Dieu tout-puissant: mot qui dérange
Il y a des mots aimés ou incompris, comme "tout-puissant".
Ce terme amène une fausse image d'un Dieu qui déciderait qui sauver (ou aider, note de JJC) ou pas. Cette image nous induit en erreur, parce que ce mot n'est pas traduit correctement.
En grec, pantocrator (qu'on traduit par "tout-puissant", note de JJC) désigne le commandant des armées ou le détenteur du pouvoir au plus haut niveau. Le pantocrator a certes un grand pouvoir, mais cela ne fait pas de lui un tout-puissant. C'est pareil avec Dieu.
À l'opposé, écarter sa toute-puissance ne revient pas à le déclarer impuissant; car sa puissance est d'un autre ordre. La puissance de Dieu est cette puissance de l'effacement.
De la naissance jusqu'à la résurrection du Christ, Dieu manifeste sa grandeur. Une grandeur qui se déploie en amour, en respect et en liberté pour chacun(e).
La toute-puissance de Dieu n'est pas une puissance absolue et magique.
Au contraire, sa puissance lui permet de se mettre à notre niveau pour nous accompagner. Sa puissance nous rejoint justement là où on ne 'attend pas. La toute-puissance de Dieu se trouve dans nos fragilités.
Emmanuelle Jacquat
Article paru dans Réformés d'avril 2020, p. 35
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Vous trouverez sur ce blog différentes sortes de contributions:
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Bonne balade entre les mots!
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lundi 30 mars 2020
(Bi, Re, Ci) Dieu n'est pas celle que vous croyez
"Dieu n'est pas un bouche-trou; il doit être reconnu non à la limite de nos possibilités *, mais au centre de nos vies, à cause de Jésus-Christ".
Dietrich Bonhoeffer
* Note de JJC: cela signifie qu'il n'est pas un magicien qui répondrait à nos prières d'enfant en transgressant les lois de la nature et de la physique.
Dietrich Bonhoeffer
* Note de JJC: cela signifie qu'il n'est pas un magicien qui répondrait à nos prières d'enfant en transgressant les lois de la nature et de la physique.
mercredi 25 mars 2020
lundi 23 mars 2020
jeudi 19 mars 2020
lundi 9 mars 2020
(Pr) “Frères et soeurs” - Caïn et Abel - (presque) comme nous
Prédication du 9 mars 2020
Introduction aux lectures:
Nous vivons les 40 jours du Carême. Aujourd'hui, ce temps évoque surtout la privation (les gens qui font Carême de chocolat, d'alcool, de réseaux sociaux...). Or, le sens fondamental de cette "quarantaine" n'est pas là. Elle nous est offerte d'abord pour réfléchir et méditer au sens des souffrances et de la mort de Jésus: que veulent-ils dire, pour nous? à quoi nous invitent-ils?
Pour cela, je vous propose ce matin de revenir au tout début de la Bible, aux sources de la violence; je parle de l'histoire de Caïn et Abel: premier meurtre, première injustice. Puis nous entendrons quelques versets de la lettre aux Ephésiens, qui lui répondent avec à-propos.
Lectures bibliques: Genèse 4, 1-15; Ephésiens 2, 13-17
“Chers frères et soeurs”, dit M. le pasteur en commençant son sermon. Et quand il dit ça, M. le pasteur, il veut en général souligner que nous sommes proches; égaux; semblables.
Pourtant, ce n’est pas simple, d’être frères et soeurs. Depuis Caïn et Abel jusqu’aux chrétiens qui s’entretuent. En Irlande, quand catholiques et protestants se massacrent parmi, c’est plutôt rude à avaler! Au Proche-Orient, quand musulmans et chrétiens se balancent des bombes, on se demande quelle mouche les pique. Il y a quelques années, on a même vu, au Liban, des chrétiens partir en guerre contre d’autres chrétiens... On a envie de dire comme la Bible: “Caïn, qu’as-tu fait de ton frère?”
Le premier drame de l’homme, c’est donc cette propension incroyable à croire qu’on va régler les difficultés par la violence. Taper sur son semblable: dominer, agresser; jalouser, zigouiller...
