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Bonne balade entre les mots!
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lundi 20 février 2017

vendredi 10 février 2017

(Li) Prière de remise à Dieu pour un service funèbre

Dieu de paix, Dieu de promesse,
Une vie se termine à côté de nous, après NN ans.
Mais notre espérance, c’est qu’une vie recommence,
Auprès de toi, dans ton amour comme dans le nôtre.

Et là, tout ce que XX a vécu est maintenant transformé,
Recréé à neuf, guéri par ton pouvoir créateur.
Notre passé, tu le rachètes, tu l’illumines de ta présence parfaite.
Mais aussi tu l’allèges de tous ses fardeaux, de toutes ses peines, ses culpabilités, ses regrets.

C’est pourquoi nous te remettons maintenant XX
En gardant comme un trésor ce que nous avons vécu avec lui de bon, de beau… ce qui nous a portés ; aidés ; permis d’espérer…

Nous déposons aussi devant toi, bien sûr, les instants plus difficiles, plus tristes ; ce que nous n’avons pas pu vivre avec lui ; ou trop mal.

Toi, tu veux que jamais rien ne nous sépare de ton amour.
Maintenant que XX est auprès de toi, tu veux aussi que rien ne nous sépare de son affection, aujourd’hui encore.
Remplis nos cœurs de force positive et apaisante ; de courage ; de confiance.

Soutiens, bénis son épouse ; ses enfants, ses beaux-enfants ; ses petits-enfants, ainsi que tous ceux, toutes celles que son décès rend tristes.
Nous prions également pour les personnes qui n’ont pas pu se joindre à nous pour ce culte.

(ainsi que pour les pensionnaires et le personnel de l'EMS de yy).
Que chacun(e) sente dans son cœur verser la force chaleureuse de ta bonté, dans la paix que donne Jésus, le Christ.

C’est lui qui nous a appris à prier. C’est donc en son nom que nous te disons, d’une même voix, les mots qui font de nous tes enfants :
Notre Père…
Amen



JJ Corbaz

(Li) Prière d’entrée pour un service funèbre

Toi que nous appelons « Dieu »,
Mystère qui entoure notre naissance et notre mort,
Toi dont on parle, mais qu’on connaît parfois si peu,
Jésus nous a fait rencontrer ta tendresse, ta bonté patiente…
Ta volonté obstinée de nous conduire sur des chemins de bonheur et de paix.

Tu nous vois aujourd’hui qui pleurons, blessés,
Souffrant à cause de la maladie et de la mort de NN...

Nous savons que tu nous comprends,
Puisque tu as aussi traversé le deuil, à Vendredi saint, quand Jésus est mort sur la croix.

Aide-nous à nous consoler les uns les autres,
Par nos présences, nos mains tendues, nos amitiés partagées.
Eveille en nous des forces de solidarité, de proximité, de pardon…
Tout ce que Jésus est venu commencer parmi nous.
Amen


J-J Corbaz


(Ci, Po) Un amour m'attend

Texte rédigé peu avant sa mort une Carmélite française, décédée à l’âge de 45 ans:

 “Ce qui se passera de l'autre côté,
quand tout pour moi aura basculé dans l'éternité…
Je ne le sais pas !
Je crois, je crois seulement qu'un amour m'attend.


Ne me parlez pas des gloires et louanges des bienheureux,
Ne me dites rien non plus des anges...
Tout ce que je peux, c’est croire, croire obstinément
Qu'un amour m'attend.


Maintenant, mon heure est si proche: que dire?
Oh, mais sourire.
Ce que j'ai cru, je le croirai plus fort, au seuil de la mort.
C'est vers un amour que je vais en vous quittant;
C'est dans un amour que je descends doucement.


Si je meurs, ne pleurez pas.
C'est un amour qui me prend paisiblement.
Si j'ai peur… et pourquoi pas?
rappelez-moi, simplement, qu'un amour m'attend.


