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samedi 8 février 2014

(FA, Vu) Jeu de questions pour catéchumènes de 7 à 177 ans

Dieu, à quoi il sert?   Petit jeu (voir mes réponses en bas)


1. De quoi Dieu a-t-il envie, surtout?  (donner une seule réponse)
o Que le plus possible de gens aillent à l'église
o Que le plus possible de gens le prient
o Que tous les humains soient heureux et libres
o Que tous les humains obéissent à ses commandements
o De nous accabler sur terre pour que nous soyons plus heureux au Ciel


2. Selon la Bible, pourquoi Dieu a-t-il envoyé son fils sur la terre?  (une seule réponse)
o  Pour punir les méchants
o  Pour instituer la papauté
o  Pour faire entrer tout le monde dans l'Eglise
o  Pour nous délivrer des peurs et des culpabilités
o  Pour faire fortune

3. Selon la Bible, pourquoi baptise-ton, à l'église?
o  Pour donner un nom à l'enfant
o  Pour qu'il puisse aller au Paradis
o  Pour le laver des péchés qu'il a commis
o  Pour qu'il reçoive en cadeau le mystère de la proximité de Dieu, plein de tendresse
o  Pour donner un signe concret des promesses que Dieu veut adresser à chacun(e)

4. À quel âge se pratique le baptême?  (une seule réponse)
o  le plus tôt possible
o  avant 12 mois
o  avant l'entrée au catéchisme
o  à n'importe quel âge
o  jamais

5. Selon la Bible, qui a baptisé en premier?  (une seule réponse)

o  Jésus
o  Jean-Baptiste
o  Saint-Pierre
o  Moïse
o  Abraham
o  Noé

6. À quoi le baptême engage-t-il?  (une seule réponse)
o  à trucider les incroyants
o  à faire son catéchisme 
o  à confirmer
o  à aller à l'église
o  à être un bon chrétien
o  le baptême est surtout une promesse de Dieu pour nous

7. Le catéchisme est:
o  obligatoire
o  obligatoire seulement pour les baptisés
o  ce sont les parents qui décident
o  ce sont les adolescents qui décident
o  obligatoire seulement pour ceux qui vont à l'école publique

8. Un bon chrétien, c'est surtout:  (une seule réponse)
o  quelqu'un qui accepte l'injustice sans protester
o  quelqu'un qui sait que Dieu l'aime, et que cet amour aide à aimer les autres
o  quelqu'un qui se prosterne devant Dieu chaque jour
o  quelqu'un qui a peur de Dieu
o  quelqu'un qui essaie de convaincre les autres qu'il faut croire en Dieu

9. Quand l'évangile nous appelle à aimer, c'est surtout:
o  à aimer Dieu
o  à aimer les autres
o  à s'aimer soi-même
o  à aimer souffrir
o  à aimer son conjoint

10. Pour aller au Paradis, il faut surtout:
o  confesser ses péchés
o  mériter le pardon de Dieu
o  communier régulièrement
o  être baptisé(e)
o  Dieu nous permet d'y entrer, gratuitement
o  le Paradis n'existe pas



11. Le Saint-Esprit, c'est:
o  un fluide magique
o  un ange de Dieu
o  un souffle qui rappelle Jésus
o  un dogme
o  un fantôme à cinq têtes...


12. La communion (ou ste-cène, ou eucharistie), c'est:
o  un geste d'intimité avec Dieu
o  une pause, sinon le culte serait trop long
o  une nourriture pour reprendre des forces avant de sortir de l'église
o  un geste de proximité avec les autres chrétiens
o  un symbole de la tendresse de Dieu
o  un mystère


13. Qui a le droit de communier?
o  ceux qui n'ont rien à se reprocher
o  ceux qui n'ont rien à se reprocher de trop grave
o  ceux qui se sont confessés et qui ont reçu l'absolution
o  tous les baptisés
o  tous ceux qui ont envie de se rapprocher de Dieu
o  les saints


14. Pourquoi y a-t-il des offrandes (ou "collectes") à l'église?
o  pour les pauvres, car l'Etat paie tous les frais de l'Eglise
o  pour évangéliser les païens
o  l'Etat ne paie que les salaires des pasteurs et des diacres
o  l'Etat ne paie qu'une partie des salaires des pasteurs et des diacres
o  cet argent est brûlé en sacrifice à Dieu
o  pour que le pasteur renouvelle son stock de boutons de culotte


