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Vous trouverez sur ce blog différentes sortes de contributions:
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Bonne balade entre les mots!

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vendredi 16 août 2013

(Bi) Les gêneuses

LA PERFECTION DE TOUTE CHOSE

J’ai découvert hier cette information :
« Des scientifiques ont fait des expériences sur des fourmis. Ils ont observé que l'organisation du travail dans la fourmilière était très structurée : il y avait la reine qui pondait les oeufs, les nourrices qui l'alimentaient, les ménagères qui nettoyaient, les maçonnes qui construisaient et réparaient, les ouvrières qui cherchaient des provisions, les guerrières qui veillaient à la défense de la fourmilière...
Cependant 10 % des fourmis, non seulement ne faisaient rien, mais gênaient le travail des autres, se mettant en travers et parfois même défaisant ce que les autres avaient fait.
Les chercheurs enlevèrent les 10 % "gêneuses", pensant améliorer le fonctionnement du tout. Au lieu d'un ordre accru, il y eut panique. Les fourmis couraient en tous sens, se rentraient dedans...
Au bout d'un certain temps, la fourmilière se reconstitua, et les activités reprirent. Les rôles avaient été redistribués. Chacune avait apparemment sa place. Et... à nouveau 10 % des fourmis passaient tout leur temps à entraver le travail des autres !
Les chercheurs recommencèrent trois fois. A chaque expérience, ils constatèrent qu'une fois supprimé les 10%, il y avait désorganisation, affolement. Chaque fois que la fourmilière recommençait à fonctionner, 10 % de nouvelles fourmis avaient repris le rôle de "gêneuses" du travail des autres. »

Me relier à l’existence de ces «fourmis gêneuses » m’a beaucoup touchée, me faisant percevoir, une fois encore, la perfection de toute chose…
Il se trouve que la personnalité de mon Enfant-Moi est de type « ménagère-maçonne-ouvrière-guerrière », c’est-à-dire capable de mille et une actions et cherchant toujours à optimiser chacune d’entre elles… Bien évidemment, ce type de personnalité est très vite agacé, voire révolté, lorsqu’il rencontre des êtres qui, soit n’ont pas les mêmes compétences, soit pas la même efficacité. Il a alors tôt fait de les étiqueter comme « fourmis gêneuses » !
O Merveille… Découvrir, sous le frein apparent d’une moindre compétence ou d’une moindre efficacité, la perfection de la Vie à l’œuvre, qui ralentit par l’un l’action de l’autre, afin que l’ensemble soit équilibré.
Révélation que rien n’est inutile et que l’apparente inaction ou contre-action, est toujours et encore l’expression de la Vie en tant que cela : perfection absolue se manifestant en tant qu’imperfection relative…
Ce constat ouvre mon cœur, plus largement encore, me permettant d’accueillir avec plus de tendresse, plus de douceur, les apparents obstacles du quotidien, évènements, actions, etc, tout ce que mon Enfant-Moi étiquette à la vitesse de l’éclair comme des « fourmis gêneuses ».
Percevoir, du plus intime de notre être, que tout ce qui est a sa place, que rien n’est inutile, c’est retrouver la capacité de bénir tout ce qui est, et célébrer ensuite d’être qui nous sommes, à notre place, si nous la préférerons au rôle qu’autrui incarne.
C’est ce que rappelle cette histoire : « Un maître spirituel dirigeait un groupe de disciples qui souhaitaient progresser "sur le chemin". L'un des membres du groupe posait sans cesse des questions, interrompait, mettait en cause, bref, gênait le travail des autres. Ces autres vinrent trouver le maître et lui demandèrent d'expulser la mauvaise tête.
- "Moi, je veux bien, si c'est là votre souhait, répondit le maître, mais lequel d'entre vous veut prendre sa place?" »


Puisse cette journée vous offrir l’occasion de goûter la merveille de cette perfection et apprécier la place qui est la vôtre, quelle qu’elle soit !

