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lundi 5 octobre 2026

(Li, Hu) Accueil - C'est pas ta faute

Bonjour, et merci d’être venus vivre ce culte ! 

 

C’est l’histoire d’une femme en train d’accoucher. Elle souffre énormément, et son mari, qui l’assiste de son mieux, essaie de la réconforter. Il lui dit : « Ma chérie, et dire que c’est de ma faute, ce que tu endures ». Et la femme répond : « Mais non, mais non... »   :-))

 

Eh bien, chers paroissien.ne.s, chers ami.e.s, notre Père du Ciel, lui aussi, nous assure que ce n’est pas de notre faute, tout ce qui ne fonctionne pas en nous et autour de nous. Ou plutôt, qu’il nous pardonne tout, car il sait à quel point nous sommes empêtrés dans un univers tissé d’injustices et de souffrances. C’est le sens de la mort de Jésus, qui se veut signe, attestation, voire preuve de notre salut, reçu gratuitement, la grâce !

 

Bienvenue... 

 

 

Jean-Jacques Corbaz, août 2024 

 

(Pr, Co) "Le 4ème saule et le trésor"



Prédication du 27.12.15

Matthieu 13, 44; Matthieu 16, 13-19; 2 Corinthiens 4, 6-7

C’est l’histoire de Louis Mallet, en France voisine, il y a longtemps, pendant la guerre. Louis a trente ans, et rêve de se marier. Depuis la mort de ses parents, il est seul dans la ferme, trop grande. Il n’a avec lui qu’un vieux domestique de campagne, Armand. Et puis quelques économies: de l’argent qu’il a hérité de ses parents, et qu’il garde précieusement dans un petit coffre, pour rénover sa maison, le jour où il se mariera.

Hélas, Louis ne pourra pas réaliser ses rêves. Un jour, le facteur lui apporte une grosse lettre: il est mobilisé. Départ dans quelques jours pour l’armée. La guerre.

Armand, le domestique, est trop âgé pour être appelé sous les drapeaux. Alors, Louis lui confie la ferme et les travaux des champs. “Ne t’en fais pas, dit Armand, tu peux compter sur moi!”

Rassuré, Louis peut partir délivré de ce souci. Mais lui reste un problème: que faire avec le coffre et l’argent? Les banques risquent de tomber entre les mains des ennemis, c’est trop risqué. La ferme elle-même peut être attaquée. Donc, il faut cacher son petit trésor. Mais où?

Tout-à-coup, il a une idée: les saules! En effet, il y a, à côté de sa grange, une rangée de vieux saules creux où il allait jouer quand il était petit. Depuis longtemps, il n’y a plus d’enfant dans la ferme, et personne n’y va plus. Ce sera une excellente cachette!

Louis va vers les saules et les examine bien, ils n’ont pas changé. Il voit que le cinquième saule est profond, ça ira extra! Il monte sur une échelle, et laisse descendre son précieux coffret au bout d’une corde. Personne ne l’a vu, ouf!

Et puis Louis passe chez son voisin, le père Jules. Il lui explique ce qu’il a fait. “Je sais que je peux te faire confiance, Jules. Je n’ai pas d’enfant. Si des fois je ne reviens pas de cette guerre, j’aimerais que mon argent soit donné à Armand, il m’a tellement aidé. Si je devais mourir, serais-tu d’accord de simplement lui indiquer la cachette et de lui dire de profiter de cet argent pour ses vieux jours?”

Jules accepte, bien sûr, et promet à Louis de ne jamais divulguer son secret. “Ne t’en fais pas, tu peux compter sur moi!”

 


Pendant six mois, Louis est sous les drapeaux, sans avoir la moindre nouvelle. Et puis, pas de chance, il est fait prisonnier. Il reste quatre ans en Allemagne, dans un camp. Et ce n’est que lorsque la paix est revenue qu’il peut enfin rentrer à la maison.

Et ce qu’il redoutait est arrivé: l’armée ennemie a pris le village; et sa ferme, comme la plupart des autres, est à moitié détruite, portes enfoncées, fenêtres arrachées; à l’abandon. On lui raconte qu’Armand, son domestique, n’a pas réussi à empêcher les soldats de piller la maison. Et qu’il a dû aller travailler dans un village voisin.

Le coeur battant, Louis se dirige vers les saules. Son argent ne sera pas de trop pour réparer sa ferme et racheter quelques vaches. Ouf, les arbres creux sont toujours là. Un, deux, trois, quatre... Louis monte dans le cinquième, et cherche son coffret. Hélas, rien! Pas le moindre objet à l’intérieur du vieux saule!