15. À quoi sert la prière?
o  à demander à Dieu à manger, sinon on meurt de faim
o  à dire merci à Dieu quand on est en bonne santé
o  à demander pardon à Dieu quand on l'a mis en colère
o  à se confier à lui comme on parle à un ami  -  lui ne va pas colporter nos confidences!
o  à rester en relation avec Dieu, pour nous donner courage et confiance



Jean Effel


Mes réponses:

 
1. De quoi Dieu a-t-il envie, surtout?
Que le plus possible de gens aillent à l'église et Que le plus possible de gens le prient est secondaire. L'essentiel pour Dieu, tel que je le comprends dans la Bible, c'est Que tous les humains soient heureux et libres. 

Quant à Que tous les humains obéissent à ses commandements, c'est partiellement vrai; ce le serait nettement davantage si on disait à sa volonté plutôt qu'à ses commandements.
:-) J'espère que vous aviez compris que De nous accabler sur terre pour que nous soyions plus heureux au Ciel est une plaisanterie!

2. Selon la Bible, pourquoi Dieu a-t-il envoyé son fils sur la terre?
Pour nous délivrer des peurs et des culpabilités, à mon avis. 

Il nous a prouvé qu'il refusait de punir les méchants. Quand? Lorsqu'il a laissé son fils mourir sous la torture plutôt que d'attenter à la liberté de ceux qui le crucifiaient!
Quant à Pour faire entrer tout le monde dans l'Eglise, la Bible n'en parle jamais. Ce sont les hommes (les hommes d'Eglise surtout!) qui l'ont parfois vu ainsi. Dieu ne veut pas nous embrigader; l'Eglise est (euh, devrait être!) un soutien, une aide, et pas un but. La papauté encore moins!
:-) Vous avez compris que Pour faire fortune est une plaisanterie!

3. Selon la Bible, pourquoi baptise-ton, à l'église?
Pour moi, les deux derniers items sont vrais et importants: Pour qu'il reçoive en cadeau le mystère de la proximité de Dieu, plein de tendresse et Pour donner un signe concret des promesses que Dieu veut adresser à chacun(e).
Donner un nom à l'enfant? C'est le sens profane de baptiser; mais les chrétiens portent un nom bien avant d'être (voire sans être) baptisés.  

Pour le laver des péchés qu'il a commis et Pour qu'il puisse aller au Paradis: non! C'est Dieu qui le fait, en Jésus crucifié. Le baptême n'y change rien. Le baptême est un signe de l'amour de Dieu, qui existe indépendamment de lui.

4. À quel âge se pratique le baptême?
Clairement à n'importe quel âge! Nos Eglises ont longtemps pratiqué le baptême des seuls nourrissons, manière sympathique de montrer que Dieu nous accueille et nous donne toutes ses promesses dès le début de la vie, indépendamment de nos mérites ou de notre foi. Mais le baptême, dans la Bible, est presque toujours pratiqué sur des adultes, qui en avaient fait le choix.
Pour moi, on ne peut pas refuser de baptiser des bébés. Ni à l'inverse en faire les seuls destinataires de ce geste sacré.

5. Selon la Bible, qui a baptisé en premier?
C'est Jean-Baptiste. Il a d'ailleurs baptisé Jésus. Saint-Pierre a baptisé, après la mort de Jésus.
Quant à Moïse, Abraham et Noé, ce sont des personnages de l'Ancien Testament, et le baptême n'existait pas encore à cette époque-là. (Encore que, du temps de Noé, selon la Genèse, bien peu aient échappé au baptême définitif...  :-D).
Jean-Baptiste s'appelait Jean. Baptiste signifie "qui trempe, qui fait plonger" - c'est le surnom qu'il a reçu lorsqu'il s'est mis à immerger les gens dans l'eau du Jourdain. Il le faisait en signe de repentance de la personne et du pardon de Dieu. Cet acte pouvait être renouvelé aussi souvent qu'on le voulait!


6. À quoi le baptême engage-t-il?
C'est le baptisé (et, dans le cas d'un petit enfant, ses parents, parrain et marraine) qui choisit ce qu'il souhaite promettre en réponse à l'engagement de Dieu, cet engagement qui est premier et le plus important. Je répondrai donc le baptême est surtout une promesse de Dieu pour nous.
Il est impossible de garantir que le baptisé fasse son catéchisme, qu'il confirme, aille à l'église de lui-même ou qu'il soit un bon chrétien. On le souhaite, bien sûr!
:-) Vous avez compris que trucider les incroyants est une plaisanterie! 




