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samedi 28 février 2015

(Ci) amour pour la paix

« Tout acte d’amour est une oeuvre de paix. Sa grandeur ou sa petitesse importe peu »  
Mère Thérésa

 

dimanche 22 février 2015

(Pr, SB, Vu) Dieu n'est pas juste, prédication du 22 février 2015

Prédication du 22 février 2015, 1er dimanche de la Passion

« La souffrance et l'injustice dans le livre de Job » 
 

Lectures:  Job 9, 14-24; Job 27, 1-6; Jean 9, 1-7



Je vous propose ce matin d’essayer de comprendre quelques éléments du livre de Job. Un livre difficile, qui se coltine avec la question douloureuse de la souffrance et de l'injustice, et de Dieu là au milieu. Nous en entendrons tout-à-l’heure deux passages.

Et, puisque nous ne pouvons pas lire les 42 chapitres de ce livre, permettez que je vous en rappelle les grandes lignes. Il s’agit d’un conte oriental, adapté par le judaïsme, pour méditer la question du mal dans le monde.

Job est un homme riche. Immensément riche. Honnête et bon, aussi. Un juste, à qui tout réussit. Il est sans reproches devant Dieu.

Mais tout à coup, sur l’instigation de Satan (l’Esprit du mal), tous les malheurs possibles tombent sur Job. Ses troupeaux et ses employés sont massacrés par des brigands. Ses 7 fils et ses 3 filles sont tués par un ouragan. Puis il est ruiné. Et enfin il tombe gravement malade.

Pourtant, Job refuse de maudire Dieu, il ne veut en aucun cas l’offenser.

Surviennent alors trois amis, qui viennent lui dire leur sympathie et le réconforter. La Bible raconte qu’ils restent auprès de Job 7 jours et 7 nuits sans parler, tant sa souffrance leur paraît grande.

Job alors se plaint de ses malheurs. Et ses amis se mettent à chercher les causes de ce qui est arrivé. En effet, on croyait à cette époque que tous les malheurs étaient envoyés par Dieu!

“Tu es puni parce que tu as péché”, lui dit-on. “Mais non, répond Job, je n’ai rien fait de mal”.

“Alors, tu as péché sans le savoir, ou bien ce sont tes enfants. Il n’y a pas de fumée sans feu!”. “Mais non, répond Job, je suis sûr que non”. Ecoutons sa réponse, au chapitre 9: Job 9, 14-24.

Etonnante actualité!

La discussion continue. Les amis continuent de faire valoir mille arguments, cela sans jamais remettre en question leur point de départ, qui est: Dieu a forcément de bonnes raisons de te punir.

De son côté, Job reste sur ses positions. Ecoutons ce qu’il affirme au chapitre 27. Ce passage sera au centre de notre prédication: Job 27, 1-6.

À la fin, Job se tournera vers Dieu lui-même. Et, effectivement, seul Dieu parviendra à faire bouger notre héros de ses positions, en lui montrant que l’homme est trop petit, dans le monde, pour comprendre tout ce qu’il s’y passe. La notion de justice absolue nous dépasse complètement.

Tout cela, Job le reconnaît. Alors, Dieu reproche aux trois amis de ne pas avoir dit la vérité sur lui, Dieu, sur sa justice. Puis il rétablit Job dans toutes ses richesses, à double même! Il lui donne de nouveau 7 fils et 3 filles, et le comble de bénédictions jusqu’à sa mort.

Pourtant, vous le savez, cette idée que nos malheurs sont une punition pour nos péchés va subsister longtemps. Vous connaissez sans doute ce passage de l’évangile: Jean 9, 1-7.



 


(prédication)

Face à la souffrance, face à l’injustice, comment réagir? Qu’est-ce que notre foi au Christ peut dire?

L’histoire de Job va peut-être nous aider à trouver quelques éléments. Mais n’attendez pas de cette prédication des réponses parfaites et définitives, des explications pleinement satisfaisantes: il n’y en a pas, ici-bas!

