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dimanche 14 juillet 2024

(Bi, Hu) Dieu, sourd?

 

Un mendiant chinois avait découvert la foi chrétienne et priait chaque jour. 

 

Pourtant, sa situation matérielle était toujours aussi précaire. Pire, on se moquait de lui. «Qu’as-tu gagné avec ce Jésus? Tu pries, mais rien ne change. Ton Dieu est sourd!»


Il répondait: «Non, Dieu n’est pas sourd, il m’entend. Mais il y a quelque part un chrétien qui, lui, est sourd car il n’entend pas quand Dieu lui demande de partager avec moi».


*          

 

Jolie histoire, qui m’aide à comprendre le sens de la foi. Lorsque nous prions: «souviens-toi, Seigneur, des victimes», pensons-nous sérieusement que Dieu puisse les oublier? Qu’elles ne lui fassent pas cent fois plus mal qu’à nous, ces scènes de famine, de massacres, de misère?


Non, Dieu n’est pas sourd, ni insensible; son grand âge ne lui cause aucun trou de mémoire. Mais certains chrétiens (nous, moi…) pourraient bien oublier la détresse. Ou se blinder contre elle.


Ne priez pas, de grâce, pour renvoyer les problèmes à Autrui. Mais pour les vivre avec Dieu. Lui qui n’a pas d’autres mains que les nôtres, pas d’autre voix, pas d’autre porte-monnaie…


Quand nous lui disons «que ta volonté soit faite», je crois qu’il a parfois envie de répondre: «Eh bien, faites-la!»


Comme Saint-François, prions avec conviction: «Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix, des bâtisseurs d’amour.»


 

Jean-Jacques Corbaz

 

lundi 8 juillet 2024

(Bi, Re) On peut très bien vivre sans prier…


On peut très bien vivre sans prier. On peut très bien vivre sans Dieu, sans Esprit. Les incroyants vivent très bien.

On peut très bien vivre sans prier. Mais quand je prie, je suis transfiguré, allégé, transcendé. Je reçois cette étincelle qui illumine davantage, ce petit plus qui modifie de multiples détails de ma vie (oh, à peine, mais ça peut parfois tout embraser).

Quand je prie, je vis cela. Je reçois un souffle fragile qui me fait du bien. Comme un amour. Il me semble que ma vie est orientée différemment. C’est compliqué à expliquer, mais si facile à vivre!

Quand je ne prie pas, mon existence est la même. La même que tous les jours. Juste il y a ce «rien en plus qui manque». Je suis moins disposé à faire des efforts, à sourire aux autres, à aimer ceux qui me semblent moins aimables. Moins ouvert aussi à l’inattendu.

Cela se passe donc en moi et en-dehors de moi. Les deux. C’est Christ, qui vit en moi.


Jean-Jacques Corbaz, le 13 avril 1974       


(Po) Il s’est réveillé (ma madeleine de Proust)

Il s’est réveillé un matin
- Un peu tard dans le matin
Et s’est souvenu de moi.
Bon vieil ami, bon vent, bonne pomme,
De son souffle tiède répond présent.

Il s’est réveillé, tendrement,
Lentement,
Il m’a regardé, m’a réchauffé,
M’a dit: «je suis toujours à toi».

Il s’est réveillé, est venu rassembler mes amis:
Le lac femme, allaitant mon enfance,
La nuit bleutée, au calme violent d’espérance,
La ferme-terre, sa tranquille présence,
Et notre coeur infini, s’ouvrant sous ses silences.

Il s’est réveillé pour me renouveler,
Pour me passer du gris cendré
Au profond bleu nuit.

Il s’est réveillé, mon ami,
Mon soir d’été.


Jean-Jacques Corbaz, 10 mai 1976  (j’habite encore à la ferme de Corsy)   


(Po) Nostalgie d'été


Je ne dirai jamais assez le calme d’été
Fredonnant la nuit au goulot de la fontaine
Je ne dirai jamais assez la paix
Jubilant en soi-même en juillet.

Je ne dirai jamais trop bien la solidité des grands sapins
Frissonnants sous le souffle sifflant de la plaine
Je ne dirai jamais trop bien leur amour inhumain
Amour de lac, ou de montagne ou de jardin.

Je ne fermerai jamais les yeux sur une lumière au ciel bleu
Petite ou grande, piquante ou ronde, fuyante ou pleine
Je ne fermerai jamais les yeux que pour rêver, heureux,
Et pour m’unir au silence des cieux.