7. Le catéchisme est-il obligatoire?
Clairement non. Pour personne. On peut dire que ce sont les parents qui décident; parfois les adolescents. Idéalement, ce sont les parents et les adolescents en dialogue, mais les responsables sont les parents. Il est d'ailleurs dommage que certains parents, au premier refus de leur enfant,
renoncent, comme si l'ado avait tous les éléments en main pour savoir ce qu'est réellement le catéchisme.

8. Un bon chrétien, c'est surtout:
Pour moi, quelqu'un qui sait que Dieu l'aime, et que cet amour aide à aimer les autres. Vous commencez à me connaître! 

Se prosterner devant Dieu chaque jour et avoir peur de Dieu: en aucun cas!
Accepter l'injustice sans protester n'est pas très chrétien, même si parfois on a compris ainsi (à tort) l'évangile, quand il nous invite à sortir de la spirale de la violence, un sacré défi (oui, sacré!). 
Enfin, il est effectivement recommandé d'essayer de montrer aux autres les bienfaits de croire en Dieu. Mais il est important de chez important que cela soit fait:
- autant en actes qu'en paroles
- et en respectant nos interlocuteurs, sans esprit de conquête ou de supériorité, de manière non sectaire et sans leur casser les pieds!

9. Quand l'évangile nous appelle à aimer, c'est surtout:
Les trois premiers items sont d'une importance semblable: aimer Dieu, aimer les autres et s'aimer soi-même sont les trois facettes d'une même vie spirituelle.

Aimer son conjoint (et ses enfants, et ses parents...) en découle évidemment. 
Quant à aimer souffrir, non et non! Les chrétiens doivent parfois supporter la souffrance, mais (à part quelques cas exceptionnels) ils aiment vivre le bonheur et le plaisir!

10. Pour aller au Paradis, il faut surtout:
Pour moi, Dieu nous permet d'y entrer, gratuitement. Le Paradis ne se mérite pas. C'est un cadeau gratuit de Dieu (une grâce). On confesse ses péchés, on communie (régulièrement ou non), on est baptisé(e) parce que Dieu nous aime et nous sauve, et non pour qu'il le fasse!
Quant à l'item le Paradis n'existe pas, entendons-nous bien: le Paradis n'est pas le lieu concret décrit dans les légendes, d'ailleurs multiples et contradictoires. Mais on peut appeler ainsi le fait de vivre auprès de Dieu et du Christ ressuscité après la mort, là où il n'y a plus de souffrance ni de contrainte; dans la paix et la lumière infinies.
Par contre, j'en suis sûr, l'Enfer n'existe pas. ...Enfin, pas ailleurs qu'ici-bas! Sur cette terre, nous sommes très doués pour le créer!



 

11. Le Saint-Esprit, c'est:
... très difficile à comprendre, et encore plus à expliquer! Ce n'est pas un fluide magique, encore moins évidemment un fantôme à cinq têtes! Il s'agit d'une force donnée par Dieu pour nous rappeler Jésus, et, ainsi, pour nous donner davantage de force, de courage, de sérénité pour accomplir sa volonté. Les Actes des Apôtres le décrivent comme du feu, mais plusieurs autres passages bibliques en parlent comme d'un souffle (le mot Esprit, en grec, veut dire air, souffle, vent). Cette force se fait sentir surtout quand nous sommes en communauté de foi.
Un ange de Dieu ne convient pas vraiment: ce dernier mot désigne une personne envoyée par Dieu comme messager (ce peut être vous ou moi!). Quant au dogme, c'est une affirmation de foi adoptée par l'Eglise (surtout catholique)

12. La communion (ou ste-cène, ou eucharistie), c'est:
Là aussi, ce n'est pas simple. Pour moi, tous les items sont vrais, sauf bien sûr une pause, sinon le culte serait trop long! Une nourriture pour reprendre des forces? à condition qu'on le prenne au sens spirituel, évidemment. Geste d'intimité avec Dieu, de proximité avec les autres chrétiens, symbole de la tendresse de Dieu, mystère, tout ça est important. 

Il n'y a rien de magique dans ce repas, c'est un acte de confiance partagée entre croyants et avec Dieu.