(Isabelle Padovani – www.communification.eu)

jeudi 15 août 2013

(Ci) Etat de grâce

« Il y a des instants où nous nous sentons soulevés hors de la réalité familière. Ce que nous éprouvons alors semble ne pas être de ce monde. Il s’agit de moments singuliers, empreints d’un merveilleux qui nous touche soudain. Tout ce que nous vivons est imprégné d’une qualité particulière. Une sorte d’enchantement nous rend à la fois étrangers et tout à fait nous-mêmes, totalement protégés en quelque chose de familier. Impossible de dire ce que c’est et, d’ailleurs, si ce n’était pas indicible, ce ne serait plus « cela ». Même s’il s’agit d’un sens inconnu, cet Insaisissable, ce Tout-Autre est cependant réel car une force qui lui est propre en émane. Elle baigne d’une clarté et d’une chaleur singulière notre conscience de vivre. Pour un instant, dégagés des puissances quotidiennes, nous éprouvons une impression d’extraordinaire liberté. » 

Karlfried Graf Dürkheim, « Méditer », p. 18-19


 

mardi 6 août 2013

(Hu) Glissades

Une histoire de Jean-Villars-Gilles:

Un curé supporte mal quand ses paroissiennes lui avouent en confession qu'elles ont commis le péché de chair hors des liens sacrés etc. Alors, il leur demande de dire simplement qu'elles ont glissé. Tout le monde est au courant du truc, ça marche super.

Un jour d'hiver, le vieux curé passe l'arme à gauche, et un nouveau le remplace, un jeunet. Lequel s'étonne du nombre de glissades malencontreuses dans le village! Alors il appelle le syndic et lui suggère de mieux gravillonner les routes de la commune.


Le syndic, en souriant, suggère que ce n'est pas nécessaire, et que ce n'est pas bien grave. Mais le curé insiste: "Une femme pourrait se casser la jambe, même dans votre famille; par exemple, votre épouse a glissé trois fois la semaine passée!


de Jean Effel

dimanche 4 août 2013

(Li, Po) Prière d’été

Prière d’été  

Ferme  les  yeux,
Tiens  fermes   tes  yeux,
Sous  l’espace  de  Dieu ...

Viens,  respire  un  peu,
Soupire,  aspire  mieux,
Gonfle - toi  d’un  monde  heureux ...

Alors,  alors  pose
Tes fatigues,  tes  réveils  moroses,
Tes “on  est  bien  peu  de  chose”:
Largue  large,  remets,  dépose
Aux  pieds,  au  coeur  de  Celui  qui  dispose ...

Tes  larmes  blanches,
Tes  aubes  oranges,
Les  longs  ennuis  de  tes  dimanches  à  belles  manches,
Viens,  c’est  ouvert:  dépose,  range
Aux  mains,  au  coeur  du  grand  Pardon  de  l’univers ...

Respire  un  peu,
Tiens  fermes  tes  yeux
Sous  l’espace  de  Dieu:
Gonfle - toi  d’un  monde  heureux.

                       Jean - Jacques Corbaz



lundi 29 juillet 2013

(Vu) confusion entre évangéliques et évangélistes

    Nicolas Pictet: La confusion entre évangéliques et évangélistes est plus que courante, et très énervante! car en effet elle assoit des visions simplistes truffées d'erreurs dans une appréhension majoritairement catholique.


    Michel Chambon: un petit rappel de la distinction pour les nuls ? car là je sèche un peu... évangéliste ? évangélique ? le catholique que je suis y perd un peu son latin.


    Jean-Jacques Corbaz: En quelques mots: un évangéliste est qqn qui transmet l'évangile. Il y a 4 évangiles dans la Bible (selon Matthieu, Marc, Luc, Jean); chacun a été attribué à un homme, dont il porte le nom. Ces 4 hommes sont appelés évangélistes. Après eux, on nomme évangélistes les personnes chargées par leur communauté chrétienne d'annoncer l'évangile du Christ dans la société et le monde.

Un évangélique est un chrétien qui accorde beaucoup d'importance à la Bible, avec un grand respect de la lettre de ces écrits (ce qui l'amène souvent à négliger le contexte historique et l'aspect symbolique desdits écrits). Les évangéliques sont souvent plus enthousiastes et plus portés sur l'évangélisation (= annonce de l'évangile au sens large) que les autres chrétiens, ce qui explique la confusion!

