Pour vous y retrouver

Bonjour! Bienvenue sur ces pages, que j'ai plaisir à ouvrir pour vous!
Vous trouverez sur ce blog différentes sortes de contributions:
- annonce (An),
- billet (Bi),
- citation (Ci),
- confession de foi (CF),
- conte (Co),
- formation d'adultes (FA),
- humour (Hu),
- image (Im),
- liturgie (Li),
- poésie (Po),
- prédication (Pr),
- réflexion (Ré),
- sciences bibliques (SB),
- vulgarisation (Vu).
Bonne balade entre les mots!

Ces œuvres sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

Ce blog fait partie d'un réseau de sites réformés "réseau-protestant.ch" qui vise à coordonner et rendre visibles et lisibles les publications web de la galaxie du protestantisme de Suisse romande. Voir sur ce blog la page https://textesdejjcorbaz.blogspot.com/p/blog-page.html>.

jeudi 14 mai 2026

(FA, Vu, SB) L’Ascension, ou l’éclipse de Dieu

Rembrandt [1606-1669] : L’Ascension du Christ [1636]


Les disciples de Jésus prétendaient avoir fait une expérience inouïe : ils auraient renoué avec leur maître par-delà sa mort. Peu importe ici la réalité de ce fait. L’important est qu’ils y ont cru et qu’ils ont voulu annoncer cette «heureuse nouvelle» [εὐαγγέλιον (euangélion) = «évangile»] au monde entier. Et ça a marché !
Mais comment dire l’indicible ? Comment faire entendre l’inaudible ? Le langage ordinaire se révèle impuissant devant cette «présence autre» du maître. Les chrétiens ont donc opté pour des registres de langage, que nous appelons aujourd’hui mythologiques, qui pouvaient être assez familiers de leurs contemporains.
Le premier registre est celui du réveil. Dans le Nouveau Testament, il y a pléthore de formules qui évoquent l’idée de réveil ou de lever. Mort et enterré, Jésus a été «réveillé» [ἐγείρω (égeïrô)] ou «se met debout» [ἀνίστημι (anistèmi)]. On traduit habituellement ces verbes par «ressusciter»*.
Mais cette image du «réveil»/«lever» risquait d’être mal interprétée, dans la mesure où elle pouvait faire penser à la réanimation d’un cadavre. D’où le recours à :
Un second registre, moins utilisé mais tout aussi important : celui de la montée au ciel. Cette fois, il ne s’agit plus d’un mort qui se réveille et se lève mais du Seigneur, élevé [ἐπαίρω (épaïrô)] au ciel; exalté [ὑψόω (hupsoô)] par Dieu dans la gloire**.
Une scène de ce genre inaugure le livre des Actes des Apôtres [il relate les premiers temps de l’Église] : quarante jours après Pâques***, le Ressuscité est élevé au ciel [1, 9]. Mais, si on le lit attentivement, ce passage ne raconte pas vraiment une «performance ascensionnelle». L’essentiel réside dans le fait que le Seigneur se trouve désormais «soustrait»**** aux yeux des disciples. Le message central semble bien être celui-ci : Dieu s’éclipse pour laisser place à l’Histoire : «Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?» [1, 11].
 
* ἐγείρω [égeïrô] : Mt 10, 8 ; Jn 5, 21 ; etc. ; ἀνίστημι [anistèmi] : Jn 6, 39 ; Ac 2, 24, etc.
** ce thème était connu de l’Ancien Testament : on raconte que le prophète Élie avait été enlevé au ciel par Dieu [deuxième livre des Rois 2, 1]. D’autre part, cette image pouvait être aussi comprise par un «païen». Par exemple, selon Tite Live [Histoire romaine I, 16], le roi Romulus disparaît au regard de ses soldats au cours d’un violent orage.
*** dans l’évangile selon Luc, l’Ascension a lieu juste après Pâques [Luc 24, 51]. Cette contradiction embarrassa certains copistes.
**** verbe assez violent : ὑπολαμβάνω [hupolambanô] = littéralement, «saisir» [λαμβάνω (lambanô)] pour mettre «dessous» [ὑπό (hupo)].

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire