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dimanche 5 juin 2016

(Pr, Vu) Les Vaudois du Piémont, précurseurs de la Réforme


Du 5 juin : "Les Vaudois du Piémont, précurseurs de la Réforme"
 
Introduction aux lectures:
Nous avons parlé, il y a deux semaines, des vrais et des faux prophètes avec Ezékiel. Aujourd’hui, je vous invite à prolonger cette réflexion à propos d’une époque plus proche de nous, où se posait aussi la question: vrais ou faux prophètes? Nous allons nous arrêter sur un mouvement religieux qui existe encore, et qui a toujours à nous interpeller quant à notre foi: la “Chiesa Valdese”, autrement dit les “Vaudois du Piémont”. Les deux premiers passages sont emblématiques de ce qui les anime pour l’essentiel.

Lectures: Luc 9, 1-6; Romains 1, 16-17; Ezékiel 13, 1-3 puis 10-12

Y en a point comme nous! C’est, paraît-il, ce qu’aiment affirmer les gens du Pays de Vaud. Or nous sommes parfois étonnés d’apprendre qu’il y en a d’autres comme nous, d’autres Vaudois en Europe: ceux dits “du Piémont”. On les situe ainsi parce qu’ils se sont longtemps cantonnés dans ces vallées du nord de l’Italie.

Qui sont-ils? Et d’où viennent-ils? Il m’a semblé intéressant, à l’occasion des 500 ans de la Réforme, de nous intéresser de plus près à ces cousins pas si lointains, cousins par le nom et aussi par la foi!

Les Vaudois du Piémont ont été longtemps persécutés, parce qu’ils contestaient l’Eglise catholique. Pour eux, l’essentiel de la foi était de vivre selon la pauvreté de l’Evangile, dans l’esprit des Béatitudes. Leur modèle était l’envoi des apôtres, tels que nous l’avons entendu dans l’évangile et tel qu’il traverse tout le livre des Actes.

Leur mouvement est au 12è siècle, donc bien avant la Réforme. À Lyon, un riche marchand, qui s’appelle Valdesius ou Pierre Valdo, décide de vendre tous ses biens. Nous sommes en 1173. Il fait voeu de pauvreté et devient prédicateur sur le modèle des apôtres bibliques.

Pierre Valdo, 1140-1217
Valdo crée autour de lui un groupe de disciples, qui se nomment les Pauvres. Très vite, ils sont persécutés par l’Eglise catholique. Ils sont bannis de Lyon, excommuniés, et traqués par l’Inquisition. Ils vont se disséminer en Europe, ils disparaissent ici et réapparaissent plus loin, au fil des persécutions.

Jusqu’à la Réforme pourtant, donc pendant 350 ans, ces groupes clandestins restent en relation les uns avec les autres. Ils s’organisent. On voit naître chez eux une véritable théologie originale; une théologie différente des deux autres grands mouvements spirituels de l’époque: les Cathares et les Franciscains.

Par rapport aux Cathares, ils adressent les mêmes critiques à l’Eglise catholique: ils dénoncent la corruption du clergé et le fait que le message de Rome s’est fortement éloigné de l’Evangile. Mais, contrairement aux Cathares, les Vaudois gardent une foi trinitaire, résolument biblique, basée sur le Nouveau Testament. Ils n’ont pas de dérives ésotériques ou dualistes comme les «Albigeois». Ils ne veulent pas une autre Eglise, mais (on peut dire) une Eglise autre, fondée sur l’enseignement et l’exemple des apôtres.

Par rapport aux Franciscains, ils partent clairement du même constat, des mêmes critiques aussi contre à Rome, et contre le rôle de l’argent dans l’Eglise. Ils auraient pu être frères. Mais ils sont devenus ennemis. Pourquoi? Parce que les disciples de François d’Assise ont fini par choisir l’obéissance au pape, alors que les Vaudois ont jugé prioritaires la fidélité à l’Evangile et la transformation nécessaire de l’Eglise. À 40 ans de distance, les deux fondateurs finiront à l’opposé l’un de l’autre: Valdo sera excommunié, tandis que François sera proclamé saint.

Le point critique pour les Vaudois était la donation de Constantin à Rome, au 4è siècle: un document (dont l’authenticité est contestée) document selon lequel l’empereur aurait remis au pape le pouvoir sur la partie occidentale de l’empire. Dès ce moment, disent les disciples de Valdo, l’Eglise a perdu sa légitimité, en acceptant le pouvoir politique et la richesse. Les dérives du catholicisme viennent de cette erreur fondamentale: une Eglise qui gère le pouvoir ne peut pas être l’Eglise du Christ.

Vous le voyez, cette attitude des Vaudois est typiquement prophétique. Comme Ezékiel, ils dénoncent ceux qui se sont écartés de la volonté de Dieu. En refusant la monarchie du pape et les dîmes, en rejetant la doctrine du purgatoire, par exemple, ils annoncent clairement le grand bouleversement spirituel qui secouera l’Europe sous l’impulsion de Luther 350 ans après. On peut y voir aussi des accents qui évoquent l’Eglise Libre de notre canton, trois autres siècles plus tard!


 
Nous arrivons au 16è siècle. Très tôt, les Réformés entrent en contact avec les Vaudois. Entre temps, ceux-ci se sont réfugiés dans quelques vallées des Alpes surtout, en Italie du nord.

Après moult enquêtes et de vives négociations, le rapprochement se concrétise. En 1532 une assemblée se tient à Chanforan, au Piémont. Les disciples de Valdo y décident de se rallier au mouvement réformateur de Suisse et de Strasbourg.

Cette décision va modifier le mouvement vaudois de manière importante. Car la Réforme de Luther ou Calvin est bien plus proche des pouvoirs temporels, ces pouvoirs dont nos cousins du Piémont se méfient, et c’est peu dire. “Pouvons-nous intégrer une société qui nous a brimés, et persécutés? Est-ce que nous n’allons pas trahir nos idéaux en nous alliant à des Eglises de bourgeois et de magistrats citadins?” se demandent-ils.  Le débat a été passionné et prolongé.

Mais la décision prise est logique. Il y a tant de points aussi qui rassemblent les deux parties. D’abord, le fait bien sûr d’être en butte à l’Eglise de Rome; celui de contester sa théologie, et surtout de vouloir être ancré prioritairement dans la Bible, dont on accepte de part et d’autre l’autorité absolue. Le fait aussi de demander vigoureusement une réforme de l’Eglise. L’importance enfin de se trouver des soutiens,  en un temps de persécutions.

Une fois la décision prise de s’allier, les Vaudois organisent leurs Eglises selon le schéma réformé: ministère de pasteurs-théologiens, culte public, prédication. Ils décident encore de s’unir aux protestants pour traduire la Bible en français. Ce sera la traduction d’Olivétan, réalisée par un réformé suisse, mais quasi totalement payée par nos cousins du Piémont.

Je parle de ceux du Piémont. En fait au 16è siècle, il y a encore plusieurs autres groupes de disciples de Valdo qui existent, ailleurs. Mais ils n’ont pas survécu. Ceux de Provence ont été massacrés en 1545, ceux de Calabre en 1560. Ceux d’Italie du nord ont survécu de justesse. Jusqu’à la fin du 18è siècle, ils ne formaient que quelques petites paroisses presque réduites à l’état de ghetto, décimées lors des guerres de religion, écrasées d’impôts, soumises à toutes sortes de brimades... Dites, on croirait parler des chrétiens d’Orient en 2016!

