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dimanche 23 juin 2013

narration sur Jean 4: "histoire d'eau"

Lectures bibliques: Jean 4, 1-26, Ezechiel 36, 24-27



Il faisait chaud, ce matin-là. Chaud et sec. Mais l’oasis était fraîche, comme une porte ouverte sur le ciel. L’eau du puits murmurait sa fragile musique, si ténue qu’il faut être vieux et sourd comme moi pour l’entendre... Je crois même que, parfois, des oiseaux chantaient. Ça sentait les feuilles de figuier et l’été.

J’étais venu au puits de Jacob pour boire, mais surtout pour méditer et rêvasser tranquille, loin du village. J’aime le calme de cet endroit, sa douceur apaisante. Il m’arrive même de me dire que Dieu y est plus proche que dans l’agitation des sacrifices... Savez-vous que ce puits de Jacob est le tout premier lieu de culte de nos ancêtres d’Israël, sur la Terre Promise? Oui, c’est un endroit chargé de présence divine!

Bref, je me sentais infiniment bien, couché derrière les buissons, près de Dieu. L’herbe était douce contre ma peau... J’avais envie de prier: “Seigneur, je voudrais pouvoir mourir ainsi, calmement; doucement; te rendre mon dernier souffle sans hâte, comme la rosée s’évapore au soleil du matin...”

Mais! Des voix! Tout-à-coup, des voix, des voyageurs! Mon calme et ma prière s’envolent! Pas de chance, j’étais si bien!

Caché derrière mon figuier, j’observe les nouveaux-venus. Qui sont-ils? Commerçants? pèlerins? brigands? Rien que des hommes, en tout cas. Méfiance!

Ils puisent l’eau à l’aide d’une vieille peau de chèvre que le plus petit porte en bandoulière. Ils ont soif, on voit qu’ils ont beaucoup marché! Vivement qu’ils reprennent leur route!

Tout en buvant, ils parlent assez fort. Je comprends à leurs allusions qu’ils sont... juifs!?! Oups!! Heureusement que je ne leur ai pas adressé la parole! On nous a toujours expliqué que nous, les Samaritains, ne devons rien avoir à faire avec ces gens de Judée, qui nous méprisent et qui nous traitent comme des primitifs. Alors que nous sommes descendants d’Israël, autant qu’eux!

Tout ça parce qu’il y a longtemps, au retour de l’Exil à Babylone, nous n’avons pas chassé les Palestiniens, qui occupaient nos terres. Nous nous sommes pacifiquement mélangés avec eux. Dites, Dieu n’était-il pas content de voir des hommes se réconcilier?

Alors voilà: depuis cette époque, les Samaritains n’ont plus de contacts avec les juifs (hem... Sauf pour les détrousser, rigole mon cousin Kouchtar!!)... Brèfle, ceux-là... je reste à distance.

Ils n’ont pourtant pas l’air si menaçants, ces gaillards. Peut-être un peu illuminés... Je les entends discuter de l’eau, qui est un signe, qu’ils disent, un signe de Dieu. Et puis ils parlent de souffle, de respiration du Seigneur (je ne comprends pas bien), toujours en se montrant la source, vive, qui murmure sa chanson si frêle à mes oreilles.

Bon, voilà qu’ils s’en vont. Non, tiens, y en a un qui est resté. T’égal, dans le fond; tout seul, il ne va pas m’empêcher de jouir du calme de ce puits...

                                        *                      *

Mais zut! Pas de chance! À peine j’ai repris mes rêveries qu’un nouveau pas se fait entendre. Mais cette oasis est plus fréquentée que la couche d’une courtisane un soir de bamboula!!

Eh ben, à propos de courtisane, devinez qui arrive: c’est la femme de Shefdegar! Celle qui ne sait pas dire non aux hommes... Celle dont ils profitent sans aucune gêne! 


Elle s’avance pour puiser de l’eau... Mais? Le juif... lui parle?! Non, mais quel culot! Encore un bélier en rut! Aussi dragueur que son ancêtre David, celui-là!

Ah non, faites excuse, c’était pas ce que j’avais pensé. Ou alors, il tourne longtemps autour de la cruche, ce gars! Il demande de l’eau. Ah? de l’eau? Alors qu’il vient de boire?