---> on trouve la même réflexion, un peu plus élaborée, sous la plume de Denis Müller, professeur honoraire de théologie, dans une lettre de lecteur au Temps, que voici:

Objet : lettre ouverte à Antoine Duplan qui n'est pas évangéliste car cela en ferait 5 (Matthieu, Marc, Luc, Jean, Antoine)

Cher Antoine Duplan,
J'apprécie beaucoup vos commentaires cinématographiques et, même si je n'ai encore vu que le lancement de Virgin Tales, je tends à penser que votre notice, dans Sortir de cette semaine, est tout-à-fait adéquate.
Cela dit, comme les 99% de vos collègues journalistes ou presque, vous parlez (à deux reprises) des évangélistes. Or, en français, les évangélistes sont les auteurs des Evangiles, que ce soit ceux de la Bible dite canonique (Matthieu, Marc, Luc, Jean) ou des écrits apocryphes (Thomas, etc.). Vous voulez dire les « évangéliques », au sens du terme anglo-américain « the evangelicals » (et non pas the evangelists...). Certes, le mot français évangélique a deux sens distincts; quand on parle de l'Eglise évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) ou de l'Eglise réformée évangélique de Neuchâtel (EREN), évangélique ne veut pas dire evangelical, mais « réformé selon l'Evangile) et j'apprends à mes étudiants en théologie que l'allemand evangelisch (par exemple: die evangelische Theologie) doit se traduire par protestant et non pas par evangélique (qui se dit evangelikal auf deutsch).... Bigre, que tout cela est subtil, j'en conviens. Mais de grâce, la prochaine fois, quand vous voulez parler des évangéliques américains, avec leur tendance souvent fondamentalistes, n'écrivez plus « les évangélistes ». Cela vous faudra la reconnaissance supplémentaire de beaucoup de personnes de tout bord.
Merci de votre attention
Cordialement
Denis Müller
théologien protestant, pasteur de l'EREN et de l'EERV, antifondamentaliste et anti-créationniste, cinéphile fervent


vendredi 5 juillet 2013

(Po) À vous, messieurs que nomme Vian


Quand sera finie cette guerre,
J’irai pleurer sur vos misères.
Je liquéfierai ma colère
Pour désaltérer vos coeurs secs:
L’opacité, faut faire avec.

Je marmonnerai sur vos tombes,
Sur vos coffres, vos boîtes rhombes,
Où l’obscurité vous incombe,
Coques frileusement groupées
Où vous croyez dormir en paix.

Je cognerai sur vos silences,
Sur vos oublis, votre insouciance,
Vos privilèges, vos défenses,
Jusqu’à ce que mes poings tremblants
Retombent, marbrés de mon sang.

Je m’inclinerai sur la terre,
Sur vos lingots, vos coeurs de pierre,
Pour une dernière prière:
Sans espoirs de vous voir changer;
Mais pour moi, dis, quel bien ça fait!


Jean-Jacques Corbaz, 1987


(Po) Home

J’habite: 13, place de la Liberté.
Mes racines y sont profondes
Et tous les grincheux du monde
Ne sauraient m’en déloger.

Bien sûr, c’est dans le quartier nègre, périphérie,
Ceux qui se croient riches ont peur de s’y montrer.
Mais moi, j’y vis la nuit, sans soucis,
Mon seul trésor, c’est l’amitié.

Ton argent, gros Fernand, n’est que cendres et fumée.
Ferme bien ta maison grise,
Tu la possèdes à ta guise
Quand ton poing serre sa clé.

J’habite: 13, rue Jean-Jacques Corbaz.
Mon village, c’est la terre,
Mon Eglise, la misère.
Je me sens partout chez moi.


Jean-Jacques Corbaz, 1987

lundi 1 juillet 2013

(Po) D'Afrique en Amérique




D'Afrique en Amérique

Sans mille hommes noirs,
Sans mille femmes noires,
Point de milliers d’enfants noirs,
                      dansant,
                      rythme tapant
                      dans le sang.
Sans mille hommes nus,
Sans mille femmes, nues,
Point de milliers d’enfants venus,
                      ténus,
                      ouvrir nos vies à l’inconnu.
Sans mille hommes-sang,
Sans mille femmes-sang,
Point de milliers d’enfants, noirs ou blancs,
                       pas trop peureux,
                       - pas trop heureux pourtant,
                       jouant
                       (“échec au roi”)
                       bâtissant cent mille ans d’avenir,
                       petits, plus petits qu’un pâle sourire...

JJCorbaz,1997

(Po) Chanson pour ma fin

 Chanson pour ma fin

Quand la mort me recouvrira d’ombre,
Si j’ai peur, sois là, tiens-moi la main,
Chante-moi cet air de mon enfance,
Avec lui, je suis bien.
Avec toi, je suis bien.


Ta chanson dissipera mes craintes,
Toi aussi, tu oublieras tes peurs,
En fredonnant, tu diras ta tendresse
Mieux qu’avec des discours.
Les mots seraient trop lourds.


