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dimanche 1 mai 2016

(Pr) “Elie, Jésus et le téléphérique”

Prédication du 1er mai

Lectures: 1 Rois 19, 9-13; Jean 13, 3-9


Chers amis, chers catéchumènes, c'est bien pratique, le téléphérique! ça vous emmène sans effort à 3000 m. d'altitude, jusqu'à un endroit où la vue est à couper le souffle. Pas besoin de peiner pendant des heures, grimper des sentiers raides, pierreux, malaisés...


C'est beau, la technique!
   

Mais l’ennui, c'est que nous nous habituons à ce genre de facilité. Nos vies sont truffées de combines pour économiser des efforts. Alors, nous finissons par trouver normal de toujours disposer de solutions rapides et faciles. Nous aimerions une vie pleine de téléphériques, et dans tous les domaines.
  
Par exemple, pour croire en Dieu. On veut bien la foi, mais à condition qu'on nous emmène, vite fait, jusqu'au sommet, là où tout nous sera révélé d'un coup! On attend du pasteur qu'il soit pour nous un téléphérique de la religion, capable de nous déposer en trois phrases sur les hauteurs, où il n'y aurait plus de questions!

Comme disait avec un humour involontaire ce curé pour indiquer le chemin de son centre paroissial: "On peut arriver directement au Christ-Sauveur par un raccourci depuis la gare"...

Hélas (comme disent les Grecs quand ils sont dans la mélasse)! Hélas. Pour vivre une relation avec Dieu qui nous soit réellement bienfaisante... pour en recevoir liberté et paix... eh bien, c'est une construction de longue haleine! C'est un apprentissage qui demande du temps.

Il y a quelques mois, l’une de vous, âgée de plus de 30 ans, m’a demandé d’être baptisée. Je ne lui ai pas répondu: “Bon, ce sera pour la semaine prochaine”! Je lui ai proposé un parcours de deux ans, plusieurs heures par mois, pour commencer à explorer les dimensions de la foi au Christ. Pour commencer!

Chers catéchumènes de 7è et 8è, cinq ans de caté, mais ça n'en finit pas, devez-vous penser parfois. Et voilà qu'aujourd'hui, je viens vous dire que ça ne suffit pas! Certes, ces tranches de votre adolescence vous permettent de découvrir plusieurs sentiers de montagne intéressants -pour rester dans notre image-; certains parmi vous commencent à voir quelques paysages superbes; mais, pour l'ivresse des sommets et le panorama complet, hem, il y a encore de belles parois à gravir!

Cet apprentissage demande du temps, et il s’agit aussi d’être aidé. Eh bien, l’Eglise (la communauté chrétienne), ça sert à ça! L’Eglise, c’est un groupe de personnes qui cherchent, et qui s’entraident pour progresser dans la découverte de Dieu. Qui s’encouragent et se donnent des tuyaux les uns aux autres.
    


Trop souvent encore, nous cherchons Dieu là où il n'est pas. Comme dans l'histoire du prophète Elie, que nous venons d'entendre. Nous imaginons que Dieu se trouve dans le fracas de la tempête... ou dans le tremblement de terre... ou dans le feu... Mais non: il se tient dans un souffle, un souffle si faible, si ténu que souvent, on ne le perçoit même pas.

Vous aussi, sans doute, chers catéchumènes. Quand vous étiez enfants, vous cherchiez Dieu dans les histoires dorées de Noël... dans les anges à plumes... dans une prière magique... dans les miracles ou les contes extraordinaires... Dans les images donc que la Bible emploie pour nous parler des infinies subtilités de la vie spirituelle; et des enthousiasmes qu’elle peut susciter. Peut-être aussi cherchiez-vous Dieu dans une morale; une obéissance; une Loi, comme les croyants de l'Ancien Testament.

Aujourd'hui, vous avez grandi, et c'est réjouissant! Je vous souhaite de continuer à chercher, du côté d'une amitié solidaire davantage que d'une baguette magique. Chercher du côté d'une lumière, d'un sens à la vie, d'un courage, davantage que d'une rigidité qui interdit, qui tranche ou excommunie. Le Dieu en qui je crois, il n'exclut jamais, son amour est plus grand que toute loi!
   


Serez-vous capables, comme Elie, de le reconnaître dans le souffle fragile d'une amitié infiniment discrète (plus discrète que ça, tu meurs)? En fait, écoutez: Dieu n'est pas ailleurs que là où vous êtes! Pas besoin de parcourir le ciel! Mieux je connais le Christ, et plus je comprends que le sommet de la montagne, il est à l'intérieur de moi!!

Il ne s'agira donc pas de guetter des anges munis d'ailes emplumées; ni d'être à l'affût de miracles scientifiquement démontrables; ni de preuves de puissance, à l'image de ces foules qui prenaient Jésus pour un roi, nous en avons parlé le jour des Rameaux. On risquerait dans ce cas d'attendre longtemps!

Il s'agira plutôt de discerner, dans vos journées très ordinaires, les signes légers qui parlent de présence et de confiance. Qui insufflent un amour plus fort que la mort, tel celui du Ressuscité.

Il ne s'agira donc pas de prier comme les hommes des cavernes, pour essayer de changer Dieu... pour lui demander telle ou telle chose qu'il ne donnerait pas sinon! Cette prière-là, elle est souvent vouée à l'échec! Entre Dieu et nous, vous pensez, il n'y a qu'une seule personne à fléchir, à améliorer: c'est nous!

Il s'agira donc surtout de prier pour nous changer, nous! Pour mieux devenir capables de favoriser la paix... la confiance... le respect... la solidarité! Et alors, cette prière-là, elle va nous mettre en route! Elle va faire du bien!


Je suis dur, ce matin! Voilà que je vous prive (1°) de téléphérique, (2°) d'ailes, et encore (3°) de baguette magique!
 
Mais, comme je n'ai pas envie de vous laisser à pied, je vous propose un autre moyen de transport!
  
(Appeler Claude pour qu’il amène l’objet symbolique: un VTT)

Un VTT. De quoi progresser dans la montagne, à la découverte de Dieu, et donc de vous-même! Ou plutôt à la découverte de vous-même, et donc de Dieu!

Peut-être, en m'écoutant (si vous n'avez pas roupillé!), vous avez pensé "Tout ça, ça ne tient pas debout!" Durant ces années de caté, en lisant la Bible, en parlant de la religion... vous vous êtes dit: "ça ne tient pas debout!"

Eh bien, ce vélo, lui non plus, tout seul, il ne tient pas debout! Il n'a pas de pied; pas de béquille! Tout seul, il ne tient pas debout, mais si Claude se met dessus et pédale, vous verrez comme il tient debout! Et comme il peut le conduire, vite, et très loin!

C'est la même chose pour la foi chrétienne: si vous la regardez les bras croisés, elle ne rime à rien, et elle ne vous sera d'aucun secours. Mais, si vous y mettez votre force, et votre envie d'avancer, et votre pétillance, alors, elle pourra vous emmener très loin, vers des paysages à couper le souffle! Sans béquille! Elle multipliera votre énergie, comme les pignons de mon vélo!

Allez, bon voyage! Et bonne Ascension!  Amen

Jean-Jacques Corbaz
   



(Vous avez peut-être deviné que les images de montagne sont des allusions à l'Ascension que nous allons fêter jeudi; et que la métaphore du vélo est un clin d'oeil au Tour de Romandie, qui se termine aujourd'hui).


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