(1°) Première remarque: en effet, dans l’Eglise (comme ailleurs!), on est souvent très pressé d’expliquer les choses, de trouver des causes à ce qui nous arrive, à ce qu’on vit. Comme les trois amis de Job, on court à des raisonnements qui s’avèrent boiteux, parce qu’on parle de Dieu comme on parlerait d’un être humain. Mais il est impossible d’enfermer Dieu dans notre logique, comme il est impossible d’enfermer le feu... ou l’espoir!

Dans l’Eglise (comme ailleurs!), on explique, et on explique mal, parce qu’on part d’un principe qui n’est pas vrai toujours et partout. La base de notre raisonnement est fausse, ou plutôt: elle ne discerne qu’une petite partie de la vérité. Dieu est juste? Oui, mais sa justice va se traduire comment, face à nous qui ne le sommes pas?

Premier point, donc: face à la souffrance, face à l’injustice, ne pas essayer de vouloir tout expliquer; mais accueillir; mais constater (avec respect, avec amour, sans juger), constater tout ce qui fait souffrir cette personne, là, en face de moi.

Vous vous souvenez? Les trois amis de Job sont restés sans parler pendant... vous vous souvenez? 7 jours et 7 nuits! En serions-nous capables? 7 jours et 7 nuits! Et la suite montre bien qu’ils ont encore parlé beaucoup trop tôt!

(2°) Deuxième remarque. Dans tous ces 42 chapitres, il y a une chose étonnante: toujours, les trois amis parlent de Dieu. Job, lui, parle à Dieu. Et celui-ci l’approuve.

Job crie vers Dieu son amertume, sa révolte: il ne mérite pas cela! Ne fait-il pas comme beaucoup de nos contemporains, quand ils disent: “Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour que cecicela?”

Il y a une différence, pourtant, qui est essentielle: Job ne dit pas: “Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu?” - mais il plaide: “Seigneur, tu sais bien que je suis innocent; alors, pourquoi tout ce qui m’arrive?” Job parle toujours devant Dieu, en sa présence. C’est lui qui affirme, au milieu de ces dialogues avec les trois amis, ce verset bien connu: “Je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu’à la fin il se lèvera sur la terre. Je sais que mon Rédempteur est vivant, c’est en lui que j’espère”.

Job donc ne fait pas de discours sur les raisons de Dieu, comme les trois amis. Il crie à lui. Avec confiance. Avec foi!

Second point, donc: lorsque je suis confronté à l’injustice et à la souffrance, Dieu est heureux que je crie vers lui. Que je proteste, que je questionne, que j’affirme ne pas être d’accord. Dieu m’encourage à hurler ma plainte. Si je lui dit: “Tu es un salaud”, ça vaut mille fois mieux que de renoncer.

(3°) Troisième remarque, et troisième étonnement: dans tous ces dialogues où il crie à l’injustice, Job ne perd jamais la conscience de sa valeur. Notre passage se termine par ces mots: “Je ne renie rien, je n’ai pas honte de ma vie”. Après tout ce qui lui est arrivé!

“Non, rien de rien, non je ne regrette rien: ni le bien qu’on m’a fait, ni le mal, tout ça m’est bien égal”! Oui, Job me fait penser à Edith Piaf. J’imagine que vous connaissez un peu la vie de cette chanteuse, qui s’est cassé la figure à peu près autant de fois qu’elle est tombée amoureuse!
 

 

Troisième point donc: dans le pétrin, dans la mouise, tâcher de garder confiance en notre propre valeur. Face à des victimes, face à des gens brisés par la vie, tout faire pour les aider à conserver la conscience de ce qu’ils valent de positif. Les tuiles qui les accablent n’enlèvent rien au fait qu’ils sont des humains à part entière, qui ont droit au respect, à l’équité, à la confiance. Et qui ont le droit de se respecter eux-mêmes, de se faire confiance!

(4°) J’arrive au bout. Mais il faut parler du Nouveau Testament. Car Jésus, lui, est venu nous dire, et venu vivre au milieu de nous à peu près cela, ce que le livre de Job tente de nous faire comprendre. Face à cet aveugle de naissance, les disciples, comme les amis de Job, se disent: “Il y a bien une raison. Qui a péché, pour qu’il naisse ainsi?”