Jean-Jacques Corbaz, le 22 octobre 1974    


(Li, Hu) Bénédiction - D'un pied touche à la terre

J’aime cette jolie boutade :

Un saint, dit-on, c’est quelqu’un qui d'un pied touche à la terre et de l’autre regarde le ciel !

... Bon, je ne vous conseille pas de regarder le ciel avec votre pied !

Mais cette phrase amusante nous redit que notre appel d’enfants de Dieu, c’est d’être comme des passerelles entre notre bas monde et Dieu. Entre les réalités terrestres et l’espérance qui les dépasse.

Celui qui a les deux pieds sur terre misera tout sur l’argent, la santé, la renommée, le matériel.

Celui qui a un pied dans le ciel sait que sa vraie richesse, son trésor, sa vie, est auprès de Dieu, dans la lumière du Christ ressuscité !

 

Allons donc, pleins de confiance, préparer ce temps de paix parfaite en communion avec lui. Dieu nous aime et nous bénit, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen

 

 

Jean-Jacques Corbaz, juin 2024       

 

(Pr, SB) Prédic. du 8 juillet 2024 - Les pauvres en esprit: benêts?


Lectures bibliques: Matthieu 5,
1-12; Psaume 130

Un ancien paroissien avait beaucoup souffert, quand il était enfant, parce qu’il se faisait traiter de benêt ou d’idiot (en bon vaudois, on disait «Tâdié» à cette époque!). Devenu adulte, cet homme portait toujours la blessure au fond de son
cœur
. Un jour, alors que j’annonçais que le culte du dimanche parlerait de la béatitude «Heureux les pauvres en esprit», je l’ai vu se rembrunir tristement. Il m’a demandé: «Est-ce que ça veut vraiment dire ‘Heureux les débiles’?». Il a eu l’air tout soulagé quand je l’ai assuré que non.

Donc, d’abord, disons-le clairement, ce verset ne signifie en aucun cas «Heureux les benêts», comme beaucoup de gens l’imaginent. «Pauvre en esprit», ça veut dire tout autre chose que «pauvre d’esprit»!

Tout autre chose, mais quoi? Avouons que ce n’est pas facile de trouver une explication bien claire.

Les bibles synodale et Segond traduisent «Heureux les pauvres en esprit». Et la première ajoute une note (ce qui est rarissime chez elle), une note qui précise: «Heureux les pauvres en esprit, c’est-à-dire: ‘Heureux ceux qui ont l’esprit d’humilité, ceux qui sentent leur pauvreté spirituelle, les humbles’».

La Traduction Oecuménique de la Bible dit: «Heureux les pauvres de
cœur» . Et celle en français courant, vous l’avez entendu, donne «Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes». Une autre bible traduit par: «Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre».

Pour mieux comprendre ce que dit l’évangile, je vous invite à revenir à la version originale, donc au texte grec. Les «pauvres en esprit» se dit «ὃι πτωχοι τῷ πνεύματι» (hoi ptôchoi tô peumati). Littéralement «les pauvres quant à l’esprit».  Vous reconnaissez le mot «esprit» (πνεῦμα - pneuma) dont nous avons parlé le mois dernier à propos de Pentecôte. Quant à «ὃι πτωχοι» (hoi ptôchoi), les pauvres, il vient du verbe s’agenouiller et désigne aussi les mendiants, ceux qui quémandent, ceux qui tendent la main. Donc ceux qui ont besoin des autres pour vivre, et qui le demandent. 

 

On le voit donc, ce verset parle des personnes qui sont conscientes de leurs manques; qui savent qu’elles ont besoin d’autre chose pour vivre pleinement. Au fond, «les pauvres quant à l’esprit», c’est exactement le contraire des gens suffisants; de ceux qui n’ont besoin de rien (croient-ils); de ceux, par conséquent, qui regardent les autres de haut (on en revient à la tour de Babel!).

Heureux ceux qui ne sont pas suffisants, mais qui, conscients de leur pauvreté, sont disponibles pour recevoir le souffle de Dieu (et on en revient à Pentecôte, et au vent de l’esprit!). Et je précise que, quand je dis pauvreté, vous le pensez bien, il s’agit autant de pauvreté matérielle que spirituelle. On pourrait traduire donc «Heureux les humbles».

«Heureux ceux que les épreuves matérielles ou spirituelles ont exercés à compter sur le secours de Dieu». Et ça, vous, pensionnaires de Plein Soleil, vous connaissez! «Heureux ceux qui se savent pauvres», c’est pour eux que Christ est venu.


