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dimanche 1 avril 2018

(Pr) la “preuve” de la résurrection

Prédication de Pâques, 1er avril 2018

«Pâques: de la résignation au courage»

Lectures: Matthieu 28, 1-20 (+ Colossiens 3, 1-4 et Psaume 118, 1-6, 19-23, 29)



L’histoire se passe peu après la révolution d’octobre 1917 en Russie. Le nouveau régime envoie un commissaire du peuple parcourir les campagnes afin d’extirper les prétendues “anciennes croyances”, comprenez: la foi chrétienne! Cet homme explique aux habitants des villes et des villages que la religion est l’opium du peuple; mais que l’athéisme va libérer le prolétariat; débarrassé de ses illusions, il marchera de progrès en progrès.

À la fin de son discours, ce commissaire offre la parole à qui veut la prendre, même si c’est un contradicteur.

Un petit pope miteux alors s’avance. On le fait monter à la tribune. Quand le silence est établi, il ne prononce que ces trois mots: “Christ est ressuscité”; et aussitôt, la foule se lève et répond d’une seule voix: “Il est vraiment ressuscité”! - soit la salutation de Pâques bien connue, en usage dans l’Eglise orthodoxe.

   


Cette histoire vraie montre deux choses: d’abord, elle met bien en évidence le caractère irrationnel de la résurrection de Jésus. Rien ne peut la prouver, ni même la rendre probable. Elle est affaire de conviction, de conviction profonde et non raisonnable! La résurrection suscite des doutes même chez les disciples, nous l’avons entendu. Et elle provoque toutes sortes de tentatives pour essayer de l’expliquer rationnellement, tel le plan des chefs juifs selon l’évangile de Matthieu.

Le second enseignement de cette histoire, c’est que, malgré cela,  la résurrection est le coeur de la foi au Christ. Pâques est la toute première fête chrétienne, et de loin la plus importante. C’est à cause d’elle que le dimanche est devenu le jour du Seigneur. La résurrection est le moteur de toute foi chrétienne.

À nous aussi, aujourd’hui, Pâques est proposée comme centre de notre vie religieuse. Comme coeur de notre relation avec Dieu, et avec nous-même. Comme pivot pour notre vie de tous les jours. Car Jésus était on ne peut plus inscrit dans le concret de notre terre.

Rappelez-vous son histoire: il vivait à une époque mouvementée. Son pays était occupé, et pliait sous la colonisation romaine.

Après trente ans de vie dans une famille modeste de travailleurs, il se met à annoncer l’évangile, la bonne nouvelle qui peut changer le monde. Il prêche un Dieu qui ne veut que le bonheur et la liberté de chacun(e). Les gens l’écoutent, le suivent; ils l’accueillent de manière triomphale aux Rameaux.

Mais ce que Jésus annonce ne plaît pas à tout le monde. Ceux qui tiennent le pouvoir n’aiment pas ce prophète de la bonté, de la gratuité; du pardon et de l’amour des autres sans conditions. Impossible, avec lui, d’exploiter et de manipuler le peuple tranquillement!

Les puissants complotent donc contre lui. Ils achètent les complicités nécessaires. En quelques jours, Jésus est arrêté, jugé, crucifié, enterré.
  

Mais il l’avait annoncé: il fallait qu’il soit torturé pour être avec nous partout, même dans les pires souffrances. Il fallait qu’il meure pour vaincre la mort, c’est-à-dire pour montrer que, quand on est relié à Dieu, même la mort peut avoir un sens. Trois jours après, il sort de la tombe, victorieux de tous les lâches (y compris ses disciples!), victorieux de tous les ennemis de la bonne nouvelle qu’il était venu proclamer.

Et c’est ainsi qu’au soir du tout premier dimanche de Pâques de l’histoire, les disciples se sont rassemblés, une nouvelle fois (mais aussi une nouvelle foi!!). Ils ont échangé ce cri de joie, qui est devenu la salutation de Pâques par excellence: “Le Seigneur est ressuscité, il est vraiment ressuscité”!
 