Plein de colère, il court chez le père Jules et lui tombe dessus: “Mon argent! Mon coffret! Qu’en as-tu fait?”

Etonné, Jules jure ses grands dieux qu’il n’a pas touché ni l’arbre ni la cassette. Et qu’il n’a rien dit à personne.

- Menteur! crie Louis, dans une fureur noire. Tu m’as volé, sale hypocrite! Il traite Jules de tous les noms. Et s’en va, en claquant la porte.



Quelques jours après, il y a un décès au village. C’est la vieille Simone, la plus pauvre de la commune. À cette occasion, Louis revoit son ancien domestique, Armand. Ce dernier lui raconte ses tribulations, et son impuissance à empêcher l’armée ennemie de s’emparer de la ferme.

Puis ils parlent de la vieille Simone. “Elle n’avait pas tous les jours à manger, se souvient l’ancien domestique, tant la misère l’accablait. Un hiver, la foudre est tombée sur un des saules à côté de la ferme. Alors, j’ai coupé à la hache tous les morceaux de cet arbre cassé, et je les ai donnés à Simone, pour qu’elle puisse se chauffer...”

En entendant cela, aussitôt, Louis se lève. Tout pâle, il prend Armand par les épaules, et sa voix tremble quand il demande:
- “C’était... quel saule?”

- Ben, c’était le premier depuis la grange. Pourquoi?

Aussitôt, Louis court vers les arbres. Et dans le quatrième saule, il trouve son précieux coffret. Et l’argent qu’il avait caché!!


C’est Armand qui m’a raconté cette histoire. Il a ajouté que Louis lui avait donné deux gros billets, pour le remercier. Et qu’ensuite, il avait couru chez le père Jules, pour tout lui expliquer. Et lui demander, tout honteux, de l’excuser. Depuis, les deux paysans se sont réconciliés et ils s’entraident pour leurs travaux.
 


“Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile”. Il y a le trésor, et il y a ce qui le contient: un saule creux, un pot de terre... une armoire. Le trésor est important, il a beaucoup de valeur; mais ce qui contient le trésor est tout aussi important, même s’il n’a aucune valeur en lui-même. Tout aussi important justement parce qu’il contient le trésor! Ce n’est plus un vieux saule comme il y en avait des milliers, un vieux saule qui ne valait trois fois rien; il est devenu un arbre d’une immense valeur! Quelle différence de prix entre le quatrième saule et le cinquième, tout-à-coup! À cause de ce qui est dedans!

“Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile”. Le trésor de la passion de Dieu pour nous, de ses promesses de pardon, il l’a placé à l’intérieur de nous. Par le Christ, nous devenons non plus de simples saules (pleureurs ou non!); non plus de simples ensembles de muscles, de peau, de sang: nous devenons enfants de Dieu, adoptés par amour. Nous devenons ainsi, logiquement, frères et soeurs, appelés à vivre réconciliés, comme Louis et Jules; à reconstruire un monde où règnent la justice et la paix.
 
 

“Jésus lui dit: «Tu es heureux, Simon, car ce n'est pas un être humain qui t'a révélé cette vérité, mais mon Père du Ciel. Je te le déclare, tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. La mort même ne pourra rien contre elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux.»”

Ces paroles de Jésus nous semblent exagérément pompeuses. Vous le savez, l’Eglise catholique s’appuie sur ce passage pour asseoir la souveraineté du Pape, en tant que successeur de Pierre. Or, qu’est-ce que l’apôtre vient de dire, et que Jésus salue ainsi? Oh, pas grand-chose, juste: “Tu es le Christ, fils du Dieu vivant”!

Ce que l’évangile veut mettre en évidence, c’est le contraste entre cette affirmation et toutes les autres réactions face à Jésus: “Certains disent que tu es un prophète, Elie ou Jérémie...” un homme extraordinaire! Un gourou...

Pierre, en reconnaissant Jésus comme le Christ, n’est plus un vase de terre comme les autres; il n’est plus un saule comme les autres. Il a montré qu’il contenait le trésor! Et c’est ça, et rien que ça qui fait sa valeur, à Pierre! Il n’est pas un super-chrétien, au-dessus de nous. Au contraire: tout(e) croyant(e) est digne des mêmes éloges! Pierre n’est pas un super-chrétien; ce qui fait son prix, c’est le trésor qu’il contient: soit la présence toute proche de Dieu, en Jésus, acceptée et reconnue!
 

