Pour vous y retrouver

Bonjour! Bienvenue sur ces pages, que j'ai plaisir à ouvrir pour vous!
Vous trouverez sur ce blog différentes sortes de contributions:
- annonce (An),
- billet (Bi),
- citation (Ci),
- confession de foi (CF),
- conte (Co),
- formation d'adultes (FA),
- humour (Hu),
- image (Im),
- liturgie (Li),
- poésie (Po),
- prédication (Pr),
- réflexion (Ré),
- sciences bibliques (SB),
- vulgarisation (Vu).
Bonne balade entre les mots!
Ces œuvres sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

dimanche 26 mars 2017

(Pr, SB, Vu) La croix: qu’est-ce que ça change?

Prédication du 26.3.17

Lectures: Jean 8, 1-12; Ephésiens 2, 14-16

  

C’était il y a quelques années. L’homme était juif, pratiquant. Il parlait de la Shoa (le massacre de six millions de juifs pendant la 2è guerre mondiale). Et il citait de nombreux passages de l’Ancien Testament (AT) où les prophètes annoncent que Dieu va se venger, et faire payer les nations coupables d’opprimer Israël.

Quelqu’un lui demanda: “Donc, Dieu va punir l’Allemagne?” 

Il eut alors cette réponse: “À vrai dire, je ne crois pas. Et cela à cause d’un juif!” 
- Comment?
“Oui, un juif. Vous, les chrétiens, vous l’appelez le Christ.” Après un bref silence, il ajouta: “Moi, j’ai beaucoup de sympathie pour celui-là.”

 


Cette anecdote illustre très bien ce que Jésus est venu changer à Vendredi saint. Le crucifié a tourné à l’envers nos religions et nos relations humaines, en y introduisant cet élément nouveau: le pardon. Il a changé la loi religieuse qui nous accusait, pour en faire une grâce, une parole qui nous sauve! Et c’est exactement cela qu’annonce l’épisode de cette femme, adultère, dans l’évangile selon Jean.

Il est peut-être dommage, aujourd’hui, que ce passage soit si connu. Cela risque de nous empêcher d’entendre son vrai message. “Ouais, ouais, on connaît la chanson, on doit pardonner; tout le monde il est gentil, etc.” Ou bien: “Ce Jésus angélique, bonasse, une fois de plus, il passe l’éponge. Très gentil, trop...”

Non! Pas du tout! La gentillesse n’a rien à voir, dans cette histoire. Ni la morale: Jésus ne dit jamais “Tu dois” ou “Il faut”, vous avez remarqué? Il ne nous demande pas ici de nous pardonner les uns les autres, pas plus qu’il ne nous laisse tout faire, débonnaire. Il ne banalise pas la faute de cette femme (et peut-être certains d’entre nous sont-ils aussi empêchés d’entendre ce passage comme il est à cause de tel adultère concret qu’ils ont en mémoire, et qui leur fait mal).

Essayons donc de déposer tout cela à côté de la porte d’entrée de notre récit, et de le découvrir comme Jean le voudrait.
   
D’abord, notre passage vient peu après le célèbre verset “Je suis  le pain de vie”. Le Christ est alors en plein affrontement avec les juifs; ces juifs qui, chez Jean, représentent la part d’incrédulité que nous avons en nous-même. Les chefs religieux d’Israël veulent faire mourir Jésus parce qu’il transgresse la loi de l’AT. Jugement sommaire, injuste, car l’accusé n’a pas la possibilité de se défendre.

Et puis, avant d’aller plus loin dans cette espèce de marche vers la croix, il y a comme une parenthèse, cette histoire de la femme adultère. Histoire qui est introduite par quelques détails significatifs. Observons-les.

(1°) Premier détail-signe: le lieu de l’action. Jésus se rend au Mont des Oliviers; un endroit lié à sa passion, vous le savez. Géographiquement, le Mont des Oliviers est situé face au Temple de Jérusalem. Il est à l’opposé du lieu traditionnel, classique, de la religion d’Israël. Le Mont des Oliviers symbolise donc que ce qui va se passer sera une contestation du Temple, et des traditions juives.