Là, Jésus est très clair: son handicap ne vient ni de son péché, ni de celui de ses parents, ni de personne. Jésus n’est pas venu expliquer le mal, l’injustice et la souffrance, comme les hommes le croyaient: il est venu accueillir ceux qui souffrent, exactement comme le soulignait notre première remarque. Accueillir ceux qui souffrent avec respect, avec amour, sans jugement.

Jésus, ensuite, est venu présenter ces souffrances devant Dieu, tout à fait dans le sens de notre deuxième remarque. Ces injustices, ces révoltes, il vient les crier avec nous, pour nous, il les portera sur la croix, pour les tourner vers le Père dans un geste d’offrande! Il vient nous aider à prier, à clamer nos douleurs, à mettre Dieu dedans. Jésus n’est pas venu expliquer le mal, l’injustice et la mort; non, il est venu les remplir de la présence de Dieu!

Enfin, Jésus est venu nous dire que, dans nos catastrophes, dans l’horreur même, dans l’enfer terrestre que tant d’humains traversent, Jésus est venu nous dire que, même là, nous sommes les enfants de Dieu. Surtout là! Nous sommes enfants de Dieu, donc des gens infiniment dignes d’être aimés, des personnes d’une valeur inestimable, dans le droit fil de notre troisième remarque!

Jésus rend la vue à l’aveugle que tous accusaient, rejetaient. Il ira jusqu’à donner sa vie à notre place, pour nous prouver que Dieu nous aime à la folie, justement là, dans les souffrances les plus terribles.

Et Vendredi Saint nous ramènera au raisonnement des trois amis de Job; mais... à l’envers: car à Golgotha, Dieu n’est pas juste, mais alors pas du tout! Son amour est si grand qu’il en efface sa justice, pour ne pas nous condamner!

Il refuse que sa justice l’entraîne dans une logique de punition. Dieu n’est pas juste, il nous aime! Amen                                          

Jean-Jacques Corbaz  







lundi 16 février 2015

(Ci) aimer? utiliser?

"L'être humain est fait pour être aimé
et les biens matériels pour être utilisés.
Si le monde est à l'envers
c'est parce que les biens matériels sont aimés
et les êtres humains utilisés"


dimanche 8 février 2015

(Pr) Peur de l’islam? - Prédication du 8 février 2015

8.2.15 “Avoir peur de l’islam?” - Luc 9, 49-55, Philippiens 2, 5-11

Quand j'étais jeune pasteur (il y a près de 40 ans), je n'osais pas tellement prononcer, en chaire, le mot islam. Oh, ce n'était pas ce que vous pensez; je n'avais pas peur de créer des polémiques! Mais c'était, plus simplement, parce que beaucoup de gens ne savaient pas ce que c'était, ce mot islam! Et il fallait l'expliquer. On connaissait les musulmans (ou "mahométans", comme on disait encore). Mais l'islam... guère.

Vous voyez comme aujourd'hui, les choses ont changé. On se tape dessus à coups de minarets. On agite des burqas. Le voile sert de drapeau, ou de repli. Et surtout, l'islam fait peur. Musulman fondamentaliste rime avec terroriste, "11 septembre” avec "7 janvier”! Les mots d'arabe les plus courants ne sont plus algèbre, émir ou méchoui. Mais plutôt tchador, taliban; imam, ayatollah, djihad... Nos grands-parents y perdraient leur latin.

Première remarque, donc: les repères changent. Notre centre de gravité se déplace vers l'Orient, lequel n'a jamais été si proche!

Ce phénomène est bien sûr lié à la mondialisation. La planète est devenue un village. On change de continent plus facilement que nos ancêtres ne quittaient leur canton. Et les médias nous mettent en relation avec les événements de la terre entière. Tout ça, vous le savez.

 

Deuxième remarque, tout aussi banale: cette mondialisation nous inquiète. Nous sommes confrontés à de l'inconnu, ou à du peu connu. Nous perdons une partie de ce qui fait notre sécurité.  Alors, ça ne rate jamais: alors, nous nous replions sur nos traditions; sur notre passé. Nous sommes tentés de refuser ces fruits du monde d'aujourd'hui.