Dès ses premières pages, la Bible aborde ce thème... universel. Les premiers frères, Caïn et Abel, sont aussi le premier meurtrier et la première victime.
Pour éviter de nous égarer, disons tout de suite que ce récit n’a aucune prétention historique. Les débuts de l'humanité ne sont pas passés comme ça, c’est une image, un mythe. La preuve: Caïn dit “le premier homme qui me rencontrera va me tuer”. Puis il se marie et s’établit dans une ville! Ne cherchons donc pas un compte-rendu sur la vie du premier couple sur terre et de ses enfants. Le récit du meurtre d’Abel s’intéresse à tout autre chose: il veut nous faire réfléchir sur notre violence. À nous.
C’est à nous que Dieu dit, à travers ce texte, les paroles qu’il adresse à Caïn, des paroles étonnantes d'actualité et de pertinence. Vous l'avez entendu, Dieu dit: “Le péché de la violence, il est en toi, tapi à ta porte, comme une bête féroce. C’est à toi de le maîtriser! Domine-le, sinon c’est lui qui te dominera!”
Ne nous mettons donc pas trop vite à la place du juge. Ou à la place de Dieu. N’accusons pas trop rapidement Caïn, ou le président Syrien El-Assad, ou les terroristes. Ceux qui tuent, qu’ils soient nazis, ou membres de l’Etat islamique, ou despotes sanguinaires, ce sont des humains, des fils d’Adam et des filles d'Eve. Ce sont nos soeurs et nos frères. Et c’est justement là le drame. Nos semblables. En faire des monstres n’avance à rien. Quand on a arrêté la secrétaire des Brigades Rouges, en Italie, c’était une vieille dame de 75 ans, d’apparence toute gentille...
Ils ont l’air bien braves aussi, ces écoliers qui veulent “casser du nègre”. Ou ces Fribourgeois qui ont tué un réfugié Kurde, il y a quelques années. Nos semblables.
Ce que la Bible veut nous dire, à travers ce meurtre d’Abel, c’est qu’il n’y a pas d’un côté une race perverse (les assassins) et de l’autre les gentils, donc nous. Mais il y a des frères et des soeurs, qui tous portent en eux une violence quotidienne! Et que cette violence, elle peut éclater; ou bien être maîtrisée.
Mais la Genèse va plus loin: Caïn tue son frère. Sa victime lui ressemble. Ils sont presque identiques. Et c’est dans ce “presque”, et c’est dans cette différence infime que sa haine a germé.
On rejette souvent les autres quand ils sont différents. Pourtant, voilà que Hitler n’extermine pas les Noirs, mais les juifs. Les Turcs ne massacrent pas les Tamouls, mais les Kurdes. Et en Syrie, ce sont des Syriens qui persécutent d’autres Syriens. Au Proche-Orient, des musulmans souvent massacrent d’autres musulmans.
En 1939, le juif allemand est presque un Allemand. Ce “presque” devient insupportable, car le plus petit avantage semble une énorme injustice. On va donc élargir le fossé, accentuer les différences. On exagère l’influence des juifs, leur pouvoir: “ils tiennent tout”, dit-on, “ils nous dominent”...
On les caricature, on les peint en diable sur la muraille: nez crochu, pieds fourchus! On les accuse de tous les maux: chômage, récession, misère...
C’est l’histoire de deux Allemands au bistrot. “Toutes les catastrophes viennent des juifs”, dit l’un. “Toutes? fait l’autre. Même le naufrage du Titanic?”. Ce à quoi le premier répond: “Iceberg, c’est pas un nom juif, ça?”
Dans ce climat de haine et de frustrations, il suffit d’une minuscule étincelle pour déclencher le drame. Caïn a le sentiment que Dieu préfère l’offrande de son cadet - et il tue Abel!
Si la Bible était un livre de morale et de bons conseils, il faudrait sans doute en arracher la page où on peut lire cette histoire. Il faudrait d’ailleurs en arracher presque tout l’Ancien Testament!
Mais la Bible n’est pas un modèle: elle reflète ce que nous sommes. Son univers, c’est le nôtre! Elle met en scène des gens comme vous et moi; des femmes et des hommes qui essaient de dire pourquoi le monde est comme il est, avec ses injustices et ses scandales; et avec les paroles de Dieu, qui voudrait le transformer!