(2°) Deuxième détail-signe: le moment de l’action. “Tôt le lendemain matin...” Ça ne vous rappelle rien? Ce sont exactement les mêmes mots qui introduisent le récit de Pâques, quand une autre femme, Marie de Magdala, découvre que le tombeau est vide. La même porte d’entrée; et à nouveau une femme, d’ailleurs un peu méprisée: pas de doute, il y a une parenté proche entre ces deux histoires. Jean veut nous annoncer que des temps nouveaux ont commencé. Les anciennes valeurs sont périmées.

Résumons: opposition à la religion traditionnelle juive, et temps nouveaux qui se lèvent: c’est donc bien l’ancienne manière de vivre sa foi qui est périmée; ou condamnée: ce que l’évangile selon Jean appelle en général “la loi”, c’est-à-dire l’ensemble des prescriptions de l’AT; la religion des juifs - donc la religion de la part de nous-même qui n’accepte pas le Christ! La loi, qui se prétendait le chemin du salut. Mais qui n’est qu’un lieu de mort, selon Jean!

(3°) Troisième détail significatif: les scribes et pharisiens amènent une femme adultère. Pour qui a lu l’AT, impossible de ne pas penser à tous ces passages où les prophètes dénoncent Israël, l’accusant de se détourner de Dieu pour adorer des idoles, et comparant cela à un adultère. Il faut donc entendre ce récit, non pas comme une simple histoire sur la morale sexuelle, ni même sur le pardon, mais comme une prédication sur l’ensemble des relations entre Dieu et son peuple!

Des relations tendues, difficiles; tissées de trahisons. Un drame, par conséquent. Ce que précise l’évangile, quand il qualifie la manoeuvre des juifs de piège contre Jésus. Depuis les chapitres précédents, on a l’impression que le Christ est comme une mouche dans une toile d’araignée: plus il bouge, plus les fils se resserrent. Il n’y aura pas d’autre issue que la mort.
  

Vous commencez peut-être à sentir le parallèle: la loi de l’AT, qui condamne la femme adultère, elle va aussi tuer Jésus. C’est le même mouvement, le même encerclement, le filet qui se referme sur sa proie. À travers cette femme adultère, condamnée sans pouvoir se défendre, Jésus se montre à son tour écrasé et déjà tué par cette loi religieuse.

Car que fait-il, quand on lui pose la question-piège? Eh bien il se baisse; il s’abaisse, muet. Comme s’il entendait déjà la sentence sur lui-même: “au nom de la loi, je vous condamne!”

Jésus s’abaisse pour se montrer hors-la-loi, comme la femme. Il partage avec elle la condition de coupable. D’ailleurs, il la partage avec tous, puisqu’il invite chacun(e) à se reconnaître pécheur: “que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre!”

La loi nous réunit tous dans la même culpabilité. Et Christ s’y enfonce avec nous, du côté des adultères, du côté des victimes - et aussi des coupables!

Car c’est l’usage d’une loi pour mener au salut qui est péché; et c’est l’usage d’une religion comme moyen d’accusation qui est diabolique! Ce qui tue Jésus, dans l’évangile, ce sont nos lois, nos “méthodes-pour-sauver-les-uns-et condamner-les-autres”.
  

C’est par nos lois que nous tuons le Christ, et il ne s’agit pas que des lois juives (ou alors des lois des juifs, dirait l’évangile selon Jean, donc des lois venues de la part de nous-même qui rejette le Christ). Toutes nos lois sont visées, toutes celles qui nous semblent donner l’absolu et le salut! Probablement, aujourd’hui, pouvons-nous penser aux lois du monde économique, où seule la réussite est bonne: réussite scolaire, réussite sociale, réussite financière... L’échec, c’est “la honte”.