Dans le Nouveau Testament, nous sommes tous des saint(e)s. Savez-vous que les auréoles ont été inventées, au Moyen Âge, pour montrer que les chrétiens (tous les chrétiens!) étaient habités d'une lumière vive, reçue d'En-Haut, et qui rayonnait autour d'eux? Ce disque lumineux autour de la tête voulait dire: "Voilà quelqu'un qui a su laisser vivre en lui la Clarté majuscule de Dieu, quelqu'un qui sait aussi la diffuser autour de lui par ses paroles ou par ses actes".

 

La lumière de Pâques et Noël nous est donc donnée pour qu’elle rayonne et pétille autour de nous! Gestes de bonté, de respect pour celles et ceux qui nous entourent; gestes de confiance et d’espérance; gestes de reconnaissance aussi: nous reconnaissons être les dépositaires de ce trésor immense. Qui que nous soyons. Tout ébréchés que nous sommes: n’est-ce pas à travers nos fêlures que la clarté de Dieu peut sortir de nous?

À tous, le Christ nous dit: «Tu es un vase qui contient le trésor du Père, sa lumière. Tu es mille fois précieuse, mille fois précieux. Puisse la clarté du Ciel illuminer le monde autour de toi! Paix sur la Terre à chacun(e) de vous les bienaimés, les passionnaimés de Dieu».  Amen

                                                                                                                                                                                                           Jean-Jacques Corbaz  





                                                                                                                                                                                                                   

(Li, Po, FA) Confession de foi : Le Dieu en qui nous croyons, chant et danse de liberté

Le Dieu en qui nous croyons, il est chant et danse de liberté, et non loi ou contrainte,

Il naît en nous, dans nos possibles, dans nos rêves,

Il crée par nous, par nos mains, par notre sève.


Il commence dans notre cœur, nos émotions, nos craintes,

Dans nos espoirs, nos élans de tendresse,

Il se lève dans nos cris, nos révoltes contre le mal, il se dresse

Dans nos luttes pour la paix, la justice, l’indulgence,

Il nous rassemble pour vibrer, tous, à la même espérance,

Et il meurt lorsqu’en nous meurt la vie, la soif d’aimer, la jeunesse.


Mais même quand il meurt, comme la graine en terre,

C’est pour grandir, nouveau, cri de joie, ressuscité,

Pour dire que la mort est un lieu de lumière,

Une amie avec qui tout réinventer.


Le Dieu en qui nous croyons est confiance et promesse,

Nous n’avons pas peur de lui : il ne veut que notre bonheur.

Amen.

 

Jean-Jacques Corbaz, avril 1983     

 

 

dimanche 4 octobre 2026

(Bi, Ci) Dieu n'est pas un rival - Espace Maurice Zundel

Le Dieu qui ne fait pas concurrence...

 

Ce week-end, j'ai franchi la porte d'un tiers-lieu chrétien niché dans une rue de Lausanne, sans trop savoir ce que j'y trouverais. Je m'attendais, je l'avoue, à ce que j'ai si souvent rencontré dans les lieux religieux : une politesse un peu raide, une chaleur de façade, cette vague impression d'être évalué avant d'être accueilli.

Ce fut tout le contraire. La directrice m'a reçu comme on reçoit quelqu'un qu'on attendait, sans programme caché. Autour d'elle, des frères et des sœurs donnaient leur temps aux plus modestes avec une simplicité qui ne cherchait aucun témoin. Je me suis surpris à penser que si l'on voulait savoir à quoi ressemble l'Évangile hors des livres, il suffirait peut-être de venir s'asseoir là une heure.

Le centre porte le nom de Maurice Zundel. J'ai appris que la directrice l'avait connu. Ce prêtre de la paroisse voisine, né à Neuchâtel en 1897 et mort à Ouchy en 1975, connaît aujourd'hui un regain d'intérêt étonnant, notamment chez les jeunes. On a dit de lui qu'il se tenait au croisement des théologies protestante et catholique, de la philosophie existentielle et du personnalisme. Voilà qui n'est pas un programme de campagne. Pourtant, quelque chose chez cet homme parle à une génération qui a déserté les bancs d'église.

J'ai cherché pourquoi, et je crois que la réponse tient en une phrase : Dieu n'est pas le rival de l'homme.