Il va m’ouvrir tout entière à sa joie, à sa lumière.
Oui, Père, je viens à toi, dans le vent dont on ne sait
Ni d’où il vient, ni où il va.”


(Transmis par Mme Simone Wurgler, merci!!)


(Co) Semer ou ne pas semer?

Le patriarche Abraham entend un jour Dieu qui l’appelle: «Abraham! Ecoute ce qui va se produire dit Dieu: pendant l’été entier, il ne tombera pas une goutte de pluie!»

Abraham prend cette annonce au sérieux. Il en avertit ses voisins, et tous sont catastrophés. Pourtant, au printemps, à la grande surprise du village, Abraham s’en va sur ses champs. Et: il sème! Partout, il répand ses graines, comme d’habitude. Les voisins ne comprennent plus rien. 


«Que fais-tu? lui disent-ils. Tu annonces une sécheresse épouvantable, et tu sèmes quand-même? C’est insensé!»  ...

Lorsque l’été survient, la campagne entière est pelée. Aride.     Tous les champs sont un désert. Sauf... sauf ceux d’Abraham! Ceux-là portent de superbes moissons!

«Abraham, crient les voisins, tu es un traître! Tu nous avais prédit la sécheresse. Et nous t’avons cru. Alors, nous n’avons pas semé. Et maintenant.. »

«Mais je vous ai dit la vérité, répond le patriarche. Effectivement, il n’a pas plu de tout l’été, comme le Seigneur l’avait annoncé. Mais Dieu n’a jamais dit qu’il ne fallait pas semer…»


(conte arabe)

dimanche 5 février 2017

(Pr) La ruse de Gabaon - Et Dieu

Prédication du 5 février 2017

« Une étrange méprise » à propos de nos promesses (Josué 9)

Lectures bibliques: Josué 9, 3-6+11-16+22-27; Romains 3, 21-25; Psaume 111

 

 

Peut-être vous est-il arrivé de vous sentir « coincé » par une promesse que vous aviez faite . Tout à coup, vous réalisez que la situation est différente de ce que vous aviez cru ; et votre serment vous entraine beaucoup plus loin que vous n’aviez pensé. Un peu comme ces paysans autrefois qui cautionnaient des voisins, et dont certains se sont ruinés pour respecter leur signature.

C’est (sans qu’ils ne se ruinent !), c’est la mésaventure survenue à Israël au temps de Josué. On raconte que Dieu leur avait promis la Palestine pour qu’ils puissent y vivre, après la sortie d’Egypte. Leurs chefs et leur religion leur avaient donné deux consignes :
(1°) conclure des alliances avec les peuples lointains, et donc les épargner ;
(2°) mais exterminer les royaumes proches de Canaan, pour s’établir sur leur territoire.

Cette tactique s’explique d’un point de vue guerrier, pour éviter tout risque de révolte après la conquête. Mais, bien sûr, d’un point de vue chrétien et moderne, ce procédé nous révolte. Ces mœurs violentes et barbares sont pour nous bien peu compatibles avec la volonté de notre Dieu !

Pourtant, n’oublions pas qu’alors, tout le monde vivait selon ces principes sanguinaires, c’était le seul langage compréhensible, à l’époque. Un dieu n’était crédible que si ses fidèles flanquaient des pilées monumentales aux peuples qui s’opposaient à eux. D’ailleurs, aujourd’hui, en Palestine, justement…
  


Mais revenons à notre histoire. La conquête de la Palestine se passe comme prévu, Josué remporte de grandes victoires, qui répandent la crainte dans la région.

Et voilà que le peuple de Gabaon, en plein centre du pays de Canaan, imagine pour sauver sa peau une ruse. Vous l’avez entendu, ils se déguisent en voyageurs lointains, épuisés par un long trajet, et ils obtiennent ainsi une alliance de la part d’Israël. Promesses de paix, de relations harmonieuses et de protection.