La survie de la Chiesa Valdese, en fait, a tenu à plusieurs facteurs. Il y a d’abord, la situation politique: les vallées vaudoises ont été souvent occupées par les armées françaises, et elles touchent au Dauphiné protestant, ce qui leur donne des possibilités de fuite, de secours et de contacts.

Ensuite, il y a la situation géographique: la région est montagneuse, les vallées étroites et isolées; la guérilla y est plus adaptée face à une grosse armée.

Enfin, la survie des Vaudois du Piémont a été le fruit d’une importante solidarité internationale. Les cantons suisses, mais aussi la Suède, l’Angleterre et les Pays-Bas ont jugé nécessaire de protéger cette minorité opprimée.


C’est seulement en 1848 que l’Italie reconnaît enfin aux Vaudois des droits civiques, et qu’elle cesse de les persécuter. Depuis, nos cousins bénéficient d’une liberté certes, mais d’une liberté assez réduite. En effet, le catholicisme est religion d’Etat et les cultes non romains ne sont que tolérés.

Les disciples de Valdo auraient pu simplement profiter de cette tranquillité… relative, pour vivre heureux et pour accéder à des situations économiques plus favorables, ou à des positions sociales meilleures (avant, ils en étaient exclus). Plusieurs l’ont fait, bien sûr. Mais les plus actifs spirituellement se sont attelés à un projet ambitieux : celui de renouveler l’Italie dans le domaine de la foi. Comme Valdo sept siècles avant, ils se sont mis à diffuser l’Evangile, en utilisant les méthodes de leur temps.

Presse, brochures, conférences publiques: ils ont produit une activité missionnaire gigantesque, sans rapport avec leur petit nombre. Pourtant ils l’ont fait non pas pour gagner des prosélytes, mais pour provoquer, par la lecture de la Bible, davantage de réflexion théologique, de regard critique et d’enthousiasme religieux. On peut penser que le mouvement de renouveau du catholicisme, qui s’est manifesté dans le concile Vatican II, en a été un des fruits.

  
Chanforan, 2016
Aujourd’hui, l’exemple des Vaudois peut nous interroger, et nous stimuler: alors que notre Eglise devient minoritaire et qu’elle a de la peine à se faire entendre dans la société; alors qu’on se moque facilement des chrétiens à cause de leur foi; alors aussi que l’avenir paraît bouché pour nous qui nous réclamons des valeurs de l’Evangile: si nous pouvions, comme nos cousins du Piémont, faire preuve de résilience et d’imagination, de pétillance et de courage, pour essayer de transformer la société où nous vivons? pour y promouvoir plus de joie de croire et d’espérer?

L’héritage des disciples de Pierre Valdo tient en deux intuitions fortes, qui pourraient devenir nôtres. D’abord, que toute Eglise chrétienne ne peut avoir qu’une référence essentielle, c’est l’Evangile du Christ. Et par conséquent qu’elle est appelée à devenir une communauté fraternelle plutôt qu’une organisation ecclésiastique.

Esprit d’indépendance, voire anticonformisme ont toujours été chez les Vaudois associés à une relation de respect. Qu’ils soient pacifistes ou résistants, les membres de la Chiesa Valdese ont toujours respecté les institutions, sans pour autant s’y soumettre. Ils ont su sans cesse garder leur liberté et en revendiquer les droits.

Pour eux, la liberté découle de l’Evangile et s’y enracine, elle y puise richesse et force. Un christianisme sans liberté, disent-ils, ce n’est plus l’Evangile. Et donc une société sans liberté n’est plus humaine.

Il y a là de la graine à prendre, non ? Y en a point comme nous! Tu crois, vraiment ? Tu crois ? Amen                                           


Jean-Jacques Corbaz, d’après le pasteur Giogio Tourn, de la Chiesa Valdese 


mercredi 25 mai 2016

(Bi, Hu) Le seul défaut

"Quand Dieu créa la femme, il en était déjà à son sixième jour de travail...

Un ange apparut et lui demanda :
- "Pourquoi y mets tu autant de temps ?"


Et le seigneur répondit :
- "Tu as vu mon projet pour elle ? Elle doit être :

- complètement lavable, sans être en plastique
- avoir plus de 200 parties amovibles remplaçables
- pouvoir fonctionner avec un régime quelconque
- avoir un giron qui puisse accueillir 4 enfants en même temps
- avoir un baiser qui puisse soigner aussi bien une genou écorché qu'un coeur brisé
et elle fera le tout avec seulement deux mains."

L'ange s'émerveilla des qualités : "Seulement deux mains, impossible ! Et c'est seulement le modèle de base ? C'est trop de travail pour un jour... Attends demain pour la terminer"

Le seigneur protesta : "Je ne le ferai pas. Je suis si prêt de terminer cette création que j'y mets tout mon coeur. Elle se soigne toute seule quand elle est malade et elle peut travailler 18 heures par jour".

L'ange se rapprocha davantage et toucha la femme : "Cependant, tu l'as faite si délicate, Seigneur !"

"Elle est délicate", répondit Dieu, "mais je l'ai faite robuste aussi. Tu n'as pas idée de ce qu'elle est capable de supporter ou d'obtenir."

L'ange demanda :"Est-ce qu'elle sera capable de penser ?"

Dieu lui répondit : "Non seulement elle sera capable de penser, mais aussi de discuter et d'exécuter".

L'ange remarqua alors quelque chose et en allongeant la main, il toucha la joue de la femme:
"Seigneur, il semble que cette femme ait une fuite." "C'est une larme, ...corrigea le Seigneur.
"A quoi servent les larmes ?" demanda l'ange.
Et le Seigneur dit : "Les larmes sont sa manière d'exprimer sa joie, sa peine, sa désillusion, son amour, sa solitude, sa souffrance et son orgueil."
Ceci impressionna beaucoup l'ange : "Tu es un génie, Seigneur. Tu as pensé à tout. La femme est vraiment merveilleuse."

Eh oui ! Les femmes ont des énergies qui étonnent les hommes.Elles affrontent les difficultés, règlent les problèmes graves, cependant elles ont bonheur, amour et joie. Elles sourient quand elles voudraient pleurer, elles pleurent quand elles sont heureuses et elles rient quand elles sont nerveuses. Elles luttent pour ce en quoi elles croient. Elles se rebellent contre l'injustice. Elles n'acceptent pas un "non" pour réponse quand elles croient qu'il y a une meilleure solution. Elles se privent pour tenir la famille debout. Elles vont chez le médecin avec une amie craintive. Elles aiment inconditionnellement. Elles pleurent quand leurs enfants ont du succès et elles se réjouissent pour les chances de leurs amis. Elles sont heureuses quand elles entendent parler de baptème ou d'un mariage. Leur coeur se brise quand une amie meurt. Elles souffrent pour la perte d'une personne chère. Sans doute, elles sont fortes quand elles pensent ne plus avoir d'énergie. Elles savent qu'un baiser et une ambrassade peuvent aider à soigner un coeur brisé.

Il n'y a pas de doute, dans la femme, il y a un défaut :
C'est qu'elle oublie
combien elle vaut.