Et elle? Mmmhh, elle hésite. Elle commence à piger que c’est un type de Juda. Ils parlent d’eau, le juif et Emmanuelle. Il recommence, comme tout à l’heure son histoire d’eau: le souffle, l’esprit divin...

Evidemment, elle, elle ne comprend pas qu’il s’agit de religion. Elle prend tout au premier degré, au début. Il doit expliquer, expliquer encore. Et moi, du coup, je commence à y voir un peu plus clair. Il dit: l’eau est un don du ciel, c’est un signe que Dieu nous purifie et nous aime; un signe que Dieu nous lave, pour nous permettre de commencer, à neuf, une vie différente, meilleure! Voilà: c’est le souffle, c’est la vie que Dieu veut mettre en nous, pour transformer le monde!

Emmanuelle, bien sûr, elle ne suit pas bien. Tiens, il parle des cinq maris, maintenant. Et elle, plein gaz, elle croit qu’il allusionne sur sa vie de tralala, tous ses jules, ses “fiancés”...

Encore une fois, méprise, méprise! Si elle n’était pas aussi... euh... “culpabilisée”, elle saisirait que, quand un juif parle des cinq maris, il pense aux cinq dieux qu’on adorait en Samarie! Ouais, cinq maris - Samarie, c’est un vieux gag pourri de Galilée (d’accord, c’est pas terrible, mais San Antonio n’est pas encore né!).

Ah, cette fois, elle a compris! Elle pose des questions sur le culte, sur “croire en Dieu”. Il explique encore. Oh, c’est difficile. Je ne suis plus très bien, moi non plus.

Mais quand il dit qu’on peut adorer Dieu partout, ça, je saisis! Et que l’oasis est une porte ouverte sur le ciel, ça, ça m’emballe!

L’eau, signe du ciel... Non, attends: l’eau, signe d’un souffle que Dieu nous donne. Signe d’un souffle que Dieu nous donne si nous lui donnons notre premier pas... Et ce souffle, il nous transforme; il nous permet de vivre, vraiment; pleinement, intensément!

Et: partout, même ici!

Mmh, il y a quelque chose, là, que je dois creuser. Il faudrait que j’aille vers ce juif pour lui demander de me réexpliquer.

Tiens, c’est drôle!? J’ai encore envie de vivre, soudain, pour découvrir tout ça; pour changer ma vie.


                                        *                      *

Il fait superbe, ce jour-là. L’oasis est fraîche à danser! L’eau du puits de Jacob fredonne sa petite chanson... et: c’est comme une porte ouverte sur le ciel!

Mmm, mmm mmm, mmm mmm mmm mmm (fredonne la mélodie de “l’eau vive”)
Amen
                                                                                    Jean-Jacques Corbaz

(Li) Liturgie de cène dialoguée du 23 6 13

Liturgie de cène 23 6 13

JJ: Nous avons ouvert nos coeurs les uns aux autres pour y sentir la proximité bienfaisante de Dieu. C’est lui qui nous accueille, maintenant, pour nous offrir, concrètement, toute sa tendresse. Toutes ses promesses! Chacun(e) de nous, ici, est invité à les recevoir, sans restriction!

M: En communiant, nous acceptons son amitié. Et nous acceptons de nous mettre en route, ou de nous remettre en route, à sa suite, sur les chemins risqués de l’espérance qui vient de Dieu.

JJ: Je vous invite maintenant à prier. Après la préface, nous chanterons sans autre indication le cantique   14/03: 1,4, p. 212. Je vous invite à vous lever:

M:  C’est bon de te fêter, Dieu notre Père! Tu nous as créés fragiles et différents, pour qu’il soit meilleur en toi d’être ensemble. Merci!

JJ: Tu connais le nom de chacun(e), et tous sont tes enfants, en Jésus. Mais tu n’évites pas les conflits! Par ton Saint-Esprit, tu veux faire de nous tes partenaires, bâtisseurs de ta paix. Merci!

M: Jamais tu ne te résignes à ce que nous sommes. Toujours, tu travailles en nous, comme on allège une terre durcie: avec un espoir et un respect infinis. Merci!