Le hic, c’est que trois jours après, les chefs d’Israël se rendent compte qu’ils ont été roulés. Ces gens soi-disant venus de très loin, en fait ils n’habitent qu’à une dizaine de km de Jérusalem. Un peu comme si quelqu’un vient vous demander l’hospitalité en prétendant qu’il a marché depuis la Bulgarie pour venir chez vous, et que vous vous aperceviez soudain que votre visiteur habite Noville ou Chexbres !

Vous imaginez la tête des responsables d’Israël. Et leur colère ! Toujours dans les usages de ce temps-là, on verrait bien Josué et les siens tomber à bras raccourcis sur ces tricheurs de Gabaon. Ils ont menti, ils ont trompé Israël, il serait normal que l’alliance soit cassée et qu’on les massacre comme on aurait dû le faire dès le début !
  

 
Mais non ! Malgré le peuple, qui voudrait les exterminer, Josué et les chefs d’Israël vont continuer de protéger les gens de Gabaon. Ils considèrent que leur promesse est plus importante que leur amour-propre. Même s’ils s’étaient engagés « sans consulter le Seigneur », comme dit le verset 14, ils avaient fait alliance devant Dieu, à cause de lui, et c’était ça qui était le plus important.

Notons entre parenthèses que la ruse des Gabaonites n’a fait de tort à personne. Elle leur a permis de se sauver ; mais Israël, partenaire de l’alliance, n’a pas souffert du traité. Peut-être même cette ruse a-t-elle rendu possible un peu plus de la paix et de la réconciliation qu’un chrétien moderne comprend dans la volonté de Dieu !

Mais l’essentiel est ailleurs. Il est dans cette fidélité de Josué à ses promesses, même si ses partenaires ne méritent pas cette fidélité. L’attitude des chefs d’Israël est ici tout à fait conforme à celle de Dieu, dans son alliance avec les hommes. Elle nous parle de la fidélité de notre Père céleste, lui qui s’est lié souverainement envers son peuple. Même si Israël a passé son temps à trahir cette alliance, à oublier Dieu, à renier toute loyauté envers Celui qui les avait sauvés de l’esclavage, malgré tout Dieu, lui, n’a jamais cessé d’aimer, d’appeler, de vouloir le bien de ses enfants. Dieu est fidèle, et il le reste éternellement.

Voilà comment ce récit de guerre et de conquêtes nous parle quand même de Dieu, de sa patience, de sa bienveillance infinie pour nous. Lui ne se démentira jamais.
  


En cette année où nous commémorons les 500 ans de la Réforme, il est important de souligner avec vigueur la fidélité de Dieu à son alliance ; malgré nos trahisons ; malgré nos réticences à le suivre. Dieu s’est engagé, il ne nous lâchera pas. Chouette !

Chouette, mais n’oublions pas que ce récit nous parle aussi de nos engagements à nous. Nos promesses d’hommes et de femmes, celles que nous prenons devant Dieu, parfois à la légère, parfois même « sans consulter le Seigneur » !

Si souvent, nous nous engageons dans une alliance, pleins de bonne volonté. Et puis, il y a des imprévus, des éléments nouveaux. Parfois même nous considérons ces aléas comme des coups tordus de la vie : les choses ne sont pas allées comme on croyait, des espoirs nous ont été enlevés, la situation n’a pas tenu ce qu’elle promettait… Peut-être même est-ce l’Eglise ou la foi qui ont trahi nos attentes.

Dans ces conditions, il est humain de considérer nos engagements comme caducs. Merci à Josué de nous montrer une autre attitude ! Il y a ici une résolution de conflit non-violente, un choix gagnant-gagnant dont nous pouvons nous inspirer.

Pourtant, je ne vais pas vous dire, aujourd’hui : tenez vos promesses quoi qu’il arrive. Car nous ne sommes plus sous le joug d’aucune loi religieuse. Et de toute façon, nous ne sommes pas Josué ; et encore moins Dieu le Père !