(auteur inconnu)

dimanche 22 mai 2016

(Pr) “Prophète de bonheur, tu te plantes” à propos d'Ezékiel.

Prédication du 22 mai: Ezekiel, vrai ou faux prophète? 

Lectures: Ezékiel 12, 21-24; Ezékiel 13, 1-
3 + 10-12; 2 Pierre 3, 8-9


Le passage d’Ezekiel que nous lisons aujourd’hui n’est pas spécialement “sexy”! Ce sont des versets qu’on aborde peu, ou qu’on lit en croix, en se disant qu’ils ne nous concernent pas.

Pour les comprendre, il faut déjà connaître les évènements de l’époque. Je commence donc par rappeler ce que dit l’Ancien Testament au sujet du peuple de Dieu.

Au 8ème siècle avant J-C, le royaume d’Israël a bien changé. Après un temps de croissance et d’apogée, sous les règnes de David et Salomon il y a eu des conflits internes, et tout a régressé. Le pays s’est séparé en deux parties: le royaume du Nord (capitale: Samarie), et le royaume de Juda, au sud (capitale: Jérusalem). Il s’est affaibli.

Au contraire, l’un des grands rivaux locaux s’est fortement développé; il s’agit du royaume d’Assyrie (donc l’actuel Iraq). C’est devenu une grande puissance. Les Assyriens rêvent de conquête. Ils partent en guerre pour étendre leur territoire; s’emparent de la Mésopotamie, de Babylone, et de ce qui est aujourd’hui la Syrie et le Liban.
  

 
En 722, l’armée assyrienne envahit Israël, le royaume du Nord. Samarie tombe, la ville est pillée, les élites sont emmenées en exil. C’est la fin de cet Etat.

Vous imaginez que Jérusalem doit trembler! Le royaume de Juda sait qu’il sera la prochaine victime, et que la déroute est imminente. Il est un nain face au géant!

Jérusalem négocie donc, et se soumet à une espèce de vassalité: le royaume du Sud conserve une certaine indépendance, en échange évidemment de redevances et d’impôts.

Et ça marche, parce que l’Assyrie est victime de soulèvements dans plusieurs provinces, là-bas, spécialement à Babylone. Cette conjoncture permet à Juda de jouir d’une paix relative pendant une centaine d’années.
   


Et puis, le bruit des bottes se fait à nouveau entendre. Car Babylone, qui a vaincu l’Assyrie, reprend son flambeau de grande puissance et d’envahisseur! Jérusalem se retrouve vassale de la grande cité des bords de l’Euphrate, tout comme l’Egypte, par exemple.

Mais, en 602 avant J-C, voilà que le royaume de Juda se soulève contre Babylone, croyant en la force de ses armées - et, peut-être, au pouvoir de son Dieu? Hélas, l’histoire de David et Goliath ne se renouvelle pas: le géant écrase la dernière moitié d’Israël. En 597, les Juifs se rendent. Les élites sont déportées à Babylone. Et, parmi ces déportés, un prêtre du Temple de Jérusalem nommé Ezékiel.

C’est donc ici que nous retrouvons les passages que nous avons entendus tout-à-l’heure. Ezékiel, prêtre (donc sacrificateur) est en quelque sorte réduit au chômage, puisque, loin du Temple, aucun sacrifice ne peut être célébré. Il se recycle donc et devient prophète, i. e. porte-parole de Dieu; proclamateur des mises en garde et des promesses de l’Eternel!
   
 
Pendant ce temps, à Jérusalem, la vie ne s’est pas arrêtée. Seules les élites ont été déportées. Et les autres, petits paysans, artisans ou commerçants, continuent de vivre - et de payer leurs impôts à Babylone.

Mais ils espèrent. Ils prient en secret, ils rêvent, ils croient... Ils attendent le moment où Dieu interviendra pour les délivrer; pour chasser l’envahisseur et rétablir Israël dans la prospérité et la liberté!

Plusieurs prophètes, il est vrai, jouent les rabat-joie. Comme Ezékiel, ils annoncent que les épreuves ne sont pas finies, que le pire n’est pas encore arrivé. Les catastrophes ne sont pas derrière nous, mais devant!

Meuais non, disent beaucoup d’autres prophètes. Pas du tout!  C’est fini! Dieu va intervenir, il va nous secourir; on a mangé notre pain noir, les gars!

Alors le peuple, vous imaginez, ils préfèrent quand même nettement ce deuxième discours. Entre les prophètes de malheur et ceux qui annoncent le bonheur, le choix est vite fait!
  
 
Dieu dit: “Ezékiel, dis-moi, pourquoi autour de toi (à Babylone, donc, en exil) pourquoi les Juifs s’intéressent-ils à ce dicton, à cette redite que répètent les gens, là-bas, à Jérusalem? Ils disent: “Le temps passe, et les prophéties ne se réalisent pas”. Ça veut dire: “Vous pouvez causer, vous les prophètes de malheur, mais vos prédictions restent des paroles en l’air. Du vent, quoi!” - Eh bien non! Ce n’est pas du vent! Ça va arriver tout soudain, ces évènements”.

Voilà le message de Dieu que transmet Ezékiel. Le Seigneur a patienté quelques années, mais c’est fini: la déroute est imminente.

Et de fait, cette année-là, le nouveau roi de Jérusalem, Sédécias, se révolte contre Babylone. Confiant sans doute dans les belles paroles des prophètes qui annoncent que Dieu va résoudre tous les problèmes. Seconde rébellion, et, ça ne rate pas, seconde défaite. En 587, c’est vraiment la fin. Le vainqueur frappe encore plus fort. Les principaux édifices de Jérusalem sont rasés, le Temple lui-même est détruit, la belle cité est presque rayée de la carte. Cette fois, c’est vraiment l’horreur.   Fin de l’épisode.

   

Or donc: en quoi ces évènements d’il y a quelque 2600 ans nous concernent-ils, nous Vaudois de 2016?

Pour moi, ils m’entraînent vers trois pistes de réflexion.

(1°) D’abord, ils me parlent de la peine que nous avons (je dirai même une peine du diable, en pesant mes mots!), la peine que nous avons à ne pas prendre nos désirs pour des réalités. Les faux prophètes aujourd’hui ne manquent pas, qui lissent dans le sens du poil, qui murmurent ce que chacun souhaite entendre, qui effacent les difficultés.

Dans le domaine de la foi, cela donne facilement des sectes, soumises à des gourous beaux parleurs. Ou bien ces théories gentillettes qui nous chantent que tous les problèmes vont se résoudre grâce à leurs techniques de relaxation ou de méditation. Ben tiens, c’est normal, que toutes les difficultés s’effacent, quand on les oublie, quand on se saoule de belles paroles. Mais on a beau oublier la réalité, elle est toujours là...

Ne pas prendre nos désirs pour des réalités, cela signifie aussi lire la Bible avec le moins de préjugés possible, en essayant de la comprendre pour aujourd’hui, avec les yeux neufs d’un(e) croyant(e) riche de tout l’héritage du passé, mais aussi tâchant d’y trouver des pistes nouvelles faces aux défis de 2016, qui ne sont plus ceux d’hier. En cette année où nous nous préparons à commémorer les 500 ans de la Réforme, il me semble spécialement indiqué de rouvrir régulièrement les pages de notre livre saint, et d’y puiser des trésors nouveaux de foi, d’espérance et d’amour, qui permettent d’accéder à un vrai bonheur..
   