Or cela, c'est valable pour nous, Vaudois protestants; mais ça l'est aussi, ô combien, pour les musulmans. Eux aussi souffrent de sentir la société mondiale remettre en question leurs traditions. Et ils s'y agrippent d'autant plus fort! Savez-vous que, pendant la Coupe du monde de foot, certains groupes islamistes de Somalie interdisaient aux gens de regarder les matches à la TV!? Pourquoi? Parce que, disaient-ils, c'est un sport historiquement chrétien! Des hommes ont été flagellés en public, voire abattus pour avoir désobéi!

Alors voilà, chacun de son côté "monte les tours" (si j'ose dire). Et, comme toujours, moins on a d'arguments sensés, et plus on menace et rugit!

La peur est mauvaise conseillère, c'est évident. Elle risque d'ouvrir à l'intolérance, voire à la violence. Bien des gens, chez nous, rejettent les musulmans en voulant défendre nos valeurs, disent-ils. Mais nos valeurs, c'est quoi?

Quand on regarde la publicité, et les images que nous mettons sous les yeux de nos enfants, nos valeurs, c'est quoi?

Quand on pense à l'individualisme qui règne chez nous; à ce matérialisme, où l'idéal c'est de consommer toujours plus. Quand on prône la réussite en écrasant les autres; le manque de solidarité; quand surviennent les pertes de repères, le relativisme, "toutes les croyances se valent"... Nos valeurs, c'est ça?!

Quand tout devient spectacle ou jeu; quand les recherches de spiritualité tâtonnent dans l'ignorance et dans l'à-peu-près... Nos valeurs, c'est quoi? ...

Vous me direz: mais nos valeurs, c'est surtout la démocratie. Et la tolérance. Et les droits humains.

D'accord! Alors, mettons-les en pratique, ces valeurs! Comment pourrons-nous défendre le respect en nous montrant nous-mêmes intolérants?  ...

Nous qui sommes ici ce matin, nous connaissons bien les appels de l'évangile: une humilité qui s'inspire de celle de Jésus, selon la lettre aux Philippiens. Et puis, dans l’évangile de Luc, quand le Christ se fâche, c'est contre ses disciples, vous l'avez entendu, parce qu'ils veulent envoyer le feu du ciel sur des Samaritains (qui sont les ancêtres des Palestiniens)! Ou parce qu'ils essaient d'empêcher un guérisseur de faire du bien, sous prétexte qu'il n'appartient pas à leur cercle d'élus. Toujours, Jésus se positionne contre l'exclusion et le rejet. Paroles oecuméniques, ô combien! ... 


Veillons donc à rester dans cette ligne. Même si nos médias, et certains mouvements politiques, semblent tout faire pour souffler sur les braises et attiser l'incendie.


On le dit souvent, même si nous avons parfois peine à le croire: dans leur immense majorité, les musulmans ne sont ni intégristes ni conquérants, ni conflictuels. Mais ça n'est pas porteur, de parler de cette majorité-là!

Alors, on monte en épingle le petit nombre de fondamentalistes excités. C'est facile, et ça peut rapporter gros. Euh, ça rapporte gros si vous recherchez le conflit, ou si vous visez à répandre la peur, et à faire voter ou acheter vos solutions simplistes!

En fait, les musulmans ne sont pas si différents de nous: ils désirent vivre en paix, mais ils n'aiment pas qu'on les bouscule. Ils sont attachés à leurs traditions, et ils souffrent quand leurs valeurs sont critiquées, ou quand on les empêche de les suivre.

Et malheureusement, leur religion, qui est née dans un milieu très différent de notre société moderne, leur religion est en butte à mille obstacles qui perturbent le respect de leurs coutumes; pensez au ramadan ou aux interdictions alimentaires. Pensez à l’habillement, et aux relations familiales...




- Toute couverte sauf les yeux... Oh, quelle culture machiste, cruelle et dominatrice!
- Toute découverte sauf les yeux... Oh, quelle culture machiste, cruelle et dominatrice!


Alors, bousculés par la modernité, certains en viennent à durcir leurs paroles et leurs actes. Et du coup, ils font grossir nos réactions intolérantes... et ça donne le tournis au fameux cercle vicieux!

