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dimanche 13 décembre 2015

(Co) Noël finlandais

Conte du 12 décembre, « Noël finlandais »

L’histoire se passe il y a longtemps, c’était pendant la guerre entre la Russie et la Finlande. En ce temps-là, il n’y avait pas de téléphone mobile, ni d’internet; pas de GPS ni de google'maps!

Il neige. Il fait froid. La nuit est noire. Les soldats russes ont établi leur campement au bout de la grande route, là où le monde des humains fait place aux régions sauvages des lacs, des marais et des forêts. Là où partent d’obscurs chemins qui mènent on ne sait où.

- Holà, dit le chef, un gros homme au regard dur, j’aimerais bien savoir pourquoi cette patrouille ne revient pas. Holà, ce village finlandais ne doit pas être bien loin, pourtant. Si nous ne le trouvons pas, nous risquons de nous perdre dans cette région de lacs et de forêts touffues, et de nous embourber dans ces marais piégeux.

Par trois fois, le chef crie “Holà!”, mais son cri se perd dans la nuit, sans réponse. 





Les trois soldats russes sont à cheval. Ils avancent péniblement sur ce terrain qu’ils connaissent mal.

- Il y a une lueur là-bas, dit l’un.

- C’est le village, dit l’autre, soulagé.

- Oui, c’est Petröni, fait le troisième. Enfin! Allons-y!

Et la patrouille, tout heureuse d’avoir découvert le village après tant de recherches dans la nuit glacée, reprend courage. Ils font trotter leurs chevaux.



Petröni est un petit village finlandais situé entre la grande forêt et la région des lacs, loin de tout, perdu dans la nuit nordique. Les hommes sont sur le front. Une lourde menace pèse sur la population, car les Russes ne sont pas très loin. S’ils viennent ici, vont-ils nous massacrer? Brûler nos maisons?

Ce soir du 24 décembre, l’inquiétude est particulièrement grande, car l’ennemi s’est rapproché. On a donc renoncé à dresser un sapin illuminé, on a voilé toutes les lumières. Et la joie de Noël, elle aussi est voilée.

Mais, dans une vieille grange, quelques enfants se sont rassemblés sans rien dire aux adultes. Ils avaient tellement envie de fêter Noël! Alors, ils ont essayé de reconstituer une nativité. Sur un peu de paille, ils ont déposé une vieille poupée de chiffon pour représenter le bébé Jésus. Ils ont allumé des bougies tout autour. Ils chantent, des chants de Noël... Et puis, ils se mettent à prier.

- Seigneur, dit l’un, toi qui es venu sauver le monde, délivre notre village de la guerre! Sauve-nous de la mort.

- Garde nos familles, dit un autre.

Et pendant qu’ils prient, tout à coup la porte s’ouvre. Voilà trois hommes qui entrent, trois soldats russes à barbe épaisse, dont l’uniforme est recouvert de fourrures. En les voyant, les enfants, tout à leur célébration de Noël, ne réalisent pas qui ils sont. Un petit garçon s’écrie:

- Les rois mages!


Il va à la rencontre des trois visiteurs. Il leur tend la main, et les conduit jusqu’à la crèche. On les fait asseoir, on place devant chacun d’eux une bougie. Et les enfants se mettent à chanter: “Voici Noël, ô douce nuit, l’étoile est là, qui nous conduit. Allons donc tous avec les mages porter à Jésus nos hommages. Car l’enfant nous est né, le Fils nous est donné”...

Les “rois mages” sont tout étonnés et un peu attendris par cet accueil. Ils se souviennent que, quand ils étaient petits, eux aussi chantaient ce cantique devant une crèche de fortune pareille à celle-ci. Et c’est toute leur enfance heureuse qui leur revient en mémoire. Eux aussi avaient prié, et demandé la paix...

Au fond de leur coeur chante une voix qu’ils avaient oubliée. C’est la voix de l’espérance, fraîche comme la source qui jaillit en été au pied des bouleaux.

Ces trois soldats à la barbe rêche, qu’on a pris pour les rois mages, se sentent tout remués. Une larme vient même couler sur leur joue, quand un enfant récite le chant des anges: “Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté”.

Le garçon qui les a accueillis profite d’un silence pour leur demander:

- Où sont les cadeaux que vous apportez à Jésus?

- Eh bien, dit l’un des hommes, nous lui apportons la délivrance de ce village. Les Russes ne le brûleront pas, ils passeront loin d’ici, sans se douter de votre existence.

- Nous apportons aussi, dit le second, trois fusils que nous déposons au pied de la crèche. Ils ne serviront plus à tuer.

- Et surtout, dit le troisième, nous apportons le coeur de trois hommes qui ont pu renaître à l’humanité et à l’espoir, auprès de Dieu.

Puis ces “rois mages” cachent soigneusement leur uniforme sous leur grosses pelisses, et ils sortent en silence. On ne les a jamais revus, ni au campement de l’armée russe, ni au village de Petröni. 



 

Au milieu de la nuit, comme la patrouille ne rentre toujours pas,  dans le bivouac au bout de la grande route, là où le monde des humains fait place aux régions sauvages des lacs, des marais et des forêts, les Russes perdent patience.

- Holà, crie le chef à ses hommes, la patrouille n’est pas revenue. Ils ont dû s’embourber dans ces marais dangereux, ou être dévorés par les loups. Petröni est dans une tout autre direction. Revenons en arrière, nous ne les trouverons pas ici.

C’est ainsi qu’une nuit de Noël, un village finlandais a été miraculeusement épargné; grâce à trois rois mages, et aux enfants du village.                                         


Armand Fonjallaz et Jean-Jacques Corbaz 



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