C’est par nos lois que nous tuons Jésus. Mais la nouvelle, la bonne nouvelle de Vendredi saint, c’est ceci: Christ, par sa mort, peut tuer nos lois (“Sur la croix, il a détruit l’instrument de condamnation” dit la lettre aux Ephésiens), il a aboli la loi. Celle-ci voulait condamner Jésus, mais c’est lui qui la condamne!

Vous avez remarqué? Par terre, il écrit par deux fois. Afin de montrer qu’il y a l’ancien régime, et le nouveau; l’ancienne loi, qui comptabilise les péchés, et la nouvelle religion, qui les biffe!

Jésus tire un trait sur nos anciennes vies, et nous invite à sortir de l’enfermement de toute loi, pour marcher vers la liberté. “Va”, dit-il à la femme. Sors de ce système périmé, et entre dans l’existence nouvelle des rachetés!
  

Vous voyez qu’on est à des kilomètres du Christ gentillet, coulant; et aussi du moraliste des “tu dois” et des “il faut”. C’est beaucoup plus difficile que ça! Il s’agit d’entrer dans une vie différente, nouvelle, où, toute loi à prétention d’absolu, Jésus la fait sauter! Comme une contredanse!

Ce qu’il prône, ce n’est donc ni le pardon trop facile, trop peu exigeant; ni la morale simpliste des commandements, des lois. Au contraire, Jésus nous invite à jeter un regard lucide sur nous-même; un regard exigeant, qui discerne ce qui, en nous n’accepte pas le Christ; mais un regard transformé par la solidarité et le pardon du crucifié; un regard neuf aussi, puisque le Juge a déserté le tribunal pour venir s’asseoir avec nous sur la chaise électrique - ou derrière les barreaux - ou sous le poids de nos condamnations villageoises; familiales; professionnelles....

Dites, si c’est à lui que nos jugements font mal; si c’est lui que nos jugements tuent... est-ce que ça pourrait nous aider à un peu moins nous condamner les uns les autres? Voire... à un peu moins nous condamner nous-même?

Je le crois. Je l’espère. Amen


Jean-Jacques Corbaz   



mardi 14 mars 2017

(Hu) physique de haut vol



J’ai donné un coup de fil à un ami, et je lui ai demandé ce qu’il faisait.

Il m'a répondu qu’il travaillait sur le traitement aqua-thermique des céramiques, du verre, de l'inox et du téflon sous un environnement contraint.

J’ai été très impressionné.
Pour mieux comprendre, je lui ai demandé des précisions; et il m'a déclaré qu’en fait il lavait la vaisselle à l’eau chaude... sous la surveillance de sa femme.


dimanche 12 mars 2017

(Vu) La prière, à quoi ça sert?













(Vu) Le Notre Père expliqué pour les enfants

Le Notre Père expliqué pour les enfants 

Notre Père
Dieu, nous pouvons te parler comme à un papa,
Tout ce que nous te disons, tu trouves que c’est important. 


Qui es aux cieux
On ne te voit pas, c’est peut-être parce que tu es en chacun de nous.

Que ton nom soit sanctifié
Nous te faisons une place spéciale dans nos vies,
Comme à quelqu’un d’extraordinaire et de fragile à la fois. 


Que ton règne vienne
Quand nous nous aimons les uns les autres, alors tu es là, au milieu de nous. L’amour, c’est toi. 

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
Tu veux ce qu’il y a de mieux pour nous.
Et nous, nous voulons comprendre et suivre ce chemin que tu nous montres.


Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
Donne-nous tous les jours le goût de la vie.
Nous avons besoin de ce pain-là pour nourrir notre cœur. 


Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés
Ce n’est pas facile de demander pardon.
Toi, tu nous pardonnes toujours, et nous voudrions faire comme toi. 


Et ne nous soumets pas à la tentation
Tu es là, alors nous avons confiance, et nous n’avons plus peur. 

Mais délivre-nous du mal
Quand nous sommes tristes, tu es près de nous et tu nous redonnes l’envie de sourire.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles
Tu es grand, tu es fort, nous sommes heureux d’être proches de toi, Pour toujours. 

Amen
C’est bien vrai ! 


(tiré d'un livre dont j'ignore l'auteur).