Aujourd’hui, nous sortons d’un siècle où les humains ont appris à compter d’abord sur eux-mêmes, et sur les ressources presque infinies de la science et de la technique. Mais où des prophètes entrevoient depuis quelque 50 ans les limites de ce matérialisme qui pourrait devenir mortifère.

Aujourd’hui, nous sortons d’un siècle où les humains ont appris à tout compter, même les étoiles, même les poussières de l’infini. Aujourd’hui, nous sortons d’un siècle où les humains ne comptent qu’avec ce qu’ils voient, ce qu’ils constatent, ce qu’ils peuvent prouver par l’expérience.

Aujourd’hui, rares mais particulièrement heureux sont ceux qui comptent encore sur Dieu parce qu’ils se savent pauvres au fond du

cœur. Aujourd’hui, rares mais vraiment heureux ceux qui sont conscients de leur petitesse, de leurs limites, et qui découvrent dans la venue proche de Jésus leur seule espérance de les dépasser. Celles et ceux qui comptent sur le Seigneur plus qu’une sentinelle n’attend le matin. Christ est venu pour eux en priorité.

Le royaume des cieux est pour eux, c’est-à-dire le salut, l’amour plein de Dieu, l’accueil au banquet de la paix éternelle. Tandis que celles et ceux qui ne comptent que sur les ressources terrestres seront forcément déçus un jour ou l’autre.
 

Mais attention! Ce que je viens de dire pourrait sembler une promesse pour le futur,  pour l’au-delà, pour la fin des temps. Or, notre verset est bel et bien au présent: «Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre, car le royaume des cieux leur appartient». Ce royaume est déjà commencé par la venue de Jésus. Ce bonheur est déjà accessible dans l’assurance du salut, depuis Vendredi saint. Cette Vie majuscule est la nôtre, déjà, depuis Pâques!

Oui, cette espérance est une réalité déjà pour celles et ceux qui sont assez pauvres, assez mendiants pour la demander les mains nues. Mais c’est une réalité en marche, pas une réalité achevée. Ce bonheur est en tension constante entre les épreuves d’ici-bas et la paix parfaite qui nous attend à la fin des temps. Cette joie qui exulte en Dieu, nous sommes appelés à l’anticiper, à commencer à la vivre aujourd’hui et demain, et chaque jour. À la préparer, comme on cultive un jardin.

Cette espérance donc ne démobilise pas, elle n’incite pas à la résignation ou au fatalisme. Elle nous appelle à nous situer comme fils et filles de Dieu, qui reçoivent leurs forces de lui.

Permettez-moi de conclure sous forme de boutade, avec cette autre béatitude, qui en fait n’est pas si loin de celle qui nous a occupés ce matin. C’est frère Pierre-Yves Emery, de Taizé, qui disait en souriant: «Heureux ceux qui ne s’attendent à rien… car ils ne seront pas déçus»! Amen


Jean-Jacques Corbaz  



vendredi 21 juin 2024

(Po) Douceur d’un premier soir d’été

La nuit tombe
Lentement
Pour ne pas brusquer la nature.
Silencieuse, respectueuse,
Soucieuse de ne pas déranger
C’est la première nuit de l’été.

La nuit tombe
Et le ruisseau chuchote toujours
Son refrain d’amour,
Attentif à mon coeur,
Respirant le repos.

La nuit tombe
Le vent reprend son souffle
Les nuages s’étirent
Comme un moelleux duvet.
Le ciel nous prépare un sommeil paisible
C’est la première nuit de l’été.

Arbres, fleurs, herbes,
Tremblants de ce fragile bonheur,
Terre, mer, pierres,
Savourant la fraîcheur,
Jardins, chemins,
S’ouvrant comme un coeur
Murmurent à mes yeux:
C’est la première nuit de l’été.

                   *

La nuit tombe
Doucement
Pour calmer l’humanité,
Attentive, offerte,
Telle un amour qui va nous envelopper,
C’est la première nuit de l’été.

La nuit tombe
Et le promeneur attardé se reprend à rêver
Et le vieux général se remet à aimer.
Les villas qui s’endorment
Vont bercer les espoirs les plus fous.

La nuit tombe, et mon coeur s’ouvre
Lentement, frissonnant, comme une fleur,
Sur mes épaules le temps conspire
Et soudain je sais que je t’attends.

Mon coeur s’ouvre
Doucement
Sous les pommiers en fleurs,
Ma vie reprend
Et je t’attends
C’est la première nuit de l’été.

                      *

La nuit tombe
Et la nature m’enlève,
Je ne suis plus moi-même
Mais un pistil tremblant,
Une goutte chantante au ruisseau,
Une ombre de la nuit.
Et je tombe avec elle
Et je t’espère,
Attentif à ton coeur,
Respirant le repos.