Je mesure à quel point cette phrase aurait soulagé l'enfant que j'ai été. J'ai grandi avec l'idée, jamais formulée mais partout respirée, que Dieu et moi étions engagés dans une sorte de partie à somme nulle. Pour que Dieu grandisse, il fallait que je diminue. Chacune de mes envies était suspecte, chaque désir un territoire à rendre. Obéir, c'était renoncer à soi. Et quand je regardais les croyants les plus fervents, je voyais parfois des gens éteints plutôt que des gens épanouis. Je me demandais si la sainteté exigeait de devenir moins vivant.

Zundel renverse la table. Le Dieu qu'il décrit n'est ni monarque ni pharaon, ce n'est pas un souverain dont la gloire se mesurerait à la soumission de ses sujets. Et la raison qu'il en donne m'a frappé par sa cohérence : elle est dans la Trinité. Si Dieu est Père, Fils et Esprit, alors il n'est pas solitaire. Il n'est pas un dictateur cosmique qui aurait besoin d'adoration pour combler un manque. Le Père n'est que regard vers le Fils, et le Fils regard vers le Père, dans une circulation de don où personne ne retient rien. Un Dieu qui ne possède rien et ne jalouse rien ne peut pas entrer en concurrence avec nous.

Cela change tout, y compris l'endroit où on le cherche. Si Dieu n'est pas un surveillant posté «dehors», il peut habiter au plus intime. Zundel parle d'une inviolabilité intérieure dont Dieu serait la source et le garant. Il ne s'impose jamais. Il attend, avec une patience qui me déconcerte, que nous consentions à le laisser vivre à travers nous. La rencontre avec lui ne détruit pas le moi : elle le délivre de son égoïsme pour le conduire vers ce qu'il est réellement appelé à être.

Une phrase résume cela mieux que mes commentaires : si l'on a parfois présenté Dieu comme l'adversaire de l'homme qui devient responsable et libre, Zundel nous rappelle que l'expérience même de l'homme est le chemin où Dieu atteste sa présence.

Je repensais à tout cela en quittant le centre, sous le ciel gris de Lausanne. L'accueil que j'avais reçu n'était pas une technique ni une stratégie d'évangélisation. C'était l'expression naturelle d'une conviction : Dieu ne cherche pas à nous réduire, et ceux qui le suivent n'ont donc pas à se faire petits pour qu'il soit grand. Ils peuvent donner, parce qu'ils ont d'abord reçu sans rien perdre.

Je n'ai pas tout résolu. Il reste des textes difficiles, des silences de Dieu, des questions que Zundel lui-même n'a pas toutes closes. Mais j'ai senti, ce week-end, ce qui arrive quand une théologie cesse d'être un tribunal pour redevenir une invitation. Et je me suis demandé combien de personnes, aujourd'hui, restent loin de la foi non parce qu'elles rejettent Dieu, mais parce qu'on leur a présenté un rival.
Et si le Dieu qu'elles refusent n'était justement pas celui-là ?

Philippe Tarabon

mercredi 23 septembre 2026

(Ci, Bi) Le monde est infecté de faux dieux

 

Le monde est encore tout infecté de ces faux dieux, c’est-à-dire de ces fausses représentations de Dieu qui sont uniquement le fait de l’homme et le monde ne cesse de concevoir la grandeur comme une domination.
 
Dominer, écraser, avoir des inférieurs, commander, employer le mode impératif, avoir des courtisans et des thuriféraires, être loué, considéré comme celui qui est en haut par ceux qui sont en bas, c’est la vision de la grandeur humaine, c’est la vision mortelle, absurde, irréalisable qui aboutit toujours finalement à l’esclavage du despote et à l’avilissement des esclaves.
 
Jésus nous introduit dans un nouveau monde qui est un monde de générosité où la seule grandeur est de se donner. Le plus grand, c’est celui qui se donne le plus et Dieu est au sommet de la grandeur parce qu’il est uniquement celui qui se donne.
 
Père Maurice Zundel
 

dimanche 20 septembre 2026

(FA, SB, Vu) Galates

 


A la fin des années 50 de notre ère, l’Apôtre Paul envoya une lettre à la communauté chrétienne parmi les Γαλάται* [Galataï]. La toute jeune Église était troublée par l’action de mystérieux prédicateurs qui remettaient en cause la légitimité de Paul, ce qui le fit réagir avec la plus grande vigueur**.

Or, si j’en crois le Bailly, le premier sens du substantif οἱ Γαλάτai [hoï Galataï] était «les Gaulois» ! Certes, le terme signifiait aussi «les Galates», au sens strict, qui désignait une population celtophone vivant totalement isolée des autres Celtes, au beau milieu de l’Asie Mineure***.

