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dimanche 28 juin 2015

(Pr) Le baptême et les sacrifices, mais quel rapport??

Prédication du 28 juin 2015 « Les promesses de Dieu et les prix sacrifiés »
 

Lectures:  Deutéronome 26, 1-11; Hébreux 9, 12-15; Jean 3, 16-17

La publicité (et les grands commerces) ne savent plus comment attirer l’attention. On a commencé, il y a bien des années, à annoncer des prix baissés. Les clients sont accourus. Et puis ils se sont habitués. Du coup, certains ont voulu faire de la surenchère verbale. On s’est mis à vanter des prix cassés, puis des prix écrasés... Et aujourd’hui, on voit de la réclame pour des prix sacrifiés!

Ces efforts touchants veulent faire croire que c’est le client qui gagne à tous les coups. Le vendeur qui se sacrifie pour notre bonheur. Hem!
 


J’ai médité un peu sur ces prix sacrifiés. Est-ce qu’on sait encore ce que ça veut dire, sacrifier?

Vous répondrez: ça signifie “accepter de perdre”. Et c’est partiellement juste, bien sûr.

Mais d’abord, dans sacrifier, il y a le mot “sacré”. Et il y a “fier”, qui veut dire “faire” ou “rendre”. Solidifier, c’est rendre solide. Pacifier, c’est rendre pacifique, ou paisible. Rigidifier, c’est faire devenir rigide. Donc sacrifier signifie littéralement rendre sacré.

Mais quel rapport avec le fait de perdre?

Vous l’imaginez probablement, c’est l’antique pratique du sacrifice qui a fait évoluer le sens de ce verbe: on égorgeait un animal en offrande à Dieu, cela se passait dans toutes les religions, autrefois. On faisait un cadeau à la divinité, en espérant sa bienveillance, voire en échange de son pardon; en échange de sa bénédiction, ou de sa protection...

En donnant cet animal à Dieu, on le rendait sacré: on le faisait passer dans le domaine du divin. De la même façon que pour l’offrande d’une partie de la récolte, comme le raconte le passage du Deutéronome que nous avons lu.

Par la suite, on a utilisé le verbe “sacrifier” dans un sens figuré: donner quelque chose en échange d’un avantage espéré. Aux échecs, on parle souvent de sacrifice d’une pièce pour tâcher d’obtenir, quelques coups plus loin, une position plus favorable.

Et on arrive ainsi aux sens de notre époque, où “sacrifier” veut dire toute une série de choses; “sacrifier”, ça peut vouloir dire abandonner (“tu sacrifies ton jour de congé?!”); ou se dévouer (“il faut bien que quelqu’un se sacrifie”)... jusqu’à nos fameux prix, prétendument “cadeaux”.
 


Sacrifier = rendre sacré. Offrir à Dieu. Faire entrer dans l’univers du divin. Aujourd’hui, chère famille, on peut donc dire, au sens premier, que vous sacrifiez votre enfant. Non pas en acceptant de le perdre, bien sûr que non! Mais, en le confiant à Dieu, vous le placez dans une sphère sacrée, sous une bénédiction plus haute. Vous rendez (un peu plus) sacrée votre fille Alicia. Et c’est toujours de pardon, de présence proche, que nous parle ce geste religieux.

Pourtant, le seul vrai sacrifice, dans cette histoire, ce n’est pas le vôtre, chers parents, parrain et marraine d’Alicia. Le seul vrai sacrifice, le Nouveau Testament l’affirme, c’est celui de Jésus, le Christ, lui qui s’est offert sur la croix, lui qui a accepté d’être comme égorgé à Vendredi Saint en signe d’amour de Dieu.

Signe de pardon, et signe de patience! S’il laisse même tuer son fils par les humains, nous savons donc que Dieu ne va jamais intervenir pour nous punir de nos petites désobéissances, ou pour mettre fin à nos bagarres, à nos égoïsmes ou nos lâchetés. Il les tolère. Il ne compte pas nos fautes, comme le croyaient l’Ancien Testament et le judaïsme. Depuis Jésus Christ, Dieu nous affirme (et de quelle manière!) Dieu nous affirme son pardon inconditionnel: il reste notre Père, il ne cesse jamais de nous aimer comme ses enfants préférés, même si notre conduite n’est pas celle qu’il attend.

Bonne nouvelle, n’est-ce pas? Mais, évidemment, bonne nouvelle qui peut, qui pourrait... qui devrait changer notre manière de vivre. Positivement, je veux dire! En effet, cette promesse de pardon, elle peut nous entraîner dans deux directions opposées: soit je me dis “Alléluia, Dieu efface toutes mes fautes, je peux donc me conduire comme le pire des égoïstes, matérialistes, violents, et tout et tout, de toute façon Dieu ne me punira jamais!”

Soit, au contraire, j’essaie d’améliorer mon comportement quotidien en signe de reconnaissance à ce Père d’infinie tendresse. Et je puise à cette source de patience, de tolérance, de sérénité, de solidarité... pour devenir moi-même un peu plus patient, un peu plus tolérant, serein, un peu plus solidaire!

C’est ainsi, du reste, que nous agissons avec nos enfants, non? Espérant que notre affection, qu’ils reçoivent, leur permette d’en donner un peu plus, à leur tour.
 

Baptiser un enfant, c’est ainsi le placer dans cette sphère du divin, avec ses promesses et ses appels; avec ses sécurités et ses aventures! Oui, c’est un placement, comme quand on investit dans des bons du Trésor! On place nos petits trésors dans le monde du Bon avec majuscule, ce monde que Jésus est venu ouvrir devant nous.

Bonne nouvelle! À vivre, donc. À laisser s’épanouir en nous, parents, enfants, au soleil de la bénédiction infinie de Dieu. Lui qui a offert son fils en sacrifice pour nous sauver.

C’est ainsi que, depuis Vendredi Saint, la grâce est en promotion! En effet, la vie éternelle et le pardon, ils sont bradés à un prix... oui! un prix sacrifié!

Vous l’avez compris, maintenant: ça veut dire: gratis!
Amen                                          

Jean-Jacques Corbaz



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