Pour vous y retrouver

Bonjour! Bienvenue sur ces pages, que j'ai plaisir à ouvrir pour vous!
Vous trouverez sur ce blog différentes sortes de contributions:
- annonce (An),
- billet (Bi),
- citation (Ci),
- confession de foi (CF),
- conte (Co),
- formation d'adultes (FA),
- humour (Hu),
- image (Im),
- liturgie (Li),
- poésie (Po),
- prédication (Pr),
- réflexion (Ré),
- sciences bibliques (SB),
- vulgarisation (Vu).
Bonne balade entre les mots!

Ces œuvres sont mises à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0 non transposé.

Ce blog fait partie d'un réseau de sites réformés "réseau-protestant.ch" qui vise à coordonner et rendre visibles et lisibles les publications web de la galaxie du protestantisme de Suisse romande. Voir sur ce blog la page https://textesdejjcorbaz.blogspot.com/p/blog-page.html>.

lundi 29 décembre 2025

(Co) Le cadeau de Paillette la petite licorne

Conte de Noël pour mes petits-enfants, dont beaucoup sont fans des licornes

Paillette était une petite licorne à l’esprit vif et qui posait beaucoup de questions. Elle vivait heureuse au Pays des licornes avec ses parents. Son papa s’appelait «Papa», et sa maman s’appelait…. vous savez comment? Oui, Naya, elle s’appelait «Maman», tu as trouvé. Bravo, tu m’épates, là!!  :-)

Un jour, Paillette voit une grande agitation parmi le peuple des licornes. Elle de-mande à ses parents ce qui se passe. Maman lui explique que tous les animaux sont appelés à venir devant Dieu. Donc les licornes, mais aussi les chats, les éléphants, les zèbres… enfin, tous! Il paraît qu’il a quelque chose de très important à nous dire.

«Peut-être qu’il a décidé de donner des super-pouvoirs à tous les êtres vivants de la terre, dit Paillette. Ce serait supergéant! Moi, je n’ai pas encore reçu le mien, et je me réjouis trop de savoir ce que ce sera!»

«Mmmmh, je ne crois pas, dit Papa. Tu vois, Paillette, si tous avaient des super-pouvoirs, ils risqueraient trop de les utiliser pour se faire du mal les uns aux autres. Ils en font déjà assez comme ça! Il n’y a que nous, les licornes, qui sommes assez sages pour en avoir.»



Arrivés devant Dieu, tous les animaux sont excités et impatients. L’ange Gabriel, qui est un peu le sous-chef de Dieu, a bien du mal à faire respecter un peu d’ordre et de silence. «Chhhhhhhutt! Dieu va parler! Écoutez-le!»

«Bonjour vous tous, dit Dieu. J’ai une grande nouvelle à vous annoncer: je vais avoir un enfant!»

À ces mots, l’excitation reprend de plus belle. Certains dansent de joie. D’autres imaginent déjà comment ils pourraient célébrer l’évènement.

«Silence, dit l’ange Gabriel. Dieu n’a pas fini!»

«En effet, dit Dieu. Je vous ai appelés parce que je vais avoir besoin de certains d’entre vous.»

En entendant cela, les lions se mettent à rêver tout haut: «Nous pourrions nous tenir tout près de lui pour qu’on voie bien que c’est un enfant de roi!» Les dragons aussi s’écrient: «Nous viendrons pour le protéger, nous cracherons le feu sur ceux qui pourraient lui faire du mal!»

L’ange Gabriel agite sa petite cloche. «Silence, s’il vous plaît, crie-t-il.» Il commencerait sérieusement à s’énerver s’il n’avait pas une patience… d’ange!

«En fait, dit Dieu, je n’aurai pas besoin des lions ou des dragons. Pour que mon fils soit vraiment un homme comme les autres, il doit rester ordinaire, fragile et humble. C’est nécessaire pour qu’il annonce à tous que je les aime, que je ne veux jamais les punir ni leur faire de mal; et que je n’ai qu’un désir, c’est que chaque personne agisse aussi de cette façon.»

