C’est au verset 26 du chapitre 1 de la Genèse, le premier livre de la Bible, que l’«homme» fait son entrée*. Le mot hébreu traduit par «homme» est אָדָם [ādām] [= «être humain» (homme et femme ; sens individuel et collectif], lui-même dérivé de אֲדָמָה [ădāmāh] [= «sol», «terre», «argile»]. L’«humain» de la Bible est un être terre à terre, «tiré de la glaise». Et Dieu serait une sorte de potier**.
Saint Jérôme [347-420] traduisit la Bible en latin*** à partir de l’hébreu. Tout naturellement il rendit אָדָם [ādām] par hŏmō, -ĭnis [= «être humain»]. Or, par un heureux hasard, le latin, comme l’hébreu, établit un lien essentiel entre l’«homme» et la «terre». En effet, le terme hŏmō vient de la même racine que son cousin hŭmus [= «sol», «terre»].
Malheureusement pour eux, les traducteurs de la Bible en grec**** n’eurent pas la chance de Jérôme. Pour traduire אָדָם [ādām] ils ne disposaient que d’ἄνθρωπος [anthrôpos] [= «être humain»], mot qui, lui, n’a aucun rapport avec la «terre».
* «Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance»
** comme le suggère Genèse 2, 7 : «Le Seigneur Dieu modela l’homme [ādām] avec de la terre tirée du sol [ădāmāh]». Pour rendre un peu le jeu de mots, il faudrait dire «modela l’homme avec de la terre tirée de l’humus».
*** version dite Vulgate
**** version dite Septante
Benoit Grimonprez
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| «Saint Jérôme en son étude» [1521]. Albrecht Dürer [1471-1528] |

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