Ce que nous nous disons ensemble, ce matin, c’est ceci : aujourd’hui, oui, souvenons-nous que Dieu vient lui-même dans nos engagements pour y introduire sa dimension de fidélité infinie, d’éternité qui ne désespère jamais. Merci aux Réformateurs de l’avoir si bien souligné ! « Tous ont péché, et sont donc passibles d’être privés des promesses de Dieu. Mais lui, dans sa bonté, nous rend tous justes, en Christ » !
 
 
Dieu renouvelle son alliance avec nous, il nous redit infatigablement ses promesses de salut, de pardon. Puisse-t-il ainsi nous aider à habiter nos propres engagements, pour que ceux-ci reflètent les siens le mieux possible. Puisse-t-il ainsi nous réapprendre à vivre, et à aimer. C’est ce à quoi nous essayerons de nous ouvrir tout à l’heure, en communiant au corps et au sang du Christ, signes de toutes les promesses de Dieu concentrées sur la croix.

Ces promesses sont pour nous, qui que nous soyons, et quoi que nous fassions. Amen                        

Jean-Jacques Corbaz     



vendredi 3 février 2017

(Ci, Li) Il restera de toi



Il restera de toi
ce que tu as donné.
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.

Il restera de toi de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s'est pas fanée.
Ce que tu as donné
En d'autres fleurira.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que les réveils,
Ce que tu as souffert
En d'autres revivra.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton coeur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé
En d'autres germera.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Jo Akepsimas (attribué parfois aussi à S. Veil)

vendredi 27 janvier 2017

dimanche 15 janvier 2017

(Hu) Voeux... prudents!

Zep
  JE VOUS RENOUVELLE MES VOEUX MAIS AVEC PRUDENCE 

Je voulais vous envoyer mes vœux, mais après consultation de mon avocat, je me suis rendu compte de l'imprudence de ma formulation.
Vous souhaiter une bonne année, une bonne santé et la prospérité me soumet en effet au risque de poursuites...
Voici donc la version rectifiée de mes vœux, qui est en conformité avec le principe de précaution inscrit dans la Constitution :



Je vous prie d'accepter, sans aucune obligation implicite ou explicite de votre part, mes vœux à l'occasion du solstice d'hiver et du premier de l'an, en adéquation avec la tradition, la religion ou les valeurs existentielles de votre choix, dans le respect de la tradition, de la religion ou des valeurs existentielles des autres, ou dans le respect de leur refus, en la circonstance, de traditions, religions ou valeurs existentielles, ou de leur droit de manifester leur indifférence aux fêtes populaires programmées.
Ces vœux concernent plus particulièrement :
- la santé, ceci ne supposant de ma part aucune connaissance particulière de votre dossier médical,
- la prospérité, étant entendu que j’ignore tout de la somme figurant sur votre déclaration de revenus, ni de votre taux d'imposition,
- la joie, sachant qu'il n'est pas dans mon intention de vous recommander un type de bonheur.

Nota Benne :
Le concept d'année nouvelle est ici basé, pour des raisons de commodité, sur le calendrier grégorien, qui est celui le plus couramment utilisé dans la vie quotidienne de la région à partir de laquelle ces vœux vous sont adressés. Son emploi n'implique aucun désir de prosélytisme.
- le fait de ne pas dater ces vœux du yawl as-sabt 1 Safar de l'an 1435 de l'Hégire (fuite du Prophète à Médine) ne constitue ni une manifestation d'islamophobie, ni une prise de position dans le conflit israélo-palestinien,
- le fait de ne pas dater ces vœux du 2 Teveth 5774, ne constitue ni un refus du droit d'Israël à vivre dans des frontières sûres et reconnues, ni le délit de contestation de crime contre l'humanité,
- le fait de ne pas dater ces vœux du 3ème jour (du Chien de Métal) du 11ème mois (Daxue, Grande Neige) de l'année du Dragon d'Eau, 78ème cycle, n'implique aucune prise de position dans l'affaire dite "des frégates de Taïwan",