(2°) En second lieu, les débats d’Ezékiel avec ses faux prophètes me font réfléchir à ceci: comment prenons-nous au sérieux les paroles de Dieu? Est-ce qu’elles sont là juste pour faire joli, dans quelques grands évènements (baptêmes, mariages...), comme des ballons multicolores dans une fête? Est-ce que notre foi, notre écoute de Dieu, c’est pour nous évader des difficultés de la vie, ou bien au contraire pour mieux les affronter, ces difficultés?

Notre culte est-il une jolie rengaine qui revient, toujours la même, ou une manière de laisser Dieu empoigner avec nous notre quotidien, chaque fois un peu différent, pour le transformer à la lumière de ses promesses?

Souvent, dans les compte-rendus de manifestations (je pense par exemple à des réceptions de personnalités politiques), on résume dans les journaux le contenu de chaque discours, sauf celui du pasteur ou du prêtre. Comme s’il n’était là que pour le décor; de toute façon, ça sonne creux, ça ne se réalise pas. Alors oui, comment porter l’évangile de manière percutante, aujourd’hui, pour qu’il soit pris au sérieux?
  
 
(3°) En dernier lieu, ces aventures d’Ezékiel évoquent pour moi la portée, l’actualité des évènements de l’évangile: que ce soit Noël ou Pâques, Vendredi-Saint ou Pentecôte, est-ce que nous n’avons pas trop tendance à penser que c’est du passé; que c’est loin de nous, tout ça?

Les contemporains d’Ezékiel se disaient “Il ne prêche pas pour aujourd’hui, ses prédictions concernent un temps éloigné, ça ne va pas se réaliser de sitôt”.

Ne ferions-nous pas pile l’erreur inverse? À savoir qu’au lieu de penser “Ce n’est pas pour aujourd’hui, mais c’est pour après-demain”, nous nous disons, nous: “C’est pas pour aujourd’hui, mais c’est pour avant-hier”! Ce qui en fin de compte revient exactement au même: à cantonner la parole de Dieu, et ses promesses (surtout ses promesses!) dans un temps qui n’est pas le nôtre, qui est bien séparé du nôtre, eh bien on lui coupe les ailes, on lui enlève tout impact.

Les faux prophètes, écrit Ezékiel, sont en train de recrépir un mur sans voir que ce mur commence à s’écrouler. Chers amis, quels sont nos murs pourris, aujourd’hui? N’y aurait-il pas à méditer, ensemble, sur les défis de notre temps, pour que la foi chrétienne se transmette encore, et mieux si possible, aux générations à venir?
    

Finalement, est-ce qu’Ezékiel ne nous appelle pas à considérer avec plus de sérieux les exigences de Dieu face à nos fausses sécurités, nos valeurs matérielles, nos conforts égoïstes, si souvent éloignés de la volonté de Dieu? Ne nous encourage-t-il pas à nous laisser bousculer par le Saint-Esprit pour que nos rêves, nos attentes soient un petit peu moins les nôtres (rien qu’à nous), et un petit peu plus ceux du Christ?

Merci d’y réfléchir! Amen                                          


Jean-Jacques Corbaz 



dimanche 15 mai 2016

(Pr) Allez les uns vers les autres (les parrainages)

Prédication du 15 mai, Pentecôte: la solidarité et les parrainages


Lectures: Actes des Apôtres 2, 1-8; Psaume 100, 1-5; 1 Corinthiens 12, 4-13


L’histoire que voici est authentique, hélas! Elle s’est passée aux Etats-Unis, en Alabama, dans une église réservée aux Blancs (les Noirs ont leur chapelle un peu plus loin). J’avais 20 ans. Un Blanc entre, et voit une femme, noire, agenouillée sur le sol. “Qu’est-ce que vous faites ici?”, lui demande-t-il, furax. “Eh bien, je nettoie le plancher”, répond la femme. “Ah, bon. Faites. Mais... gare à vous si vous en profitez pour prier”!!
   

L’histoire est abominable. Sauf si nous essayons de la vivre à l’envers, aujourd’hui, les uns avec les autres. Différents, mais soeurs et frères. Avec nos diversités, de langues, de pays, de culture, de races... autour de Dieu: et si, justement, nous en profitions pour prier? Ensemble?

En effet: depuis que le Saint-Esprit a été versé à Pentecôte, les êtres humains ne sont plus de “simples” bénéficiaires des promesses du Ciel. Nous sommes appelés à nous mettre en route les uns vers les autres; à nous parler de Dieu, de l’évangile, de confiance et d’espoir!

Non pas vivre des rites immobiles. Ni réciter son catéchisme comme une leçon d’histoire. Mais nous parler, du fond du coeur, du fond de notre vie, nous parler les langues de Dieu, les langues de feu de la Passion.

Non pas donc en termes compliqués ou en phrases savantes. Mais en langue de tous les jours, en mots d’ici, tout simples, tout vrais; qui permettent à chacun de comprendre les mystères de Dieu dans la langue de ses parents, comme le dit le livre des Actes. Parler aussi avec chaleur, enthousiasme et respect. En langues vivantes d’amour.
   


Pentecôte est un temps pour aller les uns vers les autres. Temps du printemps, en route vers l’été, temps du soleil qui invite à sortir. À partir. Temps de la communication. De la communion.

Une image: Jésus a traversé notre temps comme un météore. Ou, si vous voulez, comme un caillou lancé dans un lac. Plouf! La pierre a disparu. Elle est devenue invisible, mais il reste une trace de son passage: il reste les cercles, concentriques, qui entourent le point où le caillou a traversé la surface.

Vous le savez, ces cercles se déplacent. Ils grandissent! Ils ont toujours le même centre, mais ils vont porter de plus en plus loin le mouvement de l’eau, animée par mon projectile. Ce n’est plus la pierre qui fait bouger le lac, c’est l’eau elle-même qui transmet à l’eau, plus loin, le mouvement qu’elle a reçu.
   


C’est cela, le Saint-Esprit: la force qui nous donne le mouvement que le météore Jésus-Christ a provoqué, il y a quelque 2000 ans. La force qui nous permet de nous transmettre, les uns aux autres, la dynamique qui grandit, qui va toujours plus loin, tout en gardant le même centre: le centre, c’est le Crucifié ressuscité au temps de Ponce Pilate! Le Saint-Esprit, c’est la force, donc, qui nous unit les uns aux autres, malgré nos différences.

Le temps de Pentecôte est un temps pour nous parler de l’amour de Dieu. Le temps du téléphone, de la lettre, de la visite... de la prière partagée, à haute voix ou sur un bout de papier comme celui que vous avez reçu en entrant dans cette église. Le temps d’un courant qui passe d’un point à un autre, d’une personne à une seconde personne...

Savez-vous, amateurs de paraboles, que le courant électrique circule toujours entre deux pôles différents? D’un pôle positif à un pôle positif, le courant ne passe pas. De même pour le vent: il faut des différences de pressions, ou de températures, sinon c’est le calme plat. De même encore pour les ruisseaux, les rivières: il faut une différence d’altitude pour que l’eau coule!