Si mon corps, usé par les années,
Ne peut plus entendre ce qu’on dit,
Ta chanson, plus loin que mes oreilles,
Touchera cet enfant
Que je reste tremblant.


Je serai sans forces, sans mémoire,
Mes idées ne s’associeront plus.
Ce refrain pourra seul me traduire
Ton amour et ta paix.
Moi, je frissonnerai,
Moi, je frissonnerai.


Quand la mort me recouvrira d’ombre,
Si j’ai peur, sois là, tiens-moi la main,
Chante-moi cet air de mon enfance,
Avec lui, je suis bien.
Avec toi, je suis bien.

                                JJCorbaz,1989

dimanche 23 juin 2013

narration sur Jean 4: "histoire d'eau"

Lectures bibliques: Jean 4, 1-26, Ezechiel 36, 24-27



Il faisait chaud, ce matin-là. Chaud et sec. Mais l’oasis était fraîche, comme une porte ouverte sur le ciel. L’eau du puits murmurait sa fragile musique, si ténue qu’il faut être vieux et sourd comme moi pour l’entendre... Je crois même que, parfois, des oiseaux chantaient. Ça sentait les feuilles de figuier et l’été.

J’étais venu au puits de Jacob pour boire, mais surtout pour méditer et rêvasser tranquille, loin du village. J’aime le calme de cet endroit, sa douceur apaisante. Il m’arrive même de me dire que Dieu y est plus proche que dans l’agitation des sacrifices... Savez-vous que ce puits de Jacob est le tout premier lieu de culte de nos ancêtres d’Israël, sur la Terre Promise? Oui, c’est un endroit chargé de présence divine!

Bref, je me sentais infiniment bien, couché derrière les buissons, près de Dieu. L’herbe était douce contre ma peau... J’avais envie de prier: “Seigneur, je voudrais pouvoir mourir ainsi, calmement; doucement; te rendre mon dernier souffle sans hâte, comme la rosée s’évapore au soleil du matin...”

Mais! Des voix! Tout-à-coup, des voix, des voyageurs! Mon calme et ma prière s’envolent! Pas de chance, j’étais si bien!

Caché derrière mon figuier, j’observe les nouveaux-venus. Qui sont-ils? Commerçants? pèlerins? brigands? Rien que des hommes, en tout cas. Méfiance!

Ils puisent l’eau à l’aide d’une vieille peau de chèvre que le plus petit porte en bandoulière. Ils ont soif, on voit qu’ils ont beaucoup marché! Vivement qu’ils reprennent leur route!

Tout en buvant, ils parlent assez fort. Je comprends à leurs allusions qu’ils sont... juifs!?! Oups!! Heureusement que je ne leur ai pas adressé la parole! On nous a toujours expliqué que nous, les Samaritains, ne devons rien avoir à faire avec ces gens de Judée, qui nous méprisent et qui nous traitent comme des primitifs. Alors que nous sommes descendants d’Israël, autant qu’eux!

Tout ça parce qu’il y a longtemps, au retour de l’Exil à Babylone, nous n’avons pas chassé les Palestiniens, qui occupaient nos terres. Nous nous sommes pacifiquement mélangés avec eux. Dites, Dieu n’était-il pas content de voir des hommes se réconcilier?

Alors voilà: depuis cette époque, les Samaritains n’ont plus de contacts avec les juifs (hem... Sauf pour les détrousser, rigole mon cousin Kouchtar!!)... Brèfle, ceux-là... je reste à distance.

Ils n’ont pourtant pas l’air si menaçants, ces gaillards. Peut-être un peu illuminés... Je les entends discuter de l’eau, qui est un signe, qu’ils disent, un signe de Dieu. Et puis ils parlent de souffle, de respiration du Seigneur (je ne comprends pas bien), toujours en se montrant la source, vive, qui murmure sa chanson si frêle à mes oreilles.

Bon, voilà qu’ils s’en vont. Non, tiens, y en a un qui est resté. T’égal, dans le fond; tout seul, il ne va pas m’empêcher de jouir du calme de ce puits...

                                        *                      *

Mais zut! Pas de chance! À peine j’ai repris mes rêveries qu’un nouveau pas se fait entendre. Mais cette oasis est plus fréquentée que la couche d’une courtisane un soir de bamboula!!