Mon coeur s’ouvre
Attiré par le ciel, il s’élance en avant
Tout est calmé, ma vie est pure
Et je t’aime, et je t’attends.

La nuit tombe
Le temps soupire une chanson d’amour.
Reprends ton souffle:
C’est la première nuit de l’été.


Jean-Jacques Corbaz, 12 août 1975   


(Li, Po) psaume: S'arrêter

S’arrêter
Reprendre son souffle
Écouter
Regarder.

Le temps, qui passe
Et qui s’offre en passant
La fontaine qui bruisse
Qui supporte le temps
Ma vie qui vit.

S’asseoir
N’importe où, là où je suis
Et prier.

Ma vie monte en moi
Comme sève féconde en mon corps réceptif
Ma vie trop brève
Nourrie de rêve
Dont se moquent les pierres aux lunettes infinies.

S’arrêter
Mes racines
Regarder
Mes espoirs
Écouter
M’enrichir.

Comme une envie de beauté
D’air pur et de franchise
Comme une soif de souffle
Retrouver mon assise
Mon besoin de prier monte à toi
Dieu de ma vie.
Ma faim d’amour assouvie
Transfigure le temps
Et m’emporte plus loin.

S’arrêter
Souffler un instant
Puis: repartir


Jean-Jacques Corbaz, février 1977   


(Po, Li) Retrouvailles (j’avais oublié)

J’avais oublié
Oublié la nuit et ses amicaux mystères
Oublié le ciel, couverture infinie
Oublié les étoiles, le lac et l’eau
J’avais oublié les mots pour les chanter.

J’avais oublié le frisson qui donne envie de dormir
Oublié la beauté qui entre en nous toute nue
Oublié que je pouvais la regarder
J’avais oublié le froid qui tient chaud.

J’avais oublié la pluie douce au soir de l’aube
Oublié la paix amoureuse des prés endormis
Et le jeu malicieux des nuages à cache-lune.

J’avais oublié tout cela et tu me l’as rappelé,
Toi en qui cette beauté trouve naissance et but
Pardonne-moi:
J’avais oublié de rêver.


Jean-Jacques Corbaz, 12 janvier 1976    


(Po) Réception

Amis du poète, venez, voyez et entendez
Pour nous fêter ce soir, rêvez, la nuit s’est apprêtée
Comme on reçoit discrète, en bleu, jouant sur le velours
Frêle comme l’espoir, en feu, vive comme l’amour
Belle comme le jour.

Comme lustre elle allume au ciel une lune de cuivre
Nous fait signe d’entrer, si belle on n’ose pas la suivre
Devant l’âtre qui fume, en brousse, elle installe nos lits
Et nous vivrons couchés, en douce, sur de moelleux tapis:
L’herbe de la prairie.

Amis de la chanson, humez, notre vie n’a plus d’âge
Endormez-vous heureux, santé! Prenez nouveau visage
Ce luxueux salon est là, c’est celui de la vie
Et la voûte des cieux est sa seule frontière ici.
Si nous disions: merci?


Jean-Jacques Corbaz, Yaoundé, 3 décembre 1974   


(Po) Coucher de sol


Le soleil couche avec l’horizon
Rayonnant la joie
Le ciel est comme pris de frissons
Rouge et sans voix
La terre flamboie
Et toi
Tu me tends les bras.
 
Et moi
Et moi je reste là
Pleurant sans raison
Sans oraison
Et moi je me souviens de toi
Comme une passion
Je soupire, attendant la moisson
Qui ne viendra pas.
 
Rentrons
J’ai froid.


Jean-Jacques Corbaz, 22 mai 1974   


(Po, Li) Prière d’été

Ferme les yeux,
Tiens fermes tes yeux
Sous l’espace de Dieu.

Viens, respire un peu,
Soupire, aspire mieux,
Gonfle-toi d’un monde heureux.

Alors, alors pose
Tes fatigues, tes réveils moroses,
Tes «on est bien peu de chose»,
Largue large, remets, dépose
Aux pieds, au coeur de Celui qui dispose
Tes larmes blanches,
Tes aubes oranges,
Les longs ennuis de tes dimanches à belles manches.

Viens, c’est ouvert, dépose, range
Aux mains, au coeur du grand Pardon de l’univers.

Respire un peu,
Tiens fermes les yeux
Sous l’espace de Dieu.
Gonfle-toi d’un monde heureux.


Jean-Jacques Corbaz, mars 2023