 

jeudi 2 mars 2017

(Pr, Bi) La prière, école d’intranquillité


Parmi les pratiques qui marquent l’expression religieuse, la prière est sans doute la plus connue… et la plus étrange. Et même lorsque la familiarité des lieux de foi s’estompe, la voilà qui demeure, comme une trace impérissable et toute personnelle de la vie spirituelle ou de l’espérance tenace. Balbutiement sans protocole ou intention bien formulée, elle constitue une expérience accessible à chacune et chacun – et le Jubilé de la Réforme que nous marquons en 2017 se plaît à rappeler cette liberté du croyant devant Dieu qu’il tutoie. Lieu commun des religions, la prière se pare parfois des habits de la méditation, lorsqu’il arrive à la foi de s’effacer devant la quête quasi séculière du soi intérieur.

Mais que penser de cette sorte d’évidence qui consiste, soit à parler à Dieu (pour peu qu’il écoute), soit à le laisser parler en nous (pour peu qu’il parle)? La prière n’est-elle, comme on le croit volontiers, que le refuge de l’âme devant les inquiétudes du temps? Est-elle cet effort dérisoire pour changer Dieu, ou bien cette formule magique qui viendrait conjurer l’expérience de la fatalité (dans les futilités du quotidien comme dans les grands drames de la vie)? Prier, est-ce quémander et supplier pour être exaucé? Il y a fort à parier que le Dieu que nous prions alors soit à l’image de nos désirs insatisfaits et de nos luttes défaites: un Dieu taillé à l’image de l’humain et de son manque. Pour tout dire: une idole. On prête au philosophe anarchiste Proudhon le propos suivant: «L’homme devient athée quand il se sent meilleur que son Dieu.» Devant ce constat, il faut oser une autre prière que celle qui nous rassure et nous anesthésie.

Ça tombe bien: le début du mois de mars marque la période choisie pour la Journée mondiale de prière – cette année, c’est le vendredi 3. A l’école des femmes qui, depuis la fin du XIXe siècle déjà, puis plus nettement depuis l’entre-deux-guerres, façonnent ce rendez-vous et donnent à prier comme à penser, la prière est un chemin volontaire de paix, certes, mais elle est surtout une école d’intranquillité: elle rappelle à qui ose l’entendre que prier, c’est rester en éveil, lutter, s’engager, agir pour la transformation positive du monde. Cette année, les femmes des Philippines nous alertent sur l’expérience de l’injustice sociale et témoignent que la prière est ce geste qui change la vie. La devise du mouvement tint d’ailleurs dans ces mots lucides: «s’informer pour prier, prier pour agir».

La prière est une protestation et une confiance: elle se conquiert et elle se reçoit. Parfois, parfois seulement, carême ou pas, elle est une formule liturgique d’un culte ou d’une messe. Le plus clair du temps, elle est un combat, ainsi qu’en témoignent, dans la Bible, les Psaumes et le livre de Job. Un combat pour la dignité de chacune et de chacun, dans toutes les facettes de l’existence. Dès lors, prière et engagement ne font qu’un.

Blaise Menu  (modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres de l’Eglise protestante de Genève)


 
* Modérateur de la Compagnie des pasteurs et des diacres de l’Eglise protestante de Genève (TDG)

lundi 20 février 2017

vendredi 10 février 2017

(Li) Prière de remise à Dieu pour un service funèbre

Dieu de paix, Dieu de promesse,
Une vie se termine à côté de nous, après NN ans.
Mais notre espérance, c’est qu’une vie recommence,
Auprès de toi, dans ton amour comme dans le nôtre.

Et là, tout ce que XX a vécu est maintenant transformé,
Recréé à neuf, guéri par ton pouvoir créateur.
Notre passé, tu le rachètes, tu l’illumines de ta présence parfaite.
Mais aussi tu l’allèges de tous ses fardeaux, de toutes ses peines, ses culpabilités, ses regrets.