13. Qui a le droit de communier?
Au siècle passé, beaucoup de protestants pensaient que la Cène était réservée à ceux dont la foi (voire, hélas, la conduite) était sans faille. Pour les catholiques, il fallait se confesser et recevoir l'absolution pour communier. 

Aujourd'hui, on comprend mieux que l'amour de Dieu est pour chacun(e), quoi que nous pensions et fassions. Donc le repas du Seigneur n'est pas réservé à ceux qui n'ont rien à se reprocher. 
En théorie, notre Eglise destine la Cène à tous les baptisés. Mais dans la pratique, comment savoir qui l'est? En fait, c'est tous ceux qui ont envie de se rapprocher de Dieu qui convient. 
Quant aux saints, dans le Nouveau Testament ce mot désigne tous les croyants, et pas des personnes particulièrement remarquables. Donc il va bien aussi.

14. Pourquoi y a-t-il des offrandes (ou "collectes") à l'église?

De tout temps, les communautés chrétiennes ont pratiqué l'offrande, à la fois comme geste de solidarité et comme mise en commun des biens matériels.

Aujourd'hui, l'Etat ne paie qu'une partie des salaires des pasteurs et des diacres, à travers un subside. Il s'agit alors, par nos dons, d'offrir à l'Eglise les moyens de réaliser sa mission, en salariant plusieurs dizaines de ministres (aumôniers de jeunesse, d'hôpitaux, d'EMS, de prison, formateurs d'adultes...) et du personnel administratif (secrétaires de paroisse ou de l'Eglise cantonale); en finançant également des animations comme l'Espace culturel des Terreaux; ou en soutenant la solidarité chez nous (Centre Social Protestant, réfugiés) et dans les Tiers Mondes (Entraide protestante, Pain pour le Prochain, "mission").
Notons que cette dernière ne vise plus à évangéliser les païens, mais à soutenir les Eglises de là-bas dans leur tâche d'entraide  et d'annonce de l'évangile.
En plus, il y a des quantités de frais très variés, en particulier téléphones et déplacements, Bibles et matériel d'animation. Mais ça, vous l'aviez deviné!
:-) Vous avez compris que cet argent est brûlé en sacrifice à Dieu est une plaisanterie, tout comme pour que le pasteur renouvelle son stock de boutons de culotte! (Ah non? zut alors)...



15. À quoi sert la prière?
Tout est juste, sauf demander à Dieu à manger, sinon on meurt de faim! C'est donc rester en relation avec Dieu, pour nous donner courage et confiance, dire merci à Dieu quand on est en bonne santé, et se confier à lui comme on parle à un ami  -  lui ne va pas colporter nos confidences!
Quant à demander pardon à Dieu quand on l'a mis en colère, je ne crois pas que notre conduite puisse le fâcher ainsi. Mais je serais d'accord avec demander pardon à Dieu quand on se sent coupable. La prière est faite pour nous aider nous, pas pour calmer Dieu! 




(FA, Vu) Le baptême expliqué aux enfants. Les parrain et marraine. Les engagements

Le baptême est une fête.

Quand on baptise quelqu'un, on fête l'amour de Dieu pour cette personne.
On est heureux, on dit merci parce que Dieu l'aime.
Le baptême est une fête de l’amour. C’est un bapt’aime !

Ce n'est pas le baptême qui fait que Dieu nous aime. C'est parce que Dieu nous aime qu'on vit la fête du baptême.

Dieu ne commence pas à nous aimer le jour de notre baptême, bien sûr: il nous aime depuis toujours !
Donc, celui qui n'est pas baptisé, Dieu l'aime quand-même!



On est baptisé avec de l'eau.

À quoi sert l'eau ?
    1° à boire, à arroser les plantes
    2° à laver, à se laver

1° L'eau du baptême dit que Dieu nous donne la vie:    sans boire, on ne peut pas vivre. Une plante qu'on n'arrose pas devient toute sèche et finit par mourir.
Le baptême est une promesse que Dieu nous donnera toujours la vie, même après la mort!

2° L'eau du baptême dit que Dieu nettoie; Dieu enlève tout ce qui pourrait nous séparer de son amour.
Par exemple, certains ont peur que Dieu les punisse. Parfois, des gens ont peur que Dieu les punisse pendant leur vie. D'autres ont peur que Dieu les punisse après leur mort.
Le baptême est une promesse que Dieu ne te punira jamais !