N’arrachez pas de votre Bible les pages de l’Ancien Testament, non, mais lisez-les toujours en les mettant en rapport avec le changement total que Jésus a introduit: aimez vos ennemis; pardonnez aux autres; depuis la croix, chacun reçoit gratuitement le pardon pour ses péchés; chacun reçoit gratuitement le pardon pour ses violences, pour ses attitudes injustes qui attisent la colère; Dieu veut nous réconcilier, avec lui et les uns avec les autres. C’est ça, le centre, l’essentiel du Nouveau Testament.
À notre époque, les mouvements des populations nous mettent en contact avec de plus en plus d’humains qui sont nos frères et nos soeurs, presque comme nous. Mais pas tout à fait. Nous sommes désécurisés, et on est tenté par des raisonnements simplistes, du genre “tout ça c’est la faute aux juifs” (ou aux réfugiés, ou aux musulmans, ou à ceux qui ne votent pas comme nous...).
Par la Bible, Dieu nous dit: “Regarde d’abord la violence qui est en toi, tapie à ta porte, c’est à toi de la maîtriser! Domine-la, sinon c’est elle qui te dominera!”Dieu nous appelle à la vigilance contre toutes les formes de mépris, de violence, de haine. En particulier celles qui ont pour cibles nos presque semblables; jusqu’aux plus anodines: les histoires belges des Français, ou nos witz sur les Fribourgeois, qui accentuent les différences avec des tout proches. Et nos réactions, nos jalousies à l’égard d’un ancien copain d’études qui réussit mieux que nous: “M'enfin! Il n’est pourtant pas plus malin que moi. J’aurais dû aussi y avoir droit!”
Et puis, toutes les fois où j’exagère ce qu’a dit untel, parce que je ne suis pas d’accord avec lui. Je le caricature pour mieux le rabaisser! Je grossis les défauts des autres, comme si du coup ça me rendait meilleur! Je critique, sans respecter la règle d’or qui est: ne jamais dire en l’absence de quelqu’un ce qu’on ne dirait pas s’il était présent. Et même, en présence de l’autre, veiller à le respecter aussi, bien sûr!
Oui, je sais, c’est très difficile. Je n’y arrive pas souvent, moi non plus! Mais au fond, le seul moyen de désamorcer la haine, de respecter la différence de l’autre, n’est-ce pas de le regarder avec la bienveillance fondamentale de Jésus-Christ? N’est-ce pas de croire que Dieu l’aime autant que moi, - et moi autant que lui?
“Chers frères et soeurs”... Dans la Bible, il y a beaucoup de frères qui s’entretuent, depuis Caïn jusqu’aux enfants du roi David. Relèverons-nous le défi de montrer que Jésus a changé tout ça, que “par la Croix, il a détruit la haine”, qu’”il nous donne la paix et nous réconcilie”, comme dit la lettre aux Ephésiens? Il nous appartient, à chacun(e), de réaliser cela, de le concrétiser, chaque jour. Quand nous pouvons le vivre, cela nous fait porter vraiment le nom de chrétiens, frères et soeurs en Christ. Amen
Jean-Jacques Corbaz
lundi 10 février 2020
(Pr) En mission chez les "canards"
Prédication du 26 janvier 2020 à Bex et du 10 février 2020 à Plein Soleil
«Tu n’es pas n’importe qui!»
Lectures bibliques: Matthieu 3, 1-2 + 13-17 ; Esaïe 49, 13-16
«Tu n’es pas n’importe qui» nous dit l’évangile. «Tu n’es pas n’importe qui» nous souffle le baptême que nous avons reçu, ou que nous pouvons demander sans que cela ne nous coûte rien. «Tu n’es pas n’importe qui» nous fait la communion que nous allons vivre tout à l’heure. «Tu n’es pas n’importe qui, tu es quelqu’un».