C’est pourquoi nous te remettons maintenant XX
En gardant comme un trésor ce que nous avons vécu avec lui de bon, de beau… ce qui nous a portés ; aidés ; permis d’espérer…

Nous déposons aussi devant toi, bien sûr, les instants plus difficiles, plus tristes ; ce que nous n’avons pas pu vivre avec lui ; ou trop mal.

Toi, tu veux que jamais rien ne nous sépare de ton amour.
Maintenant que XX est auprès de toi, tu veux aussi que rien ne nous sépare de son affection, aujourd’hui encore.
Remplis nos cœurs de force positive et apaisante ; de courage ; de confiance.

Soutiens, bénis son épouse ; ses enfants, ses beaux-enfants ; ses petits-enfants, ainsi que tous ceux, toutes celles que son décès rend tristes.
Nous prions également pour les personnes qui n’ont pas pu se joindre à nous pour ce culte.

(ainsi que pour les pensionnaires et le personnel de l'EMS de yy).
Que chacun(e) sente dans son cœur verser la force chaleureuse de ta bonté, dans la paix que donne Jésus, le Christ.

C’est lui qui nous a appris à prier. C’est donc en son nom que nous te disons, d’une même voix, les mots qui font de nous tes enfants :
Notre Père…
Amen



JJ Corbaz

(Li) Prière d’entrée pour un service funèbre

Toi que nous appelons « Dieu »,
Mystère qui entoure notre naissance et notre mort,
Toi dont on parle, mais qu’on connaît parfois si peu,
Jésus nous a fait rencontrer ta tendresse, ta bonté patiente…
Ta volonté obstinée de nous conduire sur des chemins de bonheur et de paix.

Tu nous vois aujourd’hui qui pleurons, blessés,
Souffrant à cause de la maladie et de la mort de NN...

Nous savons que tu nous comprends,
Puisque tu as aussi traversé le deuil, à Vendredi saint, quand Jésus est mort sur la croix.

Aide-nous à nous consoler les uns les autres,
Par nos présences, nos mains tendues, nos amitiés partagées.
Eveille en nous des forces de solidarité, de proximité, de pardon…
Tout ce que Jésus est venu commencer parmi nous.
Amen


J-J Corbaz


(Ci, Po) Un amour m'attend

Texte rédigé peu avant sa mort une Carmélite française, décédée à l’âge de 45 ans:

 “Ce qui se passera de l'autre côté,
quand tout pour moi aura basculé dans l'éternité…
Je ne le sais pas !
Je crois, je crois seulement qu'un amour m'attend.


Ne me parlez pas des gloires et louanges des bienheureux,
Ne me dites rien non plus des anges...
Tout ce que je peux, c’est croire, croire obstinément
Qu'un amour m'attend.


Maintenant, mon heure est si proche: que dire?
Oh, mais sourire.
Ce que j'ai cru, je le croirai plus fort, au seuil de la mort.
C'est vers un amour que je vais en vous quittant;
C'est dans un amour que je descends doucement.


Si je meurs, ne pleurez pas.
C'est un amour qui me prend paisiblement.
Si j'ai peur… et pourquoi pas?
rappelez-moi, simplement, qu'un amour m'attend.


Il va m’ouvrir tout entière à sa joie, à sa lumière.
Oui, Père, je viens à toi, dans le vent dont on ne sait
Ni d’où il vient, ni où il va.”


(Transmis par Mme Simone Wurgler, merci!!)


(Co) Semer ou ne pas semer?

Le patriarche Abraham entend un jour Dieu qui l’appelle: «Abraham! Ecoute ce qui va se produire dit Dieu: pendant l’été entier, il ne tombera pas une goutte de pluie!»

Abraham prend cette annonce au sérieux. Il en avertit ses voisins, et tous sont catastrophés. Pourtant, au printemps, à la grande surprise du village, Abraham s’en va sur ses champs. Et: il sème! Partout, il répand ses graines, comme d’habitude. Les voisins ne comprennent plus rien. 


«Que fais-tu? lui disent-ils. Tu annonces une sécheresse épouvantable, et tu sèmes quand-même? C’est insensé!»  ...

