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dimanche 5 février 2017

(Pr) La ruse de Gabaon - Et Dieu

Prédication du 5 février 2017

« Une étrange méprise » à propos de nos promesses (Josué 9)

Lectures bibliques: Josué 9, 3-6+11-16+22-27; Romains 3, 21-25; Psaume 111

 

 

Peut-être vous est-il arrivé de vous sentir « coincé » par une promesse que vous aviez faite . Tout à coup, vous réalisez que la situation est différente de ce que vous aviez cru ; et votre serment vous entraine beaucoup plus loin que vous n’aviez pensé. Un peu comme ces paysans autrefois qui cautionnaient des voisins, et dont certains se sont ruinés pour respecter leur signature.

C’est (sans qu’ils ne se ruinent !), c’est la mésaventure survenue à Israël au temps de Josué. On raconte que Dieu leur avait promis la Palestine pour qu’ils puissent y vivre, après la sortie d’Egypte. Leurs chefs et leur religion leur avaient donné deux consignes :
(1°) conclure des alliances avec les peuples lointains, et donc les épargner ;
(2°) mais exterminer les royaumes proches de Canaan, pour s’établir sur leur territoire.

Cette tactique s’explique d’un point de vue guerrier, pour éviter tout risque de révolte après la conquête. Mais, bien sûr, d’un point de vue chrétien et moderne, ce procédé nous révolte. Ces mœurs violentes et barbares sont pour nous bien peu compatibles avec la volonté de notre Dieu !

Pourtant, n’oublions pas qu’alors, tout le monde vivait selon ces principes sanguinaires, c’était le seul langage compréhensible, à l’époque. Un dieu n’était crédible que si ses fidèles flanquaient des pilées monumentales aux peuples qui s’opposaient à eux. D’ailleurs, aujourd’hui, en Palestine, justement…
  


Mais revenons à notre histoire. La conquête de la Palestine se passe comme prévu, Josué remporte de grandes victoires, qui répandent la crainte dans la région.

Et voilà que le peuple de Gabaon, en plein centre du pays de Canaan, imagine pour sauver sa peau une ruse. Vous l’avez entendu, ils se déguisent en voyageurs lointains, épuisés par un long trajet, et ils obtiennent ainsi une alliance de la part d’Israël. Promesses de paix, de relations harmonieuses et de protection.

Le hic, c’est que trois jours après, les chefs d’Israël se rendent compte qu’ils ont été roulés. Ces gens soi-disant venus de très loin, en fait ils n’habitent qu’à une dizaine de km de Jérusalem. Un peu comme si quelqu’un vient vous demander l’hospitalité en prétendant qu’il a marché depuis la Bulgarie pour venir chez vous, et que vous vous aperceviez soudain que votre visiteur habite Noville ou Chexbres !

Vous imaginez la tête des responsables d’Israël. Et leur colère ! Toujours dans les usages de ce temps-là, on verrait bien Josué et les siens tomber à bras raccourcis sur ces tricheurs de Gabaon. Ils ont menti, ils ont trompé Israël, il serait normal que l’alliance soit cassée et qu’on les massacre comme on aurait dû le faire dès le début !
  

 
Mais non ! Malgré le peuple, qui voudrait les exterminer, Josué et les chefs d’Israël vont continuer de protéger les gens de Gabaon. Ils considèrent que leur promesse est plus importante que leur amour-propre. Même s’ils s’étaient engagés « sans consulter le Seigneur », comme dit le verset 14, ils avaient fait alliance devant Dieu, à cause de lui, et c’était ça qui était le plus important.

Notons entre parenthèses que la ruse des Gabaonites n’a fait de tort à personne. Elle leur a permis de se sauver ; mais Israël, partenaire de l’alliance, n’a pas souffert du traité. Peut-être même cette ruse a-t-elle rendu possible un peu plus de la paix et de la réconciliation qu’un chrétien moderne comprend dans la volonté de Dieu !

Mais l’essentiel est ailleurs. Il est dans cette fidélité de Josué à ses promesses, même si ses partenaires ne méritent pas cette fidélité. L’attitude des chefs d’Israël est ici tout à fait conforme à celle de Dieu, dans son alliance avec les hommes. Elle nous parle de la fidélité de notre Père céleste, lui qui s’est lié souverainement envers son peuple. Même si Israël a passé son temps à trahir cette alliance, à oublier Dieu, à renier toute loyauté envers Celui qui les avait sauvés de l’esclavage, malgré tout Dieu, lui, n’a jamais cessé d’aimer, d’appeler, de vouloir le bien de ses enfants. Dieu est fidèle, et il le reste éternellement.

Voilà comment ce récit de guerre et de conquêtes nous parle quand même de Dieu, de sa patience, de sa bienveillance infinie pour nous. Lui ne se démentira jamais.
  


En cette année où nous commémorons les 500 ans de la Réforme, il est important de souligner avec vigueur la fidélité de Dieu à son alliance ; malgré nos trahisons ; malgré nos réticences à le suivre. Dieu s’est engagé, il ne nous lâchera pas. Chouette !

Chouette, mais n’oublions pas que ce récit nous parle aussi de nos engagements à nous. Nos promesses d’hommes et de femmes, celles que nous prenons devant Dieu, parfois à la légère, parfois même « sans consulter le Seigneur » !

Si souvent, nous nous engageons dans une alliance, pleins de bonne volonté. Et puis, il y a des imprévus, des éléments nouveaux. Parfois même nous considérons ces aléas comme des coups tordus de la vie : les choses ne sont pas allées comme on croyait, des espoirs nous ont été enlevés, la situation n’a pas tenu ce qu’elle promettait… Peut-être même est-ce l’Eglise ou la foi qui ont trahi nos attentes.

Dans ces conditions, il est humain de considérer nos engagements comme caducs. Merci à Josué de nous montrer une autre attitude ! Il y a ici une résolution de conflit non-violente, un choix gagnant-gagnant dont nous pouvons nous inspirer.

Pourtant, je ne vais pas vous dire, aujourd’hui : tenez vos promesses quoi qu’il arrive. Car nous ne sommes plus sous le joug d’aucune loi religieuse. Et de toute façon, nous ne sommes pas Josué ; et encore moins Dieu le Père !

Ce que nous nous disons ensemble, ce matin, c’est ceci : aujourd’hui, oui, souvenons-nous que Dieu vient lui-même dans nos engagements pour y introduire sa dimension de fidélité infinie, d’éternité qui ne désespère jamais. Merci aux Réformateurs de l’avoir si bien souligné ! « Tous ont péché, et sont donc passibles d’être privés des promesses de Dieu. Mais lui, dans sa bonté, nous rend tous justes, en Christ » !
 
 
Dieu renouvelle son alliance avec nous, il nous redit infatigablement ses promesses de salut, de pardon. Puisse-t-il ainsi nous aider à habiter nos propres engagements, pour que ceux-ci reflètent les siens le mieux possible. Puisse-t-il ainsi nous réapprendre à vivre, et à aimer. C’est ce à quoi nous essayerons de nous ouvrir tout à l’heure, en communiant au corps et au sang du Christ, signes de toutes les promesses de Dieu concentrées sur la croix.

Ces promesses sont pour nous, qui que nous soyons, et quoi que nous fassions. Amen                        

Jean-Jacques Corbaz     



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