Les évangiles, à vrai dire, ne décrivent pas la résurrection elle-même. Ils essaient encore moins de l’expliquer. C’est impossible. Mais ce qu’ils montrent, ce sont des femmes et des hommes (oui, oui, Mesdames, les premiers témoins de Pâques s’appelaient Marie-Madeleine et Marie!!), des femmes et des hommes qui ont été brusquement transformés: des femmes et des hommes qui ont passé de la passivité à l’action; qui ont changé leur timidité en volonté de se prendre en charge; qui ont passé en quelques heures d’une résignation presque fataliste au courage d’affronter le monde.

Et depuis cette époque, depuis 2000 ans, savez-vous: il y a toujours eu des femmes, il y a toujours eu des hommes qui ont vécu une expérience semblable. Qui ont passé étonnamment de la résignation au courage, grâce au Christ.

Une telle expérience serait-elle exceptionnelle, ou réservée à quelques privilégié(e)s?

Pas du tout! J’ai presque envie de dire qu’elle est à la portée de chacun(e). Mais ce serait exagéré.

Ce serait exagéré, parce qu’il y faut une condition essentielle, pour que ce soit possible. Car pour réussir de tels retournements, nous avons besoin le plus souvent d’une aide concrète qui ne se paie pas de mots, mais qui paie en actes! Nous avons besoin d’exemples, nous avons besoin de voir des personnes concrètes transformées et ressuscitées, elles aussi, et qui nous permettront de suivre un peu leur chemin. Nous avons besoin de les voir, de les entendre, de les toucher. Car savez-vous: de passer de la résignation au courage, c’est réellement contagieux!

J’aime le dire: la seule “preuve” de la résurrection, ce sont des femmes et des hommes que Pâques a remis en marche, relevés, remis debout; des vies transformées. De même que la seule preuve du vent, ce sont les feuilles qu’il fait bouger, et les voiliers qu’il fait avancer!
  

Aujourd’hui donc, l’Espoir majuscule a besoin de nous. La Vie a besoin de nous. Chaque fois que nous nous relevons, chaque fois que le courage l’emporte sur le fatalisme, et l’amour sur la haine, alors de nouvelles personnes se voient offrir ce fabuleux cadeau de Pâques, cette porte ouverte sur une vie libérée!

Bien sûr, notre monde est rempli d’obscurité; de violence; de souffrances. Mais ce n’est qu’en retroussant nos manches que la lumière augmentera; que la paix gagnera; que la liberté et le bonheur que Dieu nous destine deviendront accessibles au plus grand nombre. En retroussant nos manches: pas une seule, mais dix manches (au moins!) - puisque c’est le jour de Pâques!

Merci donc aux femmes et aux hommes de notre temps qui relèveront ce défi-là! Sans eux, sans nous, Dieu est manchot et muet. Seuls nos gestes et nos sourires permettront à nos contemporains de commencer à ressusciter, eux aussi.

Et là vous voyez, Khanh et Lambro, chère famille, vous voyez la force de votre choix, en ce dimanche de Pâques, de baptiser Elina; de la placer sous les promesses et la Vie majuscule de Dieu en Christ; et donc de tâcher de toujours mieux devenir, pour elle, ces exemples de vie réconciliée et ressuscitée; ces modèles de solidité intérieure et d’amour, de soi, des autres et de Dieu. En ce 1er avril, on peut dire qu’Elina maintenant est née, non pas seulement sous le signe des poissons (comme le disait avec le sourire notre introduction au baptême), mais sous le signe de la Passion! La Passion de Dieu pour elle, et la nôtre pour la mission que Jésus nous confie!

Chers amis: que notre Pâques soit joyeuse, mais surtout vraie et rayonnante! Amen                                          


Jean-Jacques Corbaz 



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