Les paroles de Jésus; ses gestes, et même sa vie et sa mort nous chantent l’importance de l’être humain pour Dieu: «Je ne t’oublie jamais, nous promet-il, j’ai ton nom gravé sur les paumes de mes mains». Aux Vaudois qui disent «Y en a point comme nous» comme aux Allemands qui affirmaient «Gott mit uns», c’est-à-dire «Dieu est de notre côté»; aux juifs qui se voient comme LE peuple élu; autant qu'aux Chinois qui de Pékin jusqu’à Pompaples se proclament le milieu du monde… ainsi qu’à tous les autres (oui, tous!), Dieu nous dit: «Tu n’es pas n’importe qui».
Même les Papous et les natifs des Maldives! Et les habitants des terres lointaines, que les missionnaires d’hier ou d’aujourd’hui partent pour les soutenir dans leur foi. Même les personnes qui me choquent ou qui me gênent, parce qu’elles sont trop différentes de moi! Même l’automobiliste qui me fait une queue de poisson et que j’ai envie de traiter d’un nom qui ressemble à «canard»! Dieu leur dit: «Tu n’es pas n’importe qui».
Depuis la paille de la crèche jusqu’au bois de la croix, et même au-delà, vers la Résurrection, voire la fin du monde, c’est le message de l’évangile, la bonne nouvelle du Christ que nous sommes appelés à porter plus loin. Dieu nous dit: «Tu n’es pas n’importe qui». Moi, toi; vous, elles; nous: quelqu’un!! «Post-scriptum, dit Dieu: passez plus loin!»
C’est comme une fois y avait Jean le Baptiste, ça veut dire Jean le Trempeur, celui qui plonge les gens dans l’eau. Il se tenait au désert, près du Jourdain, et il annonçait: «Le Messie va paraître, préparez-vous! Purifiez vos cœurs, vos vies matérielles et vos vies spirituelles! Trempez-vous dans la rivière, en signe de propreté et de renouveau!»
Aussitôt, Jésus apparaît. Vous pensez peut-être qu'il arrive en disant: «C’est moi, les gars! Tatsaam! Déroulez le tapis rouge! Préparez trompettes, fracas, flashes et caméras télé!?»
Hem! Pas du tout, vous le savez! Jean et tous les autres attendaient un Messie triomphant, victorieux, qui ferait l’unanimité; un envoyé de Dieu qui transforme la terre. Et la première chose qu’il dit, c’est: «Moi aussi, je veux être baptisé». Comme les autres. Rien de plus.
On attendait un Dieu qui élève l’humanité jusqu’au Paradis; or c’est lui qui descend, qui vient à notre rencontre. Il quitte son village, et même la ville, et les lieux de la religion officielle, comme le Temple et la synagogue. Jésus quitte la hiérarchie solennelle et les belles traditions… tout cela pour venir au désert, lieu de la dépossession, lieu du dénuement et du manque. Lieu aussi de la révélation divine, comme pour Moïse et tant d'autres dans l'Ancien Testament. Il vient au désert, lieu du retour aux sources, si j’ose dire!
Au désert, où coule une rivière, le Jourdain; symbole d’ablutions, de nettoyage spirituel; de purification.
Il ne vient pas pour purifier les autres, non, il vient pour être purifié, lui! Exactement comme les pécheurs et les pécheresses de sa génération, auxquels il proclame ainsi avec force: «Tu n’es pas n’importe qui, car Dieu lui-même se déplace à ta rencontre, jusque chez toi!»
Tu te rends compte à quel point il te trouve important(e)?!
Désormais, il ne faudra plus offrir de sacrifice: c’est l’Esprit de Dieu qui descend, comme une colombe. Ce n’est plus l’homme qui, par un holocauste, s’élève vers le Ciel, mais c’est Dieu qui s’abaisse vers nous. Grâce verticale, où le seul qui offre un sacrifice, c’est Dieu, pour nous.
Et Jésus chassera du Temple les marchands de colombes, car la vraie religion, désormais, la vraie relation avec Dieu, elle passe dans l’autre sens: le sens descendant. De Dieu vers nous: «Tu n’es pas n’importe qui ! »
Et le baptême, bien sûr, en sera le signe. Le baptême de Jésus inaugure nos baptêmes humains. Baptêmes d’adultes ou d’enfants, toujours, c’est la grâce qui descend. «Ne crains rien, dit Dieu, car je t’ai racheté. Je t’appelle par ton nom, tu es à moi. (…) Parce que tu es précieux à mes yeux, je te rachète pour te sauver la vie». (Es. 43). «Tu n’es pas n’importe qui, tu es quelqu’un».