JJ: C’est pourquoi, en communion avec toute l’Eglise universelle, et poussés par ton Esprit, nous te chantons: “Saint, saint, saint, magnifique est le Seigneur!” amen

- 14/03: 1,4

JJ: institution ... prions encore le Seigneur:

M: Dieu vivant, nous te rendons “grâce pour grâce” en refaisant aujourd’hui les gestes de présence et d’amour de Jésus. Que ton Esprit-Saint, dans ce signe sacré, renouvelle notre foi, afin que nous devenions toujours mieux ce que tu veux, le corps vivant du Christ sur cette terre, le réceptacle sacré de tes promesses. Par Jésus, avec lui et en lui, nous te disons notre émotion et notre confiance, dans l’unité en marche du Saint-Esprit. Amen

JJ: indications et invitation: C’est Jésus lui-même qui nous invite. Tou(te)s, nous sommes les bienvenu(e)s à sa table! Venez, et goûtez comme le Seigneur est bon! Venez, tout est prêt.

Déplacement
...

M:  fraction

JJ: élévation

M: prière d’humble accès: Seigneur, je ne suis pas digne de ramasser les miettes qui tombent de ta table; je ne mérite pas que tu entres chez moi, mais tu n’as qu’un mot à dire, et je serai sauvé! Amen


- communion (nous 2 donnons le pain en partant chacun d’un côté, et chacun donne à l’autre à la fin)


Prière finale:
JJ: Père, merci pour ces signes de paix... de pardon... de fraternité que tu partages pour nous. Tu te révèles tout proche... aimant... fenêtre ouverte sur l’espoir!

M: Nous sommes la flûte, et tu es le musicien. Que ta liberté chante à travers nous!

JJ: Que cette communion nous aide à mieux vivre de toi. Lorsque nous sommes chahutés par la vie, que le souffle de ta bonté nous guide et nous pousse les uns vers les autres. Que nos solidarités augmentent nos solidités!

M: Dans un temps de silence, nous mentionnons maintenant celles et ceux que nous voulons confier spécialement à la bénédiction de ton Esprit.  (...) 

JJ: Notre Père

dimanche 2 juin 2013

(Bi) pour Pâques et du coup chaque dimanche

photo Etienne Mayor
Sonnez trompettes, mais pas trop fort... N’éveillez pas l’enfant qui dort!


Pâques revient, comme un refrain. Dommage qu’on l’ait trop claironné, parfois. Comme si c’était la preuve absolue d’une victoire, comme si ce tombeau vide devait clouer le bec aux sceptiques.

Pâques revient. Mais c’est bien davantage une musique fragile, un souffle discret qui porte; et qui redresse nos corps fatigués; et qui apaise nos blessures secrètes.

Pâques, c’est d’abord une promesse contre la peur. - Attention, je n’ai pas dit une panacée! Une promesse, ça ne peut rien faire sans ma confiance; sans ta confiance. C’est une amitié offerte, un sourire qui réconforte; une parole, davantage murmure que harangue, qui fait du bien.

Contre la peur. Car c’est là notre plus fort ennemi. La peur. Redoutable parce qu’elle a semé ses graines de mort au plus profond de nous-mêmes. Et que de là surgissent sans avertir les morsures qui nous empoisonnent la vie.

Pâques, c’est alors un appel: à cultiver la confiance, à préserver la tendresse, à laisser grandir la paix. À nous entraider pour résister à la crainte, et rester debout. Nous redire les uns aux autres ces promesses du Christ: Je suis là, au coeur de toute détresse, et même au plus noir de la mort, ma passion pour vous reste vivante et solide!

Un appel. Et pour mieux l’entendre, au milieu des stridences de la terre, nous gagnerons à nous rapprocher les uns des autres, à nous tendre les mains, et les oreilles, et les voix. Depuis près de 2000 ans, le dimanche est le lieu de cette solidarité-là. Et si, aujourd’hui, les occasions sont bien plus diverses, reste toujours cette offre de nous redonner courage mutuellement. Quel que soit le jour de la semaine.

Pâques revient. Pour nous permettre, ensemble, d’aller plus loin.

Amicalement avec vous

Jean-Jacques

mardi 28 mai 2013

(Hu) Schönes Wetter!

On me dit: “Quel temps!” 
- et je commente: “c'est pas tant le temps que le temps depuis lequel on a ce temps qui me tend...”

vendredi 17 mai 2013

(Vu, FA, SB) Pentecôte pour les nuls


Pentecôte pour les nuls

La fête de Pentecôte célèbre le jour où le “Saint Esprit” a été donné aux apôtres, les disciples de Jésus qui ont ensuite apporté sa parole dans le monde connu de l’époque.

Le livre des Actes des Apôtres décrit cet événement (Actes 2, 1-13). Il le situe le 50 ème jour après Pâques (la résurrection de Jésus).

La religion juive connaissait déjà la fête de la Pâque (sans “s”) et celle de Pentecôte, 50 jours après.

-La première célébrait la sortie d’Egypte: des esclaves, menés par Moïse, s’étaient enfuis du pays où ils étaient opprimés, avec l’aide de Dieu, dont ils découvrent alors la dimension libératrice.

-La seconde était une fête des récoltes, principalement des moissons. On y remerciait Dieu pour la nourriture qu’il permettait d’obtenir du sol (un sol souvent sec, pas toujours très fertile).

Le parallèle entre la Pâque et la résurrection de Jésus est facile à faire: Dieu montre les deux fois son projet de liberté, de vie et de joie pour chacun.

La Pentecôte chrétienne se réfère peut-être aux paroles de Jésus: “La moisson est grande, et il y a peu d’ouvriers”, qui évoquent de manière imagée l’importance d’annoncer la bonne nouvelle de l’amour passionné de Dieu au plus grand nombre de personnes possible.








Le “Saint Esprit”

Qu’est-ce que c’est? Beaucoup de croyants sont peu au clair à ce sujet, confondant le “Saint Esprit” avec une force magique, ou surhumaine.

Dans l’Ancien Testament, on parle parfois de l’Esprit de Dieu dans ce sens. “Être saisi par l’Esprit” peut signifier entrer en transes, ou être agité par des mouvements désordonnés incompréhensibles rationnellement.

Le Nouveau Testament garde dans certaines circonstances ce sens-là. Et on voit, dans le christianisme primitif, se développer des cultes de type “charismatique” (= où l’on se complaît dans des agitations ou des transes de toutes sortes, qu’on attribue à Dieu): guérisons; danses extatiques; paroles enflammées; et “parler en langues”, c’est-à-dire transes verbales (on parle de manière anarchique, ce ne sont plus des mots connus, mais des syllabes en liberté, dans n’importe quel ordre). Des études scientifiques ont été menées à ce sujet, et on n’a jamais pu montrer un sens objectif à ce “parler en langues” (des personnes prétendent pouvoir les interpréter, mais trois interprétations du même discours enregistré donneront trois résultats tout à fait différents...), ni une efficacité mesurable à ces guérisons en-dehors d’un effet “placebo” évident.

Mais le plus souvent, le Nouveau Testament donne une autre valeur au “Saint Esprit”. Chaque fois que Jésus en parle, il rejoint cette deuxième dimension: une force intérieure, spirituelle (le mot spirituel vient d’ailleurs d’esprit), liée à la relation avec Dieu. Le rôle du “Saint Esprit”  est de:
- relier à Dieu;
- rappeler la vie et les paroles de Jésus;
-stimuler notre engagement dans la mission chrétienne;
-donner davantage de courage, de sérénité et de forces intérieures face aux tâches que Dieu nous confie ou face aux difficultés (comme les persécutions);

- rassembler les croyants, les relier les uns aux autres, les rendre solidaires, mais également faire de ces personnes imparfaites des éléments d'un ensemble harmonieux: le peuple de Dieu, ses bien-aimés;
- en bref, donner de la joie, du pep, de l’enthousiasme! Et je rappelle que ce dernier mot signifie en grec “avoir Dieu en soi”!




(Li, Po) Prière de deuil

Prière de deuil  


Tu es resté muet
Devant notre misère,
Tu n’as pas disserté,
Tu n’as su que te taire.

 Seigneur, source de la vie,
Toi qui guéris, toi qui consoles,
Ouvre nos coeurs à ta parole
Quand en nous la pauvreté crie.

Dieu qui donne la paix,
Tu portes dans ton corps
Nos épines incrustées
Et nos peurs de la mort.

Dieu, toi qui nous donnes tout,
Jusqu’à te livrer toi-même,
Jusqu’à ton sang, versé pour nous,
Tu es là, proche dans nos peines,
Et nous savons que tu nous aimes.
Merci, Seigneur! Amen

dimanche 12 mai 2013

(Li, Po) Envoi

        

        
        Dieu ne veut plus être sage:
        Il souffle en nous, par son Esprit,
        Bouleversant nos paysages
        Pour nous donner un goût de vie !
        Dieu ne veut plus être en cage
        Dans nos espoirs par trop petits,
        Il nous appelle à vivre large
        L’aventure de sa folie !