"Rien ne pourra jamais nous séparer de l'amour que Dieu nous a montré en Jésus Christ."  (Romains 8, 39)


Le baptême, en fait, ce n'est que de l'eau (du robinet) !
Mais c'est Dieu qui te parle avec cette eau. Il te parle d'amour, de liberté, de bonheur. C'est ce qu'il aimerait pour toi.


Quand on prend la communion à l'église (la sainte-Cène), c'est pour rappeler la fête de notre baptême.
Il y a des gens qui sont baptisés depuis très longtemps. La communion rappelle à tous que Dieu leur fait ces promesses: de les aimer; de leur pardonner toujours, sans condition; de les aider à être moins seuls; de les soutenir dans leurs difficultés.

Tout cela: aimer, pardonner, aider, soutenir, Dieu le fait dans nos coeurs, par sa présence proche.
Mais il le fait aussi et surtout en nous envoyant d'autres chrétiens pour nous aider.
Et nous pouvons, bien sûr, devenir nous aussi ces envoyés de Dieu (ces anges) qui font du bien aux autres !

La communion est surtout un lien avec Dieu et avec tous les autres chrétiens.




           Baptême  =  Dieu t’aime !



Les engagements du baptême 

Puisque le baptême est une promesse de Dieu, il appelle une réponse de la part de la personne baptisée. Lorsque cette dernière est un petit enfant, ce sont ses parents, parrain(s) et marraine(s) qui s’engagent à sa place.

Autrefois, le pasteur invitait les parents, parrain(s) et marraine(s) à dire « oui » à un texte prévu par la liturgie officielle de l’Eglise. Ce texte d’engagement était unique et ne se discutait pas.


Aujourd’hui, heureusement, les choses ont bien changé. Le plus souvent, l’officiant (pasteur-e ou diacre qui préside le baptême) compose le texte des promesses avec les parents, parrain(s) et marraine(s) ou avec la personne baptisée ; voire leur laisse la liberté de le rédiger complètement. Puisque ce texte d’engagement est une réponse à l’alliance de Dieu, il s’agit logiquement que ce ne soit pas une formule imposée, mais une parole qui respecte le mieux possible la position des personnes concernées !

Il peut d’ailleurs arriver que l’un des parents, parrain(s) et marraine(s) ne partage pas la position des autres. Dans ce cas, il semble préférable qu’il(elle) rédige son propre engagement et que ce dernier soit présenté à côté des autres.
  
 
Le texte des promesses peut être lu par l’officiant, qui demandera alors aux parents, parrain(s) et marraine(s) de montrer que c’est bien là leur choix en disant le « oui » traditionnel. Mais il est bien plus fort qu’il soit lu par les parents, parrain(s) et marraine(s) ou par certain(e)s d’entre eux, chacun(e) pour une petite partie.
 


Les parrain(s) et marraine(s)
Quel est leur rôle ? À quoi doivent-ils s’engager ?
 
 
À l’origine, soit au temps de l’Eglise primitive, au 1er siècle après J.C., on ne baptisait que des adultes. Et, surprise, il n’existait pas de marraine. La femme avait à cette époque une place de subalterne dans la société, et l’Eglise s’y est conformée. Le parrain, lui, jouait un rôle important: il était responsable de donner à la personne candidate au baptême un enseignement religieux et de s’assurer qu’elle était sincère, qu’elle était aussi au courant des principales doctrines de la communauté qui l’accueillait.

En ce temps-là, lors de la cérémonie du baptême, le parrain prenait la parole pour demander solennellement à l’Eglise rassemblée d’accepter la candidature de la personne qui souhaitait être baptisée, et invitait la communauté à lui donner le sacrement.

La marraine est apparue au Moyen Âge. On s’était mis à baptiser les chrétiens de plus en plus tôt. L’Eglise n’était plus composée de personnes professantes (= qui avaient fait ce choix délibérément), mais était devenue un fait de société. Un bébé était considéré comme chrétien à la naissance.
  

En même temps, des superstitions étaient apparues. On croyait alors qu’une personne non baptisée qui mourait ne pourrait pas aller au paradis. Et puisque la mortalité enfantine était fréquente, déjà à l’accouchement, on s’est mis à baptiser les nouveaux-nés le plus tôt possible, le plus souvent immédiatement après leur naissance.

C’est là que la marraine est apparue. Puisque l’accouchée n’était pas rétablie suffisamment pour porter l’enfant, physiquement, on faisait appel à une autre femme pour tenir le bébé. Les hommes étaient généralement absents à ce moment. Cette autre femme est devenue la marraine.