Mais que faisaient-ils donc là ?

Les Galates seraient issus de trois tribus parties de Gaule au III° s. avant J.-C. Après avoir écumé et pillé la Grèce, ils furent contraints de se fixer en Anatolie, où ils constituèrent le royaume de Γαλατία [Galatia]. Léguée aux Romains en 25 avant J.-C. par son dernier souverain, la Γαλατία devint la province de Gălătĭa [= Galatie]****.

L’Épître aux Galates est donc, en quelque sorte, l’Épître aux Gaulois…

 

* il va de soi que, quand nos bibles titrent «aux Corinthiens», «aux Éphésiens», «aux Romains», etc., les lettres s’adressaient aux seuls chrétiens de Corinthe, d’Éphèse, de Rome...
 
** il n’hésita pas à insulter ses correspondants : «Ὦ ἀνόητοι Γαλάται» [Ô anoètoï Galataï] = «Galates imbéciles !» [3, 1]. 
 
*** voir la carte ci-dessus
 
**** à laquelle furent adjoints d’autres peuples. Ce qui fait que les spécialistes distinguent une Galatie originelle et une Galatie romaine. Les exégètes discutent pour savoir qui sont exactement les «Galates» auxquels Paul s’adresse. Je n’oserai pas prendre ici position.
 
 
 
P.S. Le club de football stambouliote nommé "Galatasaray" a probablement la même origine. (JJC)
 

lundi 14 septembre 2026

(Li, Po) Dieu ne veut plus être sage


Dieu ne veut plus être sage
Il souffle en nous par son Esprit
Bouleversant nos paysages
Pour nous donner un goût de vie !

Dieu ne veut plus être en cage
Dans nos espoirs par trop petits,
Il nous appelle à vivre large
L’aventure de sa folie !


Jean-Jacques Corbaz 
    

(Pr) La multiplication des pains, possible? du vent? "gonflé"!

Lecture: Matthieu 14, 13-21


Multiplier les pains, et la nourriture? Ah, ce serait le rêve! Si seulement Jésus revenait aujourd’hui, il pourrait nourrir tous les affamés du Tiers et du Quart Monde. Mieux même: il devrait multiplier l’argent. Ce serait génial!

Un jour, un petit malin a réussi à multiplier l’argent. Il a publié une annonce qui disait: «Si vous versez 1’000.- sur mon compte, je vous enverrai la recette infaillible pour devenir millionnaire en quelques semaines». Et à ceux qui versaient la somme demandée, il envoyait son truc. Vous le voulez? Gratis? Son truc, il l’exprimait en trois mots: «Faites comme moi»!


Bon, cessons de fantasmer. Vous savez, les miracles servent en fait à illustrer les paroles et la vie de Jésus. Un peu comme les images dans un journal aujourd’hui. Et puis, on a découvert qu’il y a des miracles dans toutes les religions.

Je vous recommande donc de ne pas vous arrêter à l’histoire au premier degré qui nous est racontée. Ni pour en voir le compte-rendu historique d’un acte magique. Ni pour se bloquer, à l’opposé, en disant «Mais ce n’est pas possible que ça se soit passé ainsi». Les miracles sont des illustrations de quelque chose de beaucoup plus profond et important.

J’aime ce proverbe qui dit: «Quand on montre la lune du doigt, le benêt regarde le doigt». Le miracle, c’est donc un doigt qui montre le sens que prend la vie de Jésus dans l’évangile. Ne restons pas braqués sur le doigt, nous ne pourrons pas voir ce qu’il nous désigne!

Si vous avez besoin de vous demander si ça s’est réellement passé, cette histoire de la multiplication des pains, alors, faites-le. Mais ce n’est pas là l’important.

L’important? Qu’est-ce que montre le doigt, ici? Écoutez: notre récit commence par 
«Quand Jésus entendit cette nouvelle». Quelle est l’information qui va déterminer toute notre histoire? Eh bien, c’est le fait que Jean Baptiste (l’ancien maître de Jésus, son précurseur) a été cruellement assassiné par le roi Hérode.

Le Christ veut alors s’isoler pour digérer l’évènement. Sans doute pressent-il que cette mort violente annonce la sienne. Il se rend compte... que le sien est bon (de compte!). D’ailleurs, de nombreux signes insistent sur les oppositions qu’il rencontre, sur les juifs qui complotent sa mort...