De même, toujours, le courant de Pentecôte circule entre des humains différents, multiples et parfois complémentaires! Il nous rend capables de communiquer, malgré nos diversités, de nous comprendre, à l’image des croyants du livre des Actes; Il nous permet de nous rejoindre, de nous aimer. Comme Dieu l’a fait pour nous, en premier!
  
 
Pentecôte est un temps où l’on prend conscience de nos différences. Mais pas pour essayer de les effacer ou de les nier, donc: au contraire, pour que nous en discernions les richesses; pour nous appuyer sur elles afin de faire circuler le contact, le courant de l’Esprit de Dieu.

Pentecôte est un temps pour ceux qui sont autres, qui sont étranges, ou étrangers. Pour ceux qui m’apportent un regard neuf sur tel aspect de ma vie. Pour ceux qui utilisent d’autres mots, ou ceux qui disent autre chose avec les miens. Pour ceux qui me permettront d’évoluer. De grandir.

Pentecôte est le temps de la rencontre. De l’unité dans la diversité: c’est Dieu qui parle toutes les langues des hommes, il se met à leur portée.

Pentecôte est le temps de l’Eglise: “ré-union”, “comme-union” des hommes, des femmes, des enfants de toutes langues, de toutes races, de toutes sensibilités.  Le temps du corps du Christ, formé d’oreilles, de bouches, de mains; de cerveaux, de coeurs, de tripes, et même d’autres parties moins glorieuses, et pourtant nécessaires. Qui toutes vivent parce qu’elles sont reliées par le même sang.
   
Alors, mes frères et mes soeurs, mes amis: laissons-nous porter un peu plus loin par ce souffle de Dieu. Dans ce temps de Pentecôte, allons vers les autres. Et si possible vers les autres autres, les différents, les étranges ou étrangers.

Pour nous parler, nous écouter, nous découvrir mutuellement. Et, dans ce dialogue, faire fleurir la présence du Christ, sa tendresse infinie pour chacun(e).

Du plus petit jusqu’au plus grand, du plus noir jusqu’au plus blanc, du meilleur au plus méchant, j’ai envie de paraphraser une belle chanson de Michel Bühler:

“Prenons le temps de nous parler, 
D’essayer de sourire et de nous écouter,
De nous comprendre et nous aider, 

Ensemble nous pourrons croire à l’éternité.
Prenons le temps de nous parler,
Prenons le temps de nous aimer”.


Bon vent! Que ta liberté te rende heureux! Amen                                          

Jean-Jacques Corbaz 



dimanche 8 mai 2016

(Po) Pour la fête des mères... et des pères... et de Dieu!


   
   
       Chant des enfants pour la fête des mères (et des pères, et de Dieu…)

(sur la mélodie de « Simplement au bord de l’eau »)

Aujourd’hui, Maman, je voudrais
Chanter un poème :
Merci pour tout ce que tu fais,
Ma Maman je t’aime.
Tu donnes ce dont j’ai besoin
Pour grandir et pour vivre bien.
Aujourd’hui, Maman, je voudrais
Te dire « je t’aime ».

Aujourd’hui, Papa, je voudrais
Chanter un poème :
Merci pour tout ce que tu fais,
Mon Papa je t’aime.
Tu donnes ce dont j’ai besoin
Pour grandir et pour vivre bien.
Aujourd’hui, Papa, je voudrais
Te dire « je t’aime ».

Aujourd’hui, Seigneur, je voudrais
Chanter un poème :
Merci pour tout ce que tu fais,
Seigneur Dieu je t’aime.
Tu donnes ce dont j’ai besoin
Pour grandir et pour vivre bien.
Aujourd’hui, Seigneur, je voudrais
Te dire « je t’aime ». 


                        Jean-Jacques Corbaz 


dimanche 1 mai 2016

(Pr) “Elie, Jésus et le téléphérique”

Prédication du 1er mai

Lectures: 1 Rois 19, 9-13; Jean 13, 3-9


Chers amis, chers catéchumènes, c'est bien pratique, le téléphérique! ça vous emmène sans effort à 3000 m. d'altitude, jusqu'à un endroit où la vue est à couper le souffle. Pas besoin de peiner pendant des heures, grimper des sentiers raides, pierreux, malaisés...


C'est beau, la technique!
   

Mais l’ennui, c'est que nous nous habituons à ce genre de facilité. Nos vies sont truffées de combines pour économiser des efforts. Alors, nous finissons par trouver normal de toujours disposer de solutions rapides et faciles. Nous aimerions une vie pleine de téléphériques, et dans tous les domaines.
  
Par exemple, pour croire en Dieu. On veut bien la foi, mais à condition qu'on nous emmène, vite fait, jusqu'au sommet, là où tout nous sera révélé d'un coup! On attend du pasteur qu'il soit pour nous un téléphérique de la religion, capable de nous déposer en trois phrases sur les hauteurs, où il n'y aurait plus de questions!

Comme disait avec un humour involontaire ce curé pour indiquer le chemin de son centre paroissial: "On peut arriver directement au Christ-Sauveur par un raccourci depuis la gare"...

Hélas (comme disent les Grecs quand ils sont dans la mélasse)! Hélas. Pour vivre une relation avec Dieu qui nous soit réellement bienfaisante... pour en recevoir liberté et paix... eh bien, c'est une construction de longue haleine! C'est un apprentissage qui demande du temps.

Il y a quelques mois, l’une de vous, âgée de plus de 30 ans, m’a demandé d’être baptisée. Je ne lui ai pas répondu: “Bon, ce sera pour la semaine prochaine”! Je lui ai proposé un parcours de deux ans, plusieurs heures par mois, pour commencer à explorer les dimensions de la foi au Christ. Pour commencer!

Chers catéchumènes de 7è et 8è, cinq ans de caté, mais ça n'en finit pas, devez-vous penser parfois. Et voilà qu'aujourd'hui, je viens vous dire que ça ne suffit pas! Certes, ces tranches de votre adolescence vous permettent de découvrir plusieurs sentiers de montagne intéressants -pour rester dans notre image-; certains parmi vous commencent à voir quelques paysages superbes; mais, pour l'ivresse des sommets et le panorama complet, hem, il y a encore de belles parois à gravir!

Cet apprentissage demande du temps, et il s’agit aussi d’être aidé. Eh bien, l’Eglise (la communauté chrétienne), ça sert à ça! L’Eglise, c’est un groupe de personnes qui cherchent, et qui s’entraident pour progresser dans la découverte de Dieu. Qui s’encouragent et se donnent des tuyaux les uns aux autres.
    


Trop souvent encore, nous cherchons Dieu là où il n'est pas. Comme dans l'histoire du prophète Elie, que nous venons d'entendre. Nous imaginons que Dieu se trouve dans le fracas de la tempête... ou dans le tremblement de terre... ou dans le feu... Mais non: il se tient dans un souffle, un souffle si faible, si ténu que souvent, on ne le perçoit même pas.

Vous aussi, sans doute, chers catéchumènes. Quand vous étiez enfants, vous cherchiez Dieu dans les histoires dorées de Noël... dans les anges à plumes... dans une prière magique... dans les miracles ou les contes extraordinaires... Dans les images donc que la Bible emploie pour nous parler des infinies subtilités de la vie spirituelle; et des enthousiasmes qu’elle peut susciter. Peut-être aussi cherchiez-vous Dieu dans une morale; une obéissance; une Loi, comme les croyants de l'Ancien Testament.

