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mercredi 23 septembre 2026

(Ci, Bi) Le monde est infecté de faux dieux

 

Le monde est encore tout infecté de ces faux dieux, c’est-à-dire de ces fausses représentations de Dieu qui sont uniquement le fait de l’homme et le monde ne cesse de concevoir la grandeur comme une domination.
 
Dominer, écraser, avoir des inférieurs, commander, employer le mode impératif, avoir des courtisans et des thuriféraires, être loué, considéré comme celui qui est en haut par ceux qui sont en bas, c’est la vision de la grandeur humaine, c’est la vision mortelle, absurde, irréalisable qui aboutit toujours finalement à l’esclavage du despote et à l’avilissement des esclaves.
 
Jésus nous introduit dans un nouveau monde qui est un monde de générosité où la seule grandeur est de se donner. Le plus grand, c’est celui qui se donne le plus et Dieu est au sommet de la grandeur parce qu’il est uniquement celui qui se donne.
 
Père Maurice Zundel
 

dimanche 20 septembre 2026

(FA, SB, Vu) Galates

 


A la fin des années 50 de notre ère, l’Apôtre Paul envoya une lettre à la communauté chrétienne parmi les Γαλάται* [Galataï]. La toute jeune Église était troublée par l’action de mystérieux prédicateurs qui remettaient en cause la légitimité de Paul, ce qui le fit réagir avec la plus grande vigueur**.

Or, si j’en crois le Bailly, le premier sens du substantif οἱ Γαλάτai [hoï Galataï] était «les Gaulois» ! Certes, le terme signifiait aussi «les Galates», au sens strict, qui désignait une population celtophone vivant totalement isolée des autres Celtes, au beau milieu de l’Asie Mineure***.

Mais que faisaient-ils donc là ?

Les Galates seraient issus de trois tribus parties de Gaule au III° s. avant J.-C. Après avoir écumé et pillé la Grèce, ils furent contraints de se fixer en Anatolie, où ils constituèrent le royaume de Γαλατία [Galatia]. Léguée aux Romains en 25 avant J.-C. par son dernier souverain, la Γαλατία devint la province de Gălătĭa [= Galatie]****.

L’Épître aux Galates est donc, en quelque sorte, l’Épître aux Gaulois…

 

* il va de soi que, quand nos bibles titrent «aux Corinthiens», «aux Éphésiens», «aux Romains», etc., les lettres s’adressaient aux seuls chrétiens de Corinthe, d’Éphèse, de Rome...
 
** il n’hésita pas à insulter ses correspondants : «Ὦ ἀνόητοι Γαλάται» [Ô anoètoï Galataï] = «Galates imbéciles !» [3, 1]. 
 
*** voir la carte ci-dessus
 
**** à laquelle furent adjoints d’autres peuples. Ce qui fait que les spécialistes distinguent une Galatie originelle et une Galatie romaine. Les exégètes discutent pour savoir qui sont exactement les «Galates» auxquels Paul s’adresse. Je n’oserai pas prendre ici position.
 
 
 
P.S. Le club de football stambouliote nommé "Galatasaray" a probablement la même origine. (JJC)
 

lundi 14 septembre 2026

(Li, Po) Dieu ne veut plus être sage


Dieu ne veut plus être sage
Il souffle en nous par son Esprit
Bouleversant nos paysages
Pour nous donner un goût de vie !

Dieu ne veut plus être en cage
Dans nos espoirs par trop petits,
Il nous appelle à vivre large
L’aventure de sa folie !


Jean-Jacques Corbaz 
    

(Pr) La multiplication des pains, possible? du vent? "gonflé"!

Lecture: Matthieu 14, 13-21


Multiplier les pains, et la nourriture? Ah, ce serait le rêve! Si seulement Jésus revenait aujourd’hui, il pourrait nourrir tous les affamés du Tiers et du Quart Monde. Mieux même: il devrait multiplier l’argent. Ce serait génial!

Un jour, un petit malin a réussi à multiplier l’argent. Il a publié une annonce qui disait: «Si vous versez 1’000.- sur mon compte, je vous enverrai la recette infaillible pour devenir millionnaire en quelques semaines». Et à ceux qui versaient la somme demandée, il envoyait son truc. Vous le voulez? Gratis? Son truc, il l’exprimait en trois mots: «Faites comme moi»!


Bon, cessons de fantasmer. Vous savez, les miracles servent en fait à illustrer les paroles et la vie de Jésus. Un peu comme les images dans un journal aujourd’hui. Et puis, on a découvert qu’il y a des miracles dans toutes les religions.

Je vous recommande donc de ne pas vous arrêter à l’histoire au premier degré qui nous est racontée. Ni pour en voir le compte-rendu historique d’un acte magique. Ni pour se bloquer, à l’opposé, en disant «Mais ce n’est pas possible que ça se soit passé ainsi». Les miracles sont des illustrations de quelque chose de beaucoup plus profond et important.

J’aime ce proverbe qui dit: «Quand on montre la lune du doigt, le benêt regarde le doigt». Le miracle, c’est donc un doigt qui montre le sens que prend la vie de Jésus dans l’évangile. Ne restons pas braqués sur le doigt, nous ne pourrons pas voir ce qu’il nous désigne!

Si vous avez besoin de vous demander si ça s’est réellement passé, cette histoire de la multiplication des pains, alors, faites-le. Mais ce n’est pas là l’important.