        Et nous allons, avec lui, dans une paix joyeuse et forte.
        Il nous bénit, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.  Amen.

mercredi 24 avril 2013

(Hu, Li, Pr, Vu) 2 lapins - et 12 hommes en colère, sketch

Culte du 17.4.2011 - Rameaux
Accueil

Bonjour!
C’est comme une fois, y a une conductrice de 2 CV qui se fait emboutir par l’arrière. Furieuse, elle sort de sa 2 lapins; c’est un gros 4x4 qui l’a pliée. Elle s’énerve après le fautif: “‘Pouviez pas faire attention? Vous rouliez beaucoup trop près! Regardez, l’autocollant sur ma vitre arrière: il dit: “Si vous arrivez à me lire, c’est que vous êtes trop près!!”
- Justement, fait le gars: j’essayais de voir ce qui est marqué dessus!

C’est ainsi que certaines choses font l’effet contraire de ce qu’on attendait. Tenez, c’est parfois vrai pour nos grandes affirmations de foi chrétienne: on y met plein de certitudes, de dorures et d’alléluias... et on fait fuir celles et ceux qui se posent des questions.

Pour parler de la grandeur de Dieu, on l’a trop présenté comme un magicien, qui, à chaque problème, sortirait de son chapeau un lapin (ou: 2 lapins, Catherine!) et résoudrait tout...

Le Dieu dont nous parlons au catéchisme est bien différent. Il ressemble davantage à une 2CV qu’à un 4x4. Fragile, proche des plus petits...

C’est lui qui nous accueille, ce matin, il est heureux de nous rencontrer, toutes et tous, quelle que soit notre position face à lui.

Bienvenue aux 23 catéchumènes, et à leurs familles. Bienvenue aux catéchètes et aux responsables de la paroisse qui les entourent. Bienvenue aux amateurs de 2CV, et aux fans de 4x4! Bienvenue aux amatrices de chevaux tout court, il y en a beaucoup dans cette volée! Bienvenue à nos musiciens: Jean-Pierre Hartmann à l’orgue, Anouk Mottaz à la flûte et Alain Chaubert à la flûte et à la guitare.

Nous allons maintenant prier pour saluer la présence de Dieu. Après la prière, nous chanterons sans autre indication le cantique 404 "Jésus, c'est toi", les 2 strophes (sur votre feuille). Je vous invite à vous lever.

Dieu de liberté, tu ne t’imposes jamais. Tu respectes nos choix, même au prix de la vie de Jésus. Aide-nous à grandir dans ce respect, pour nous et pour les autres, au nom du Christ. Amen.

Photo P-E Schwitzguebel
Intro aux lectures
Un des meilleurs moments de ce caté a sûrement été la lecture de la pièce «12 hommes en colère», à La Chaux.
Pour rester dans le même registre, je vous propose ce matin le procès d'un métèque, franchisseur de frontières clandestin: Jesus de Nazarez* Ben Youssef. Vous pouvez jouer à essayer de reconnaître les personnages!
Ecoutons ce que les évangiles en disent.
Merci à Marc-André Leuenberger de nous conduire dans ces lectures.
(J’enlève la robe)

* prononcé à l’espagnole: Ressous

Matthieu 26, 59-66; Luc 23, 1-11; Luc 23, 50-53

JPB: La cour en a terminé avec l'exposé des faits et les plaidoiries. Maintenant, MM. les jurés, c'est à vous de délibérer.

(Les jurés entrent et déambulent. Quelques secondes de silence)

AC: Un chewing-gum, ça vous dit?

JJ: Non merci, j'ai arrêté...

MAL: Ah, c'est bien! C'est comme mon petit-fils de 2 ans: l'autre jour, je veux lui donner sa lolette, et vous savez ce qu'il me dit: "Non merci, j'ai arrêté!"

JJ: Bon, mais nous, il faudrait commencer, avant d'arrêter!

LPH: C'est ça, commençons! On n'a pas que ça à faire! À 5 heures, y a le match de Federer à la TV!