Clause de non responsabilité légale :
En acceptant ces vœux, vous renoncez à toute contestation postérieure.
Ces vœux ne sont pas susceptibles de rectification ou de retrait.
Ils sont librement transférables à quiconque, sans indemnités ni royalties.
Ils n'ont fait l'objet d'aucun dépôt légal. Ils sont valables pour une durée d'une année seulement.
A l'issue de cette période, leur renouvellement n'a aucun caractère obligatoire et reste soumis à la libre décision de l’expéditeur.
Ils sont adressés sans limitation préalable liée aux notions d'âge, de genre, d'aptitude physique ou mentale, de race, d'ethnie, d'origine, de communauté revendiquée, de pratiques sexuelles, de régime alimentaire, de convictions politiques, religieuses ou philosophiques, d'appartenance syndicale, susceptibles de caractériser les destinataires.

(Anonyme) 






dimanche 8 janvier 2017

(Pr, Vu) Chercher et grandir

Message “adultes” du 8.1.17: les chercheurs de sens

Lecture: Matthieu 2, 1-12



Ce matin, j’ai rencontré le train, non pas de rois mais de mages. Savants chercheurs de vérité, pèlerins de mystère. Ils m’ont dit:

Nous sommes en quête du savoir qui dépasse tous les savoirs, nous cherchons les secrets de nos origines et de notre fin; le but du monde, son sens; et son pourquoi.

Nous avons interrogé la science, bien sûr, ont-il ajouté. Et la science nous a donné des réponses. Mais chaque réponse ouvrait davantage encore de questions. Derrière chaque étoile, nous apercevons tant d’infini qu’on en attrape le vertige.

Alors, nous nous sommes trouvés face au mystère de la transcendance. Nous avons voulu interroger le monde du spirituel, et de la foi. Les astres nous ont mis en chemin vers la ville des pèlerinages, Jérusalem. Et là, nous avons demandé à quelle direction tout obéit; à qui appartient cette terre
?


Quand on pose ce genre de question, qui est une affaire de pouvoir, c’est toujours le pouvoir qui commence à répondre. En vrai politique, Hérode va chercher à contrôler leur quête.

Mais les mages ne sont pas nés de la dernière pluie. Ils savent qu’il n’est pas prudent, pour la science, de demander son chemin au pouvoir. Alors, ils posent la question en termes plus religieux.

Du coup, le roi Hérode sollicite ses conseillers théologiens, spécialistes du sacré. Tout en pensant “Je vous montrerai, moi, qui commande, ici-bas!”

Lesdits consultants finissent par trouver, dans leurs vieux livres, que c’est à Bethléem qu’il faut aller. Ils l’expliquent, mais eux ne se déplacent pas.

Hérode, à son tour, renseigne les mages, et leur demande de le tenir informé. Mais lui non plus ne bouge pas.

Les mages, eux, se remettent en route. L’étoile leur indique un lieu. Voici la fin de leur long voyage.


Mais là, il n’y a qu’un bébé, nu dans une mangeoire à bétail. Et ses parents, gens du bas-peuple. Ni palais, ni courtisans; ni serviteurs, ni fleurs, ni rubans. Etrange royauté! Royale étrangeté!

Et soudain, les mages comprennent; ou mieux: ils reçoivent. Car la clé du mystère, ce n’est pas une connaissance; ce n’est pas une équation complexe. Non, le secret, c’est le don. C’est l’amour offert. Jésus, ça veut dire “Dieu sauve”. Il sauve et ne juge pas.   Il libère et n’enfonce pas. Il est si petit, mais c’est nous qu’il veut faire grandir.

Alors, les mages se prosternent. Ayant tout reçu, ils donnent ce qu’ils ont de plus précieux: l’or, symbole de royauté; l’encens, signe de vie spirituelle; et la myrrhe, qui annonce déjà la mort...


Et en offrant, leurs yeux s’ouvrent encore. Ils voient maintenant que toute la valeur de leurs oeuvres, et de leurs calculs, c’est d’abord de pouvoir être donné. Gratuitement. Puisque c’est en donnant que l’homme rencontre son Dieu. Et lui ressemble. Quand tu deviens cadeau, oui, tu es image de Dieu!