Tous les animaux sont très étonnés. Ils pensaient que Dieu, pour être Dieu, devait impressionner les foules, et pas rester tout en bas de l’échelle. L’ange Gabriel lui-même en oublie d’agiter sa clochette pour demander le silence.

Mais Dieu continue: «Alors, je vais avoir besoin des animaux les plus simples et les moins glorieux. D’abord l’âne. Et puis le 
bœuf. Et encore des moutons, un grand troupeau de moutons.»

«Et nous?» s’écrient les autres. «En fait, je n’ai pas besoin d’autres animaux pour le moment, répond Dieu. Peut-être que j’aurai besoin du lapin plus tard, lors de la fête de Pâques. L’âne et 
le bœuf se tiendront à côté de la crèche où mon fils sera couché, comme le plus pauvre des plus pauvres. Et les moutons se reposeront dans les prés, gardés par leurs bergers. Mes anges viendront les avertir de la naissance du bébé.»

Paillette est très déçue. Pas de super-pouvoirs? Pas besoin de licornes, elles qui sont pourtant parmi les plus sages et les plus intelligentes? Quelques larmes coulent autour de son museau, et elle s’écrie: «Mais c’est pas juste!»

«Tais-toi!», dit Maman. Mais Dieu a entendu Paillette. Il lui fait signe d’approcher. «Pourquoi dis-tu que ce n’est pas juste, petite licorne?»

«Mais vous avez dit que vous n’aviez besoin que d’animaux humbles et ordinaires. Pourtant, il y aura aussi les anges, qui ne sont pas du tout effacés ni fragiles!»

«Eh, tu es intelligente, Paillette, s’exclame Dieu. C’est une excellente remarque. Mais sache d’abord que les anges sont ceux qui sont le plus proches de moi, ils vivent chaque jour auprès de moi et m’aident dans mes tâches quotidiennes. Ils sont pour moi un peu comme les lutins du Père Noël, tu vois? Et puis, j’ai besoin d’eux pour annoncer la grande nouvelle aux êtres humains.»

Paillette n’est pas complètement convaincue: «Nous, les licornes, nous pourrions le faire tout aussi bien!»

Dieu réfléchit quelques secondes, puis il reprend d’une voix douce: «Eh bien, Paillette, j’ai une idée. Je te donne maintenant ton super-pouvoir. Oui, ton super-pouvoir, ce sera que tu puisses prendre l’apparence de n’importe quel être vivant, à ta guise. Et tu pourras en changer quand tu voudras.»

Paillette saute de joie. «Oh, merci, merci!»

«Ainsi, dit Dieu, tu pourras prendre l’apparence d’un ange lors de la nuit magique où mon fils naîtra. Et tu pourras aller avec tous mes amis chanter la gloire du Ciel qui descend sur la terre.»

Paillette ne peut plus rien dire, tellement elle est heureuse. Elle entend à peine Maman qui lui dit: «Tu sais, le fils de Dieu, il aura quand même un super-pouvoir. Parce qu’aimer tous les humains, et tous les êtres vivants, il faut un pouvoir incroyable pour y arriver!»

  

Après une attente qui semble à Paillette une éternité, le grand soir est enfin là! L
bœuf et l’âne se tiennent doucement dans une vieille étable, à côté d’une crèche pleine de poussière. Les moutons, sous la garde de leurs bergers, somnolent paisiblement dans leur champ, à bonne distance du village. Et les anges attendent le signal divin derrière un nuage, avec la petite licorne qui est exactement comme eux.

Un homme et une femme entrent dans l’étable, fatigués et inquiets. La femme se couche sur la paille, le bébé va naître. L’homme essaie de rassurer la future mère: «Tout ira bien, ici, nous serons à l’abri.»

Tout à coup, Gabriel murmure, mais tous l’entendent: «C’est le moment, on y va!» L’enfant est né! Ses parents l’enveloppent d’un chiffon en guise de lange, en guise de couche, et le déposent tendrement dans la crèche.

