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dimanche 28 octobre 2018

(Pr) Vous y arrivez, vous?

Cultes du 28.10.18

Luc 10, 25 – 37:   Qui est mon prochain?


Qu’est-ce que je dois faire pour être sauvé? Vaste question! Vous le savez, vous?

C’est comme une fois y avait Ouin-Ouin, euh pardon, un bon juif d’il y a 2000 ans, qui demandait à Jésus: «Maître, que dois-je faire pour être sauvé?».
 

 
Or, quand on lit les évangiles, on voit que Jésus ne donne pas toujours la même réponse à ces vastes questions de l’existence. Aux uns il dit: «repens-toi». Aux autres: «sois pardonné»… À certains: «vends tout, et donne l’argent aux pauvres»…  Ou encore: «crois seulement, fais confiance». Souvent, il appelle: «change de vie»!

Jésus n’a pas de réponse passe-partout. Ici, il accueille cet homme dans les catégories qu’il peut comprendre. Comme ce bon juif est un spécialiste de l’Ancien Testament, de ce qu’en Israël on appelle la Loi, Jésus lui dit: «Qu’est–il écrit dans la loi?» Il le rejoint sur son terrain.

L’homme a bien appris son catéchisme. Vous connaissez sa réponse: «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée; et tu aimeras ton prochain comme toi–même».

«Bonne réponse», lui dit Jésus… mais aussitôt il jette un gros pavé dans la mare: «Alors fais cela, et tu vivras. Sois parfait et, pas de problème, tu seras sauvé».

Aïe! Que voilà une exigence inaccessible - pour chacun(e)! Comment est-ce possible, d’aimer Dieu, de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force, et de toute sa pensée; et son prochain comme soi-même? Vous y arrivez, vous? En tout cas, pour moi… Hem!!
  


Cela, Jésus le sait, évidemment. Il est important de dissiper ici un malentendu: ce n’est pas ce qu’il attend de nous, la perfection. Mais il a devant lui un homme qui pense pouvoir en faire assez pour être sauvé. Par lui-même. Alors il le pousse au bout de sa logique, par dérision. Il le prend au mot pour lui montrer que ses valeurs sont impossibles à mettre en pratique: «si c’est ce que tu fais qui te donne la vie éternelle, si c’est ton obéissance aux commandements, alors il faut que tes actes soient parfaits».

À ce moment, le gaillard, qui pourrait être vous et moi, se sent piégé; et il joue sa dernière carte pour essayer de se justifier; ou pour détourner la conversation! Il demande: mon prochain… mais c’est qui, mon prochain?

Et cette question dilatoire va permettre à Jésus d’élever le débat d’un cran, plus haut; de le recentrer sur l’essentiel. Vous le savez, il répond par une parabole, une petite histoire, qu’on peut résumer ainsi:

Un voyageur innocent se fait attaquer par des brigands. Il est laissé pour mort par ses agresseurs. Et tandis qu’il est couché là, au bord du chemin, agonisant, passe un prêtre. Ce dernier, un religieux professionnel pourtant, continue sa route comme si de rien n’était. Arrive ensuite un lévite, qui lui aussi fait semblant de n’avoir rien vu.

Enfin, survient un étranger, membre d’un peuple voisin avec qui les juifs entretiennent des relations de haine cordiale. Et c’est cet homme impie qui pourtant s’arrête, et prend soin du blessé bien au-delà de tout ce qu’on aurait pu imaginer.
  

Dans cette histoire, conclut Jésus, lequel de ces trois te semble avoir été le prochain du voyageur agressé?

Et la réponse vient tout naturellement: le prochain, c’est celui qui a été bon pour cet homme.

Et voilà. L’interlocuteur de Jésus a eu la clé de l’énigme, et il l’a trouvée lui-même: le prochain, ce n’est pas d’abord celui que tu as le devoir d’aimer. Si tu pars comme ça, mon vieux, c’est foutu! Le prochain, c’est avant tout quelqu’un qui vient t’aimer. Ce n’est pas celui que tu dois aider, mais c’est celui qui vient t’aider! Jésus raconte la parabole de telle manière que l’auditeur s’identifie spontanément à ce voyageur blessé, et non pas à un quelconque saint-bernard. Le prochain, dit le Christ, c’est le Samaritain, et toi, et moi, nous sommes les blessés au bord du chemin.

Tu veux aimer l’autre, c’est bien, mais fais d’abord comme cet homme attaqué, et molesté: reçois l’amour de ton prochain, d’abord, et alors tu pourras aimer l’autre, comme toi-même! Comme toi-même tu es aimé… Comme toi-même tu es secouru… Comme toi-même tu es accueilli… Comme toi-même tu es compris…
  

Et ce n’est pas tout, laisse entendre Jésus: car ton premier prochain, c’est d’abord moi, le Christ, qui te parle! Laisse-toi aimer par l’accueil et la tendresse gratuits que je t’offre, et alors tu pourras aimer par tes propres gestes!

En somme, l’évangile nous appelle à une espèce de révolution copernicienne (à un renversement des mentalités). Des générations et des générations d’hommes d’Eglise (mais aussi de parents, de maîtres, de pontifes…) nous disaient: «Dieu t’aime à condition que tu deviennes meilleur… plus saint… plus repentant… que tu extirpes mieux le péché de ta vie».

Dommage! Parce que l’évangile nous affirmait le contraire depuis 2000 ans: «Dieu t’aime comme tu es. Il connaît tes difficultés à devenir ce dont tu rêves. Il t’accueille et te sauve avec tes qualités et avec tes défauts; son seul espoir c’est que tu progresses dans le bonheur. Et puis, tu le sens bien: c’est justement cette liberté et cette affection sans condition qui pourront t’aider à devenir meilleur!
  

Ne l’oublions jamais, Jésus veut nous aider à sortir de l’âge du «faire» pour entrer dans l’âge de l’amour! Lui, le Christ, il veut devenir pour nous ce premier prochain par lequel Dieu nous montre sa passion infinie.

C’est vrai pour chacun(e) de nous. C’est l’impulsion de la tendresse du Christ dans notre vie qui fera de nous des êtres aimants et accueillants.

Alors ne demandons plus: comment mieux aimer pour être sauvé? Mais travaillons en nous-mêmes autour de la question: comment ce salut, donné, reçu gratuitement, me permettra-t-il de mieux aimer? Amen                                          


Jean-Jacques Corbaz    



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