L’important? Qu’est-ce que montre le doigt, ici? Écoutez: notre récit commence par 
«Quand Jésus entendit cette nouvelle». Quelle est l’information qui va déterminer toute notre histoire? Eh bien, c’est le fait que Jean Baptiste (l’ancien maître de Jésus, son précurseur) a été cruellement assassiné par le roi Hérode.

Le Christ veut alors s’isoler pour digérer l’évènement. Sans doute pressent-il que cette mort violente annonce la sienne. Il se rend compte... que le sien est bon (de compte!). D’ailleurs, de nombreux signes insistent sur les oppositions qu’il rencontre, sur les juifs qui complotent sa mort...

Mais les foules poursuivent Jésus. Impossible pour lui d’être seul. Ces gens ont tant besoin de guérison et de consolations. L’évangile souligne par trois fois que Christ est ému, touché par leur détresse. Alors, il cède, et reste avec eux dans cet endroit retiré. Personne ne voit le temps passer... Et le soir, quand tous les magasins sont fermés (euh, cherchez l’anachronisme!), le soir, il n’y a que 5 pains et 2 poissons pour ces milliers de personnes.

Pourtant, tous seront nourris. En abondance! Jésus répond, nous dit ce miracle, Jésus répond aux menaces de mort et aux détresses du petit peuple en multipliant la nourriture. Signe de consolation et de sécurité. Comme pour nous dire: 
«Vous voyez? Quand les difficultés, quand les obstacles s’additionnent, eh bien les pains se multiplient! Quand plus rien ne semble marcher, alors Dieu se révèle beaucoup plus présent, bien plus proche qu’on ne l’imaginait.»

Aujourd’hui, nous sommes pareils aux disciples de Jésus: bien conscients des détresses de cette terre, mais si peu puissants. Nous voudrions nourrir les affamés. Mais nous avons si peu à partager...

Vous avez remarqué? Jésus non plus, n’a rien! Mais rien de chez rien! Pour que le miracle ait lieu, il faut la rencontre de: nos pains mille fois trop petits - avec les mains vides du Christ! Il faut que nous reconnaissions nos insuffisances, que nous n’imaginions pas pouvoir sauver l’humanité avec nos seules forces; et il faut aussi que nous remettions entre les mains de Jésus ces bribes de nourriture. Ces bribes qui, ainsi, deviendront surabondance!

Quand les obstacles s’additionnent, les pains se multiplient. Face à la haine qui grandit contre lui, Christ a besoin de nos bouts de pain pour créer le festin! Sans nous, il n’est rien; sans notre foi, sans nos aveux d’impuissance. Comme nous ne sommes rien sans lui.

C’est vraiment multiplier trois fois rien avec du vent. Et pourtant ça rassasie 5’000 familles. Ça marche!

Moi, je ne sais pas faire de miracle sur commande. Mais je vais quand même vous montrer un truc étonnant, pour illustrer cette étrange multiplication. Dans cette petite enveloppe, il y a un objet; pas gros du tout, vous pensez bien! Pourtant, je vais le faire grossir plus de mille fois en quelques secondes. Regardez... (je sors un ballon de baudruche et le gonfle). C’est ce que Jésus a fait, et ce qu’il nous demande de faire... Ce n’est pas du vent!



Face aux menaces, quand la peur grandit, Dieu veut se montrer tout proche; pour nous aider à rester calmes et agissants, sans panique ni découragement. Il nous souffle (oui, souffle!) à l’oreille: «N’aie pas peur, je suis là. Aide-toi, et le Ciel t’aidera!»

Si nous savons ouvrir notre vie à son souffle, nous avancerons fort, comme un voilier qui tend sa toile à une puissance qu’il ne voit pas.

Et si nous parvenons à ouvrir nos insuffisances au souffle de son Esprit, il pourra multiplier nos trois fois rien, nos sourires, nos amitiés, nos présences consolantes, nos regards bienveillants; nos couleurs qui chantent la gaieté. De quoi faire du bien à des foules de gens! 

Prions donc pour les personnes atteintes dans leur santé ou dans leur moral; celles qui souffrent d’injustices ou de mépris. Qu’elles puissent recevoir la force de se redresser au soleil de l’amour de Dieu. Et prions pour nous-mêmes, que nous sachions être illuminés par la tendresse infinie du Christ, pour notre salut et pour celui de celles et ceux qui nous entourent.

C’est ce que vivent bien des personnes engagées dans nos Églises, ministres ou laïcs. Et c’est ce que chacun.e de vous peut essayer de réaliser. Vous me trouvez gonflé? Vous pouvez finir cette prédication en gonflant, vous aussi, chacun.e, un ballon coloré pour dire que vous commencez à tendre vos voiles au souffle de Dieu, qui multiplie nos modestes forces!


Amen

Jean-Jacques Corbaz 

(Li, Hu) Accueil - Si je vous traite de…

Bonjour, et merci d’être venus vivre ce culte !

 

L’histoire se passe lors d’un match de tennis. Après un point litigieux, le joueur John McEnroe dit à l'arbitre :

- Si je vous traite de c**, j'ai une amende ?

- Oui.

- Et si je ne vous le dis pas mais que je le pense très fort ?

- Dans ce cas, non.

- Alors sachez que je le pense très fort !

 

Eh bien, chers paroissien.ne.s, chers ami.e.s, vous le savez : Dieu ne va pas nous traiter de tous les noms déplaisants qui vous passent par l’esprit ! Il ne nous traite que d’une seule manière : en nous disant que nous sommes ses bienaimés, passionnément. Il le dit, et il le pense très fort aussi !

Bienvenue auprès de lui, quoi qu’il en soit !


 

Jean-Jacques Corbaz, février 2026