Lorsque l’été survient, la campagne entière est pelée. Aride.     Tous les champs sont un désert. Sauf... sauf ceux d’Abraham! Ceux-là portent de superbes moissons!

«Abraham, crient les voisins, tu es un traître! Tu nous avais prédit la sécheresse. Et nous t’avons cru. Alors, nous n’avons pas semé. Et maintenant.. »

«Mais je vous ai dit la vérité, répond le patriarche. Effectivement, il n’a pas plu de tout l’été, comme le Seigneur l’avait annoncé. Mais Dieu n’a jamais dit qu’il ne fallait pas semer…»


(conte arabe)

dimanche 5 février 2017

(Pr) La ruse de Gabaon - Et Dieu

Prédication du 5 février 2017

« Une étrange méprise » à propos de nos promesses (Josué 9)

Lectures bibliques: Josué 9, 3-6+11-16+22-27; Romains 3, 21-25; Psaume 111

 

 

Peut-être vous est-il arrivé de vous sentir « coincé » par une promesse que vous aviez faite . Tout à coup, vous réalisez que la situation est différente de ce que vous aviez cru ; et votre serment vous entraine beaucoup plus loin que vous n’aviez pensé. Un peu comme ces paysans autrefois qui cautionnaient des voisins, et dont certains se sont ruinés pour respecter leur signature.

C’est (sans qu’ils ne se ruinent !), c’est la mésaventure survenue à Israël au temps de Josué. On raconte que Dieu leur avait promis la Palestine pour qu’ils puissent y vivre, après la sortie d’Egypte. Leurs chefs et leur religion leur avaient donné deux consignes :
(1°) conclure des alliances avec les peuples lointains, et donc les épargner ;
(2°) mais exterminer les royaumes proches de Canaan, pour s’établir sur leur territoire.

Cette tactique s’explique d’un point de vue guerrier, pour éviter tout risque de révolte après la conquête. Mais, bien sûr, d’un point de vue chrétien et moderne, ce procédé nous révolte. Ces mœurs violentes et barbares sont pour nous bien peu compatibles avec la volonté de notre Dieu !

Pourtant, n’oublions pas qu’alors, tout le monde vivait selon ces principes sanguinaires, c’était le seul langage compréhensible, à l’époque. Un dieu n’était crédible que si ses fidèles flanquaient des pilées monumentales aux peuples qui s’opposaient à eux. D’ailleurs, aujourd’hui, en Palestine, justement…
  


Mais revenons à notre histoire. La conquête de la Palestine se passe comme prévu, Josué remporte de grandes victoires, qui répandent la crainte dans la région.

Et voilà que le peuple de Gabaon, en plein centre du pays de Canaan, imagine pour sauver sa peau une ruse. Vous l’avez entendu, ils se déguisent en voyageurs lointains, épuisés par un long trajet, et ils obtiennent ainsi une alliance de la part d’Israël. Promesses de paix, de relations harmonieuses et de protection.

Le hic, c’est que trois jours après, les chefs d’Israël se rendent compte qu’ils ont été roulés. Ces gens soi-disant venus de très loin, en fait ils n’habitent qu’à une dizaine de km de Jérusalem. Un peu comme si quelqu’un vient vous demander l’hospitalité en prétendant qu’il a marché depuis la Bulgarie pour venir chez vous, et que vous vous aperceviez soudain que votre visiteur habite Noville ou Chexbres !

Vous imaginez la tête des responsables d’Israël. Et leur colère ! Toujours dans les usages de ce temps-là, on verrait bien Josué et les siens tomber à bras raccourcis sur ces tricheurs de Gabaon. Ils ont menti, ils ont trompé Israël, il serait normal que l’alliance soit cassée et qu’on les massacre comme on aurait dû le faire dès le début !
  

 
Mais non ! Malgré le peuple, qui voudrait les exterminer, Josué et les chefs d’Israël vont continuer de protéger les gens de Gabaon. Ils considèrent que leur promesse est plus importante que leur amour-propre. Même s’ils s’étaient engagés « sans consulter le Seigneur », comme dit le verset 14, ils avaient fait alliance devant Dieu, à cause de lui, et c’était ça qui était le plus important.