Les musulmans ne sont pas très différents de nous. Au nom de l'évangile, SVP, ne généralisons pas! Les clichés réducteurs sont une insulte à l'intelligence. Ils sont aussi une violence faite à ceux qui en sont l'objet. Si on appliquait ces clichés aux catholiques, cela reviendrait peut-être à les soupçonner d'être tous partisans d'Ecône, et aussi négationnistes de l'Holocauste, voire indulgents pour les crimes pédophiles... Ils devraient sans cesse se justifier. Et le pire, c'est qu'on ne les croirait pas!!

Vous voyez comme la peur pour nos valeurs peut devenir un poison pour nos valeurs mêmes!

Notre Conseil synodal l'écrit avec raison: ne nous trompons pas de combat. La vraie question dans notre canton, c'est celle de l'intégration des immigrés musulmans. Or, pour la plupart, ils viennent de Turquie et des Balkans, et ils sont donc habitués au pluralisme religieux. Comme pour les catholiques dans les siècles précédents, notre fermeture ne freinera pas leurs migrations. Mais elle ralentira leur intégration, et rendra notre atmosphère (à tous) moins respirable.

Gardons en mémoire le B.A.-BA de la foi chrétienne: Dieu, qui est le Tout-Autre, est venu habiter notre humanité. Il est devenu semblable aux hommes pour nous montrer le chemin du Ciel. Jésus nous l’affirme, son Père nous appelle ainsi à respecter les autres, qu’ils soient amis ou ennemis. Et Dieu sait que ce n’est pas facile. Vraiment pas!



 

Cela dit, permettez encore quelques réflexions au sujet des terroristes et de l’actualité de ces derniers jours.

Les attentats de Paris, tout comme les crimes de Boko Haram et les folies sanguinaires de l’Etat Islamique, sont injustifiables d’un point-de-vue chrétien. Bien sûr. Aucune religion ne peut tuer au nom de son Dieu, à moins de se renier elle-même.

Or, pour la première fois, on entend maintenant des musulmans tenir ce discours eux aussi, et condamner fermement les djihadistes. Bonne nouvelle. Il y a une majorité qui n’est plus silencieuse, et une minorité dont cette majorité condamne les atrocités. Ouf!

Savez-vous que le Coran, d’ailleurs, contient des passages qui justifient la barbarie, et d’autres qui sont plus tolérants (un peu comme la Bible, il faut le dire). Il s’agit donc d’interpréter et de faire des choix. Les sourates les plus agressives sont aussi les plus tardives, elles datent du temps où Mohammed était en conflit violent avec ses contemporains, et où il avait durci son discours. Une interprétation du Coran qui tienne compte de ce contexte historique permettra aux croyants de mieux se respecter. ...

Autre question. Le drame de Charlie Hebdo a soulevé aussi des débats autour de la liberté d’expression. Cette liberté est fondamentale, et elle doit s’appliquer autant pour les musulmans que pour les chrétiens. Mais il y a un mais.

Car, s’il est légal de critiquer, de rire et de caricaturer librement, tout est permis, mais tout n’est pas utile. C’est d’ailleurs le Nouveau Testament qui le dit, dans la 1è lettre aux Corinthiens. La loi ne m’interdit pas de traiter mes parents d’attardés mentaux, mais je ne le ferai jamais, par respect, vous voyez la nuance? De même, les dessinateurs et humoristes français ne peuvent pas ne pas tenir compte de la sensibilité des autres peuples, qui diffère de la leur. On sait que, pour un Oriental, le blasphème est d’une gravité sans comparaison avec ce qu’il est chez nous. Il est regrettable que certains journaux européens l’ignorent. Ou fassent comme si.

Donc, on peut comprendre que des musulmans se soient sentis blessés gravement par les fameuses caricatures. Mais, je le répète, on ne peut pas accepter qu’au nom de ce sentiment d’être insultés, certains se sentent autoriser à tuer. Vous savez combien Jésus avait en horreur le célèbre “oeil pour oeil”...



L’enjeu est immense, et la question extrêmement délicate. L’évangile nous invite à éviter les deux extrêmes: d’un côté durcir nos positions, condamner sans appel, agir de façon discriminatoire et vexatoire; et de l’autre, tout autant, accepter sans critique les agissements des autres, quand ces agissements sont opposés à nos valeurs.