Historiquement, les rôles joués par le parrain et par la marraine étaient donc très différents.

Plus tard est apparue une autre conception, liée elle aussi à des contingences de l’époque : les grandes familles et les risques de mortalité chez les jeunes adultes. À ce moment, les parrain(s) et marraine(s) sont devenus responsables de leur filleul(e) en cas de décès ou d’incapacité des parents d’assumer le soin de leur descendance.

Ces deux conceptions sont évidemment obsolètes, même si elles survivent parfois ici ou là au 21è siècle. S’il fallait placer des enfants, on s’efforcerait aujourd’hui de ne pas séparer les frères et sœurs ! Et d’autre part, les parrains ne peuvent évidemment pas être responsables de l’instruction religieuse de leur filleul(e).

Alors, à quoi s’engage-t-on à notre époque, en acceptant de devenir parrain ou marraine ?
 

Dans une optique chrétienne, on ne peut bien sûr pas exiger tel acte ou telle attitude, voir plus haut le chapitre sur les engagements. Je dirais que les rôles des parrain(s) et marraine(s) sont à définir en commun entre les parents et eux-mêmes. Et avec, bien sûr, la part de l’enfant, qui ira grandissant, au fur et à mesure qu’il pourra faire des choix.
L’essentiel, c’est que ce dernier bénéficie de personnes qui, à côté des parents, le portent dans leur cœur et le lui fassent savoir de diverses manières : l’inviter ; lui offrir du temps, de l’écoute, de l’affection ; le « parrainer » pour une activité différente de ce qu’il fait en famille… Quelqu’un d’autre, en plus de mes parents, qui m’aime !

 
 

Jean-Jacques Corbaz

(Voir aussi "Nous avons besoin de signes, http://textesdejjcorbaz.blogspot.com/2023/02/fa-vu-signes.html)






(FA, Vu) La Sainte Cène ou communion expliquée aux enfants

La Pâque = sortie d'Egypte des "ancêtres" d'Israël conduits par Moïse, lorsqu'ils étaient esclaves (~ 1200 av. J.C).

Pâques = résurrection de Jésus, un jour de fête de la Pâque.



Ste Cène ou communion (ou eucharistie pour les catholiques) = repas dans le cadre d'un culte pour commémorer la mort et la résurrection de Jésus.

Elle est le rappel du baptême, donc à la fois:
- rappel des promesses de Dieu (promesses de pardon, de vie)
- rappel de l'engagement du(de la) baptisé(e) ou du(de la) confirmé(e) à rester dans la communion de Dieu.

Elle est le signe visible de notre réponse à cet amour, comme un geste de tendresse entre gens qui  s'aiment.

Elle est un lien avec la communauté (l'Eglise, la paroisse), c'est-à-dire avec les autres chrétiens (du monde entier et de tous les temps).

Donc, la Ste Cène est surtout le lien avec Dieu et avec tous les autres chrétiens.



---> le pain, nourriture de base (= le nécessaire), "corps du Christ",

---> et  le vin (ou jus de fruit), boisson de fête, de joie, de délivrance, "sang du Christ",

sont les rappels concrets du pardon de Dieu et de son désir de vie heureuse pour nous tous.


Ste cène  =  Dieu m’aime
et je lui réponds moi-même





dimanche 2 février 2014

(Pr) L'épée du Christ et celle de Charlemagne

Prédication du 2.2.14 "Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée”

Matthieu 10, 32-39; Matthieu 12, 46-50; Jean 14, 26-27

C'est comme une fois, y avait un jeune pasteur, très sûr de lui, qui donnait son premier culte au village. À la sortie, le vieux régent le prend à part: "M. le ministre, dit-il, votre sermon m'a fait penser à l'épée de Charlemagne." - "L'épée de Charlemagne? pense le jeune pasteur, tout guilleret; elle était incisive, puissante! Etincelante! Victorieuse!!" - "Non, dit le vieux maître; votre sermon était comme l'épée: long et plat!"
                                                              *                     *
C'est ainsi que les mots ne veulent pas toujours dire la même chose pour chacun(e). Ils font naître parfois des sentiments très différents selon les personnes ou les circonstances... Donc, attention: une épée peut en cacher une autre!

C'est tout spécialement vrai de ce passage mystérieux de l'évangile de Matthieu, une histoire d'épée, justement: "N'allez pas croire que je suis venu apporter la paix sur terre, dit Jésus; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée!"