Aujourd'hui, vous avez grandi, et c'est réjouissant! Je vous souhaite de continuer à chercher, du côté d'une amitié solidaire davantage que d'une baguette magique. Chercher du côté d'une lumière, d'un sens à la vie, d'un courage, davantage que d'une rigidité qui interdit, qui tranche ou excommunie. Le Dieu en qui je crois, il n'exclut jamais, son amour est plus grand que toute loi!
   


Serez-vous capables, comme Elie, de le reconnaître dans le souffle fragile d'une amitié infiniment discrète (plus discrète que ça, tu meurs)? En fait, écoutez: Dieu n'est pas ailleurs que là où vous êtes! Pas besoin de parcourir le ciel! Mieux je connais le Christ, et plus je comprends que le sommet de la montagne, il est à l'intérieur de moi!!

Il ne s'agira donc pas de guetter des anges munis d'ailes emplumées; ni d'être à l'affût de miracles scientifiquement démontrables; ni de preuves de puissance, à l'image de ces foules qui prenaient Jésus pour un roi, nous en avons parlé le jour des Rameaux. On risquerait dans ce cas d'attendre longtemps!

Il s'agira plutôt de discerner, dans vos journées très ordinaires, les signes légers qui parlent de présence et de confiance. Qui insufflent un amour plus fort que la mort, tel celui du Ressuscité.

Il ne s'agira donc pas de prier comme les hommes des cavernes, pour essayer de changer Dieu... pour lui demander telle ou telle chose qu'il ne donnerait pas sinon! Cette prière-là, elle est souvent vouée à l'échec! Entre Dieu et nous, vous pensez, il n'y a qu'une seule personne à fléchir, à améliorer: c'est nous!

Il s'agira donc surtout de prier pour nous changer, nous! Pour mieux devenir capables de favoriser la paix... la confiance... le respect... la solidarité! Et alors, cette prière-là, elle va nous mettre en route! Elle va faire du bien!


Je suis dur, ce matin! Voilà que je vous prive (1°) de téléphérique, (2°) d'ailes, et encore (3°) de baguette magique!
 
Mais, comme je n'ai pas envie de vous laisser à pied, je vous propose un autre moyen de transport!
  
(Appeler Claude pour qu’il amène l’objet symbolique: un VTT)

Un VTT. De quoi progresser dans la montagne, à la découverte de Dieu, et donc de vous-même! Ou plutôt à la découverte de vous-même, et donc de Dieu!

Peut-être, en m'écoutant (si vous n'avez pas roupillé!), vous avez pensé "Tout ça, ça ne tient pas debout!" Durant ces années de caté, en lisant la Bible, en parlant de la religion... vous vous êtes dit: "ça ne tient pas debout!"

Eh bien, ce vélo, lui non plus, tout seul, il ne tient pas debout! Il n'a pas de pied; pas de béquille! Tout seul, il ne tient pas debout, mais si Claude se met dessus et pédale, vous verrez comme il tient debout! Et comme il peut le conduire, vite, et très loin!

C'est la même chose pour la foi chrétienne: si vous la regardez les bras croisés, elle ne rime à rien, et elle ne vous sera d'aucun secours. Mais, si vous y mettez votre force, et votre envie d'avancer, et votre pétillance, alors, elle pourra vous emmener très loin, vers des paysages à couper le souffle! Sans béquille! Elle multipliera votre énergie, comme les pignons de mon vélo!

Allez, bon voyage! Et bonne Ascension!  Amen

Jean-Jacques Corbaz
   



(Vous avez peut-être deviné que les images de montagne sont des allusions à l'Ascension que nous allons fêter jeudi; et que la métaphore du vélo est un clin d'oeil au Tour de Romandie, qui se termine aujourd'hui).


dimanche 24 avril 2016

(Pr, Vu) Qu'est-ce que ça change d'être réformé?!

Prédication - discussion du 24 avril 2016

Lectures: Hébreux 10, 11-24; Jean 14, 5-7; Romains 3, 21-24


Il m’arrive volontiers de parler début novembre de la “Fête de la Réformation”. Et plusieurs fois, je me le suis vu reprocher par des paroissiens, pourtant protestants. Pourquoi parler de fête, me disent-ils? C’est d’abord une rupture de l’unité de l’Eglise qui s’est produite en 1517. On devrait plutôt demander pardon de n’avoir pas su préserver une Eglise unie, comme le Christ le voulait.

Cette opinion est respectable, mais elle idéalise les temps d’avant la Réforme! En effet, l’Eglise a connu bien des ruptures d’unité dès le 1er siècle déjà. De nombreux mouvements sont apparus dans tous les temps; certains ont disparu; d’autres sont restés au sein de l’Eglise catholique (ainsi les franciscains); et d’autres s’en sont séparés, comme les orthodoxes ou les Vaudois du Piémont.

Déjà quand on lit le Nouveau Testament (NT), on est frappé par le nombre de conflits, de scissions, de groupes qui se traitent mutuellement de faux apôtres, voire qui s’excommunient.    Toute l’histoire de l’Eglise foisonne d’hérésies, i.e. de doctrines religieuses différentes de celle qui a fini par émerger, après bien des combats.

Au temps de l’apôtre Paul, les ruptures séparaient principalement les chrétiens de culture grecque de ceux qui étaient d’origine juive. Le NT montre comment les seconds (on les appelle “judéo-chrétiens”) voulaient imposer la circoncision à tous les convertis venus du paganisme. C’est ce conflit qui a été entre autres à l’origine du martyre d’Etienne, le premier diacre. Vous voyez, dix ans après la mort de Jésus, il y a déjà des chrétiens qui tuent d’autres chrétiens à cause de leur foi différente!
  

 
L’unité parfaite de l’Eglise n’a donc jamais existé. Et les communautés chrétiennes ont toujours été marquées par les imperfections très humaines de leurs chefs. De plus, il faut rappeler que les Réformateurs n’ont jamais eu l’intention de quitter l’Eglise catholique. Ils voulaient la transformer de l’intérieur, la réformer pour qu’elle corresponde mieux à l’évangile. Et c’est la hiérarchie catholique qui les a expulsés.

Rappeler tout ça ne veut pas dire que les Réformateurs étaient les “bons”, victimes des “méchants” catholiques, bien sûr. Non, le rappeler, ça n’a de sens que dans le but de nous mettre en garde contre le glissement qui guette toute institution humaine, l’Eglise comme les autres (quand cela concerne une communauté religieuse, on parle (hem) d’”églissement”, dirait un humoriste!). Imperceptiblement, on s’écarte de la bonne direction, on dévie, comme un explorateur dans la forêt vierge.

Toute Eglise est imparfaite, il n’y a pas un modèle unique qui serait donné par l’évangile. Même les doctrines sont toujours en lien avec des contingences très terre-à-terre, des circonstances locales ou historiques, voire des tempéraments humains.