Ils peuvent alors se retirer. Par un autre chemin, car différents. Car enrichis d’une fabuleuse force intérieure.


Ces mages nous montrent la route, à nous aussi. Qui que nous soyons, quel que soit notre âge ou notre bagage-érudition, ils nous invitent à nous déplacer, à notre tour. Pour recevoir cet incroyable équilibre intérieur.

Où avez-vous lu, dans l’évangile, qu’ils étaient trois? Et comment ils s’appelaient?

Toi qui m’entends, je te le dis: les mages sont ici, à Saint-Légier et Blonay. Et l’un d’eux porte ton nom.

Amen                                          


Jean-Jacques Corbaz  

Images: Kees de Kort


samedi 31 décembre 2016

(Bi) Bonne année 2017!



Cultiver la tendresse

L’année a pris un coup de vieux et avance, fatiguée, vers sa fin. Elle est devenue plus frileuse, plus sombre; ses yeux souvent humides. Résignation, nostalgie: la Passion, elle ne la vivra plus.

Et c’est dans ce temps morose que l’Évangile rappelle l’étonnante nouvelle: justement là, au plus creux de nos “humâneries”, Dieu est venu. Enfance, lumière, vie; rire, tendresse, espoir: tout cela, Il vient nous l’offrir.

Pas sur un plateau, bien sûr !  Pas les fruits, tout cuits. Mais plutôt les semences, pour que nous puissions mesurer l’importance de ce long accompagnement; maturation, soucis, espérance. On aime et on respecte avant tout ce qu’on a aidé à faire grandir.

Et c’est aussi dans ce temps usé et froid qu’il nous invite à aller les uns vers les autres. À nous offrir, à son image: lumière, sourire, chaleur; humour, tendresse, proximité...

Voilà ce que voudrait être notre foi: un carrefour où nous puissions recevoir ces cadeaux du Christ, toujours en train de naître au milieu de nous; et aussi ces cadeaux les uns des autres. Pour que notre fin d’année prenne un peu plus les couleurs du printemps !

Avec vous, dans la joie de l'année qui vient

Jean-Jacques Corbaz

dimanche 25 décembre 2016

(Co) Le Noël de Gaspard


À la sortie de la ville où se passe notre histoire, on traverse un quartier de belles maisons. L’une d’elles, déjà ancienne, se remarque de loin: elle est coiffée par une coupole, on dirait un gros chapeau tout rond. Dans cette villa habite un homme, seul. Il s’appelle Gaspard, il a 60 ans. Ses parents étaient de riches commerçants. Mais cela fait déjà 20 ans qu’ils sont morts. Gaspard a hérité d’une fortune considérable.

Alors, délivré du souci de gagner sa vie, il s’est consacré à sa grande passion: l’astronomie. Dans l’ancien galetas de la maison, il a fait installer un petit observatoire, avec un télescope et cette coupole qui retient le regard. C’est là qu’il passe une bonne partie de ses nuits, à contempler la marche des étoiles et des planètes, calculer les dates des éclipses et des comètes, et surtout admirer les merveilles d’un ciel brillant tel mille paillettes d’or sur fond bleu velours... C’est magnifique!

Pendant la journée, Gaspard... dort. Il se réveille vers midi, et ...  il s’ennuie un peu en attendant la nuit! Pour passer le temps, il écrit des livres, prépare des conférences, ou rédige des articles pour quelques revues. Il vient d’ailleurs de recevoir un prix important, en récompense de ses travaux scientifiques: une grosse somme d’argent. Mais que va-t-il faire du paquet de billets de banque, gagnés à cette occasion? Il l’a déposé provisoirement dans un petit coffre, chez lui. Certains de ses collègues ont fait cadeau de prix semblables à des institutions de bienfaisance... Oh, c’est une chose à voir.