Dans l’évangile selon Matthieu, Jean le Trempeur, le Baptiste, attendait un autre Messie, qui purifie les humains. Or c’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé! Car Matthieu veut nous aider à accueillir Jésus différemment. Non pas en nous défilant, en nous faisant tout petits, comme Jean quand il dit «C’est plutôt moi, pauvre prophète, qui ai besoin d’être baptisé par toi, Seigneur»; non, Matthieu veut nous aider à passer de la dé-mission à la mission tout court. Il nous envoie vers les autres!
Jésus, dans son évangile, a l’air d’un simple passant; mais en réalité il est un passeur. Il nous conduit les uns vers les autres. Et le désert devient précisément un lieu de passage, plutôt qu’un lieu de désertion!
Passage vers autrui; vers l’humanité qui souffre, qui attend, qui espère des signes de Dieu!
Et voilà que nous découvrons, avec surprise peut-être, le double-sens de notre formule, et de toute vie chrétienne, et de notre foi! C’est un tout petit mot de quatre lettres qui nous le montre, au cœur de notre passage biblique: au verset 15, Jésus dit à Jean: «Laisse, car c’est ainsi que nous devons accomplir la volonté de Dieu».
Nous!! Pas je ou moi!!
En effet, ce mouvement du haut vers le bas qui nous sauve, cette grâce, Dieu ne les produit pas lui tout seul, comme il aurait pu peut-être. Non, il nous y associe! Il nous promeut au rang de collaborateurs; de co-opérateurs de sa volonté; d’associés. Il a besoin de nous pour accomplir la mission de Jésus. Oui, «tu n’es pas n’importe qui». Moi, toi; vous, elles; nous: quelqu’un!!
Attention donc à ne pas entendre le slogan de ce culte comme un cadeau personnel seulement. Puissions-nous plutôt le recevoir comme une invitation à la mission, c’est-à-dire un appel à nous rapprocher des autres, à les valoriser, à les considérer, les regarder comme des «quelqu’un».
Ce mendiant dans la rue qui me gêne? pour Dieu, c’est quelqu’un. Ce voisin de chambre qui ronfle et m’empêche de dormir? pour Dieu, c’est quelqu’un. Ce requérant d’asile qui fait du bruit? cette femme qui m’interrompt quand je dis des choses importantes? ce gamin mal élevé qui perturbe mon recueillement? et même ce président de la grande puissance d’occident au prénom de canard? pour Dieu, c’est quelqu’un. Et moi aussi, bouclons la boucle, moi aussi qui me culpabilise, parfois ou souvent, de ne pas agir comme Dieu voudrait, moi aussi, quelqu’un. Pas n’importe qui !
Quand Dieu s’approche, ce n’est jamais pour nous isoler du reste du monde, mais toujours pour nous envoyer nous approcher des autres. Devenir des prochains !
Telle est la mission qu’il nous confie. Telle est l’unité qu’il nous appelle à commencer à vivre, déjà, au soleil des promesses de Pâques, pour préparer ce jour où nous serons tout en tous, avec le Ressuscité, et où nous vivrons parfaitement cet univers où le Créateur fait, de nous et pour nous, toutes choses nouvelles.
Cette prédication, c’est vous qui allez la terminer (puisque vous êtes quelqu’un)! Pendant le silence et le morceau d’orgue qui viennent, je vous invite à méditer, chacun(e), sur cette question: vers qui pourrai-je aller, dans les prochains jours, vers qui pourrai-je aller dire, avec mes gestes, avec ma chaleur humaine, avec ma vie: «Tu n’es pas n’importe qui, tu es quelqu’un». Quelqu’un à qui Dieu affirme: «Tu es mon enfant bien-aimé, en qui je mets toute ma joie. Je ne t’oublie jamais, j’ai ton nom gravé sur les paumes de mes mains». Amen
Jean-Jacques Corbaz
dimanche 9 février 2020
(Po) Labour, Bressonnaz, 1943
Le paysan retourne la terre,
Son corps pesant sur la charrue attachée au cheval.