Mais les foules poursuivent Jésus. Impossible pour lui d’être seul. Ces gens ont tant besoin de guérison et de consolations. L’évangile souligne par trois fois que Christ est ému, touché par leur détresse. Alors, il cède, et reste avec eux dans cet endroit retiré. Personne ne voit le temps passer... Et le soir, quand tous les magasins sont fermés (euh, cherchez l’anachronisme!), le soir, il n’y a que 5 pains et 2 poissons pour ces milliers de personnes.

Pourtant, tous seront nourris. En abondance! Jésus répond, nous dit ce miracle, Jésus répond aux menaces de mort et aux détresses du petit peuple en multipliant la nourriture. Signe de consolation et de sécurité. Comme pour nous dire: 
«Vous voyez? Quand les difficultés, quand les obstacles s’additionnent, eh bien les pains se multiplient! Quand plus rien ne semble marcher, alors Dieu se révèle beaucoup plus présent, bien plus proche qu’on ne l’imaginait.»

Aujourd’hui, nous sommes pareils aux disciples de Jésus: bien conscients des détresses de cette terre, mais si peu puissants. Nous voudrions nourrir les affamés. Mais nous avons si peu à partager...

Vous avez remarqué? Jésus non plus, n’a rien! Mais rien de chez rien! Pour que le miracle ait lieu, il faut la rencontre de: nos pains mille fois trop petits - avec les mains vides du Christ! Il faut que nous reconnaissions nos insuffisances, que nous n’imaginions pas pouvoir sauver l’humanité avec nos seules forces; et il faut aussi que nous remettions entre les mains de Jésus ces bribes de nourriture. Ces bribes qui, ainsi, deviendront surabondance!

Quand les obstacles s’additionnent, les pains se multiplient. Face à la haine qui grandit contre lui, Christ a besoin de nos bouts de pain pour créer le festin! Sans nous, il n’est rien; sans notre foi, sans nos aveux d’impuissance. Comme nous ne sommes rien sans lui.

C’est vraiment multiplier trois fois rien avec du vent. Et pourtant ça rassasie 5’000 familles. Ça marche!

Moi, je ne sais pas faire de miracle sur commande. Mais je vais quand même vous montrer un truc étonnant, pour illustrer cette étrange multiplication. Dans cette petite enveloppe, il y a un objet; pas gros du tout, vous pensez bien! Pourtant, je vais le faire grossir plus de mille fois en quelques secondes. Regardez... (je sors un ballon de baudruche et le gonfle). C’est ce que Jésus a fait, et ce qu’il nous demande de faire... Ce n’est pas du vent!



Face aux menaces, quand la peur grandit, Dieu veut se montrer tout proche; pour nous aider à rester calmes et agissants, sans panique ni découragement. Il nous souffle (oui, souffle!) à l’oreille: «N’aie pas peur, je suis là. Aide-toi, et le Ciel t’aidera!»

Si nous savons ouvrir notre vie à son souffle, nous avancerons fort, comme un voilier qui tend sa toile à une puissance qu’il ne voit pas.

Et si nous parvenons à ouvrir nos insuffisances au souffle de son Esprit, il pourra multiplier nos trois fois rien, nos sourires, nos amitiés, nos présences consolantes, nos regards bienveillants; nos couleurs qui chantent la gaieté. De quoi faire du bien à des foules de gens! 

Prions donc pour les personnes atteintes dans leur santé ou dans leur moral; celles qui souffrent d’injustices ou de mépris. Qu’elles puissent recevoir la force de se redresser au soleil de l’amour de Dieu. Et prions pour nous-mêmes, que nous sachions être illuminés par la tendresse infinie du Christ, pour notre salut et pour celui de celles et ceux qui nous entourent.

C’est ce que vivent bien des personnes engagées dans nos Églises, ministres ou laïcs. Et c’est ce que chacun.e de vous peut essayer de réaliser. Vous me trouvez gonflé? Vous pouvez finir cette prédication en gonflant, vous aussi, chacun.e, un ballon coloré pour dire que vous commencez à tendre vos voiles au souffle de Dieu, qui multiplie nos modestes forces!


Amen

Jean-Jacques Corbaz 

(Li, Hu) Accueil - Si je vous traite de…

Bonjour, et merci d’être venus vivre ce culte !

 

L’histoire se passe lors d’un match de tennis. Après un point litigieux, le joueur John McEnroe dit à l'arbitre :

- Si je vous traite de c**, j'ai une amende ?

- Oui.

- Et si je ne vous le dis pas mais que je le pense très fort ?

- Dans ce cas, non.