JJ: OK, asseyons-nous. Juré 1, André Rod (LPLH s'assied). Juré 2, Bertrand Prêtre (AC s'assied). Juré 3, Joseph-Henri Mathez (MAL s'assied). Juré 4, moi-même, Pierre-Pons Pilet, (s'assied, puis se relève) un instant, je vais me laver les mains.

LPH: Bon, on y va, on le condamne?

AC: Nous sommes tous d'accord qu'il est coupable.

LPH: Et comment! Une racaille pareille, ça ne mérite pas de vivre. Juste bon à écraser. Un cancrelat!

JJ: Ces gens-là sont des primitifs. Ils ne comprennent que le langage de la violence. Nous devons donc être inflexibles.

MAL: Excusez-moi, mais je souhaiterais que nous parlions un peu de ce qu'il a fait. Je ne suis pas convaincu à 100 % qu'il soit coupable.

JJ: Mais c'est clair comme la lune! Vous avez entendu tous ces témoins qui l'accusent...

LPH: Il a pris la tête d'un groupe armé révolutionnaire, pour renverser le gouvernement!

AC: Il a dit qu'il détruirait le Temple!

JJ: C'est un agitateur dangereux! Un forcené du trouble public! (se relève) Excusez-moi, je vais me laver les mains.

MAL: D'accord. Mais ces accusations, quelles preuves avons-nous qu'elles soient fondées? J'ai quand-même peur d'exécuter un innocent.

LPH: Quoi? Mais vous êtes sourd, et aveugle, mon vieux! Tous ces gens qui sont venus nous parler! Qu'il voulait prendre la place du roi! Vous avez du fumier dans les portugaises, ou quoi?

JJ: Allons, juré Andr'Hérode! Calmez-vous! C'est vous qui êtes le roi des ...

LPH: Môssieur Pierre-Pons Pilatt, vous, vous êtes un minable! Toujours à vous laver les mains pour être politiquement correct!

AC: Ecoutez, vous deux! Tâchez d'oublier un moment vos rognes! Nous sommes là pour le même but: liquider ce gaillard... euh, je veux dire, liquider ce procès vite fait sur le gaz!

LPH: Comment il s'appelle, déjà, ce type? Il a un nom étranger...

JJ: Jesus (prononcé à l'espagnole)

LPH: Quoi? Rhésus? Il est facteur?

JJ: Négatif, il est guérisseur!

MAL: Peut-on dire exactement ce qu'on lui reproche?

JJ: Mais on l'a dit 1000 fois: il est entré dans la capitale à la tête d'une armée de partisans, des maquisards. Tous ces gens criaient devant lui: "C'est notre roi! Vive notre nouveau roi! À bas l'ancien!"

LPH: Mais qu'on le pende!

JJ: L'ancien roi?

LPLH (se lève, furieux): Mais tu es bête ou tu me cherches?

MAL (le retient): Messieurs, Messieurs, calmez-vous!

JJ: Ils criaient aussi: "C'est lui, notre grand-prêtre! Vive notre nouveau grand-prêtre! À bas l'ancien!"

AC:  Mais qu'on le pende! (à JJ) Et toi, si tu oses ironiser... !!

JJ: Môssieur Bertrand Prêtre, tu as beau être grand, mais tu n'es pas plus beau que nous!

MAL: Messieurs, mais calmez-vous! Vos accusations me semblent partir dans tous les sens... Comme les témoins qui sont venus à la barre, d'ailleurs. J'avais le sentiment que beaucoup se contredisaient entre eux.

JJ: Ecoutez, Joseph-Harry Mathez, vous nous devenez très suspect, à prendre constamment la défense de cet ennemi du peuple!

LPH: Ouais qu'on le pende aussi!

MAL: Euh... Mais je ne prends pas sa défense... J'avais juste le souci de ne pas commettre une injustice. Ces témoins excités et avinés me troublent... euh, me troublaient... Je ne suis pas entièrement sûr que tout ce qu'ils disaient est vrai... Et je suppose que...

JJ: "Je suppose, je suppose!" Mais on ne peut rien faire, avec un suppositoire pareil!

LPH: Alors, Joseph-Darry Mathez, qu'est-ce qu'on fait, maintenant? Tu doutes toujours? Ou tu te rallies à la majorité?

