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dimanche 20 août 2017

(Pr) Les 4 vandales

Prédication du 20 août 17

Lectures: Marc 2, 1-12; 2 Timothée 2, 8-10; Psaume 41, 2-4


C’est l’histoire de quatre vandales. Qui cassent un toit. Mais c’est mon histoire, et c’est la vôtre aussi!

Ce jour-là, la maison de Simon est pleine de monde, à craquer. Car Jésus est là, et les foules accourent.

Or, voici qu’arrivent quatre hommes qui portent un de leurs amis, paralysé, sur un brancard de fortune. Puisque l’attroupement les empêche d’accéder à Jésus, ces quatre gaillards ont une idée étonnante. Comme un coup de poker.  Sans s’embarrasser des convenances, ils hissent leur compagnon sur la terrasse de la maison, qui fait office de toit, aussi. Là, ils ouvrent un trou, et y font descendre le paralysé jusqu’à Jésus.
  

J’aime cette histoire, en particulier parce qu’elle est riche de symboles. De symboles bien différents de ceux du récit de Jean, que nous avons lu il y a deux semaines.

Evidemment, je préfère que ce soit le toit de Simon qui ait été percé plutôt que le mien! D’ailleurs, le climat et le style des habitations n’est pas le même.

Mais quelle est la première réaction de Jésus, à cet acte de vandalisme? Il admire la foi des quatre hommes, nous dit l’évangile. Non seulement il les félicite, mais encore il discerne, dans leur geste, un acte de foi. Un mouvement religieux!

Et on pourrait, en continuant la lecture de ce passage, méditer longuement sur le pardon des péchés, et sur la conception étriquée qu’avaient en ce temps-là les scribes de la religion. Je l’ai déjà fait. Vous aussi sans doute!


Mais aujourd’hui, j’aimerais m’arrêter avec vous sur ce trou dans le toit, qui est pour Jésus un signe de foi.

Au fond, ce dont témoignent les quatre amis, c’est de leur volonté totale, sans concession, de mettre leur copain handicapé dans la proximité de Jésus. Ils ne se laissent arrêter par rien, ni par la foule, ni par les barrières architecturales.

Leur foi, c’est de crever le toit. Grâce à ce trou, un grabataire a été remis debout; un mort-vivant a été ressuscité.

Ainsi, il a fallu casser, percer, pour que la Vie majuscule puisse se frayer un passage; et pour provoquer une rencontre qui sauve. Vous le voyez, ce passage de l’évangile ne laisse pas indemne. Il a fallu que la foi des brancardiers les transforme en casseurs; qu’elle prenne le visage de l’obstination et du culot, voire qu’elle les amène à commettre un acte de l’ordre du délit!

Et c’est ce trou dans le toit qui va conduire Jésus à, lui aussi, crever une paroi! Il percera un mur plus épais que la terrasse de Simon quand il pénètrera à l’intérieur de cet homme, qui était muré dans son infirmité, emprisonné dans les impasses de la religion juive de son temps.

Jésus ouvre une brèche essentielle quand il prononce ces mots, inouïs (inouïs au sens propre: jamais entendus, puisque seul Dieu, pensait-on, seul Dieu avait le pouvoir de déclarer cela): “Mon fils, tes péchés te sont pardonnés”. Autrement dit: tu es délivré de ce qui t’enchaînait, de ce qui t’empêchait de vivre!
   

J’aime cet Evangile qui ouvre des brèches, qui force des portes, qui crée des passerelles pour que nous puissions nous rejoindre nous-mêmes. Et nous rejoindre les uns les autres!

Des trous dans nos vies opaques, étanches, bétonnées. Des fissures dans les systèmes humains que trop souvent nous érigeons pour nous protéger de l’autre; de l’aventure; de l’inconnu... nous protéger de Dieu même, peut-être? Oui, je crois. Les pharisiens en sont un exemple, en tout cas.

Et voilà donc que retentit pour nous, ce matin, un appel vieux de 20 siècles; mais toujours ô combien actuel. Et jamais, certes, jamais réalisé pleinement. L’appel pour nous, auditeurs de cette Parole, d’ouvrir nos esprits craintifs, nos préjugés, de créer des brèches dans les systèmes d’exclusion de nos sociétés.

Quels sont aujourd’hui les toits à percer, dans notre Eglise réformée? Dans nos villages? Voire en nous-mêmes? Quel béton empêche les paralysés de 2017 d’accéder à la parole du Christ qui libère?

Et aussi, qui sont les brancardiers de notre temps? Ceux qui ont assez de foi pour abattre les toits dont nous avons cru qu’ils nous protégeraient de Dieu? Ceux qui ont assez de culot pour croire au salut des handicapés de la vie?

Il y a 500 ans, des hommes se sont levés, qui ont répondu “présent” à cet appel. Mais qui seront les Luther dont notre siècle a besoin, lui aussi?

Avez-vous remarqué? Au paralysé, Jésus ne demande pas de croire. C’est la foi des porteurs qui lui permet de guérir. Grâce à ces quatre hommes, l’Evangile est présent, pertinent, agissant. Pour le grabataire, il n’y a pas de recrutement, pas de prosélytisme. C’est à travers la foi de quelques-uns que d’autres sont amenés à la Source de la liberté.

Eh bien sachez-le, c’est toujours cela qui est important, dans notre Eglise, dans nos villages. C’est cela qui compte. Que la foi agissante et le culot d’un petit nombre permettent à d’autres d’être mis au contact du Dieu qui redonne une nouvelle jeunesse.

Ce qui compte, chez nous, ce n’est pas tant le succès auprès de tous. Cessons de regretter qu’il n’y ait pas davantage de chrétiens engagés, ici. Mais prions pour que la poignée de convaincus ose, comme ces quatre casseurs de l’évangile, devenir porteurs qui conduisent à la parole du Christ. Créateurs de brèches, où s’engouffre la Vie céleste.

N’est-ce pas justement cela, une Eglise? Des gens reliés ensemble qui se portent les uns les autres, et qui se permettent mutuellement d’accéder au Dieu libérateur?

Amen                                         


Jean-Jacques Corbaz 









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