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lundi 15 janvier 2024

(Pr) Prédication du 15 janvier 2024 - Les faiblesses de Paul, apôtre

Les chrétiens de Corinthe ont été «séduits» par des gens appartenant à une espèce de secte. Ecoutons comment l’apôtre Paul leur parle, pour essayer de les ramener dans le «droit chemin».

Lectures bibliques: 2 Corinthiens 11,
18-31; Marc 8, 31-33

L’apôtre Paul était spécialement attaché à la communauté, à l’Eglise de Corinthe, qu’il avait fondée quelques années auparavant. Mais voilà qu’en son absence arrivent d’autres apôtres, des sortes de gourous.

Ceux-ci attaquent les méthodes de Paul devant la communauté. Ils lui reprochent de ne pas être un chrétien légitime, dans la Vérité vraie. Ils affirment péremptoirement que Paul n’a pas assez de mérites, qu’il n’a pas accompli des performances spirituelles qui prouveraient son autorité. Bref, ces apôtres sectaires voudraient remplacer l’évangile selon St-Paul par leur évangile à eux!

Dans la 2è lettre aux Corinthiens, les chapitres 10-13 constituent la réponse que Paul envoie à l’Eglise qu’il aime toujours, lorsqu’il apprend ce qui s’y passe. Il se défend. Evidemment. Mais il le fait en utilisant l’ironie. Il qualifie ses adversaires de «super-apôtres» et il met en avant, dans son ministère, exactement le contraire de ce que nous présenterions, à sa place!

Le 99 % des gens, quand ils sont contestés, soulignent fortement leurs mérites, toutes les bonnes raisons qu’ils ont eues d’agir comme ils l’ont fait. Ils rappellent leurs succès, ils développent leurs réussites et ils minimisent leurs échecs. Je pense que je ferais exactement comme cela.

Or Paul prend le chemin inverse. Au lieu de rappeler toutes les conversions qu’il a suscitées, toutes les Eglises qu’il a fondées, ainsi que la somme de reconnaissance et d’autorité que son oeuvre lui a valu - et lui vaut encore -, il met en avant quoi? Les humiliations qu’il a vécues. Ses défaites. Ses peurs. Ses souffrances. Les épreuves liées à l’annonce de l’Evangile. Les dangers qu’il a courus, en voyage, face aux persécutions. Les naufrages. La faim, le froid… La liste n’en finit pas!

«S’il faut me vanter, je me vanterai de ma faiblesse…»

Pour Paul, la gloire, la vraie réussite, la légitimité devant Dieu ne se trouvent pas dans le succès, les performances; ou les hourras de la foule. Les gens qui volent d’exploit en exploit; devant qui on se pâme; ceux qui n’échouent jamais ne sont pas automatiquement dans la Vérité de Dieu.

Bien au contraire! Car Jésus lui-même, on le sait, a traversé la souffrance, la peur, l’échec à Vendredi saint, et déjà bien avant! Notre vocation chrétienne, derrière le Christ, c’est de vivre les hauts et les bas de l’existence, les joies et les pleurs, les réussites et les catastrophes, la fierté et la honte, tout ça dans la communion avec Dieu, liés, reliés, alliés à son amour. Son amour qui nous porte dans le bonheur comme dans la peine.

Ce à quoi Dieu nous appelle, ce n’est pas de bannir la peur de nos journées; mais au contraire d’exposer nos peurs, nos doutes, nos maladies à l’amour divin qui les dépasse et les rachète. «Si notre coeur nous condamne, écrira aussi l’apôtre, eh bien sachez que Dieu est plus grand que notre coeur».

C’est ce que nous prêche aussi toute l’histoire de Job. Au plus profond des catastrophes, proclamer la bonté de Dieu toute seule ne veut plus rien dire. Il y a tout un chemin à parcourir, entre révolte, abattement, accusations des autres, accusations de soi, tout un chemin pour trouver un sens à sa vie comme elle est, avec ses réussites et ses loupures.

 

Voilà à quoi Dieu nous appelle, aujourd’hui. Etre des reflets fidèles de l’espérance en Christ, au milieu des zones d’ombre comme dans les secteurs de lumière!

Nous ne connaissons que trop bien ces gens brillants, qui ont l’air parfaits, mais qui en réalité sont imbuvables! Insupportables. Le pire défaut, c’est peut-être de n’avoir aucun défaut! C’est inhumain!

Nous avons aussi trop entendu des témoignages chrétiens du genre: «Je me suis converti à telle date; et depuis, je suis toujours comblé de bienfaits, parfaitement heureux. Les problèmes ont disparu de ma vie.»

Non, cacher ses défauts, minimiser ses défaites ou ses faiblesses, ça n’aide pas. Bien sûr, les sectes qui pratiquent ainsi fleurissent! On voit des groupes religieux prospérer qui promettent la lune, le paradis, pluss encore l’amour, la réussite, la gloire… 

Ça marche. Euh… un petit moment! Mais après, quand on se heurte à la dure loi de la réalité, on retombe de haut. L’histoire tragique de l’Ordre du Temple solaire, il y a quelques années, en est un exemple dramatique.

Aujourd’hui, notre société aime disposer de réponses toutes faites aux problèmes de la vie. Les marchands d’illusions trouvent un public facile! Quand ils proposent des choses simples, séduisantes, brillantes de promesses, les gourous de tout poil font fortune.

Dans nos Eglises dites raisonnables, on est peut-être parfois tenté de les imiter. Oh, juste un peu… Prêcher le succès en occultant les difficultés; faire mousser les avantages et minimiser les inconvénients. Pour gagner un plus grand auditoire ou pour intéresser les indifférents…

Une telle envie est compréhensible. Je me souviens d’un conseiller de paroisse qui, pour se trouver un successeur, disait: «Ce n’est pas grand-chose, juste 3 ou 4 séances par année». Une telle envie est compréhensible, mais elle comporte aussi des risques. Elle enferme plus qu’elle ne libère. Elle conduit, à long terme, à la désillusion ou à l’aveuglement.

«S’il faut me vanter, je me vanterai de ma faiblesse». Voilà à quoi Dieu nous appelle, aujourd’hui. Bien sûr, ce ne sera pas forcément aussi dangereux et impressionnant que l’apôtre Paul. Il ne faudrait pas, d’ailleurs, que les épreuves et les souffrances ne remplacent la gloire et les succès, qu’on s’imagine mériter le salut par ses peines ou par ses échecs. À ce taux-là, ce serait blanc bonnet-bonnet blanc!

«S’il faut me vanter, je me vanterai de ma faiblesse». Jeudi prochain 18 janvier commence la Semaine de Prière pour l’Unité des chrétiens. Il s’agit d’un temps pour se rencontrer, pour dialoguer malgré les différences entre nos confessions. Davantage pour parler de nous que pour critiquer les autres, bien entendu! Oserons-nous, nous aussi, nous vanter de nos faiblesses?

C’est un fait, la vie chrétienne intègre les joies autant que les difficultés, les réussites comme les défaites pour les exposer au soleil de Dieu, qui les dépasse et les rachète. «Ne vous conformez pas aux habitudes de ce monde, écrit aussi l’apôtre Paul, mais laissez Dieu vous transformer par un changement complet de votre intelligence. Vous pourrez alors comprendre ce que Dieu veut, ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait». Amen


(après l’interlude):
Dieu s’est mêlé dans nos faiblesses jusqu’à s’y emmêler; jusqu’à ne plus pouvoir en sortir. Il l’a fait par amour pour nous, jusqu’au bout. 


Jean-Jacques Corbaz  


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