Le rythme sourd de son pas lourd
Fait danser de petites mottes détachées de ses bottes.
Et le paysan danse de même, parfois,
Ses bras gourds secoués par les cahots.
Il arrive qu’un à-coup lui fasse lever les yeux au ciel.
Le printemps viendra.
Au loin, sur le chemin,
Gustave Roud le contemple.
Et rêve.
Jean-Jacques Corbaz, 9.2.2020
mardi 21 janvier 2020
(Bi) Les intégristes
C'est une plaie, ces intégristes, que ce soit dans le protestantisme, le catholicisme ou l'islam. Ils hurlent plus fort que les autres et feignent d'être la grande majorité, ce qui est faux.
Tous les textes religieux sont d'origine humaine, ils contiennent des erreurs et sont énormément marqués par les valeurs de leur époque. Il faut les lire et les utiliser comme tels, et non comme des absolus. Presque tout le mal vient de là, en religion.
Le fondamentaliste dit "J'ai raison, et l'autre a tort"; le croyant empreint de respect répond "L'autre a ses raisons, et j'ai aussi mes torts".
Tous les textes religieux sont d'origine humaine, ils contiennent des erreurs et sont énormément marqués par les valeurs de leur époque. Il faut les lire et les utiliser comme tels, et non comme des absolus. Presque tout le mal vient de là, en religion.
Le fondamentaliste dit "J'ai raison, et l'autre a tort"; le croyant empreint de respect répond "L'autre a ses raisons, et j'ai aussi mes torts".
dimanche 19 janvier 2020
(Co, Re) Tu seras reçu au Ciel
Un conte de Guy Gilbert
Une homme meurt et monte au Ciel. St Pierre l’accueille et lui dit :
- Voilà le règlement, tu as besoin de 100 points pour rentrer au Ciel. Raconte-moi tout ce que tu as fait de bon dans ta vie et je t’accorderai un certain notre de points pour chacune de tes actions. Dès que tu atteins cent points, tu es reçu au Ciel.
Une homme meurt et monte au Ciel. St Pierre l’accueille et lui dit :
- Voilà le règlement, tu as besoin de 100 points pour rentrer au Ciel. Raconte-moi tout ce que tu as fait de bon dans ta vie et je t’accorderai un certain notre de points pour chacune de tes actions. Dès que tu atteins cent points, tu es reçu au Ciel.
L’homme répond alors :
- J’ai été marié avec la même femme pendant cinquante ans, je ne l’ai jamais trompée.
- Fantastique ! répond St Pierre. Cela vaut bien deux points.
- Seulement deux points ? J’ai aussi été à la messe tous les dimanches, j’ai été très actif dans ma paroisse et j’ai régulièrement payé le denier du culte.
- Génial ! Cela vaut un point.
- Oh… J’ai créé une soupe populaire dans ma ville.
- Un point !
- J’ai œuvré auprès des plus pauvres.
- Formidable ! Un point de plus ! Cherche encore…
- Mais à ce compte-là, je n’arriverai jamais au paradis ! Mon seul espoir repose sur la grâce et la miséricorde de Dieu.
- Viens, lui répond St Pierre. Sois le bienvenu au paradis. La miséricorde de Dieu, voilà les quatre-vingt-quinze points qui te manquaient.
- J’ai été marié avec la même femme pendant cinquante ans, je ne l’ai jamais trompée.
- Fantastique ! répond St Pierre. Cela vaut bien deux points.
- Seulement deux points ? J’ai aussi été à la messe tous les dimanches, j’ai été très actif dans ma paroisse et j’ai régulièrement payé le denier du culte.
- Génial ! Cela vaut un point.
- Oh… J’ai créé une soupe populaire dans ma ville.
- Un point !
- J’ai œuvré auprès des plus pauvres.
- Formidable ! Un point de plus ! Cherche encore…
- Mais à ce compte-là, je n’arriverai jamais au paradis ! Mon seul espoir repose sur la grâce et la miséricorde de Dieu.
- Viens, lui répond St Pierre. Sois le bienvenu au paradis. La miséricorde de Dieu, voilà les quatre-vingt-quinze points qui te manquaient.
jeudi 9 janvier 2020
jeudi 2 janvier 2020
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