Les anges filent vers les bergers. Mais soudain Paillette est prise d’une inquiétude nouvelle: comment pourrait-elle chanter? Elle ne connaît pas la musique des anges. Elle n’y avait pas pensé avant, toute à l’excitation de l’attente. Mais Gabriel la rassure: «Ne t’en fais pas, tu verras, tout ira bien. Tu chanteras aussi bien que les autres!»

Et effectivement, tout se déroule parfaitement. Gabriel parle aux bergers, et leur annonce la naissance merveilleuse. Puis la chorale des anges entonne un hymne à la gloire du Seigneur: «Glooooria, gloire à Dieu au ciel et sur la terre, et paix partout pour les humains, qu’il aime!» La petite licorne, tout étonnée, chante aussi bien que les autres.

Et puis, l’hymne terminé, la troupe des anges rentre auprès de Dieu. Toute la troupe? Non, car Paillette n’avait pas envie de les suivre. Elle désirait tant voir la suite, et le bébé divin. Alors elle s’est cachée derrière un buisson, pour voir sans être vue.

Et tout-à-coup, elle a une idée: puisqu’elle peut prendre n’importe quelle apparence, elle va se déguiser en agneau! Elle pourra se mêler au troupeau sans se faire remarquer. Car sinon, une licorne au milieu de cent moutons, ça ferait trop bizarre!

Semblable à une petite brebis timide, elle se glisse au milieu des autres agneaux, qui regardent tous le ciel, pour voir les anges s’envoler. Et de là, elle entend les bergers qui discutent: «Nous pourrions aller à Bethléem, voir ce bébé que Dieu nous envoie» dit l’un. «Oui, répond un autre, avec joie. Mais il faudrait lui apporter un cadeau.» «C’est juste, approuve un jeune pâtre, mais quoi? Nous n’avons rien, nous sommes trop pauvres.»

Le plus âgé des bergers réplique: «Nous allons lui amener un agneau, ce sera un beau cadeau. Toi, Raphaël, choisis le plus beau, le plus doux, le plus tendre de nos moutons.»

«D’accord, bonne idée!» Raphaël parcourt le troupeau, et regarde chacune des bêtes avec attention. Soudain, il s’écrie: «J’ai trouvé le plus joli, le plus doux, le plus tendre de nos moutons!» Avez-vous deviné? C’est Paillette qu’il a choisie. Paillette qu’il emporte sous son bras pour rejoindre les autres.

Et c’est ainsi que la petite licorne, sous l’apparence d’un agneau, s’est mise en route avec les bergers pour aller voir l’étable, à Bethléem, et le fils de Dieu.
  
 

Arrivés au village, vous devinez la suite. Ils trouvent le bébé et ses parents, l’âne et lbœuf, comme Dieu l’avait dit. Ils racontent la visite des anges, et offrent leur cadeau. L’enfant tend la main et caresse la douce toison de Paillette, oh, que c’est agréable! «Chers bergers, dit la jeune maman, votre agneau est si beau, si doux, si tendre! Notre fils le gardera toujours avec lui, ce sera comme un doudou, mais un doudou vivant. Merci, merci beaucoup!»

Et c’est ainsi que Paillette et Jésus sont devenus les meilleurs amis du monde, et ne se sont plus quittés. Quand ils étaient seuls tous les deux, la petite licorne prenait la forme de n’importe quel animal pour amuser l’enfant. Mais dès que quelqu’un d’autre arrivait, elle redevenait le gentil mouton de la crèche.

Et grâce à Paillette, Jésus a compris une chose très importante: c’est que le plus grand bonheur, ce n’est pas de recevoir un cadeau. Le plus grand bonheur, ce n’est même pas non plus d’offrir un cadeau. Non, le plus grand bonheur, c’est de s’offrir soi-même, c’est de devenir soi-même un cadeau pour les autres.

 

Et pour conclure, je vous invite aussi à chanter: «Glooooria, gloire à Dieu au ciel et sur la terre, et paix partout pour les humains, qu’il aime!» *


Jean-Jacques Corbaz, Noël 2025

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire