un incendie. Cela à cause de la police religieuse, qui aurait empêché les jeunes filles de sortir: en effet, elles ne portaient pas de voile, ce qui est toléré à l’intérieur d’un bâtiment, mais pas à l’extérieur. Ciel! Allah préférerait-il des filles mortes plutôt que dévoilées?
N’en concluons pas trop vite que les musulmans sont horribles, et que les chrétiens sont bien meilleurs. De tels actes d’intégrisme ont aussi été le fait de nos frères dans la foi, il n’y a pas si longtemps...
Une anecdote. Au catéchisme, le pasteur proclame:
- Tous ceux qui affirment des opinions catégoriques sont stupides! Rien n’est absolument certain, tout est aléatoire!
- Ah, fait un catéchumène. Vous en êtes sûr?
- Sans aucun doute, répond le pasteur, parfaitement certain!
Hem!! Vous voyez à quel point nous avons de la peine à cerner la vérité, surtout quand cette vérité échappe à nos intelligences. Car ces intelligences sont limitées, on doit bien le reconnaître.
Sur nos écrans, il y a quelques années, un film a abordé cette question de manière plutôt comique. Ce film s’appelle, vous l’avez peut-être deviné, «le battement d’ailes du papillon». Il nous montre comment de tout petits détails peuvent modifier la vie des gens de manière considérable. Ainsi, quelques grains de sable dans un appartement, devant une fenêtre ouverte, s’envolent; et ils atterrissent dans les yeux d’un jeune homme et d’une jeune femme qui ne s’étaient pas remarqués, mais que tout le film nous a montrés être faits l’un pour l’autre. Du coup, ils se retournent pour se frotter les yeux, et ce geste les fait se regarder, et sourire de leur mésaventure commune, et, de fil en aiguille, tomber dans les bras l’un de l’autre.
Bon, ce culte n’est pas spécialement le meilleur moment pour développer des théories scientifiques. Mais «l’effet papillon» peut nous entraîner dans des réflexions stimulantes. Des réflexions sur la foi, sur la science, et surtout sur notre vie, chers ami.e.s!
Sur la science et la foi, je dirai juste ceci: les plus grands savants aujourd’hui s’interrogent à partir de ce fameux «effet papillon», sur les liens entre une cause et ses conséquences. Pour des phénomènes qui se déroulent sur une très grande échelle, «l’effet papillon» fait qu’on observe des choses qui échappent à la logique. Certains enchaînements ne sont pas rationnels et deviennent aléatoires. Des milliards de causes minuscules additionnées modifient la réalité et donnent naissance à des phénomènes non prouvés rationnellement. Par exemple, on nous a toujours dit que 2 et 2 font quatre. Pourtant, à l’échelle de l’univers ou à celle de millions d’années, «l’effet papillon» va faire parfois que 2 et 2 font 4 et demi, voire cinq...
Du coup, beaucoup de phénomènes inexplicables et inexpliqués ne sont plus forcément contraires à la logique scientifique. Allez, je vous fais un prix de gros: les miracles et la Résurrection ne sont plus en opposition avec la science. Je vous passe les détails du raisonnement, sinon nous sommes encore là cet après-midi!
Car ce qui m’intéresse surtout, ce sont les conséquences possibles de cet «effet papillon» sur nos modestes existences. En effet (si j’ose dire!), pensez: si le battement d’ailes d’un infime lépidoptère peut produire une tempête des milliers de km plus loin, imaginez tout ce que peuvent entraîner nos actes dérisoires! En positif ou en négatif, of course! Comme la plante de moutarde ou le levain de l’évangile.
Le battement de paupières du catéchumène qui lutte contre le sommeil pendant le culte... Le battement de cils, ou le battement de cœur que sa présence provoquerait chez la personne qui en est amoureuse... Le battement de pieds ou de mains de spectateurs enthousiastes lors d’un concert ou d’un match de foot... ça peut mener loin!
Et c’est encore plus vrai pour un simple sourire... pour un petit mot aimable; un regard; un geste d’affection, ou d’amitié, qui redonne du courage... Nos coups de mains, nos coups de cœur! Les conséquences, nous ne les verrons peut-être pas toutes, mais elles peuvent ouvrir des prisons... et transformer des vies!
Savez-vous que dans ce film, «le battement d’ailes du papillon», le rôle principal est joué par Audrey Tautou, qui est l’actrice qui incarnait aussi Amélie Poulain? Il n’y a pas de hasard, ...si j’ose dire!
Sachez-le: ces petits rien qui peuvent mettre du soleil dans l’existence des autres, eh bien, Dieu nous appelle à les offrir...
... bien sûr, sans effets de manche. Et gratis pro Deo! Amen
Jean-Jacques Corbaz
(Hu, Li) Accueil - La vache
Bonjour, et merci d’être venus vivre ce culte !
C’est comme une fois y avait le grand Ferdinand qui ne pouvait pas sentir sa voisine. Et c’était réciproque.
Un jour que cette dame promène son toutou, elle croise Ferdinand, qui lance: «Alors, on promène sa vache?»
La voisine, d’un ton pincé, réplique: «Vous ne voyez pas que c’est un chien?»
Ce à quoi Ferdinand répond, de haut: «Mais c’est au chien que je parlais!!»
La voisine, furieuse, porte plainte. Notre homme est convoqué au tribunal, où le juge le sermonne. Ça ne se fait pas d’insulter ainsi quelqu’un! À la prochaine incartade de ce genre, il y aura une amende salée.
«J’ai bien compris, dit Ferdinand, que je n’ai pas le droit de traiter de vache Madame, ici présente. Mais, Monsieur le président: est-ce que j’ai le droit de dire ‘Madame’ à une vache?»
«Bien sûr», dit le juge.
«Dans ce cas, fait Ferdinand en se tournant vers la plaignante, dans ce cas, au revoir, Madame!!»
Eh bien, chers paroissien.ne.s, chers ami.e.s, l’évangile nous l’affirme, lui aussi: nous n’avons pas à maltraiter les autres de noms d’animaux. Et plus encore, nous savons que Dieu ne va jamais nous traiter ainsi, également. Grâce à Jésus, nous savons que Dieu ne nous condamnera jamais.
Bienvenue auprès de cette source inépuisable de pardon et de paix ! Dans ce temps qui suit Pentecôte, puissions-nous la laisser féconder notre vie dans tous ses recoins, même les plus sombres !
Jean-Jacques Corbaz, mars 2026

