Toute Eglise est faillible. Bien sûr, le Saint-Esprit la dirige, mais chacun interprète à sa manière ce qu’il lui souffle. Davantage encore, Luther et ses collègues ont très tôt jugé hyperimportant que la réformation de l’Eglise soit toujours à recommencer, jamais parachevée, sans cesse à reprendre. En latin, “Ecclesia semper reformanda” était leur slogan: l’Eglise est toujours à réformer. C’est une structure contingente, imparfaite, qui doit continuellement se remettre en question pour être mieux fidèle à l’esprit de l’évangile.

Cette volonté de rester sans cesse en mouvement est pour moi l’un des grands trésors légués par la Réforme (aux catholiques comme aux protestants, bien sûr!). Toujours revenir aux paroles du Christ, lui qui est le chemin, la vérité et la vie. Même si, je vous le concède, c’est parfois peu confortable. Il est si agréable de penser avoir trouvé la vérité, et de s’y installer!
  

 
Bien sûr, cette remise en question ne va pas se faire en fonction des goûts de quelques-uns ou des modes. Elle doit se fonder toujours sur l’évangile. Un évangile lu et réinterprété, là aussi, à la lumière des circonstances et des temps. Et c’est là, vous l’avez compris, un second trésor essentiel transmis par les évènements d’il y a 500 ans. Le NT est sans cesse à rouvrir, il a toujours à nouveau des richesses à nous faire découvrir. Nous n’aurons jamais fini d’explorer toutes les pistes qu’il déroule devant nous, lui qui transcende toutes nos habitudes.

Le troisième trésor que je discerne avec vous, ce matin, tient à l’autorité. Car une question se pose alors: s’il y a réforme continue et interprétation à toujours actualiser, qui décide?

Dans les structures anciennes, au Moyen Âge et avant, c’étaient des hiérarchies qui exerçaient l’autorité. Dans la société civile, les gens du peuple n’avaient aucun pouvoir. C’étaient les seigneurs locaux qui prenaient les décisions, eux-mêmes dirigés par les nobles, ducs, comtes ou barons; et ces derniers devant obéissance au roi ou à l’empereur.

De même, dans l’Eglise médiévale; les fidèles étaient entièrement soumis au curé, qui était comme un seigneur local; avec l’évêque au-dessus de lui; et le pape régnait.

Les Réformateurs n’ont certes pas inventé la démocratie, elle a existé sous diverses formes dans l’antiquité parfois. Mais Luther et les autres ont eu le génie de s’extraire des modèles sociaux de leur temps. Ils ont redécouvert dans la Bible ce qu’on appelle le “sacerdoce universel”, c’est-à-dire la liberté pour chaque croyant de s’approcher de Dieu au plus près, sans intermédiaire. Comme le dit la lettre aux Hébreux, Christ a ouvert pour nous un chemin nouveau et direct pour accéder au Père. Les Réformateurs ont ainsi développé des Eglises qui ont cultivé ce troisième trésor.

Ce faisant, ils ont préparé le terreau pour nos démocraties modernes. Un excellent article de Jacques-André Haury, dans la Revue des Cèdres de décembre dernier, le met bien en évidence: les régions où la politique a donné le plus de pouvoir au peuple sont des terres qui ont cultivé de longue date la foi réformée!
   


Quatrième trésor que nous devons à Luther: le libre-arbitre. Chacun est responsable de ses valeurs et de sa foi, et peut les exercer librement. Nul ne peut être contraint de croire ceci ou de penser cela. Pas besoin de développer ce point, on voit clairement une filiation entre ce thème de la Réforme et les Droits humains apparus au 18è siècle.

Enfin, cinquième et dernier trésor que je souhaite vous exposer ce matin (il y en a encore des quintaux, et vous en aurez vous-mêmes à partager dans la discussion de tout-à-l’heure!), cinquième et dernier trésor pour ce matin: le salut par grâce. Si je suis libre, le NT me dit aussi que Dieu ne va jamais me condamner pour mes erreurs. Je n’ai pas à mériter d’être sauvé, ni par mes actes, ni par un rite, ni par quoi que ce soit. Le salut est gratuit (c’est ce que veut dire le mot “grâce”: gratuité). Comme la lettre aux Romains le souligne avec vigueur, tous nous sommes pécheurs; mais Dieu, dans sa bonté sans limite, nous sauve tous et nous rend justes sans que nous ne le méritions.

Ce trésor se dit, en latin, ”Sola gratia” (par la grâce seule) ou “sola fide” (par la foi seule). C’est Dieu qui nous rend justes, par son amour infini. Je ne peux que l’accepter dans la foi.

Voilà les cinq aspects importants de la Réforme que je voulais vous partager ce matin. Mais, et vous? Quels sont vos trésors, ceux que vous avez reçus des évènements d’il y a 500 ans? Je me réjouis de vous entendre, et d’échanger à ce sujet.

En vivant cette discussion, vous l’avez déjà compris, nous réaliserons concrètement les cinq trésors dont je vous ai parlé: toujours nous réformer; le faire à partir de l’évangile, à redécouvrir sans cesse; le vivre ensemble, dans une autorité partagée; le faire en toute liberté; et enfin le vivre avec confiance, en se sachant déjà entièrement aimé et sauvé par Dieu. À lui seul la gloire!

Amen                                          
  

 

De la discussion sont ressortis de nombreux éléments,  j’en mentionne trois:

- la Réforme a mis l’accent sur la liberté et sur la responsabilité.    Nos contemporains n’oublient-ils pas trop la seconde?

- l’action sociale est aussi fille de la réforme: Armée du Salut, Croix-Bleue... l’évangile qui libère nous rend solidaires les uns des autres.

- nous humains avons besoin de “veaux d’or”, d’objets, de rites pour vivre notre religion. Ils sont utiles, mais attention à ne pas les diviniser!  



Jean-Jacques Corbaz 



dimanche 10 avril 2016

(Pr) Qui est tout proche du Seigneur? Une étonnante histoire d'idole

Prédication des 3 et 10 avril

Lectures: Juges 17, 1-13; Jean 21, 15-19


Il se passe de drôles de choses, en ces temps anciens, dans la région montagneuse d’Ephraïm (c’est-à-dire pas très loin de Jérusalem). Nous sommes à l’époque des Juges, donc peu après la conquête de la Palestine par Josué et les Hébreux.

Un homme parmi tant d’autres, un obscur inconnu va sortir de l’ombre. Il s’appelle Mika. Tout un programme, ce nom, puisqu’il signifie: “Qui est tout proche du Seigneur? point d’interrogation” - Et la manière dont le texte hébreu nous le présente veut suggérer que ce Mika est le symbole, l’image des hommes qui cherchent Dieu. “Qui est tout proche du Seigneur? point d’interrogation”, c’est donc vous et moi, quand nous essayons de donner un sens à notre vie. Vous et moi, quand nous essayons, souvent maladroitement, d’orienter notre spiritualité vers Dieu.

Mika, l’homme qui cherche, commence d’ailleurs sa quête de manière bien peu recommandable: il dérobe une grosse somme d’argent à sa propre mère.  

Cette dernière alors maudit le voleur en présence de son fils. A-t-elle des soupçons? On n’en sait rien. Mais cette malédiction va porter du fruit: Mika avoue que c’est lui; très probablement par crainte d’une punition divine, par superstition, par peur d’être maudit.

La réaction de sa mère est alors étonnante: elle bénit son fils!! Pourquoi? Eh bien, certainement pour annuler sa malédiction. Elle redoute que ses premières paroles ne fassent du tort à Mika. Alors, elle les contrebalance par des bénédictions.