Si nous agressons les musulmans, en paroles déjà, nous risquons bien de préparer le terrain où pousseront de nouvelles frustrations, qui pourraient engendrer ensuite des dérapages et de nouvelles vocations intégristes. La violence incite à la violence, bien sûr.

Et si nous ne disons rien face à l’intolérable, nous négligeons un des aspects fondamentaux de la foi au Christ, je veux parler de relations où nous osons être nous-mêmes face aux autres différents. C’est le shalom biblique, qui est bien davantage que la paix: des relations harmonieuses, dans le partage et le respect.

La voie que le Christ nous trace est celle du dialogue, honnête et respectueux, avec ceux qui l’acceptent aussi. Car ce n’est pas une religion qu’il faut condamner, mais c’est l’intégrisme, l’obscurantisme et le fanatisme. Et la violence qui en découle. Hélas, ces risques sont présents dans toute religion, dans tout système de pensée. Et la barbarie de certains éveille en nous une agressivité peu évangélique! Dès lors, il est important pour tous d’oser un regard critique sur soi comme sur les autres; sur sa propre tradition comme sur celles qui nous heurtent. Prenons garde à ne pas stigmatiser les autres en oubliant que nous sommes nous-mêmes vulnérables.

Selon l’Evangile, la vérité est une personne; c’est dire qu’elle ne se possède pas. Le dialogue interreligieux permet à tous de progresser vers cette vérité, que nul n’a jamais atteinte parfaitement. Non pas négocier un petit dénominateur commun; mais plutôt cheminer les uns à la rencontre des autres, pour mieux se connaître et moins se craindre.

Pendant le silence et le jeu d'orgue qui viennent, je vous invite à penser à nos vraies valeurs, celles que nous aimerions promouvoir. Et aussi à la meilleure manière de nous situer, face aux musulmans, chez nous. Tout en méditant cette pensée de Martin Luther King: "L'obscurité ne peut chasser l'obscurité; seule la lumière le peut. La haine ne peut chasser la haine; seul l'amour le peut". Amen

JJ Corbaz




“Vous êtes la lumière du monde”
Comme l’affirme Julos Beaucarne après l’assassinat de sa femme: “C’est la société qui est malade. Il nous faut la remettre d’aplomb et d’équerre, par l’amour, et l’amitié, et la persuasion... Il faut nous aimer à tort et à travers”.

Pour essayer d’y arriver:

Notre Eglise a résolument choisi la voie de ce dialogue dont nous avons parlé. Pour ce faire, elle suit deux pistes:

1° la Maison de l’Arzilier, à Lausanne, a été instituée comme lieu du dialogue entre les religions. Bonne Nouvelle en donne régulièrement des échos.

2° Plus près de chez nous, dans le Nord vaudois, un groupe existe nommé MCDA: “Musulmans et chrétiens pour le dialogue et l’amitié”. L’été dernier, ce groupe avait organisé un tournoi de football, dont je vous avais parlé.
Les personnes qui seraient intéressées par les activités et les rencontres de ce MCDA peuvent s’adresser à Jean-Frédéric Leuenberger, à Bonvillars, qui fait le lien pour notre Eglise (mail: jean-frederic.leuenberger@eerv.ch); ou à Naseem Asmaroo, oui, notre invité de dimanche passé, qui est le répondant du côté catholique (mail: Naseem.Asmaroo@cath-vd.ch).  



Et pour conclure, en souriant (jaune?):
“Tous, nous rêvons à la paix. Mais presque tous, nous sommes prêts à nous battre quand on conteste notre vision de la paix...”

JJ Corbaz


mercredi 4 février 2015

(Im) Traces dans la neige

Deux oiseaux se sont livrés à une étrange danse devant chez moi. Merci la neige d'avoir gardé la trace de leurs pas!






mardi 3 février 2015

(Ci) Le tour

Dans le faire-part d'une connaissance, cette citation de Confucius: "Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même".

(Hu) Salut, Charly!

Ah, pouvoir dire "je t'aime" et raire, comme Charles à la bataille de Grandson...




dimanche 1 février 2015

(Ci) proverbe pour un jour de neige

Goûtez (sic) ce proverbe sumérien (-2'700) - à proposer au BPA : 

"La bière est bonne, mais mauvaise est la route".

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