Ce verset a troublé bien des chrétiens, dans tous les temps. Est-ce qu'il encouragerait la guerre sainte, comme chez les musulmans intégristes (soit combattre pour imposer sa religion)? Est-ce qu'il nous inviterait à rechercher les conflits dans nos familles, avec nos proches? Malheureusement, la traduction en français courant semble aller dans ce sens, puisqu'elle rend "épée" par "combat" - ce qui trahit le texte originel.

Cette interprétation heurte tout ce qu'on croit savoir de l'évangile. On nous a toujours dit que le Nouveau Testament encourage la paix, la douceur, la concorde; mais pas l'agression ou le conflit!

Mais. Appeler au combat, est-ce que c'est vraiment ce que ce passage veut nous dire? Est-ce qu'il nous invite véritablement à nous opposer à nos parents, à nos enfants, à nos proches?


                                                             *                     *
Pour bien comprendre ces paroles de l'évangile, il faudrait davantage qu'une prédication de 15 minutes, bien sûr. Pour tâcher d'aller à l'essentiel, je vous propose ces quatre remarques:

(1°) D'abord, le mot grec qu'on traduit par épée, ou glaive. En version originale, c'est "machaira". Et une "machaira", c'est d'abord et surtout un grand couteau; un coutelas. Une "machaira", c'est l'instrument du boucher, celui aussi du chirurgien, et du chef de famille, à table. Une "machaira", c'est également le couteau utilisé pour les sacrifices, chez les Juifs. On emploie ce mot encore pour la serpe du jardinier, pour l'outil qui sert à élaguer les arbres; et pour le rasoir, le ciseau, le sécateur... Bref, tout ce qui coupe, qui tranche et qui sépare. C'est seulement dans un sens figuré que "machaira" désigne une arme. Mais il ne s'agit jamais alors d'une arme de guerre; uniquement d'un petit sabre que les hommes portaient pour se défendre, en cas d'embuscade.

En résumé, "machaira", ça peut être un couteau, un ciseau, un scalpel; une dague ou un poignard; un tranchoir, une lame, un coutelas, un rasoir; un sécateur, une hache, une machette; une serpe, une faucille, ou un bistouri... Mais jamais une arme d'attaque, de guerre. Si vous devez traduire "machaira", n'utilisez donc pas un terme militaire. Trouvez plutôt un mot qui évoque le fait de trancher, de séparer. - Et pas celui de tuer!

"Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la coupure, mais la rupture" devrait-on traduire. "Oui, je suis venu, poursuit Jésus au verset 35, je suis venu séparer l'homme de son père, la fille de sa mère...". L'enchaînement devient alors plus clair: la venue du Christ au milieu de nous a pour effet de nous séparer en deux camps (c'est le sens du verbe grec: séparer en deux parties). Il y a ceux qui suivent Jésus, et les autres, ceux qui renoncent.
                                                           *                     *
(2°) Seconde remarque. La suite du passage gêne aussi: "celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi"... Bigre! Faudrait-il aimer son prochain, mais pas ses parents?

Evidemment non. On comprend mieux quand on consulte la note de la TOB: "le mot grec philein (aimer) n'est pas celui qui, dans les évangiles synoptiques, désigne l'amour pour Dieu et le prochain (c'est agapân); philein a ordinairement chez Matthieu un sens péjoratif: s'attacher excessivement".

Il y a donc en grec trois verbes différents pour dire "aimer": (a) "erân" pour l'amour du couple, "eros"; (b) agapân pour l'amour fraternel, l'affection, l'attention, l'amour pour Dieu ou son prochain; et (c) philein qui veut dire s'attacher à quelqu'un ou quelque chose, et, dans l'évangile de Matthieu, toujours dans un sens négatif: un attachement nuisible, qui empêche de suivre le Christ.

Conclusion provisoire: la langue grecque a donc trois mots différents pour dire "aimer"... mais un seul pour désigner une kyrielle d'armes et de couteaux!!


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(3°) Troisième remarque: "porter sa croix". Encore une expression qu'on a tellement entendue qu'elle a fini par s'éloigner de ce qu'elle veut dire vraiment dans l'évangile. Il ne s'agit ici absolument pas de supporter des maux ou des difficultés de la vie telles que les maladies, les handicaps, les conflits de famille ou autres. "Porter sa croix", dans la bouche de Jésus, c'est le suivre sur le chemin du rejet, de l'incompréhension, des moqueries... C'est affronter, comme lui, que les hommes ne croient pas la Vérité qui nous anime. Affronter la solitude, parfois la souffrance, voire la mort par fidélité à Jésus.