Il faut dire encore qu’aux yeux des habitants de ce quartier, l’astronome Gaspard passe pour un original. Quand il marche dans la rue, il est tellement perdu dans ses pensées qu’il en oublie de saluer ceux qu’il rencontre: - “Bonjour, M. Gaspard, ça va?” - ”mmm...”  - “Bonjour, Gaspard!” ... Pas de réponse. C’est à peine s’il s’adresse de temps en temps à la femme de ménage qui vient chaque semaine nettoyer chez lui. Elle doit faire bien attention de ne pas déranger les papiers de son bureau. La première fois qu’elle est venue, il lui a dit: - “Vous savez, Mme Dufey, si vous touchez à une seule des feuilles sur lesquelles je travaille, eh bien c’est vous qui écrirez le prochain article pour la revue SCIENCE ET VIE !”

Gaspard n’a pas d’amis, sauf peut-être le syndic de la commune, qui habite dans la maison voisine. Ils ont été tous les deux à la même école, et, quand ils se voient, ils se font un bout de conversation par-dessus la clôture qui sépare leurs jardins.
  


Les jours suivant les jours, on arrive à la veille de Noël. Autrefois, chez Gaspard, on préparait une belle fête de famille. On chantait des cantiques, le père ouvrait sa Bible, et lisait le récits des bergers, et celui des mages... et cette dernière histoire plaisait tout spécialement à Gaspard!  Autrefois. Mais à présent, tout cela est bien loin. Tout est différent: plus de famille, plus de cantiques, plus de Bible ouverte... En cette soirée du 24 décembre, Gaspard est seul. Et il veut rester seul. Son unique compagnie, ce seront les étoiles et les planètes. Il monte donc à son observatoire, ouvre la coupole, et commence à regarder le ciel.

Tout-à-coup, il voit, parmi les astres immobiles qui scintillent,  un corps lumineux, une étoile... qui avance? Gaspard, très intrigué, suit le déplacement de ce point lumineux. Qu’est-ce que c’est? Et il est plus étonné encore quand il le voit brusquement s’arrêter - quel étrange phénomène! Il repense alors à ce verset des Noëls de son enfance: “L’étoile que les mages avaient vue en Orient allait devant eux, jusqu’au moment où, parvenue au-dessus de la maison où se trouvait le petit enfant, elle s’arrêta.” Ce souvenir fait que l’astronome, sans réfléchir, abaisse son télescope et voit, aussitôt, l’image d’une maison sur une colline. “Tiens, le centre des réfugiés et des prisonniers de guerre!” se dit-il.

En effet, depuis quelques mois, cette ancienne maison accueille des soldats blessés par un terrible conflit, en Syrie, ainsi que des familles de sans-abri, dont les habitations ont été détruites par les bombes. Ces gens ont tout perdu à cause de la violence. Il y a des hommes, des femmes, des enfants, entassés dans cette vieille bâtisse qui avait été longtemps abandonnée. Ils y vivent dans une grande pauvreté, augmentée encore par l’éloignement de leurs familles, de leurs amis. Beaucoup de leurs proches ont d’ailleurs été tués, certains ont disparu, plus personne n’a de leurs nouvelles. Inquiétude, colères d’impuissances... On est bien loin de la paix douce du premier Noël!

Une chose encore est dure pour ces victimes: la population de notre petite ville n’est pas très chaleureuse avec eux. Ce n’est pas qu’on y soit raciste ou ennemi des étrangers, non; disons plutôt qu’on y vit chacun pour soi - et Dieu pour les autres... On s’occupe de ses voisins, de celles et ceux qu’on aime, mais, plus loin: il y a tant de choses à faire! D’ailleurs, le syndic lui-même l’a dit à Gaspard: “Il faudra que j’organise une action en faveur de ces gens, par exemple un appel public pour que les citoyens partagent un peu avec eux. Il faudra. Il faudrait...” Mais le syndic est tellement occupé... Il n’a jamais rien fait.

