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dimanche 15 mai 2016

(Pr) Allez les uns vers les autres (les parrainages)

Prédication du 15 mai, Pentecôte: la solidarité et les parrainages


Lectures: Actes des Apôtres 2, 1-8; Psaume 100, 1-5; 1 Corinthiens 12, 4-13


L’histoire que voici est authentique, hélas! Elle s’est passée aux Etats-Unis, en Alabama, dans une église réservée aux Blancs (les Noirs ont leur chapelle un peu plus loin). J’avais 20 ans. Un Blanc entre, et voit une femme, noire, agenouillée sur le sol. “Qu’est-ce que vous faites ici?”, lui demande-t-il, furax. “Eh bien, je nettoie le plancher”, répond la femme. “Ah, bon. Faites. Mais... gare à vous si vous en profitez pour prier”!!
   

L’histoire est abominable. Sauf si nous essayons de la vivre à l’envers, aujourd’hui, les uns avec les autres. Différents, mais soeurs et frères. Avec nos diversités, de langues, de pays, de culture, de races... autour de Dieu: et si, justement, nous en profitions pour prier? Ensemble?

En effet: depuis que le Saint-Esprit a été versé à Pentecôte, les êtres humains ne sont plus de “simples” bénéficiaires des promesses du Ciel. Nous sommes appelés à nous mettre en route les uns vers les autres; à nous parler de Dieu, de l’évangile, de confiance et d’espoir!

Non pas vivre des rites immobiles. Ni réciter son catéchisme comme une leçon d’histoire. Mais nous parler, du fond du coeur, du fond de notre vie, nous parler les langues de Dieu, les langues de feu de la Passion.

Non pas donc en termes compliqués ou en phrases savantes. Mais en langue de tous les jours, en mots d’ici, tout simples, tout vrais; qui permettent à chacun de comprendre les mystères de Dieu dans la langue de ses parents, comme le dit le livre des Actes. Parler aussi avec chaleur, enthousiasme et respect. En langues vivantes d’amour.
   


Pentecôte est un temps pour aller les uns vers les autres. Temps du printemps, en route vers l’été, temps du soleil qui invite à sortir. À partir. Temps de la communication. De la communion.

Une image: Jésus a traversé notre temps comme un météore. Ou, si vous voulez, comme un caillou lancé dans un lac. Plouf! La pierre a disparu. Elle est devenue invisible, mais il reste une trace de son passage: il reste les cercles, concentriques, qui entourent le point où le caillou a traversé la surface.

Vous le savez, ces cercles se déplacent. Ils grandissent! Ils ont toujours le même centre, mais ils vont porter de plus en plus loin le mouvement de l’eau, animée par mon projectile. Ce n’est plus la pierre qui fait bouger le lac, c’est l’eau elle-même qui transmet à l’eau, plus loin, le mouvement qu’elle a reçu.
   


C’est cela, le Saint-Esprit: la force qui nous donne le mouvement que le météore Jésus-Christ a provoqué, il y a quelque 2000 ans. La force qui nous permet de nous transmettre, les uns aux autres, la dynamique qui grandit, qui va toujours plus loin, tout en gardant le même centre: le centre, c’est le Crucifié ressuscité au temps de Ponce Pilate! Le Saint-Esprit, c’est la force, donc, qui nous unit les uns aux autres, malgré nos différences.

Le temps de Pentecôte est un temps pour nous parler de l’amour de Dieu. Le temps du téléphone, de la lettre, de la visite... de la prière partagée, à haute voix ou sur un bout de papier comme celui que vous avez reçu en entrant dans cette église. Le temps d’un courant qui passe d’un point à un autre, d’une personne à une seconde personne...

Savez-vous, amateurs de paraboles, que le courant électrique circule toujours entre deux pôles différents? D’un pôle positif à un pôle positif, le courant ne passe pas. De même pour le vent: il faut des différences de pressions, ou de températures, sinon c’est le calme plat. De même encore pour les ruisseaux, les rivières: il faut une différence d’altitude pour que l’eau coule!

De même, toujours, le courant de Pentecôte circule entre des humains différents, multiples et parfois complémentaires! Il nous rend capables de communiquer, malgré nos diversités, de nous comprendre, à l’image des croyants du livre des Actes; Il nous permet de nous rejoindre, de nous aimer. Comme Dieu l’a fait pour nous, en premier!
  
 
Pentecôte est un temps où l’on prend conscience de nos différences. Mais pas pour essayer de les effacer ou de les nier, donc: au contraire, pour que nous en discernions les richesses; pour nous appuyer sur elles afin de faire circuler le contact, le courant de l’Esprit de Dieu.

Pentecôte est un temps pour ceux qui sont autres, qui sont étranges, ou étrangers. Pour ceux qui m’apportent un regard neuf sur tel aspect de ma vie. Pour ceux qui utilisent d’autres mots, ou ceux qui disent autre chose avec les miens. Pour ceux qui me permettront d’évoluer. De grandir.

Pentecôte est le temps de la rencontre. De l’unité dans la diversité: c’est Dieu qui parle toutes les langues des hommes, il se met à leur portée.

Pentecôte est le temps de l’Eglise: “ré-union”, “comme-union” des hommes, des femmes, des enfants de toutes langues, de toutes races, de toutes sensibilités.  Le temps du corps du Christ, formé d’oreilles, de bouches, de mains; de cerveaux, de coeurs, de tripes, et même d’autres parties moins glorieuses, et pourtant nécessaires. Qui toutes vivent parce qu’elles sont reliées par le même sang.
   
Alors, mes frères et mes soeurs, mes amis: laissons-nous porter un peu plus loin par ce souffle de Dieu. Dans ce temps de Pentecôte, allons vers les autres. Et si possible vers les autres autres, les différents, les étranges ou étrangers.

Pour nous parler, nous écouter, nous découvrir mutuellement. Et, dans ce dialogue, faire fleurir la présence du Christ, sa tendresse infinie pour chacun(e).

Du plus petit jusqu’au plus grand, du plus noir jusqu’au plus blanc, du meilleur au plus méchant, j’ai envie de paraphraser une belle chanson de Michel Bühler:

“Prenons le temps de nous parler, 
D’essayer de sourire et de nous écouter,
De nous comprendre et nous aider, 

Ensemble nous pourrons croire à l’éternité.
Prenons le temps de nous parler,
Prenons le temps de nous aimer”.


Bon vent! Que ta liberté te rende heureux! Amen                                          

Jean-Jacques Corbaz 



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