Notons entre parenthèses que la ruse des Gabaonites n’a fait de tort à personne. Elle leur a permis de se sauver ; mais Israël, partenaire de l’alliance, n’a pas souffert du traité. Peut-être même cette ruse a-t-elle rendu possible un peu plus de la paix et de la réconciliation qu’un chrétien moderne comprend dans la volonté de Dieu !

Mais l’essentiel est ailleurs. Il est dans cette fidélité de Josué à ses promesses, même si ses partenaires ne méritent pas cette fidélité. L’attitude des chefs d’Israël est ici tout à fait conforme à celle de Dieu, dans son alliance avec les hommes. Elle nous parle de la fidélité de notre Père céleste, lui qui s’est lié souverainement envers son peuple. Même si Israël a passé son temps à trahir cette alliance, à oublier Dieu, à renier toute loyauté envers Celui qui les avait sauvés de l’esclavage, malgré tout Dieu, lui, n’a jamais cessé d’aimer, d’appeler, de vouloir le bien de ses enfants. Dieu est fidèle, et il le reste éternellement.

Voilà comment ce récit de guerre et de conquêtes nous parle quand même de Dieu, de sa patience, de sa bienveillance infinie pour nous. Lui ne se démentira jamais.
  


En cette année où nous commémorons les 500 ans de la Réforme, il est important de souligner avec vigueur la fidélité de Dieu à son alliance ; malgré nos trahisons ; malgré nos réticences à le suivre. Dieu s’est engagé, il ne nous lâchera pas. Chouette !

Chouette, mais n’oublions pas que ce récit nous parle aussi de nos engagements à nous. Nos promesses d’hommes et de femmes, celles que nous prenons devant Dieu, parfois à la légère, parfois même « sans consulter le Seigneur » !

Si souvent, nous nous engageons dans une alliance, pleins de bonne volonté. Et puis, il y a des imprévus, des éléments nouveaux. Parfois même nous considérons ces aléas comme des coups tordus de la vie : les choses ne sont pas allées comme on croyait, des espoirs nous ont été enlevés, la situation n’a pas tenu ce qu’elle promettait… Peut-être même est-ce l’Eglise ou la foi qui ont trahi nos attentes.

Dans ces conditions, il est humain de considérer nos engagements comme caducs. Merci à Josué de nous montrer une autre attitude ! Il y a ici une résolution de conflit non-violente, un choix gagnant-gagnant dont nous pouvons nous inspirer.

Pourtant, je ne vais pas vous dire, aujourd’hui : tenez vos promesses quoi qu’il arrive. Car nous ne sommes plus sous le joug d’aucune loi religieuse. Et de toute façon, nous ne sommes pas Josué ; et encore moins Dieu le Père !

Ce que nous nous disons ensemble, ce matin, c’est ceci : aujourd’hui, oui, souvenons-nous que Dieu vient lui-même dans nos engagements pour y introduire sa dimension de fidélité infinie, d’éternité qui ne désespère jamais. Merci aux Réformateurs de l’avoir si bien souligné ! « Tous ont péché, et sont donc passibles d’être privés des promesses de Dieu. Mais lui, dans sa bonté, nous rend tous justes, en Christ » !
 
 
Dieu renouvelle son alliance avec nous, il nous redit infatigablement ses promesses de salut, de pardon. Puisse-t-il ainsi nous aider à habiter nos propres engagements, pour que ceux-ci reflètent les siens le mieux possible. Puisse-t-il ainsi nous réapprendre à vivre, et à aimer. C’est ce à quoi nous essayerons de nous ouvrir tout à l’heure, en communiant au corps et au sang du Christ, signes de toutes les promesses de Dieu concentrées sur la croix.

Ces promesses sont pour nous, qui que nous soyons, et quoi que nous fassions. Amen                        

Jean-Jacques Corbaz