JJ: On vote? Rappelez-vous: nous décidons à scrutin secret. Et nous devons être unanimes. S'il y a un seul billet disant non-coupable, nous sommes bons pour tout recommencer!

MAL: Euh... d'accord, on vote.

(JJ mime: distribuer des billets, les reprendre et dépouiller)

JJ: Résultats du vote: coupable, deux voix. Abstentions, deux.

LPH: Mais? À part Joseph-Darry Mathez, qui s'est abstenu?

JJ: Euh, c'est moi, messieurs. Vous pouvez bien l'exécuter, mais je...

AC: Ouais, ouais, tu t'en laves les mains, comme d'habitude!

      (les 4 jurés sortent en silence). Interlude à l'orgue

                                                

JJ: (en robe, au lutrin) Eh oui, toutes les histoires d'hommes en colère ne finissent pas bien. Le plus souvent, la violence l'emporte. Dieu a pris un risque énorme, avec les humains. Le risque de nous voir nous détruire les uns les autres.

Alors, pour nous aider à maîtriser nos agressivités, il a plongé Jésus dans la tempête de nos haines. De nos égoïsmes. De nos peurs. De nos envies de tuer...

Jésus, c'est le signe de ce risque que Dieu prend avec nous. On peut dire qu'il l'a sacrifié: pour nous aider à comprendre jusqu'où peut nous mener notre violence.

(silence, ~ 3-4 secondes)

MAL: Excusez-moi, mais j'ai encore une chose à dire. Vous savez que j'ai prêté mon tombeau pour ce Jésus. Eh bien, je ne l'ai pas prêté très longtemps...

LPH: Quoi? Tu l'as déjà ressorti de ton caveau? Oula, Joseph-Darry Mathez, ta générosité aura été bien passagère!

MAL: Pas du tout. Je ne l'ai pas touché. Mais dimanche, deux jours après son exécution, la tombe était... vide. Vide, vous entendez? Je n'ai aucune idée de ce qui s'est passé. Ce n'est pas moi, je n'ai rien fait, je vous le jure!

JJ: N'ayez pas peur. Ça aussi, c'est un signe de Dieu. Un message! Il nous assure, par cet épisode incompréhensible, il nous promet que jamais la violence n'aura le dernier mot. Nos haines, nos guerres, si destructrices soient-elles, si énormes, eh bien, la paix de Dieu sera toujours plus grande. Plus forte!

La création n'est pas finie: elle est encore boîteuse, mal fichue. Mais un jour, je le crois, c'est mon espérance: un jour, Dieu achèvera ce qu'il a commencé.

Alors, la paix règnera, parfaite.


 Cantique 56/07: 3-7 "Au dernier jour du grand retour, l'amour de Dieu triomphera..." 



Intro aux billets
Avec les catéchumènes, nous avons fait le point sur ce qu’ils croient, sur leurs questions et leurs doutes. Individuellement et en groupe, ils y ont réfléchi. Leurs réponses, ils les ont inscrites sur un bout de papier, qu’ils ont choisi de brûler ce matin. Signe que leurs positions sont éphémères, bien sûr. Et aussi qu’elles appartiennent à leur intimité, et qu’elles resteront entre eux et Dieu.

À l’appel de son nom, chaque catéchumène s’avancera pour offrir symboliquement sa réponse à Dieu. Puis il (elle) recevra le verset que son pasteur ou sa diacre a choisi pour lui (elle).

J’invite maintenant à s’approcher NN...


Un mot bref à propos du petit livre que vous venez de recevoir
Il y a des quantités d’expressions de notre langage courant qui viennent de la Bible. Et souvent, on ne s’en doute pas. Le petit livre, que la paroisse vous offre, en développe toute une série, en expliquant d’où ils viennent. Vous trouverez par exemple le fameux “s’en laver les mains” de Ponce Pilate, que nous avons joué tout-à-l’heure. Alors, à vous catéchumènes, et peut-être à vos familles... Bonne lecture!


Bénédiction des catéchumènes (j’invite l’assemblée à se lever)
Chers catéchumènes,
Vous le savez, Dieu vous aime tous de la même manière. Avec la même passion!
Pour lui, il n’y a pas de mauvais cheval. Il y a des poneys et des purs-sangs, il y a des montures pour le saut ou pour la course... Il y a des trotteurs et des chevaux de manège pour les enfants...
Juste une chose quand même: pour lui, pour Dieu, il n’y a pas de monture de dressage. Il tient trop à notre liberté!
Chacun(e) de vous, Dieu vous bénit. Vous êtes son trésor le plus précieux. Que sa tendresse vous accompagne toujours, au long de votre vie; au nom de Jésus. Amen!