- Alors sachez que je le pense très fort !

 

Eh bien, chers paroissien.ne.s, chers ami.e.s, vous le savez : Dieu ne va pas nous traiter de tous les noms déplaisants qui vous passent par l’esprit ! Il ne nous traite que d’une seule manière : en nous disant que nous sommes ses bienaimés, passionnément. Il le dit, et il le pense très fort aussi !

Bienvenue auprès de lui, quoi qu’il en soit !


 

Jean-Jacques Corbaz, février 2026   

      

lundi 24 août 2026

(Pr, Co) Renseignement SVP

Il y a sur terre des petits coins de paradis, et des anges qui nous aident à y croire. Comme dans ce récit vécu, que j'aime beaucoup:

.
 

 

Renseignement SVP 

 
Lorsque j'étais petit, mon père a eu l'un des premiers téléphones du quartier. Je me rappelle très bien la vieille boîte en bois fixée au mur et le récepteur noir accroché sur son côté. J'étais trop petit pour atteindre le téléphone, mais j'aimais écouter ma mère lui parler. J'ai découvert ainsi que dans ce merveilleux appareil vivait une personne fantastique. Son nom était "Renseignement SVP" et elle savait tout! Renseignement SVP pouvait fournir le numéro de n'importe qui, en plus de l'heure exacte.

Un jour où ma mère était sortie, en jouant je me suis fait très mal. La douleur était terrible, mais il n'y avait personne pour m'entendre et me réconforter.
Je suis allé vers l'escalier en suçant mon doigt, et je l’ai vu. Le téléphone! J'ai couru chercher un tabouret à la cuisine et je suis monté dessus, j'ai décroché le combiné.
- Renseignement SVP, dis-je dans le microphone. Un clic ou deux... et j'entends une petite voix claire me dire:
- Renseignement.
Je dis alors:
- Je me suis fait mal au doigt.
- Est-ce que tu saignes? me demande la voix.
- Non, je me suis tapé avec un marteau, ça fait très mal.
Elle me demande alors:
- Peux-tu ouvrir la boîte à glace?
- Oui je peux.
- Alors, prends un petit morceau de glace et pose le sur ton doigt, me dit-elle.

Après cette expérience, j'ai appelé Renseignement SVP pour n'importe quoi. Un jour, je lui ai demandé:
- Comment épelez-vous le mot réparation?
D’autres fois, je l’ai appelée pour qu’elle m'aide pour ma géographie ou mes mathématiques. Elle m'a dit que le petit écureuil que j'avais trouvé dans le parc la veille devait manger des fruits et des noix.

Un peu plus tard, mon canari est mort. J'ai appelé Renseignement SVP et lui ai raconté ma triste histoire. Elle m'a écouté attentivement et m'a dit ce qu'un adulte dit pour consoler un enfant, mais j'étais inconsolable.
Je lui ai demandé, la gorge serrée:
- Pourquoi les oiseaux chantent si merveilleusement et nous procurent tant de joie, si c'est pour finir comme un tas de plumes au fond d'une cage?
Elle a ressenti mon profond désarroi et m'a dit alors, d'une voix calme:
- Paul, rappelle-toi toujours qu'il existe d'autres mondes où l'on peut chanter.
D'une certaine façon, je me sentais mieux.

Tout ça se passait dans la ville de Québec. Puis, alors que j'avais 9 ans, nous avons déménagé à l'autre bout de la province. Je m'ennuyais terriblement de mon amie. Renseignement SVP appartenait à cette vieille boîte en bois de notre maison familiale, et, curieusement, je n'ai jamais songé à utiliser le téléphone neuf étincelant posé sur une table.

Le souvenir de ces conversations de mon enfance ne m'a jamais quitté. Souvent, lors des moments de doute et de difficultés, je me rappelais ce doux sentiment de sécurité que j'avais à cette époque. J'appréciais maintenant la patience, la compréhension et la gentillesse qu'elle a eu à consacrer de son temps pour un petit garçon.