Eh ben, à propos de courtisane, devinez qui arrive: c’est la femme de Shefdegar! Celle qui ne sait pas dire non aux hommes... Celle dont ils profitent sans aucune gêne! 


Elle s’avance pour puiser de l’eau... Mais? Le juif... lui parle?! Non, mais quel culot! Encore un bélier en rut! Aussi dragueur que son ancêtre David, celui-là!

Ah non, faites excuse, c’était pas ce que j’avais pensé. Ou alors, il tourne longtemps autour de la cruche, ce gars! Il demande de l’eau. Ah? de l’eau? Alors qu’il vient de boire?

Et elle? Mmmhh, elle hésite. Elle commence à piger que c’est un type de Juda. Ils parlent d’eau, le juif et Emmanuelle. Il recommence, comme tout à l’heure son histoire d’eau: le souffle, l’esprit divin...

Evidemment, elle, elle ne comprend pas qu’il s’agit de religion. Elle prend tout au premier degré, au début. Il doit expliquer, expliquer encore. Et moi, du coup, je commence à y voir un peu plus clair. Il dit: l’eau est un don du ciel, c’est un signe que Dieu nous purifie et nous aime; un signe que Dieu nous lave, pour nous permettre de commencer, à neuf, une vie différente, meilleure! Voilà: c’est le souffle, c’est la vie que Dieu veut mettre en nous, pour transformer le monde!

Emmanuelle, bien sûr, elle ne suit pas bien. Tiens, il parle des cinq maris, maintenant. Et elle, plein gaz, elle croit qu’il allusionne sur sa vie de tralala, tous ses jules, ses “fiancés”...

Encore une fois, méprise, méprise! Si elle n’était pas aussi... euh... “culpabilisée”, elle saisirait que, quand un juif parle des cinq maris, il pense aux cinq dieux qu’on adorait en Samarie! Ouais, cinq maris - Samarie, c’est un vieux gag pourri de Galilée (d’accord, c’est pas terrible, mais San Antonio n’est pas encore né!).

Ah, cette fois, elle a compris! Elle pose des questions sur le culte, sur “croire en Dieu”. Il explique encore. Oh, c’est difficile. Je ne suis plus très bien, moi non plus.

Mais quand il dit qu’on peut adorer Dieu partout, ça, je saisis! Et que l’oasis est une porte ouverte sur le ciel, ça, ça m’emballe!

L’eau, signe du ciel... Non, attends: l’eau, signe d’un souffle que Dieu nous donne. Signe d’un souffle que Dieu nous donne si nous lui donnons notre premier pas... Et ce souffle, il nous transforme; il nous permet de vivre, vraiment; pleinement, intensément!

Et: partout, même ici!

Mmh, il y a quelque chose, là, que je dois creuser. Il faudrait que j’aille vers ce juif pour lui demander de me réexpliquer.

Tiens, c’est drôle!? J’ai encore envie de vivre, soudain, pour découvrir tout ça; pour changer ma vie.


                                        *                      *

Il fait superbe, ce jour-là. L’oasis est fraîche à danser! L’eau du puits de Jacob fredonne sa petite chanson... et: c’est comme une porte ouverte sur le ciel!

Mmm, mmm mmm, mmm mmm mmm mmm (fredonne la mélodie de “l’eau vive”)
Amen
                                                                                    Jean-Jacques Corbaz

(Li) Liturgie de cène dialoguée du 23 6 13

Liturgie de cène 23 6 13

JJ: Nous avons ouvert nos coeurs les uns aux autres pour y sentir la proximité bienfaisante de Dieu. C’est lui qui nous accueille, maintenant, pour nous offrir, concrètement, toute sa tendresse. Toutes ses promesses! Chacun(e) de nous, ici, est invité à les recevoir, sans restriction!

M: En communiant, nous acceptons son amitié. Et nous acceptons de nous mettre en route, ou de nous remettre en route, à sa suite, sur les chemins risqués de l’espérance qui vient de Dieu.

JJ: Je vous invite maintenant à prier. Après la préface, nous chanterons sans autre indication le cantique   14/03: 1,4, p. 212. Je vous invite à vous lever:

M:  C’est bon de te fêter, Dieu notre Père! Tu nous as créés fragiles et différents, pour qu’il soit meilleur en toi d’être ensemble. Merci!

JJ: Tu connais le nom de chacun(e), et tous sont tes enfants, en Jésus. Mais tu n’évites pas les conflits! Par ton Saint-Esprit, tu veux faire de nous tes partenaires, bâtisseurs de ta paix. Merci!