Ce que l'évangile veut nous dire, par ce verset, ce n'est donc pas de nous fabriquer une croix, ou des souffrances, pour mériter notre salut. Absolument pas. Mais il nous dit que la foi, la vraie, peut nous emmener très loin. Très loin dans les oppositions, les persécutions, parfois. Très loin dans les conflits, les ruptures, les séparations aussi. Ce ne sera pas toujours le cas, bien sûr. Mais notre passage nous rappelle ce risque immense de la foi.

Attention: une épée peut en cacher une autre! À l'époque où Matthieu rédige son évangile, les chrétiens sont justement en train de se séparer définitivement de la religion juive. On comprend que, dans ce contexte de conflit, de divorce religieux, la communauté matthéenne ait besoin de méditer sur le tranchant de la parole du Christ. Sur le fait que suivre Jésus, c'est risquer de se couper d'autres personnes, parfois de proches, parce qu'ils ont fait un choix différent.

Mais aujourd'hui, alors que nous sortons d'une période où la foi chrétienne était presque une évidence? Aujourd'hui, où nous devons réapprendre que suivre le Christ, c'est un choix personnel aussi, et pas d'abord un fait de société; ou un héritage de famille? Aujourd'hui, où notre Eglise nous encourage à manifester plus clairement notre spécificité... Aujourd'hui, n'est-il pas nécessaire de reprendre cette réflexion d'il y a 1900 ans, pour ne pas oublier que suivre Jésus peut être une aventure dangereuse - et qui risque de nous séparer d'autres personnes? Un choix personnel à faire, à refaire sans cesse, pour continuer d'avancer sur les pas de Dieu tracés sur notre terre?

Le risque de la foi. Croire en Jésus aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec la tranquille évidence de notre enfance. Ce n'est pas que la Bible ait changé, mais c'est la société. Et le monde! Attention: une épée peut en cacher une autre!
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(4°) Dernière remarque: la paix. On l'a souvent dit, il faut le rappeler: il y a deux sortes de paix. Celle, d'abord, de l'apparence, la paix qu'on fiche aux autres. Au niveau mondial, c'est l'équilibre des forces, qui empêche les guerres. Mais qui n'est pas une paix en profondeur. Car les conflits peuvent couver, la violence être en incubation... Et soudain, ça nous saute à la figure, comme récemment dans les pays arabes.

Au niveau de la famille ou des relations personnelles, il y en a tant, aussi, de ces paix de surface, qui ne sont qu'un vernis posé par-dessus un conflit, par-dessus une injustice ou un pouvoir sans respect.

La vraie paix, bien sûr, elle est tout autre: faite non de relations fusionnelles ou immobiles, mais d'espaces de dialogue, d'accueil profond; d'échanges, surtout, où on se dit les désaccords franchement, pour oser les vivre dans la confiance, pour tenter de les analyser - quitte à devoir reconnaître ses propres torts. C'est ça, la paix du Christ, telle qu'il l'a vécue jusqu'à Golgotha! Non pas cacher les divergences, les désaccords, mais les aborder; lucidement.

Et c'est bien sûr la première paix, celle du vernis, que Jésus vient troubler: "Je ne viens pas apporter cette paix de surface, je vous amène le couteau, le ciseau, ce qui tranche et sépare..." Bien entendu, il ne nous donne pas une épée pour châtier l'infidèle. Mais il se donne lui-même, entièrement, sans retenue, et sa présence tranche entre ceux qui le suivent et ceux qui restent là..

Vous vous rappelez? Pour créer, dans la Genèse, Dieu avait séparé: la lumière de l'obscurité; la terre du ciel; les eaux des continents... L'aventure de la foi au Christ serait-elle donc la continuation de l'oeuvre du Créateur?


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Je me dis parfois qu'un jour, un vieux régent pourrait bien s'approcher de nos Eglises officielles, de notre christianisme des fois trop ronronnant... Il nous demandera alors si notre foi, notre vie spirituelle, ressemble à l'épée de Charlemagne. Sera-t-elle incisive? Etincelante? Tranchante? Victorieuse?

Ou un vernis de paix, long et plat?    Amen

                                                                                                   J-J Corbaz