Et elle ne s’arrête pas là: elle décide de consacrer cette somme à un lieu de culte, dans leur maison, puisque cet argent est déjà engagé dans le domaine religieux, à cause de ses malédictions et de ses bénédictions. Remarquez: elle fait fabriquer une idole, une idole pour le Seigneur! Elle ne ressent aucune contradiction entre le vrai Dieu et une image païenne, alors que ces dernières sont pourtant expressément interdites dans tout l’Ancien Testament!
  


Tout cela est donc bien peu orthodoxe; peu moral. Et le rédacteur du livre des Juges a presque l’air de s’excuser quand il commente, au verset 6: “A cette époque, il n'y avait pas de roi en Israël, et chacun agissait comme il lui semblait bon.” En somme, c’était presque l’âge des cavernes pour la foi et l’éthique, ne vous choquez pas, M’sieu-dames!

Mika,“Qui est tout proche du Seigneur? point d’interrogation”, Mika a donc des besoins spirituels et une recherche religieuse qui, hem, ont peu d’influence sur son comportement et sa morale! Sur ce plan, il ressemble assez à beaucoup d’entre nous, qui avons de la peine à mettre en accord nos bribes de foi et nos actes concrets, vous ne trouvez pas?

Et c’est alors que commence la réflexion principale de cette histoire, une méditation intéressante sur la proximité de Dieu, et sur les intermédiaires dans la foi: comment vivre mieux en conformité avec la volonté du Seigneur? Qui, oui, qui donc pourra assurer que cette famille va continuer d’être bénie, et qu’elle marchera sous le regard de Dieu? Qui va la diriger, dans ce monde où chacun agit comme il lui semble bon? Vous voyez que, là aussi, le sujet se révèle d’une étonnante actualité!

Mika installe d’abord, comme prêtre de son autel, un de ses fils. Mais ce dernier n’est pas formé pour un tel boulot. C’est pourquoi, quand passe un lévite, un spécialiste du sacré, disponible, Mika l’embauche. Contrat de travail, cahier des charges, tout se passe alors de manière très règlementaire. Comme pour dire que l’anarchie décrite au début du chapitre est déjà bien loin.
 


Le lévite devient même “comme l’un des fils de la maison”, nous dit-on, et la Bible ajoute que tous ces gens forment une paroisse, c’est le mot qui désigne en grec des étrangers qui vivent ensemble. Exactement le terme qu’on a utilisé pour traduire la situation de ce lévite de Juda qui s’établit chez des gens d’une troisième tribu, celle d’Ephraïm. Une paroisse. Car en ce temps-là, les différentes tribus qui formeront Israël se considèrent encore comme étrangères les unes aux autres. Il leur arrive de se faire la guerre entre elles!

Happy end. Notre passage s’achève sur l’expression d’un grand contentement. Mika se dit: «Maintenant, le SEIGNEUR me fera du bien, j'en suis sûr, puisque j'ai un lévite comme prêtre». Dieu est de mon côté, pas de problème, j’ai les meilleurs atouts en main...

Eh bien, pas du tout! L’histoire rocambolesque continue au chapitre 18. Une autre tribu d’Israël, celle de Dan, vient envahir Ephraïm. Ils s’emparent et de l’idole et des statuettes sacrées, et même du lévite, qui se trouve enrôlé malgré le premier contrat; tout cela sans que Mika ne puisse réagir; il est impuissant, face à cette armée!

Le lieu de culte subsistera pendant des siècles, mais au bénéfice d’autres Israélites, ceux de Dan, alors que notre ami “Qui est tout proche du Seigneur? point d’interrogation” se retrouve gros-jean comme devant.
  

 

Méditons donc quelques minutes avec le livre des Juges sur la fragilité des intermédiaires religieux... et sur la question “Comment vivre en communion avec Dieu?” “Qui sera vraiment tout proche du Seigneur? point d’interrogation”.

À travers cette aventure, en tout cas, Mika va se trouver remis en question; les chemins qu’il avait pris pour sa vie spirituelle, sa recherche, ne sont pas longtemps satisfaisants. Idoles, statuettes sacrées, prêtres... La Réforme, au XVIè siècle, l’a bien remis en évidence: rien ne vaut la ligne directe avec Dieu!

Ouf, chic, enfin une conclusion morale? Euh, oui, sauf que beaucoup de nos contemporains protestants réclament encore des (1°) signes, des (2°) objets, voire des (3°) ministres du culte pour pouvoir vivre tout proches du le Seigneur. Une paroissienne me disait: “Priez pour moi, M. le pasteur! Dieu vous écoutera plus que moi. Vous êtes quand même consacré à son service”...

Aujourd’hui, dans ces temps troublés, à une époque où tout veut nous faire croire qu’il n’y a pas de roi, et où chacun agit comme il lui semble bon (rien n’a changé!), le besoin d’intermédiaires reste fort. Osons-nous parler à Dieu comme à un ami, proche, attentionné? Ou bien nous croyons-nous obligés de multiplier les prouesses spirituelles ou les spécialistes pour tenter de l’atteindre?

Tout-à-l’heure, nous avons dit à Lison que, pour Dieu, elle est une princesse, à l’image de ses parents quand nous avions célébré leur mariage. Prince et princesse, le baptême nous affirme que nous le sommes tous aux yeux, en Christ. 
   Dès lors, à celui qui nous regarde ainsi comme son trésor le plus précieux, comment parler de manière cérémonieuse, indirecte ou artificielle quand nous voulons lui confier le plus intime de nous-même?

L’évangile, depuis Noël jusqu’à Vendredi saint et Pâques, l’évangile nous redit que Dieu est là, tout près, tout prêt à nous bénir!

Pourtant, à travers le mystère de la Résurrection, le Nouveau Testament nous précise aussi que l’être humain a besoin de signes, de gestes, d’objets pour parler de cette Transcendance si forte, si haute. Dieu nous offre donc les signes tout quotidiens de l’eau du baptême, du pain et de la coupe; il nous offre des personnes qu’on appelle “ministres”, c’est-à-dire serviteurs, pour nous aider à le sentir merveilleusement proche de nous, qui que nous soyons, où que nous soyons; si maladroits que nous soyons pour le chercher!

Mais davantage encore, et c’est ici le message fort de notre histoire, Dieu nous appelle à devenir nous-mêmes, qui que nous soyons, des signes quotidiens, des ministres, des artisans de sa proximité qui permettent à ceux qui nous entourent de vivre en communion avec lui; des reflets vivants de son intérêt infini pour chacun(e). Il nous dit, comme Jésus à Pierre, qui venait pourtant de le trahir par trois fois, il nous dit “Fais paître mon troupeau. Occupe-toi de mes agneaux”.

En effet, Mika,“Qui est tout proche du Seigneur? point d’interrogation”, Mika est béni par sa mère, peut-être à moitié païenne. Donc à combien plus forte raison sommes-nous appelés à nous bénir les uns les autres, pour retrouver, plus proche encore, l’étonnante passion de Dieu pour toutes et tous!?  
  

Amen                                          


Jean-Jacques Corbaz 




(à Orges et Grandson, cette bénédiction partagée s'est vécue notamment par la prière commune, avec des intentions de prières sur feuilles de papier)