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dimanche 9 mars 2014

(Pr, Hu) «TentaPassion»

Prédication du 9 mars 14, Brandons
Lectures bibliques:  Matthieu 4, 1-11;  Genèse 2, 7-9;  Ephésiens 5, 1-2

C'est comme une fois, y avait Oin-Oin qui était convoqué devant la justice. Il avait traité sa voisine de grosse vache. Sermon du juge, amende salée et menace que, s'il recommence, la peine sera aggravée.
- Vous m'avez compris? conclut le magistrat.
- Voui, M. le président, répond Oin-Oin. Mais j'ai une question. Si la loi m'interdit de traiter de vache Mme ici-présente, est-ce que j'ai le droit de dire "Madame" à une vache?
- Ah oui, répond le juge, bien sûr! Ça, vous avez le droit!
- Alors, fait Oin-Oin en se tournant vers la plaignante, dans ce cas, au revoir, Madame!!


Les tentations de mon ami Oin-Oin ne sont pas les mêmes que celles de Jésus. Et les vôtres, et les miennes, sont bien différentes encore.
Ne nous méprenons pas donc en entendant l'évangile de ce jour, dont le choix n'a rien à voir avec les Brandons. Vos Eglises n'ont aucunement le désir de vous faire la morale en ce jour de fête! Bien sûr. Elles ont envie de vous parler de Jésus.

Lui, le Christ, a donc été tenté. Comme nous tous. Et le récit de ce matin, truffé d'éléments symboliques, est une fable qui veut illustrer ceci: Jésus est un homme. Même s'il est fils de Dieu, mystérieusement, il est pourtant totalement homme. Dieu lui avait confié une mission, celle de dire au monde la passion du Créateur pour chacun(e); sa volonté de paix, de respect même, pour tou(te)s; et ses promesses: alors que la terre entière avait une «sainte frousse» de ses divinités, Dieu, lui, souhaite bannir en nous toute peur d'une punition, avant ou après la mort; il rêve de vivre avec nous des relations tissées de confiance (confiance, c'est ce que veut dire le mot «foi») et de liberté.

Cette mission n'est pas facile, vous l'imaginez! Il y a des difficultés, et des risques énormes; ça fait peur. D'ailleurs, Jésus finira par y laisser sa peau, sur une croix.

La tentation du Christ, vous voyez, c'est justement d'éviter ces risques, et ces souffrances qui l'attendent.

Arrive ainsi un personnage de carnaval qu'on appelle le diable, c'est-à-dire le séparateur, celui qui détourne du chemin choisi. Une personnification de la tentation. Il propose à Jésus d'utiliser les pouvoirs divins afin d'échapper à sa condition d'homme.

Mais lui refuse. Pas question d'éluder les lois physiques qui régissent nos vies. Pas question de regarder de haut le monde, et les humains. Lui, Jésus, n'est pas un souverain magicien. Il ne joue pas avec d'autres règles du jeu que nous. Il est solidaire de nos difficultés, de nos limites. Ce qui nous blesse le blesse aussi, tout autant. Puisque l'homme saigne, alors, Dieu saigne également.

Vous voyez que nous sommes en plein dans le thème de la Passion, aux deux sens du terme: la Passion soit les souffrances de Jésus, que nous commençons à méditer en ces premiers jours de Carême; et la passion infinie de Dieu, son amour fou, oui, irrationnel, incroyable, jamais vu, pour ses drôles de créatures à deux pattes et un coeur!

Pas question d'éluder les lois physiques universelles qui régissent nos vies. Et vous voyez qu'on répond déjà, ici, à une de ces objections qu'on entend tout le temps: pourquoi Dieu n'intervient-il pas contre les drames de la terre?
La réponse, étonnante, est donc là: parce qu'il est solidaire! Parce qu'il refuse d'être plus fort que nous. Parce qu'il ne veut pas de lois physiques à géométrie variable, pas de chouchou, pas de passe-droit ni de privilège.

Il préfère souffrir avec nous. Il préfère mourir avec nous. Elle est là, sa passion!

En ce jour des Brandons, vos Eglises n'ont aucunement le désir de vous faire la morale. Bien au contraire! Elles souhaitent surtout vous dire la stupéfiante relation que Dieu rêve de vivre avec nous, pour nous: un amour fou, qui se donne jusqu'à la mort tant il nous respecte. Un élan du coeur qui bouleverse tout sur son passage. Celles et ceux qui ont vécu une passion qui donne de vouloir mourir pour celui ou celle qu'on aime comprendront la violence de la tendresse de Dieu, comme un tsunami! Comment on peut donner sa vie, passionnaimant. Traverser l'enfer, et revivre encore, infiniment!
Eh bien, les amis, ce que nous vivons là n'est qu'un souffle ténu à côté de ce que Christ a vécu, pour nous!

Pas de morale, non, mais juste un cadeau. Juste une invitation et un élan. Et puis, juste une question, au fond: et si ce désir du Père nous donnait envie de nous passionner un peu plus les uns pour les autres? Amen.

                                                           Jean-Jacques Corbaz


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