Quelques années plus tard, alors que je me rendais à Montréal, mon avion devait faire une escale à Québec. J'avais une demi-heure d'attente. Comme j’avais mon téléphone dans ma main, sans penser vraiment à ce que je faisais, j'ai composé le "0" et dit:
- Renseignement SVP.
Miraculeusement, j'entendis alors cette même voix claire que je connaissais si bien:
- Renseignement.
Sans avoir rien prévu, je m'entendis lui dire:
- Pouvez-vous m'épeler le mot réparation?
Il y eut un silence. Ensuite, j'entendis la voix si douce me répondre:
- Je suppose que ton doigt est guéri maintenant.
Je me mis à rire:
- C'est donc toujours vous! Je me demande si vous avez la moindre idée comme vous étiez importante pour moi pendant toutes ces années.
- Je me demande, dit-elle, si tu sais combien tes appels étaient importants pour moi. Je n'ai jamais eu d'enfant et j'étais toujours impatiente de recevoir tes appels.
Je lui dis comment, si souvent, j'avais pensé à elle au cours de ces dernières années et je lui demandai si je pourrais la rappeler lorsque je reviendrais:
- Bien sûr, tu n'auras qu'à demander Sarah, me répondit-elle.

Trois mois plus tard, alors que j'étais de nouveau à Québec, une voix différente me répondit:
- Renseignement.
J'ai demandé à parler à Sarah.
- Êtes-vous un ami? me demanda la voix inconnue.
Je lui répondis:
- Oui, un vieil ami.
J'entendis alors la voix me dire:
- Je suis désolée, Sarah ne travaillait plus qu'à temps partiel ces dernières années parce qu'elle était très malade. Elle… elle est morte il y a un mois...
Avant même que j'aie le raccroché, elle ajoute:
- Attendez une minute. Vous avez dit que votre nom est Paul?
Je répondis:
- Oui.
- Eh bien, Sarah a laissé un message pour vous, au cas où vous appelleriez. Ce message, c'est:
«Dites-lui que je crois toujours qu'il y a d'autres mondes où l'on peut chanter. Il saura ce que je veux dire...»
Je lui dis merci et raccrochai.

Oui, je savais ce que Sarah voulait dire...
Ne sous-estimez jamais l'influence que vous pouvez avoir sur les autres. La vie de qui avez-vous touché aujourd'hui?


Anonyme

(Li) Béatitudes du 20è siècle

Heureux celui dont la douceur apporte aux autres un peu de paix et la joie de vivre.


Heureux celui dont la douceur fait respirer le temps qui passe, vient calmer la tristesse ou réduire la souffrance.


Heureux celui dont la douceur est une présence pour les autres. Heureux celui dont la douceur n’est pas suave, ni faible.


Celui-là sait ouvrir les yeux, celui-là fait contempler aux autres le monde qui les environne, les personnes qui l’entourent.


Celui-là ouvrira l’ère d’un monde nouveau. En lui, toute larme saura disparaître, en lui la mort s’ouvrira vers la vie, en lui toute la terre deviendra le royaume de Dieu.

D’après François Chagneau

(Li, Hu) Accueil - Le dentiste

Bonjour, et merci d’être venus vivre ce culte !

C’est l’histoire d’une dame dans la soixantaine, soignée et qui se sent bien conservée. Lors d’un déplacement à l’étranger, elle doit prendre un rendez-vous d’urgence chez un dentiste local.


Tout en patientant dans la salle d’attente, elle remarque le diplôme de l’homme. Le nom la frappe: c’est le même que celui d’un ancien camarade de collège, un beau gars sympathique dont elle était amoureuse, mais qu’elle a complètement perdu de vue depuis une lurette belle à en faire pâlir miss Monde. Serait-il possible que ce soit lui?


Son cœur bat un peu plus fort. C’est alors qu’entre un homme en blouse blanche qui l’appelle: «Madame? C’est à vous.»


Elle se lève, désappointée. Ce ne peut pas être lui. Le praticien est voûté, ridé, bedonnant, les traits disgracieux. Certes, des litres d’eau ont coulé sous les bridges de Pétaouchnock, mais quand même… Elle ose pourtant lui demander: «Vous êtes le Dr Mack?»


«Oui, c’est moi. Pourquoi?»


«Est-ce que vous auriez étudié au collège de l’Elysée, à Lausanne?» demande-t-elle.


«Ah oui. On se connaît?» fait le dentiste.


«Mais oui! Vous étiez dans ma classe!»


L’homme lève sur elle un regard interrogateur. Il se creuse la tête, ne trouve rien et demande: «Vous étiez prof de quoi?»   (mdr)

Eh bien, chers paroissien.ne.s, chers ami.e.s, Dieu, lui, nous voit d’un tout autre œil: pour lui, nous sommes éternellement jeunes et beaux. Oui, je pèse mes mots: éternellement!


Bienvenue auprès de lui, laissons-le nous faire du bien par son regard aimant et passionné!


Jean-Jacques Corbaz, février 2026