M: Jamais tu ne te résignes à ce que nous sommes. Toujours, tu travailles en nous, comme on allège une terre durcie: avec un espoir et un respect infinis. Merci!

JJ: C’est pourquoi, en communion avec toute l’Eglise universelle, et poussés par ton Esprit, nous te chantons: “Saint, saint, saint, magnifique est le Seigneur!” amen

- 14/03: 1,4

JJ: institution ... prions encore le Seigneur:

M: Dieu vivant, nous te rendons “grâce pour grâce” en refaisant aujourd’hui les gestes de présence et d’amour de Jésus. Que ton Esprit-Saint, dans ce signe sacré, renouvelle notre foi, afin que nous devenions toujours mieux ce que tu veux, le corps vivant du Christ sur cette terre, le réceptacle sacré de tes promesses. Par Jésus, avec lui et en lui, nous te disons notre émotion et notre confiance, dans l’unité en marche du Saint-Esprit. Amen

JJ: indications et invitation: C’est Jésus lui-même qui nous invite. Tou(te)s, nous sommes les bienvenu(e)s à sa table! Venez, et goûtez comme le Seigneur est bon! Venez, tout est prêt.

Déplacement
...

M:  fraction

JJ: élévation

M: prière d’humble accès: Seigneur, je ne suis pas digne de ramasser les miettes qui tombent de ta table; je ne mérite pas que tu entres chez moi, mais tu n’as qu’un mot à dire, et je serai sauvé! Amen


- communion (nous 2 donnons le pain en partant chacun d’un côté, et chacun donne à l’autre à la fin)


Prière finale:
JJ: Père, merci pour ces signes de paix... de pardon... de fraternité que tu partages pour nous. Tu te révèles tout proche... aimant... fenêtre ouverte sur l’espoir!

M: Nous sommes la flûte, et tu es le musicien. Que ta liberté chante à travers nous!

JJ: Que cette communion nous aide à mieux vivre de toi. Lorsque nous sommes chahutés par la vie, que le souffle de ta bonté nous guide et nous pousse les uns vers les autres. Que nos solidarités augmentent nos solidités!

M: Dans un temps de silence, nous mentionnons maintenant celles et ceux que nous voulons confier spécialement à la bénédiction de ton Esprit.  (...) 

JJ: Notre Père

dimanche 2 juin 2013

(Bi) pour Pâques et du coup chaque dimanche

photo Etienne Mayor
Sonnez trompettes, mais pas trop fort... N’éveillez pas l’enfant qui dort!


Pâques revient, comme un refrain. Dommage qu’on l’ait trop claironné, parfois. Comme si c’était la preuve absolue d’une victoire, comme si ce tombeau vide devait clouer le bec aux sceptiques.

Pâques revient. Mais c’est bien davantage une musique fragile, un souffle discret qui porte; et qui redresse nos corps fatigués; et qui apaise nos blessures secrètes.

Pâques, c’est d’abord une promesse contre la peur. - Attention, je n’ai pas dit une panacée! Une promesse, ça ne peut rien faire sans ma confiance; sans ta confiance. C’est une amitié offerte, un sourire qui réconforte; une parole, davantage murmure que harangue, qui fait du bien.

Contre la peur. Car c’est là notre plus fort ennemi. La peur. Redoutable parce qu’elle a semé ses graines de mort au plus profond de nous-mêmes. Et que de là surgissent sans avertir les morsures qui nous empoisonnent la vie.

Pâques, c’est alors un appel: à cultiver la confiance, à préserver la tendresse, à laisser grandir la paix. À nous entraider pour résister à la crainte, et rester debout. Nous redire les uns aux autres ces promesses du Christ: Je suis là, au coeur de toute détresse, et même au plus noir de la mort, ma passion pour vous reste vivante et solide!

Un appel. Et pour mieux l’entendre, au milieu des stridences de la terre, nous gagnerons à nous rapprocher les uns des autres, à nous tendre les mains, et les oreilles, et les voix. Depuis près de 2000 ans, le dimanche est le lieu de cette solidarité-là. Et si, aujourd’hui, les occasions sont bien plus diverses, reste toujours cette offre de nous redonner courage mutuellement. Quel que soit le jour de la semaine.

Pâques revient. Pour nous permettre, ensemble, d’aller plus loin.

Amicalement avec vous

Jean-Jacques