--> Rock my soul (traduire) Mon âme se repose, se balance dans le sein d’Abraham... Si haut, si bas, si large que rien ne peut aller plus loin!




Bénédiction finale
Le bonheur n’est pas un lieu où l’on se rend. C’est une manière de voyager!
Sur ces chemins-là, Dieu marche à côté de nous. Si près que souvent on ne le remarque pas. Si discret qu’il comprend très bien que nous doutions de son existence!
Toujours, il nous bénit, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen

lundi 22 avril 2013

(Hu, Po, Li) Le caté quand on a ...

Le caté quand on a ...

Le caté quand on a 7 ans, on n’y pense pas, c’est pour dans si longtemps!

Le caté quand on a 10 ans, c’est pour les grands! On y pense, parfois un peu inquiet, parfois en se réjouissant (d’être grand!).

Le caté quand on a 11 ans, c’est pour bientôt! Quelle barbe, ça va être emm... bêtant!

Le caté quand on a 12 ans, on est en plein dedans. Des fois ça rigole, on fait les chenapans. Des fois ça désole, on s’ennuie abondamment!

Le caté quand on a 14 ans, on peut choisir: Noël, un jour, un camp. On ne veut pas toujours l’avouer, mais c’est intéressant!

Le caté quand on a 15 ans, c’est bientôt la fin, vivement! La photo, les cadeaux, la fête... ça fera plaisir à Grand-Maman!  - Et Dieu, mon vieux? La réponse, ça dépend, si on parle au pasteur, ou aux copains, ou aux parents...

Le caté quand on a 16 ans, c’est fini, depuis longtemps! Oublié, la page est tournée, on n’est plus des enfants!

                              *                                       *

Le caté, quand on a 40 ans: ah mes amis! Mais c’était le BON VIEUX TEMPS!

Jean-Jacques Corbaz, ancien catéchumène

samedi 13 avril 2013

(Li, Hu) Trop près


C’est comme une fois, y a une conductrice de 2 CV qui se fait emboutir par l’arrière. Furieuse, elle sort de sa 2 lapins; c’est un gros 4x4 qui l’a pliée. Elle s’énerve après le fautif: “‘Pouviez pas faire attention? Vous rouliez beaucoup trop près! Regardez, l’autocollant sur ma vitre arrière: il dit: “Si vous arrivez à me lire, c’est que vous êtes trop près!!”
Justement, fait le gars: j’essayais de voir ce qui est marqué dessus!

C’est ainsi que certaines choses font l’effet contraire de ce qu’on attendait. Tenez, c’est parfois vrai pour nos grandes affirmations de foi chrétienne: on y met plein de certitudes, de dorures et d’alléluias... et on fait fuir celles et ceux qui se posent des questions.

Pour parler de la grandeur de Dieu, on l’a trop présenté comme un magicien, qui, à chaque problème, sortirait de son chapeau un lapin (ou: 2 lapins!) et résoudrait tout...

Le Dieu dont nous parle l'évangile est bien différent.
Il ressemble davantage à une 2 CV qu’à un 4x4. Fragile, proche des plus petits...

À trop chercher du merveilleux, surnaturel et poudre aux yeux, nous passons à côté de lui sans le voir!

dimanche 7 avril 2013

(Ci) La prière

La prière ne rapproche pas Dieu de nous, mais elle nous rapproche de Dieu!

(Po, Li) Le monde est beau

Adeste

Venez, le monde est beau,
Venez ouvrir la danse,
Sortez de vos tombeaux,
Vivez!
C’est le jour de votre naissance.

Pâques chante comme au premier matin du printemps,
Dieu n’est plus prisonnier de nos idées abstraites,
Dieu, c’est l’amour en liberté,
Qui invite à la fête.

Venez! Dieu nous attend.
C’est le bal de la joie de vivre,
Jésus-Christ n’est plus dans les livres,
Il nous rejoint, vivant,
Au milieu des vivants.

Jean-Jacques Corbaz (d’après J. Debruyne)