Et maintenant, dans cette nuit de Noël, Gaspard regarde la vieille maison. Grâce à son télescope, il voit les gens comme s’il était tout près d’eux. Et il découvre vraiment leur misère. Des armoires quasi vides, presque sans provisions et sans habits, alors que l’hiver perce les murs mal entretenus. Des bébés qui pleurent, de faim, de froid. Des enfants qui se courent après parce qu’ils n’ont pas de jouets pour s’amuser autrement. Pas de livres, ni d’ordinateurs. Pas d’instrument de musique. Juste une vieille télé qui montre des images pleines de parasites, des images de guerre...
  


Un long moment, Gaspard reste les yeux fixés sur ces blessés, ces étrangers. Il en oublie ses étoiles et ses planètes. Des années durant, il n’a été attentif qu’aux problèmes scientifiques qui remplissaient sa tête. Ce soir, peut-être parce qu’il s’est rappelé de la naissance de Jésus, il sent dans son coeur des sentiments qui se réveillent, des sentiments qui le poussent à agir.

Gaspard quitte son télescope et descend à son appartement. Il met dans deux grosses valises tout ce qu’il peut comme habits chauds, une couverture, et aussi des biscuits, du chocolat, du thé. Il reste un peu de place... Gaspard hésite quelques secondes, puis il ajoute les bougies qu’il avait achetées pour décorer sa maison, demain Noël, la bonne bouteille qu’il s’était promis de boire avec le syndic, un de ces jours.

Gaspard enfile son manteau. Dehors, il fait froid. Mais il revient à son bureau, ouvre le coffre et... lentement, prend l’enveloppe qui contient les billets de banque. Le prix qu’il a reçu, il sait ce qu’il va en faire. Puis il sort dans la nuit, avec son chargement.

  


Dans la vieille maison, sur la colline, c’est une incroyable surprise pour ces soldats blessés et ces familles de réfugiés. À peine Gaspard est-il entré qu’on se rassemble autour de lui, on s’appelle, on s’agite... On se partage les habits, les cadeaux, dans une joie étonnée, et l’argent. Des paroles s’échangent. Les regards brillent. Gaspard, le solitaire, le savant perdu dans ses étoiles, découvre soudain d’autres valeurs: le plaisir de faire des heureux, qui ne s’y attendaient pas, et le bonheur d’une amitié qui commence. On l’emmène vers un lit, au fond de la pièce: une jeune femme toute pâle y est couchée, qui serre un nouveau-né dans ses bras. La couverture sera pour elle.

 

Sur le chemin du retour, Gaspard a beaucoup à penser. C’est vraiment étrange, cette lumière, dans le ciel, qui s’est arrêtée. Et toutes ces ressemblances avec l’histoire de Noël. On lui a même dit que la jeune femme et son bébé s’appellent Meryem et Emmanuel. Il entend encore son père lire dans sa Bible: “On appellera cet enfant Emmanuel, ce qui veut dire DIEU AVEC NOUS”. Et puis, Gaspard, c’est aussi le nom qu’on a donné à l’un des mages, qui étaient les premiers astronomes... Bien sûr, le Sauveur n’est venu qu’une seule fois dans le monde, mais il a dit un jour: “Tout ce que vous faites pour l’un des plus petits des humains, mes frères, c’est pour moi, Jésus, que vous le faites.”

Gaspard se promet de revenir régulièrement vers ses nouveaux amis, tellement il a eu de joie à leur contact. Et surtout, il va parler avec le syndic pour qu’il n’oublie pas d’encourager les habitants de la petite ville à monter eux aussi vers la vieille maison. Et à découvrir à leur tour le bonheur de cette rencontre.

Voilà ce que pense Gaspard, en rentrant chez lui, dans la nuit qui s’achève. Il n’a pas le sentiment d’avoir fait quelque chose d’extraordinaire; juste un geste de bonne volonté. Un geste qui lui aura surtout fait du bien à lui. Quel fabuleux Noël! C’est sûr, il ne l’oubliera jamais.

                                                   Hubert Roulet et Jean-Jacques Corbaz